Le Rachat Historique du PSG par le Qatar : Une Transformation Profonde

Il y a un effet Qatar au Paris Saint-Germain (PSG). Le très médiatisé choc opposant le PSG à Marseille apparaît suranné à l'heure où le club parisien, contrôlé depuis la fin juin 2011 par le fonds Qatar Sports Investments (QSI), émanation de l'émirat, a amorcé sa montée en puissance dans le football européen.

Pour le Qatar, qui a fait du sport un élément stratégique de sa quête de rayonnement et d'influence planétaires, l'enjeu est d'importance. A la manoeuvre, l'homme de Doha, Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, mais aussi -et notamment -directeur général du groupe de médias Al-Jazeera Sport et président de la Fédération de tennis du Qatar, peut arborer ce sourire désormais mondialement connu.

En l'espace d'un an, le PSG, dont les moyens semblent infinis, a fait un grand pas vers le Graal européen. L'objectif est clair : rivaliser dès 2015 avec le FC Barcelone, le Real Madrid ou Manchester United (MU), et être en mesure de gagner la prestigieuse Ligue des champions.

L’histoire de NASSER AL-KHELAÏFI, le patron du Paris Saint-Germain. (mini-documentaire)

Les Étapes Clés du Rachat

Mars 2012 : QSI prend le contrôle total du PSG

En ce 6 mars 2012, QSI prend tout le monde à contre-pied, neuf mois après sa prise de contrôle du PSG qui l'avait vu acquérir 70% du capital auprès de deux fonds gérés par Colony Capital. Le Qatari monte à 100% en reprenant les 30% encore détenus par l'ancien propriétaire. Si on a pu parler d'affichage politique pour expliquer le maintien momentané des fonds Colony dans le tour de table, ceux-ci détiennent en réalité une option de vente de leur solde exerçable en juin 2014.

Plus que le foot, c'est l'exploitation d'un stade agrandi qui fait courir ce financier, depuis son rachat du PSG à Canal+ en 2006. Rien ne presse donc, d'autant que Sébastien Bazin, le patron Europe de Colony Capital, demeure intéressé par le projet de rénovation du Parc des Princes.

Une première salve en 2011

Dès l'été 2011, le PSG a sorti la grosse artillerie en déboursant 89 millions d'euros, dont 42 millions pour le seul argentin Javier Pastore, ce qui est en fait alors le plus gros transfert de l'histoire du foot français. Une première salve qui met déjà à mal l'accord signé avec Colony Capital.

Il stipule en effet que les actionnaires investissent dans le PSG au maximum 20 millions par an, soit une quote-part de 6 millions pour les fonds Colony, qui n'ont pas vocation à soutenir un club dispendieux. En outre, une autre négociation s'esquisse déjà : QSI veut avoir la main sur le Parc des Princes car il n'y a pas de grand club européen sans grand stade.

Mars 2013 : Renforcement et défis financiers

En ce début mars, si rien n'est encore joué, les Parisiens sont bien partis pour être champions de France, titre qui leur échappe depuis dix-neuf ans, tout en se qualifiant, pour la deuxième année consécutive, en Ligue des Champions. Une compétition qu'ils ont retrouvée avec succès en franchissant sans difficulté le premier tour de son édition 2012-13. Au total, il a dépensé près de 150 millions à l'intersaison ce qui en a fait le champion d'Europe des transferts !

L'équipe a, il est vrai, été considérablement renforcée à l'été 2012 avec le recrutement, entre autres, de l'attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic, devenu la star de la Ligue 1, et du défenseur brésilien Thiago Silva, pour lequel le PSG a établi un nouveau record avec un transfert de 42 millions d'euros. Et il frappe fort encore au « mercato » de janvier 2013 en s'offrant pour une quarantaine de millions une jeune « perle » brésilienne, Lucas Moura.

David Beckham, joueur ambassadeur

Pour le PSG « made in Qatar », Beckham, courtisé depuis l'été 2011, est bien plus qu'un bon joueur : son ambassadeur planétaire. Il a aussi fini par convaincre David Beckham de poser ses valises à Paris pour un contrat de cinq mois (en tout cas dans l'immédiat), et à moindre frais car la star anglaise est libre de tout engagement depuis son départ du Los Angeles Galaxy fin 2012. Bien qu'en fin de carrière, l'ancienne vedette de Manchester United et du Real Madrid est une icône, notamment en Asie.

QTA a signé avec le club un contrat de quatre ans (2012-16) moyennant, dit-on, 150 à 200 millions d'euros par saison. Le PSG, qui se refuse à communiquer la somme, parle d'un montant « significatif ». Les niveaux évoqués sont sans équivalent dans le « foot business » ! Ce contrat est crucial pour le PSG puisqu'il lui permet de faire face aux exigences du fair-play financier, le dispositif que vient de mettre en place l'UEFA, l'autorité tutélaire du football continental, pour endiguer les déficits des clubs.

Dix Chiffres Clés de l'Ère QSI

Voici dix chiffres qui résument une décennie qui a vu le PSG passer du statut de grand club français à celui de franchise planétaire :

  • 27 (trophées): Le nombre de trophées remportés par le PSG depuis 2011, incluant 7 titres de champion de France et 6 Coupe de France.
  • 87 (matchs de Ligue des champions): Le PSG a disputé 87 maths de Ligue des champions depuis l’arrivée du Qatar, dont une finale et deux demi-finales.
  • 100 (millions de followers): En mars 2021, le PSG a annoncé avoir dépassé la barre des 100 millions de followers sur les réseaux sociaux.
  • 1,9 (milliards d’euros): Selon une étude, le PSG a versé 1,9 milliard d’euros de contributions sociales et fiscales au cours des dix dernières années.
  • 2 (milliards): Selon une étude, la valeur du PSG s’élève aujourd’hui à 2 milliards d’euros.
  • 6 (entraîneurs): En dix ans, six entraîneurs se sont succédé sur le banc parisien.
  • 222 (millions d’euros): Le PSG a réalisé lors de l’été 2017 les deux transferts les plus chers de l’histoire du football : 222 M€ pour Neymar.
  • 350 (millions d’euros): En 2023, le PSG inaugurera son nouveau centre d’entraînement, qui se veut l’un des plus modernes et spacieux du monde.
  • 35 000 (abonnés): Le nombre d’abonnés au Parc pour la saison 2019-2020.
  • 8 (couronnes pour le hand): En juin 2012, QSI rachète le Paris handball et le renomme PSG handball.

Le 30 juin 2011, le Qatar devenait officiellement propriétaire majoritaire du PSG. Nasser Al-Khelaïfi était nommé président et affichait clairement des objectifs ambitieux : remporter la Ligue des champions dans les cinq années suivantes.

Tableau Récapitulatif des Statistiques Clés du PSG sous QSI

Statistique Valeur
Trophées remportés depuis 2011 27
Matchs de Ligue des Champions 87
Followers sur les réseaux sociaux (mars 2021) 100 millions +
Contributions sociales et fiscales versées 1,9 milliard d'euros
Valeur du club (2021) 2 milliards d'euros

Les Défis et les Critiques

La déroute du Paris Saint-Germain Football Club (PSG) en huitièmes de finale de la Ligue des champions va-t-elle remettre en cause la stratégie d’influence internationale du Qatar par le biais du sport ? La question est dans tous les esprits tant cette défaite semble prouver que le club parisien a encore du chemin à parcourir avant de prétendre faire partie des grands d’Europe.

En 2011, lorsque Qatar Sport Investments (QSI) rachète 70 % du capital du PSG au fonds d’investissement américain Colony capital (les 30 % restants seront acquis en 2012), le discours des dirigeants de cette filiale du fonds souverain Qatar Investment Authority est limpide. Le Qatar veut la Ligue des champions. « Dans les dix ans à venir », précise alors M. Nasser Ghanim Al-Khelaïfi, le PDG de QSI et, accessoirement, président de la fédération qatarie de tennis, un sport qu’il a pratiqué à haut niveau.

En premier lieu, l’omniprésence du Qatar dérange et inquiète, notamment en Occident où l’on accuse ce pays de financer l’islam radical. En second lieu, c’est à partir du Qatar même que se développe une opposition, certes encore discrète, contre cet incessant activisme.

Avec un budget de 560 millions d’euros annuels, le PSG n’est qu’une infime partie des actifs de la Qatar Investment Authority qui pèse selon les estimations plus de 100 milliards de dollars. Il n’empêche. Une telle défaite face au FC Barcelone, les sommes importantes dépensées pour les recrutements passés et ceux à venir - d’ores et déjà promis par le président Al-Khelaïfi -, font penser à de l’eau versée dans les sables du Rub’ Al-Khali, l’impitoyable désert de la péninsule arabique.

L'Avenir du PSG sous QSI

Depuis son rachat en 2011 par Qatar Sports Investments (QSI), le Paris Saint-Germain a changé de dimension. Le club de football parisien est devenu bien plus qu’une entité sportive ou une marque de divertissement : il s’est imposé comme un levier stratégique dans la politique d’influence globale de l’émirat du Qatar.

Le PSG agit comme ainsi une « ambassade informelle » du Qatar. Ses matchs, événements et tournées internationales créent des opportunités d’échanges diplomatiques et commerciaux, souvent en marge des canaux institutionnels traditionnels.

Depuis 2011, la valorisation du club est passée de 69 millions d’euros à 4,25 milliards d’euros en 2024. Cette croissance exponentielle témoigne d’un pari sur le long terme. Avec l’entrée en vigueur en 2025 de nouvelles règles UEFA sur le fair-play financier, les clubs bénéficiant de « capitaux patients » - comme le PSG - disposent d’un avantage compétitif significatif.

En moins de quinze ans, il est devenu l’un des bras armés les plus visibles et efficaces du soft power qatarien. Le projet dépasse le cadre du football.

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