Que signifie un triple double en NBA ?

Dans le jargon des basketteurs, c’est le summum. Quand on évoque ces mots-là après un match de basket, c’est plutôt bon signe. Et ça prouve souvent l’aspect polyvalent d’un joueur ou d’une joueuse, puisque pour réaliser un double-double ou un triple-double, il faut briller dans plusieurs catégories statistiques. Mais ça veut dire quoi exactement ? C’est la « question pas si bête » à laquelle répond l’édition du soir dans son podcast quotidien. Cela fait partie des expressions à connaître pour qui s’intéresse au basket-ball.

L’expression triple double (écrite aussi triple-double avec un trait d’union) s’emploie exclusivement en parlant d’un sport, le basket. Au basket, toutes les actions de jeu font l’objet de statistiques, en particulier les actions individuelles dans le championnat américain. Les statistiques individuelles vont bien au-delà du nombre de points marqués : on compte aussi le nombre d’interceptions, de contres, de tirs tentés, de rebonds, etc. Et donc, un triple double, c’est le fait pour un joueur d’avoir trois statistiques ayant une valeur de 10 ou plus.

Par définition, un triple-double est donc réussi lorsqu’un joueur compile au moins 10 unités dans trois catégories statistiques différentes (points, rebonds, passes, interceptions ou contres). Concrètement, un joueur qui termine un match avec 15 points, 12 rebonds et 10 passes décisives réalise un triple-double. Le terme “triple-double” vient de l’anglais “triple-double digit”, qui signifie littéralement “trois statistiques à deux chiffres”.

À noter qu’on peut faire un match moyen, si l’on perd beaucoup de ballons et rate beaucoup de tirs, mais malgré tout être en « double-double » ou « triple double ». Un « double-double » ou « triple-double » correspond à une performance individuelle. On parle de « double-double » quand il y a plus de dix unités dans deux des cinq catégories statistiques : points marqués, passes décisives, rebonds, contres et interceptions. Il faut savoir que l’origine de l’expression vient des États-Unis. Une « double figure » est un nombre composé de deux chiffres. Par extension, un « double-double », c’est donc cela, multiplié par deux. Idem pour le « triple-double ».

L’anglicisme « triple-double » est véritablement apparu dans les années 1980 grâce à Harvey Pollack et Bruce Jolesch, respectivement statisticien pour les Sixers et attaché de presse pour les Lakers. Trashtalking : l’essence même du basketball. Apparu durant les années 1980, cette expression serait l’œuvre d’un certain Bruce Jolesch, attaché de presse aux Los Angeles Lakers. Il l’aurait inventé pour qualifier les matchs très complets réalisés par son meneur Magic Johnson, lui qui terminait régulièrement ses rencontres avec plus de 10 points, 10 rebonds et 10 passes décisives au compteur.

Le premier triple-double officiellement enregistré en NBA remonte à 1950, réalisé par Andy Phillip des Warriors de Philadelphie : 17 points, 10 rebonds et 10 passes décisives. Un élément historique majeur : avant les années 1970, les contres et les interceptions n’étaient tout simplement pas comptabilisés.

Les cinq catégories qui peuvent composer un triple-double sont les points, les rebonds, les passes décisives, les interceptions et les contres. Les points représentent l’efficacité offensive directe du joueur. Les rebonds témoignent de sa capacité à récupérer le ballon après un tir manqué. Les interceptions reflètent l’anticipation défensive et la capacité à casser les circuits de passes adverses. Les contres démontrent la présence défensive près du panier.

Malgré l’évolution du jeu, le triple-double reste une rareté. Plusieurs facteurs expliquent cette difficulté. D’abord, il faut que le joueur soit excellent dans au moins trois domaines du jeu. La durée du match joue un rôle déterminant. En NBA, les matchs durent 48 minutes, contre 40 minutes dans les compétitions FIBA ou en WNBA. Ces 8 minutes supplémentaires offrent plus d’opportunités d’accumuler des statistiques. Le style de jeu influence aussi cette statistique. La NBA favorise un basket plus offensif et individualiste, où certains joueurs centralisent davantage le ballon.

Historiquement, les meneurs de jeu et les ailiers polyvalents sont les plus susceptibles de réaliser des triple-doubles. Les meneurs accumulent naturellement des passes décisives, et s’ils sont agressifs vers le panier, ils peuvent également atteindre 10 points et 10 rebonds. Les pivots modernes commencent à bouleverser cette tendance. Nikola Jokić, pivot des Denver Nuggets, en est l’exemple le plus frappant.

Au-delà du triple-double classique, plusieurs variantes existent. Le double-triple-double exige d’atteindre 20 unités dans trois catégories différentes. Le triple-double sans tir manqué représente une prouesse d’efficacité : le joueur réussit tous ses tirs tentés (hors lancers francs) tout en atteignant les 10 unités dans trois catégories. Une autre curiosité : le triple-double sans atteindre 10 points. Draymond Green l’a réussi avec 4 points, 11 rebonds, 10 passes et 10 interceptions.

Les « doubles-doubles » les plus fréquents sont les points et les passes, ou les points et les rebonds. Il est très rare qu’un joueur fasse un « double-double » du fait des interceptions ou des contres, même si cela peut arriver. Dans l’histoire du basket, si les auteurs de « double-double » sont légion, les rois du « triple-double » sont moins nombreux, puisque cela nécessite de marquer beaucoup, de faire beaucoup de passes et d’être présent au rebond.

Les rois du triple double

Plusieurs joueurs se sont imposés comme des références en la matière. Même si c’est Oscar Robertson, joueur des années 1960 et 1970, qui a longtemps régné sur le classement des joueurs ayant fait un « triple-double ». Avec 181 en carrière, dont une saison en « triple-double ».

Le recordman s’appelle Oscar Robertson (181) tandis que Russell Westbrook (146 à l’heure où nous écrivons ces lignes) et Magic Johnson (138) complètent le podium en saison régulière. Russell Westbrook domine tous les classements avec 204 triple-doubles en carrière. Surnommé “Mr. Triple-Double”, il a réalisé l’exploit de maintenir une moyenne en triple-double pendant quatre saisons consécutives (2016 à 2021). Oscar Robertson reste une légende incontestée avec 181 triple-doubles. Sa saison 1961-1962 demeure l’une des plus impressionnantes de l’histoire du sport. Magic Johnson et LeBron James méritent également une mention spéciale. Magic a révolutionné la position de meneur avec ses 2,06 m et sa capacité à dominer le jeu dans tous les secteurs.

Russel Westbrook pourrait cependant être bientôt dépassé par Nikola Jokic, le pivot serbe cumulant déjà 146 triple-double à seulement 29 ans. Nikola Jokić, avec 168 triple-doubles et triple MVP, représente l’évolution moderne du basket. Ce pivot serbe possède une vision de jeu digne d’un meneur et une adresse exceptionnelle.

En NBA, des joueurs comme Wilt Chamberlain et Magic Johnson étaient maîtres dans l’art de noircir plusieurs catégories statistiques. Un record battu par Russel Westbrook, encore en activité et auteur de 207 « triple-double » en carrière, avec lui aussi une saison avec un triple-double de moyenne !

L’histoire du triple-double se divise en plusieurs époques. Les années 1960 ont vu Oscar Robertson réaliser l’impensable : une moyenne en triple-double sur toute la saison 1961-1962 (30,8 points, 12,5 rebonds, 11,4 passes). Les années 1980 ont marqué l’âge d’or de Magic Johnson, dont le style de jeu révolutionnaire a popularisé le triple-double. L’ère actuelle, depuis 2015, connaît une explosion des triple-doubles. Russell Westbrook a pulvérisé tous les records avec 204 triple-doubles à ce jour, dont 42 en une seule saison (2016-2017).

Tableau des leaders de triple-doubles en NBA

Joueur Nombre de Triple-Doubles
Russell Westbrook 204
Oscar Robertson 181
Nikola Jokić 168
Magic Johnson 138

Le quadruple-double

Plus rare et plus incroyable encore, le quadruple-double consiste à terminer une rencontre avec un score d’au moins 10 unités dans quatre des cinq statistiques majeures. Actuellement, une telle performance n’a été réalisée qu’à quatre reprises dans l’histoire de la NBA.

Il faut savoir qu’il est également possible d’effectuer des… « quadruple-double ». Si les contres et interceptions ne sont comptabilisés en NBA que depuis les années 1970, seuls quatre joueurs de la grande Ligue ont réussi à avoir plus de dix unités dans quatre catégories statistiques lors d’une même rencontre : Nate Thurmond en 1974 (22 points, 14 rebonds, 13 passes, 12 contres), Alvin Robertson en 1986 (20 points, 11 rebonds, 10 passes, 10 interceptions), Hakeem Olajuwon en 1990 (18 points, 16 rebonds, 10 passes, 10 contres) et David Robinson en 1994 (34 points, 10 rebonds, 10 passes, 10 contres).

L'évolution du triple double en NBA

Autrefois rarissime, le triple-double est devenu monnaie courante dans la NBA actuelle. Évolution du jeu oblige, le nombre de 10-10-10 a explosé en NBA depuis dix ans, passant de 30 en 2008-09 à un total record de 127 durant l’exercice 2018-19. Attention tout de même à ne pas omettre une réalité : les interceptions et les contres n’étaient pas comptabilisés avant la saison 1973-74.

Plus globalement, ce qui constituait encore une rareté statistique il y a à peine dix ans, s'est largement démocratisé. La saison dernière, pas moins de 142 triple-doubles ont été enregistrés - un record évidemment, et ce alors que l'exercice avait été amputé de 10 matches pour chaque franchise ! - tandis que depuis cinq saisons, ce sont systématiquement près de trente joueurs qui s'avèrent capables de telles prouesses quand il n'était qu'une petite quinzaine à la fin des années 2000.

La spécialisation de Russell Westbrook dans ce domaine a fait flamber les chiffres. En 2016-2017, l'actuel joueur des Los Angeles Lakers établissait un nouveau record de triple-doubles sur une seule saison : 42. En mai 2021, il dépassait le maître en la matière, Oscar Robertson (181 triple-doubles) et approche doucement mais sûrement des 200 (193). Cette saison, le meneur australien de l'Oklahoma City Thunder Josh Giddey est devenu le joueur le plus jeune à réussir un triple-double en NBA (17 points, 13 rebonds, 14 passes), à 19 ans et 84 jours.

La NBA vous manquait ? Ces derniers mois vous rêviez souvent de dunk, alley-oop et buzzer beater ?

Les triple-doubles en chiffres

  • 60 James Harden détient le record du triple-double le plus prolifique en nombre de points marqués (60), réussi le 30 janvier 2018.
  • 38 Le record de prises sur un triple-double (38) est co-détenu par Wilt Chamberlain (en 1967) et Maurice Stokes (1956)
  • 24 Trois joueurs se partagent le record du nombre de passes décisives réussies lors d'un triple-double, au nombre de 24 : Russell Westbrook (deux fois), Rajon Rondo et Isaiah Thomas.
  • 11 Larry Kenon (1976) et Kendall Gill (1999) se partagent le record du nombre de ballon volé lors d'un triple-double (11), ce qui correspond par ailleurs au record absolu dans la catégorie en NBA.
  • 17 C'est également un record NBA : les 17 contres passés par Elmore Smith aux Portland Trail Blazers en 1973, figuraient au coeur d'un triple-double.

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