Le rugby à 7, une variante dynamique et spectaculaire du rugby à XV, a une histoire riche et passionnante. Découvrons ensemble les moments clés de son évolution, de ses modestes débuts à son statut actuel de discipline olympique.
Les Origines Écossaises et l'Essor International
Le rugby à 7 a été inventé en Écosse au début du XXème siècle, mais il a mis un certain temps avant d’être popularisé. C’est en 1993 qu’a eu lieu la première Coupe du monde qui depuis se tient tous les quatre ans. La Nouvelle-Zélande et les Fidji ont chacun remporté l’épreuve trois fois, l’Angleterre et le pays de Galles ont également été couronnés. Aujourd'hui, la discipline s'organise surtout autour de différentes étapes qui ont lieu à travers le globe.
Aujourd'hui, la discipline s'organise surtout autour de différentes étapes qui ont lieu à travers le globe.
Les Règles du Jeu : Vitesse et Intensité
Le rugby à 7 est une variante du rugby à XV alors ses règles gardent les mêmes bases. Comme son nom l'indique, il se joue à 7 joueurs et conserve en revanche le même terrain que son cousin du XV. Il y a 5 remplaçants qui peuvent entrer en cours de jeu. Chaque mi-temps dure 7 minutes (éventuellement 10 minutes pour une finale) avec une pause d’une minute entre les deux périodes.
Pour le reste les règles sont sensiblement similaires au rugby à XV, les transformations d’essais se font directement en “drop-goal”.
Ces particularités en termes de durée, de nombre de joueurs et d’enchaînement des matchs expliquent les différences physiques et énergétiques entre les deux types de rugby : « À 7, les matchs sont plus courts, mais la vitesse et l’intensité du jeu sont décuplées », commence le Dr Barizien. On sait qu’à 15 le temps de jeu effectif, c’est-à-dire le temps de jeu pendant lequel le ballon circule est de 40 à 50 % (40 minutes de jeu effectif), celui-ci atteint 80 à 90 % dans le jeu à 7.

Comparaison Rugby à XV et Rugby à 7
| Aspect | Rugby à XV | Rugby à 7 |
|---|---|---|
| Nombre de joueurs | 15 | 7 |
| Durée des mi-temps | 40 minutes | 7 minutes (ou 10 en finale) |
| Temps de jeu effectif | 40-50% | 80-90% |
L'Entraînement Spécifique des Joueurs de Rugby à 7
Les joueurs de rugby à 7 reçoivent donc un entraînement visant à développer spécifiquement la vitesse et les capacités à reproduire de nombreux sprints courts, mais à vitesse élevée. « Les séances de préparation physique des joueurs à 7 sont basées sur le travail des filières anaérobies lactiques et alactiques, confie le Dr Barizien. Différentes séquences d’entraînement sont possibles, précise-t-il.
Il peut s’agir de séquences de courses dans lesquelles les joueurs répètent les sprints (où l’on travaille donc la vitesse pure). Il peut aussi s’agir de séquences combinées incluant des circuits d’abdos, de pompes et des sprints, ces séquences se rapprochant du jeu à 7.
On propose enfin aux joueurs des séquences de jeu à haute intensité contrôlées par cardiofréquencemètre et GPS. L’entraînement comprend enfin beaucoup de phases de combats (boxe au sac, plaquages, rucks…), ainsi qu’un travail de la vitesse gestuelle. « On cherche non pas à obtenir de la puissance brute, mais à mettre en oeuvre cette puissance rapidement et de manière répétée.
L'Ascension Olympique et les Triomphes Français
Depuis 2016 et les Jeux Olympiques de Rio, le rugby à 7 est devenu une discipline olympique. Pour la première édition au Brésil c’est les Fidji qui avaient remporté la médaille d’or chez les hommes et l’Australie chez les femmes.
Le 27 juillet 2024, l’équipe de France à 7 avait décroché l’or olympique au terme d’un tournoi riche en émotions. L'équipe de France de rugby à 7 a été sacrée championne olympique pour la première fois de son histoire, ce samedi à Saint-Denis, en balayant les Fidjiens, doubles vainqueurs sortants (28-7). Portés par un Antoine Dupont très inspiré et auteur de deux essais, les Bleus ont en outre décroché la première médaille d'or de la délégation française aux JO de Paris.

Antoine Dupont célébrant la victoire
Ce samedi, l'équipe de France de rugby à 7 a été sacrée championne olympique en domptant les invincibles Fidjiens, doubles champions olympiques en titre (28-7). La star française a été l'homme du match avec deux essais et une course dingue.
La dernière marche semblait cependant particulièrement ardue à gravir pour les hommes de Jérôme Daret, opposés aux Fidji, doubles champions olympiques en titre et donc souverains absolus de l'épreuve (17 victoires en 17 matches) depuis son apparition au programme des Jeux, en 2016. Pour inscrire leur nom en lettres d'or dans l'histoire de la discipline, les Tricolores devaient déboulonner des colosses.
Après à peine plus d'une minute de jeu, Joseva Talacolo a conclu un joli mouvement collectif en plongeant entre les perches (0-7). Cueillis à froid, les Bleus ont très vite haussé le curseur de l'intensité afin de répondre au combat imposé par leurs adversaires. Avec succès : Andy Timo a fait des dégâts dans la défense îlienne avant de servir Jefferson-Lee Joseph, qui a remis les deux équipes à égalité (7-7).
À la pause, la France faisait donc mieux que résister aux Fidji. C'est aussi à ce moment qu'elle a dégainé son facteur X, en lançant Antoine Dupont - remplaçant au coup d'envoi - sur le pré. Le joueur de 27 ans n'a eu besoin que de 20 secondes pour faire basculer la finale. Il a d'abord récupéré un ballon perdu à hauteur de ses 22 mètres, puis a filé à toute vitesse sur l'aile gauche, remontant la quasi-totalité du terrain.
Le "ministre de l'Intérieur" a ensuite transmis à Aaron Grandidier, qui n'a plus eu qu'à conclure (14-7). Pris à la gorge, incapables de déployer leur jeu fait de courses folles et déroutantes, les joueurs du Pacifique n'ont plus existé. Ils ont même définitivement coulé à la suite de deux essais pleins de malice et d'abnégation inscrits coup sur coup par Dupont, encore lui (21-7, puis 28-7). En plongeant une dernière fois derrière la ligne d'en-but, le Toulousain a fait exulter ses équipiers et rugir de bonheur le public de Saint-Denis. Une joie collective démesurée.
PARIS 2024 - Le jour où les Bleus de DUPONT ont CRÉÉ L'EXPLOIT face aux FIDJI pour remporter l'or !
Les Sevens Series : Un autre triomphe pour les Bleus
L'équipe de France à 7 masculine a remporté pour la première fois les Sevens Series ce dimanche à Madrid, étape ultime de la saison, en battant l'Argentine en finale (19-5). Les Bleus de France 7 ont triomphé à Madrid et remporté les Sevens Series pour la première fois de leur histoire. Un grand jour pour le rugby à 7 français !
Qualifiés pour la finale de cette ultime étape face à l’Argentine, les hommes de Jérôme Daret pouvaient remporter pour la première fois de leur histoire les Sevens Series et c’est chose faite avec une victoire nette et éclatante (19-5).
Menés et rapidement réduits à 6 en seconde période, les Pumas ont craqué une deuxième fois, sanctionnés par un essai de Jefferson Lee Joseph (10e), transformé.
Lundi 11 novembre, Jefferson-Lee Joseph, joueur de Perpignan en Top 14, était de passage à Duras, le village lot-et-garonnais où il a grandi, pour présenter sa médaille d’or olympique de rugby à 7. Le 28 juillet dernier, l’équipe de France à 7 battait les Fidji, doubles tenants du titre, en finale des Jeux olympiques de Paris sur le score de 28-7. Jefferson-Lee Joseph, Lot-et-Garonnais de cette équipe, marquait le premier essai des Français, celui de la révolte, dans un Stade de France en fusion.
Quatre mois après ce sacre olympique, le jeune homme de 22 ans est revenu à Duras, le village où il a grandi et commencé le rugby, pour présenter sa médaille d’or aux habitants. C’était naturel pour moi de revenir à Duras. Cela faisait un petit moment que je n’étais pas retourné dans le Lot-et-Garonne, car j’ai vite enchaîné sur le Top 14 après les Jeux olympiques. Trouver du temps pour rentrer à la maison n’a pas été simple. Ça me surprend toujours. Voir la joie des enfants et toutes les émotions qu’on a pu transmettre pendant ces JO, c’est incroyable. Et on a encore du mal à s’en rendre compte. Des gens m’ont confié qu’ils avaient pleuré lorsque j’ai marqué en finale contre les Fidji. Sûrement la montée sur le podium et le moment où l’on m’a remis la médaille d’or. Au niveau de la médiatisation, cela a fait exploser la popularité du rugby à 7. Mais ça a aussi eu un impact sur les arbitres et nos adversaires.
Oui, tout s’est enchaîné très vite. J’ai rapidement joué avec Perpignan, avec une première feuille de match à Bayonne. Ensuite, j’ai eu la chance de disputer plusieurs rencontres, notamment au stade Aimé-Giral, où j’ai découvert l’incroyable ferveur des supporters de l’USAP. C’est fabuleux. Je suis très content d’avoir pu enchaîner les matchs en début de saison, même si j’ai eu quelques pépins physiques ces dernières semaines. Mais je serai prêt pour la suite de la saison. C’était important pour moi de retourner sur l’île de la Dominique. J’ai la double nationalité française et dominicaine. Là-bas, il y a désormais deux médailles d’or : celle de Thea LaFond en triple saut et la mienne. C’est historique. Une partie de ma médaille est dédiée à la Dominique. J’avais l’objectif de rapidement basculer sur le XV après Paris 2024, donc Perpignan était déjà dans un coin de ma tête. Je devais faire mes preuves à l’entraînement et trouver mes marques. Mais, honnêtement, on ne redescend jamais totalement de ce nuage, car on nous en parle tous les jours. Être champion olympique change la vie à jamais. Ça a changé le regard des gens, notamment des jeunes. J’étais à leur place un jour, avec des idoles. Mon objectif est de jouer le maximum de matchs en Top 14, et bien sûr de marquer, car c’est ce que l’on attend de mon poste d’ailier. Le XV de France reste dans un coin de ma tête, mais je préfère ne pas trop en parler pour l’instant.
L'équipe de France masculine de rugby à 7 a remporté la médaille d'or après s'être imposée face aux Fidji ce samedi soir, en finale des Jeux olympiques de Paris 2024 (28-7). Elle était tant espérée, elle est là ! La France a remporté la médaille d'or en rugby à 7, lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Le défi était immense mais les Bleus ont eu les nerfs solides pour marquer l'histoire des JO : chez les hommes, jamais la France n'avait décroché de médaille en rugby, dans la compétition la plus populaire de la planète.
Après une grosse percée de Selestino Ravutaumada, les Îliens faisaient étalage de leur talent pour inscrire un premier essai par Joseva Talacolo. Entre les perches, la réalisation était transformée par Iowane Teba. Cueillis à froid, les Bleus ont directement réagi, en imposant une longue séquence à leurs adversaires. Grâce à un énorme Andy Timo, ils marquaient par Jefferson-Lee Joseph un essai pour revenir à égalité. Le joueur du Stade français perçait et donnait à son coéquipier pour un essai entre les perches, transformé par Rebbadj. À la pause, Jérôme Daret faisait un choix décisif : faire entrer Antoine Dupont. Un frisson de folie s'emparait alors de Paris quand Paulin Riva transformait : les Bleus passaient en tête (14-7).
Géniaux en défense, les coéquipiers de Jordan Sepho s'arrachaient sur chaque plaquage, pour empêcher les Fidjiens de développer leur jeu. Et malgré l'énorme occasion manquée par Paulin Riva, les Français réalisaient l'impensable... encore une fois grâce à Antoine Dupont ! Déjà tout proche du sacre, les Bleus finissaient en feu d'artifice : la fête était totale lorsqu'après un groupé pénétrant, Dupont (encore lui) filait une deuxième fois derrière la ligne. La France est devenue pour la première fois de son histoire championne olympique de rugby à 7 en battant les Fidji ce samedi 27 juillet 2024 au stade de France.
Antoine Dupont a été un grand artisan de la victoire historique de l’équipe de France de rugby à 7 en finale des Jeux Olympiques 2024 ce samedi. Antoine Dupont a été un grand artisan de la victoire historique de l’équipe de France de rugby à 7 en finale des Jeux Olympiques 2024 ce samedi.
S’il a fallu moins d’une minute trente pour que les Fidji ne prennent l’avantage sur l’équipe de France lors de la finale des Jeux Olympiques 2024 de rugby à 7 ce samedi 27 juillet au stade de France, les Bleus ne répétaient pas leur erreur de la demi-finale. Face à l’Afrique du Sud plus tôt dans la journée, ils avaient réalisé une première période trop brouillonne et timide : cette fois en finale, ils ont réagi plus rapidement. Les Français s’arrachaient sur chaque ballon et le match était haché, tout étant relatif au rugby à 7 qui où tout va très vite. Le score en restait là à la pause, et c’est à ce moment que le coach Jérôme Daret faisait entrer le meilleur joueur de rugby à 15 de la planète, Antoine Dupont. Plus tôt que lors de la demi-finale.
A 1’30 du terme, Antoine Dupont marquait un essai qui sentait bon la gagne. Sentiment décuplé quand les Français parvenaient à garder le ballon, et même à inscrire un dernier essai qui restera dans les mémoires... Par Antoine Dupont, encore lui.
Derrière cette victoire face aux Fidjiens, doubles tenants du titre, un Corse de 28 ans, Jean-Baptiste Pascal, occupant une place stratégique dans le staff. Rencontre.
Ce samedi, l’équipe de France de rugby à 7 a écrit une nouvelle page de son histoire en décrochant la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Derrière cette victoire éclatante (28 à 7) contre les Fidjiens, doubles tenants du titre, se trouve notamment Jean-Baptiste Pascal, 28 ans, analyste de performance des Bleus et ancien joueur de Bastia XV. Une victoire olympique qui fait suite à un autre exploit de taille : la conquête du titre de champion du monde en juin dernier à Madrid.
« Ce doublé historique représente beaucoup de fierté. C’est le fruit de beaucoup de travail récompensé, de joie partagée et d’émotions mêlées. Le mot qui ressort le plus, c’est la fierté », confie Jean-Baptiste Pascal, invité de la rédaction de France Bleu RCFM ce mardi 30 juillet, encore ému par la performance de ses joueurs.
Une finale historique
La finale contre les Fidji, une sélection invaincue aux Jeux Olympiques depuis l’introduction du rugby à 7 en 2016, s’annonçait comme un défi colossal. « C’était la finale rêvée pour nous », raconte le jeune Capcorsin « Voir nos joueurs exprimer tout leur talent avec confiance dans un stade électrique, c’était exceptionnel. Plus le match avançait, plus nous voyions que nous prenions du plaisir et en donnions autant au public ».
La vie au village olympique
Pour Jean-Baptiste Pascal, l’expérience olympique va bien au-delà du terrain. « C’est un rêve d’enfant. Mes premiers Jeux à la télé, c’était Athènes 2004. Être au village olympique, voir toutes ces cultures et sports mélangés, c’est merveilleux. Pour moi, enfant du Cap Corse, arriver jusqu’ici, c’est une émotion énorme. Tous les choix de vie et les valeurs que j’ai mises en place m’ont conduit à ce moment, et c’est juste incroyable », explique-t-il avec une émotion encore palpable.
Un parcours inspirant
Passer de joueur du Bastia XV à analyste de performance de l’équipe de France n’a pas été un chemin facile. « J’ai dû arrêter de jouer à 15 ans à cause de blessures répétitives. Mais ma passion pour le rugby m’a poussé à me tourner vers l’analyse de performance. J’ai suivi un parcours scolaire en sciences de l’ingénieur avant de poursuivre mes études sur le continent et à l’étranger. De fil en aiguille, j’ai pu gravir tous les échelons pour arriver jusqu’à cette équipe de France olympique », raconte-t-il.
Un rôle stratégique
En tant qu’analyste, Jean-Baptiste Pascal joue un rôle stratégique dans la préparation de l’équipe. « J’ai deux missions principales : aider l’entraîneur principal Jérôme Daret à trouver la meilleure stratégie et faire en sorte que chaque joueur comprenne et ait confiance dans cette stratégie. J’utilise des outils comme les statistiques, le Big Data et l’analyse vidéo pour maximiser le potentiel de chaque joueur. Pour moi, il est essentiel que les joueurs comprennent et aient confiance dans le plan que nous mettons en place », ajoute-t-il.
Une relation spéciale avec les joueurs
Sa relation avec les joueurs, notamment avec la star Antoine Dupont, est basée sur la confiance et la collaboration. « Antoine vient de vivre une saison exceptionnelle, en enchaînant les titres : champion de France, champion d'Europe, champion du monde, champion olympique. Malgré la frontière entre le staff et les joueurs, nous avons une très bonne relation, nous avons le même âge. C’est un groupe extraordinaire avec qui c’est très agréable de travailler, et je pense que cela contribue grandement à nos succès », poursuit Jean-Baptiste Pascal.
L’attachement à la Corse
Malgré une carrière exigeante, l'analyste des Bleus du rugby à 7 reste profondément attaché à sa terre natale. « J’ai négocié avec la Fédération pour pouvoir vivre à Brando. Cela m’aide à trouver un équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Cette réussite professionnelle n’aurait pas été possible sans la possibilité de vivre chez moi », affirme-t-il. Lui qui voit un avenir prometteur pour le rugby corse. « Je trouve que la discipline avance, je suis les résultats des clubs corses. J'essaie d'aider. Je suis fier de représenter Bastia XV où je suis d'ailleurs toujours licencié. Je suis fier aussi de donner un titre à notre rugby, à notre île et j’espère, à mon niveau, inspirer les jeunes corses à poursuivre leurs rêves », conclut-il.