Les Jeux Olympiques apportent une visibilité accrue au volley-ball, et particulièrement les Jeux de Paris 2024, où la France est l'un des trois seuls pays, avec le Brésil et les États-Unis, à avoir tous les quotas disponibles.

La France sera représentée par ses deux équipes de volley indoor et ses quatre de beach-volley. C’est une immense fierté pour la Fédération Française de Volley-Ball (FFVB).
Les commentateurs : Un rôle clé dans la perception des exploits
Le duo de commentateurs Benoît Durand et Hubert Henno a su se mettre au diapason d’une formidable équipe de France de volley, médaillée d’or à Tokyo. La façon dont ont été perçus leurs exploits dans l’Hexagone est forcément liée à ces deux voix, à leurs analyses, aux émotions qu’ils ont su faire passer. Hubert Henno a montré un autre visage, croquant à pleines dents dans ce rôle de consultant tout en étant précis comme attendu. Une vraie réussite.
« Vas-y, lâche-toi Hubert », lui a hurlé un Benoît Durand en transe lors de la balle de match victorieuse face à la Russie. Hubert s’est lâché quelques minutes de plus, histoire de prolonger le bonheur.
Hubert Henno, au moment de retrouver la France, a exprimé un sentiment incroyable d'avoir vécu ces Jeux en direct. Même sans public ni village olympique, il y avait l’odeur des Jeux, et il a pu commenter un sacre incroyable.
PARIS 2024 - Le jour où les Français ont ROULÉ sur la Pologne pour remporter L'OR devant leur public
La conviction d'Hubert Henno avant la victoire
Très sincèrement, avant les Jeux, vous y croyiez à ce titre olympique ? « J’ai toujours “vendu” à France TV que ces garçons feraient une médaille. Après l’échec de Rio, ils ont gardé une ossature. Ils savaient les erreurs à ne pas faire ! Et même au début du tournoi, tant que les mathématiques ne les avaient pas condamnés, j’y croyais. Après le quart de finale (contre la Pologne), j’ai dit qu’ils seraient champions. »
Pourquoi cette conviction ? « J’ai vécu avec eux : quand il est en totale confiance, ce groupe gagne… Alors oui, ils ont été au bord du précipice après trois matchs. Ils ont discuté et il y a eu un déblocage. Une fois lancés, ils ne pouvaient aller qu’au bout : quand il y a de l’euphorie, ils ont justement cette capacité à la canaliser pour la transformer en état de grâce. »

Henno a admis s'être pris au jeu au fur et à mesure, se laissant emporter par les joueurs. Il a affirmé qu'il s'est bien complété avec Benoît Durand et qu'ils ont vécu un truc incroyable. Avant la finale, il était stressé comme s’il jouait !
La responsabilité du titre olympique pour le volley français
Ce titre olympique, c’est aussi une responsabilité à assumer pour le volley français… « Complètement ! Quand tu vois les pics d’audience, tu te dis qu’il va y avoir un afflux de licenciés dans les clubs. À Tokyo, j’ai discuté avec le président de la fédé, avec le DTN (directeur technique national) : je leur ai dit qu’il fallait qu’ils se préparent à ça, à communiquer sur ces champions qui font rêver les gamins. Et ce sera aussi aux clubs de savoir le faire… »
Les ambitions des équipes de France aux Jeux de Paris 2024
Pour l’équipe de France masculine, l’objectif est de disputer une demi-finale et de décrocher une médaille. Ils sont en forme après une très bonne préparation, plus motivés que jamais. La médaille est tout à fait possible, pourquoi pas le plus beau métal ? Ce qui ferait rentrer la France dans l’histoire du volley-ball, puisque jusqu’ici seuls les Etats-Unis et l’URSS ont réussi à décrocher deux titres olympiques consécutifs.
Pour les filles, la mission s’annonce un peu plus difficile, d’abord parce qu’elles n’ont pas l’expérience des Jeux. C’est en effet la première fois que notre équipe de France dispute une compétition de ce niveau, elle n’a jamais non plus participé à un championnat du monde. Ça va donc être une découverte en même temps qu’un niveau de compétition très élevé. D’autant que le tirage au sort a été très défavorable avec une poule de la mort (Serbie, Chine, Etats-Unis) !
L’objectif est d’aller chercher une médaille, je pense que c’est possible, nous avons autres paires qui ont fait leurs preuves au niveau mondial lors de l’olympiade.
Préparations optimales pour les Jeux
La Fédération a fait le maximum pour que ce soit le cas, nous avons répondu à toutes les demandes des entraîneurs. Nos équipes ont bénéficié de très bonnes conditions pour se préparer, à Laval pour les filles, à Saint-Nazaire pour les garçons, à Porticcio puis à Toulouse pour le beach. Nous avons même un centre d’entraînement privé à Clichy (Hauts-de-Seine) pour nos deux équipes de France de volley, disponible 24 heures sur 24.
J’ai visité les deux sites, en participant notamment au tirage au sort des poules de beach-volley au stade Tour Eiffel qui est tout simplement exceptionnel. Aux dires de certains, c’est le plus beau site des Jeux, avec sa vue sur la Tour Eiffel qui est splendide. J’ai aussi visité l’Arena Sud Paris qui accueillera le volley indoor, là encore, on peut s’attendre à quelque chose de grandiose. Avec en outre, sur les deux sites, une expérience spectateur qui fait que les gens ne viendront pas seulement voir un match, mais aussi participer à des animations, suivre les joueurs à l’échauffement… ça va être vraiment un moment exceptionnel.
Que ce soit pour le volley et le beach-volley, tous les billets ont en plus été vendus, sur toutes les sessions, pas seulement celles avec la France, on va avoir deux semaines de compétition à guichets fermés !
Nous avons en effet déployé un dispositif innovant en offrant des places à l’ensemble des clubs français et des bénévoles qui oeuvrent pour le volley français, dans les clubs, les ligues, les comités… En tout, ce sont plus de 2 500 billets qui ont été achetés par la Fédération et offerts pour que tous ces serviteurs du volley au quotidien puissent venir assister à un match des équipes de France.
L'essor du volley-ball en France
Très précisément, nous sommes aujourd’hui à 222 158 licenciés, ce qui est le record absolu dans l’histoire de la fédération qui aura bientôt 90 ans. Nous avons stagné pendant de longues années autour de 100 000 pour arriver à dépasser les 200 000. C’était notre objectif, nous l’avons atteint avec un an d’avance, en 2023. Cette année, avec 222 000, nous pérennisons ce seuil au-delà des 200 000.
Facteurs de croissance
Il y a plusieurs facteurs :
- D’abord, la succession des bons résultats de notre équipe de France masculine qui a amené une médiatisation supplémentaire pour notre sport et a donné envie, notamment aux jeunes, de pratiquer le volley.
- Ensuite, nous avons eu les différents dispositifs que nous avons déployés, notamment dans le cadre du plan de relance post-Covid, pour ouvrir la pratique du volley au plus grand nombre, entre le volley sur herbe, le snow volley, le volley santé, le volley assis, ce qui nous a permis d’attirer de nouveaux licenciés.
- Il y a aussi l’influence très positive du manga Haykiu !! à la télévision, qui vient en plus de sortir au cinéma le 12 juin, et a contribué à amener beaucoup de jeunes dans les salles, avec notamment la catégorie des 15-18 ans qui explose alors que c’était une tranche d’âge où on commençait à perdre un peu de licenciés.
C’est le résultat d’un travail de plusieurs années. On peut être très fiers de ce qu’ont accompli nos formateurs, parce que ça commence par eux, dans nos pôles et nos centres nationaux.
Il y a quelques années, nous avions connu une traversée du désert pour nos équipes jeunes, nous avons réussi à inverser cette tendance avec des performances régulières depuis deux-trois ans. C’est très encourageant pour la suite, notamment lorsqu’il va falloir penser à la relève de nos équipes de France.
Quand on voit qu’on arrive à être deux fois champions d’Europe coup sur coup, je me dis que nous pouvons être confiants, surtout que les deux fois, nous battons en finale l’Italie qui est une école de formation reconnue dans le monde entier.
Il y a encore deux-trois ans, on se demandait ce que les Italiens faisaient mieux que nous, car ils étaient champions chaque année dans toutes les catégories.
Accueillir les jeunes dans les meilleures conditions
Nous avons voulu vraiment donner les outils à l’ensemble de nos clubs pour accueillir les jeunes dans les meilleures conditions possibles. Pour que la Fédération grandisse, il faut des lieux de pratique, que nous n’avons pas toujours, mais on constate que des clubs se créent, notamment dans les territoires ruraux, ou rejoignent notre fédération.
Pour les aider à se développer et à accueillir le flux de nouveaux licenciés dont nous avons parlé, il leur faut à la fois des outils pédagogiques et des formateurs que nous devons nous-mêmes former.

Focus sur le volley sourd
Les passionnés de sport et la communauté sourde auront les yeux tournés vers le Brésil, du 1er au 15 mai 2022 : c’est là où se déroulera la 24ème édition des Deaflympics d’été. Cet événement a lieu tous les 4 ans avec une alternance des jeux d’été et d’hiver tous les 2 ans, comme les Jeux paralympiques. Les premiers Jeux olympiques des Sourds ont eu lieu à Paris en 1924. Il s’agit de la plus ancienne compétition après les Jeux olympiques.
Au XIXème siècle, les personnes sourdes n’étaient pas incluses dans les Jeux olympiques lorsque ces derniers ont été relancés. Afin de casser les idées reçues, Eugène Rubens-Alcais, un français sourd, et ses amis ont organisé une rencontre internationale pour les sportifs sourds en 1924 à Paris : les Deaflympics voient le jour.
Eugène Rubens-Alcais décède le 8 mars 1963 et devient alors une figure emblématique de la culture sourde et du sport sourd dans le monde.
En 2001, cette compétition est rebaptisée « Deaflympics » (« Deaf » signifie « Sourd » en anglais), et le CISS est renommé le Comité International des Sports des Sourds.
Conditions de participation aux Deaflympics
- Appartenir à une fédération nationale membre du CISS (Comité International des Sports des Sourds).
- Avoir un seuil d’audition de moins de 55 décibels.
- Interdiction de porter un appareil auditif ou un implant cochléaire pendant la compétition (échauffement et épreuves).
L'équipe de France de volley sourd aux Deaflympics
Les Bleus du volley sourd s’envolent bientôt pour le Brésil pour participer aux Deaflympics !
Sylvain Plantey, formateur LSF, et Chrystel Bernou, cadre technique à la Fédération française de volley, partagent leur expérience.
Sylvain a découvert le volley grâce à un club sourd créé en 2002 et a intégré l'équipe de France en 2007. Chrystel explique que le volley sourd était sous l’égide de la Fédération handisport jusqu’à ce que la Fédération française de volley récupère la délégation ministérielle au 1ᵉʳ janvier 2017.
La communication entre joueurs sourds repose beaucoup sur le visuel. De plus, si l’entraîneur sait signer, la communication est facile. Si ce n’est pas le cas, il mime ou communique par écrit. Il arrive aussi qu’un interprète LSF soit présent pour faciliter la communication avec notre entraîneur.
La Fédération souhaite être représentée à l’échelle mondiale via différents types de volley : beach volley, volley assis, volley sourd… La communauté sourde est mise en avant sur cette discipline.
Les défis du volley sourd
Il est compliqué de recruter de nouveaux joueurs et joueuses sourd.e.s dans les clubs, car on part sur une base minoritaire. Ce qui est aussi difficile, c’est le fait qu’il y ait des sportifs qui ne soient pas éligibles au volley sourd par rapport à la perte d’audition. En effet, la règle internationale pour pouvoir jouer au volley sourd c’est d’avoir un seuil auditif de 55 décibels.
Préparation aux Deaflympics
Sylvain explique que l'équipe se rassemble tous les 3 mois pour se préparer aux Deaflympics et s’entraîne physiquement au moins 2-3 fois par semaine. Chrystel ajoute qu'un stage de préparation a eu lieu juste avant le départ pour le Brésil.
Objectifs aux Deaflympics
Chrystel vise clairement le podium aux Deaflympics, vu que l'équipe a fini 4ème aux championnats du monde. Elle espère que l'équipe pourra rééditer cette performance, d'autant plus que certaines équipes devant au classement mondial ne seront pas présentes.
Sensibilisation et diffusion
Sylvain sensibilise les jeunes au sport sourd dans les écoles. Chrystel invite les personnes sourdes et malentendantes à suivre les Deaflympics, qui seront diffusés sur une chaîne locale accessible sur Internet.
Voici un tableau récapitulatif des points clés concernant le volley sourd :
| Aspect | Détails |
|---|---|
| Éligibilité | Seuil auditif inférieur à 55 décibels |
| Communication | Langue des signes, communication visuelle, interprètes LSF |
| Objectifs | Représentation mondiale, podium aux Deaflympics |
| Défis | Recrutement, respect des critères d'audition |
