PSG contre Strasbourg: Une rivalité historique en Coupe de France et en Ligue 1

Le Racing club de Strasbourg (RCS) va-t-il rééditer la surprise du 2 décembre 2017 ? À la Meinau, à guichets fermés pour la 8ème fois sur 9 matches cette saison, l’Histoire de la Ligue 1 plaide pourtant pour les Strasbourgeois : 11 victoires, 9 matches nuls et 7 défaites pour un score cumulé de 29 à 25.

Côté Strasbourgeois, l’équipe a passé un cap et n’est plus le petit promu qui revient des niveaux amateurs. Les supporters s’aventurent parfois à regarder vers le haut du classement pour mesurer l’écart avec une qualification en Coupe d’Europe, entre la quatrième et sixième place. Malgré ces progrès notables, tout autre résultat qu’une défaite face au club des Qataris relèverait encore de l’exploit tant Paris domine.

Ce match du mardi 29 mai 1979 est sûrement la victoire dans l’ambiance la plus folle de la saison. Il ne reste que deux matches et le Racing club de Strasbourg se bat pour garder la première place du classement. Depuis 1934 et la première saison en D1 du club, l’équipe n’était jamais parvenu à atteindre le haut du tableau. Cette année, les footballeurs strasbourgeois restent en tête depuis la 5ème journée, mais ne compte que deux points d’avance sur Saint-Étienne et Lyon. Lors de cette saison au sommet, la Meinau est pourtant en travaux avec la construction d’une tribune couverte côté Ouest.

Le site de supporters Racingstub a compilé de nombreux souvenirs d’internautes dans une rubrique « saison inoubliable » pour les trente ans du titre. « Le match était programmé à 20h30 mais à 19h toutes les places debout étaient pleines ; c’est à ce moment-là que le speaker du stade demande de faire de la place pour les supporters arrivants par le train spécial. Franchement dans les tribunes on était déjà épaule contre épaule.

« C’est ainsi que de véritables grappes humaines se trouvèrent dans les arbres qui surplombaient la tribune debout ou accrochés aux pylônes d’éclairage et que d’autres étaient juchés sur le toit de la tribune debout. Au milieu des supporters sans billet, ceux à la mauvaise place, avec la ferveur et un soleil de plomb, un joyeux bordel règne dans les tribunes.

« Un ami à moi, muni d’un billet, n’a jamais pu accéder aux tribunes et a écouté le match à la buvette. Avec la chaleur ce jour-là, plus le monde, pas question de quitter la tribune pour allez boire un coup à la mi-temps ; et à la fin du match il n’y avait plus rien à boire », poursuit bonjour24. « Le match se résumera pour beaucoup à écouter le transistor en n’apercevant du jeu qu’un ballon en l’air de temps en temps », complète aragon. Sur la pelouse les joueurs s’assurent que l’ambiance soit au maximum avec un but de la tête du défenseur Jean-Jacques Marx dès la deuxième minute. Premier rugissement des gradins, alors que tout le monde n’a pas encore pris sa place, ce qui ajoute du désordre. Un frisson inverse parcourt le stade lorsque le PSG de Luis Fernandez (14ème au classement) est sur le point d’égaliser quelques minutes plus tard : le but est refusé pour une main. Strasbourg se met ensuite à l’abri grâce à deux buts de Roland Wagner (19ème) et Albert Gemmrich peu avant à l’heure de jeu. Les trois buteurs sont Alsaciens. Comme ses poursuivants s’imposent, le Racing doit chercher au moins un match nul lors de la dernière journée à Lyon, le vendredi 1er juin. Des supporters se retrouvent dans les bars pour suivre le match… à la radio.

Premières confrontations et anecdotes

Fondé en 1970, puis scindé en deux en 1972 suite à une fusion houleuse, le Paris Saint Germain connait sa première saison dans l’élite sous son nom actuel en 1974/1975. Le promu se déplace pour la première fois chez le « Racing-Pierrot Strasbourg-Meinau ». Le stade de l’époque n’a qu’une tribune latérale couverte avec des larges virages ronds le long d’une piste d’athlétisme. Le terrain se situe non loin de champs et de pavillons résidentiels. Strasbourg s’impose 2-1 avec des buts d’Albert Gemmrich (26è) et du milieu offensif yougoslave Ivan Hlevnjak (45è). À en croire le compte-rendu de France Football, l’addition aurait pu être plus salée pour les néophytes, qui avaient pourtant égalisé par François M’Pelé (36è). En fin d’année, Strasbourg termine 9ème et Paris se maintient, 15ème.

Photographie aérienne du stade de la Meinau et ses alentours en 1972.

Saison 1994-95 : Strasbourg surprend le leader parisien

Ce 17 février, Paris est leader de Division 1 depuis novembre. Mais le PSG de Youri Djorkaeff, Alain Roche, Rai ou Patrice Loko a montré quelques signes de faiblesse lors de deux défaites face à Monaco et Montpellier lors des journées précédentes. Mais Marc Keller, attaquant alsacien auteur de 8 buts cette année-là, et ses coéquipiers ne l’entendent pas de cette oreille. Frank Lebœuf marque un penalty face à Bernard Lama et Strasbourg s’impose 1-0. Le PSG marque le coup et se fera rattraper au printemps. Il finit 2ème, doublé par Auxerre.

En 1994-95, malgré un titre de champion de France, Canal+ a changé d’entraîneur pour que le PSG ne domine plus la D1 avec des victoires 1-0 qui manquent de sourires. Mission accomplie : le titre est oublié, mais le PSG régale ses abonnés « intégral ». Le seul but encaissé par les Parisiens dans la compétition remonte aux 32es de finale face à Rennes (D1) - le PSG s’est qualifié 3-1 après prolongation. Le seul but du match est inscrit par Paul Le Guen au retour des vestiaires : le Breton récupère la balle à 20 mètres des buts adverses sur un pressing ; après un relai avec Raì, le natif de Pencran enroule une frappe du gauche hors de portée de Vencel (1-0, 48e).

PARIS SAINT-GERMAIN F.C. - R.C. - 46 698 spectateurs. L’Équipe du PSG : Bernard Lama - José Cobos (Francis Llacer, 12′), Antoine Kombouaré, Alain Roche, Patrick Colleter - Vincent Guérin, Paul Le Guen, Raï Oliveira (Pascal Nouma, 90′), Daniel Bravo - George Weah, David Ginola. La joie des parisiens (Ch.

Quand Strasbourg stoppait la série d’invincibilité du PSG

Si « l’exploit » strasbourgeois de 2017 a fait le tour du monde, la dernière victoire ne remontait pourtant pas à il y a si longtemps : « seulement » trois confrontations en Alsace et 12 ans, c’est-à-dire en 2005. Ce 19 février, Michaël Pagis, Mammadou Niang, Yacine Abdessadki et… Guillaume Lacour contre son camp marquent tous face à un PSG moribond (3-1). Alors que le PSG a joué la Ligue des Champions en début d’année, il compte dans ses rangs Pauleta, qui rate un pénalty, ou l’ancien attaquant strasbourgeois Daniel Ljuboja. À cette époque, le stade est loin d’être plein malgré le pedigree de l’adversaire, 16 000 personnes sur 26 000 places environ. Les supporters ne le savent pas, mais ils vivent la dernière « belle » saison du Racing des années 2000, qui finit 11ème et remporte la Coupe de la Ligue. L’année suivante, le club descend en Ligue 2, remonte une petite année pour repartir aussi vite et échouer à faire « l’ascenseur » en 2008/2009.

Strasbourg retrouve l’élite après 9 saisons d’absence et n’a aucun autre objectif que le maintien. L’ogre parisien n’a perdu aucun match en France ou en Ligue des Champions. C’est un match sans pression un samedi après-midi de décembre à Strasbourg où l’on vient voir les stars Neymar, Cavani ou le prometteur Kilian Mbappé. Le président Qatari Nasser Al-Khelaïfi a fait le déplacement. Même à l’ouverture du score en début de match par Nuno Da Costa de la tête (13è), on se dit que l’honneur est sauf et que Paris et ses stars, piqués dans leur orgueil, vont hausser le ton. Le PSG égalise d’ailleurs à 1-1 grâce à Kilian Mbappé, puis tire sur le poteau en fin de première mi-temps. Mais Strasbourg a décidé d’être ultra-efficace avec deux tirs pour… deux buts. Un dégagement anodin dévié de la tête, se transforme en missile de Stéphane Bahoken (65è). La suite de la deuxième-mi temps est une bataille de tranchées. Une résistance marquée par un long changement de gardien. Jusqu’à un choc à la tête, l’espoir Bingourou Kamara a bien tenu ses cages, impuissant sur le but. Alexandre Oukidja, le gardien des années National et Ligue 2, termine la rencontre avec des parades de haut vol, notamment lors des 9 minutes (!) d’arrêt de jeu.

Du côte de la capitale, nul besoin de grande recherche pour trouver des images de victoire du Racing. Paris a remporté 21 des 27 confrontations, sur un score cumulé de 50 à 12. Les Strasbourgeois n’ont ramené que 6 matches nuls. En 2018, la rencontre s’était soldée sur un sévère 5-2 malgré l’ouverture du score strasbourgeoise dès la 5ème minute et un retour à 3-2 en deuxième mi-temps. Les Bleus et blancs tenteront une nouvelle fois leur chance en avril. Si la saison des deux équipes continue sur les bases actuelles, Paris serait alors presque champion, tandis que Strasbourg serait quasiment maintenu.

«Nous avons les moyens de gagner au Parc», claironne Abdoul Ouattara. Ce n’est pas faux. Troisièmes au classement, les Strasbourgeois ont en effet des arguments à opposer au champion d’Europe ce vendredi (20h45), en ouverture de la huitième journée de Ligue 1. «On est la deuxième équipe qui performe le mieux cette année en championnat après le PSG», glisse Liam Rosenior. «Strasbourg est une très bonne équipe, les résultats sont là. Ce sera plus compliqué que d’habitude», convient Luis Enrique. Un succès alsacien en terre parisienne relèverait toutefois de l’exploit.

Strasbourg n’a jamais gagné au Parc des Princes en Ligue 1. Jamais ! En 34 réceptions, le 31 mai 1975 pour la première (1-1), les Parisiens l’ont emporté à 27 reprises, pour sept nuls (dont les trois premiers duels à Paris). C’est tout simplement un record de matchs à domicile contre un même adversaire sans connaître la moindre défaite dans toute l’histoire du championnat de France. La dernière confrontation au Parc, le 19 octobre 2024, s’était soldée par une victoire 4-2 des joueurs de Luis Enrique, avec des buts de Senny Mayulu, Marco Asensio, Bradley Barcola et Kang-in Lee, la sixième de suite à Paris.

Match nul INCROYABLE entre le PSG et Strasbourg | 8ème journée - Ligue 1 McDonald's

Le RCSA n’a d’ailleurs pas été plus heureux en coupes sur le terrain de sa bête noire parisienne. Toutes compétitions confondues, et en comptant la finale de la Coupe de France 1995 disputée sur terrain neutre... Une malédiction ? Plus que cela… Évidemment, toutes les séries ont une fin. Celle-ci s’achèvera bien un jour. D’ailleurs, les joueurs de Liam Rosenior ont brisé une série record à l’échelle européenne de 39 matchs consécutifs sans défaite loin de leurs bases pour les Parisiens. C’était le 3 mai dernier, avec une victoire 2-1 face au futur champion d’Europe parisien. Une rencontre qui était intervenue entre les deux matchs face à Arsenal (1-0, 2-1), en demi-finales de Ligue des champions.

Statistiques des confrontations PSG - Strasbourg
Compétition Matchs joués Victoires PSG Victoires Strasbourg Matchs nuls Buts pour PSG Buts pour Strasbourg
Ligue 1 [Nombre] 27 [Nombre] 7 [Nombre] [Nombre]
Coupe de France [Nombre] [Nombre] [Nombre] [Nombre] [Nombre] [Nombre]
Toutes compétitions [Nombre] 21 [Nombre] 6 50 12

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