Le 6 novembre 2018, le Paris Saint-Germain s'est rendu à Naples pour la 4e journée de la phase de groupes de la Ligue des Champions 2018-2019.
Que reste-t-il du règne napolitain d'Edinson Cavani ? Dans une ville qui voue un culte sans partage au légendaire Diego Maradona, le souvenir de l'attaquant uruguayen, idole du San Paolo de 2010 à 2013, ressemble davantage à celui d'un amour perdu...
Pour mesurer la popularité d'une personnalité à Naples, le meilleur baromètre se trouve dans la vieille ville sur la Via San Gregorio Armeno, la fameuse ruelle des santons. Au milieu des innombrables répliques de Maradona, Marek Hamsik ou Lorenzo Insigne, les nouveaux princes de la cité, Cavani a, lui, complètement disparu.
« Désolé je ne l'ai pas », s'excuse un vendeur. Quelques mètres plus loin, même son de cloche chez ce célèbre artisan de crèches de Noël napolitaines : « C'est fini, il n'y en a plus ».
Même Gonzalo Higuain, le « traître » parti à la Juventus Turin en 2016, a encore droit à son santon...
De « saint » à simple star parmi les autres
De Cavani, il ne reste plus qu'une photo où il pose avec sa figurine et Gennaro, le patron de l'enseigne familiale inaugurée en 1830. C'est dire à quel point le « Matador » avait réussi à conquérir l'affection de l'exigeant public napolitain... jusqu'au jour d'été 2013 où il a brisé le coeur des tifosi en ralliant le PSG contre 64 millions d'euros.
"Son départ a été assez inattendu et donc assez douloureux", explique à l'AFP Daniele "Decibel" Bellini, le speaker du San Paolo. "Quand il y a eu l'amical Naples-PSG (à l'été 2014), +Pocho+ Lavezzi (ancien du Napoli, parti aussi au PSG) est venu vers moi, il m'a embrassé. Avec Cavani, c'était beaucoup moins chaleureux.
Autre incompréhension chez les « Partenopei », son relatif isolement au milieu des Neymar et Kylian Mbappé, en inadéquation avec son statut de meilleur buteur de l'histoire du PSG. « Le vrai +Matador+ est celui qui était à Naples parce que durant trois saisons, il a marqué 104 buts (en 138 matches)! Il était le roi, la grande star incontestée.
Il n'en fallait pas moins pour relancer les rumeurs d'un hypothétique retour à Naples, où Cavani a gardé des attaches familiales. "On l'attend à bras ouverts", a confirmé le président napolitain Aurelio de Laurentiis sur RMC Sports, à la veille du match aller (2-2) fin octobre. « Cavani ? C'est prématuré d'évoquer ce genre de sujet, surtout que nous allons l'affronter dans seulement quelques jours ! », a toutefois tempéré son entraîneur Carlo Ancelotti, vendredi sur Sky Sports.
Ce PSG peut-il gagner la Ligue des Champions ?
La première période de cette rencontre a été très fermée, avec un jeu très intense et des défenses solides. Il y a tout de même eu quelques occasions, dont une belle reprise du gauche de Kylian Mbappé sur une passe de Neymar (23e), mais ce n’est pas cadré. Les Italiens ont aussi quelques opportunités pour tirer, sans réussir à éviter les contres parisiens. Et en toute fin de mi-temps, Juan Bernat ouvre le score après une belle combinaison avec Mbappé et Neymar.
Mais la seconde période a été très compliquée face à l’envie napolitaine. Gianluigi Buffon doit sortir quelques parades superbes pour éviter l’égalisation. Mais elle finit par tomber sur un penalty suite à une erreur de Thiago Silva à la 63e minute (1-1). Un moment d’autant plus rageant que l’arbitre a oublié un penalty évident sur Bernat. Di Maria a arraché un point décisif contre le Napoli.
Le PSG en difficulté face aux clubs italiens, Angel Di Maria plus décisif que jamais... voici les chiffres qu'il faut retenir après le match nul entre le Paris Saint-Germain et Naples (2-2) en Ligue des Champions.

Quelques chiffres clés du match :
- Lors des cinq derniers duels entre le PSG et une équipe italienne, le club français ne s'est jamais imposé (trois nuls, deux défaites).
- Le PSG, qui avait réussi une belle série de six victoires en sept rencontres de C1 la saison passée, n'a gagné qu'un seul de ses six derniers matches européens...
- Naples n'y arrive pas à l'extérieur : en Ligue des Champions, la formation italienne n'a gagné aucun de ses six derniers déplacements (deux nuls, quatre défaites).
- Paris a marqué au moins un but lors de chacun de ses 19 derniers matches de Ligue des Champions (55 buts au total, soit 2,9 par match). C'est la plus longue série en cours.
- Le PSG version QSI a joué 26 matches face aux grosses cylindrées européennes (Barça, Real, Bayern, Chelsea, Arsenal, Liverpool, Manchester City, Naples). Il en a gagné 6 (9 nuls, 11 défaites), soit un taux de victoire de 23%.
- Paris a beaucoup joué sur les côtés contre Naples, et cela se traduit dans le nombre de centres délivrés ce mercredi au Parc : 29, contre seulement 9 pour les Italiens.
- Angel Di Maria est désormais impliqué sur 36 buts avec Paris en 2018, toutes compétitions confondues (24 buts, 12 passes). C'est six de plus que tout autre joueur du PSG.
En C1, il est possible de marquer 12 points en six matches et de se faire éliminer. C'est rare, mais ça arrive. Telle est la mésaventure qu'ont vécu le PSG en 1997 et Naples en 2013. Deux exemples différents, mais une même frustration. Ou quand la qualification peut vous échapper à un but près...
Souvenirs de la Ligue des Champions
1997-1998: le PSG encore frustré par la Juventus
L'année 1997 n'aura décidément pas été celle du PSG face à la Juventus. Le 15 janvier 1997, en match aller de la Supercoupe d'Europe, les Parisiens sont ridiculisés à domicile. Les Turinois, vainqueurs de la Ligue des champions 1996, écrasent les vainqueurs de la Coupe des Coupes au Parc des Princes (1-6, puis nouvelle victoire 3-1 au retour dans le Piémont).
Quelques mois plus tard, la Vieille Dame frustre à nouveau le PSG. Lors du tirage au sort des poules de la Ligue des champions 1997-1998, Paris tombe dans le groupe du Bayern Munich, de Besiktas et de Göteborg.
Les hommes de Ricardo enregistrent quatre victoires et deux défaites, comme les Bavarois. Mais s'ils battent le Bayern au Parc (3-1), ils subissent aussi une rouste lourde de conséquences en Allemagne (5-1). Avec 12 points chacun, le Bayern et le PSG sont départagés à la différence de buts. A ce jeu, le champion d'Allemagne l'emporte (+7 contre +1) et s'adjuge la première place.
Pour espérer rejoindre les quarts de finale, Paris doit prier pour obtenir une place de meilleur deuxième. Il n'y en a que deux. Et avec 12 points, le club de la capitale peut y croire. Mais patatras... Le Bayer Leverkusen a marqué 13 points dans le groupe F. Voilà pour la première place de meilleur deuxième.
Et la seconde... est pour la Juventus. Comme le PSG dans le groupe E, les Bianconeri ont gagné quatre fois, perdu deux fois et marqué 12 points dans le groupe B. Et c'est la Vieille Dame qui passe grâce, une nouvelle fois, à une meilleure différence de buts (+4 contre +1).
Naples et la Ligue des Champions 2013
On y trouve le Borussia Dortmund, Arsenal, Naples et Marseille. Les Olympiens n'auront pas l'ombre d'une chance. Pire, ils rejoignent le clan des clubs éliminés sans marquer le moindre point. Pour les trois autres, l'égalité sera quasi parfaite.
Le 11 décembre, quand les derniers matches de la phase de poules s'achèvent, le tableau du groupe F est étonnant: Dortmund, Arsenal et Naples affichent 12 points, avec quatre victoires et deux défaites chacun. Mais les Italiens ne se qualifient pas pour les huitièmes de finale.
Leur différence de but générale est la plus mauvaises des trois (+5 pour le BVB, +3 pour les Gunners et +1 pour le Napoli), mais ce n'est pas ce critère qui est fatal aux hommes de Rafael Benitez. En cas d'égalité parfaite, c'est le classement et la différence de buts particuliers qui sont pris en compte.
Dans leurs confrontations, Dortmund, Arsenal et Naples cumulent tous 6 points (deux victoires, deux défaites). La différence de buts, par contre, sonne le glas du parcours des Italiens: eux affichent -1, quand Arsenal est à 0 et Dortmund à +1. Malgré ses 12 points, Naples prend donc la porte.
Il est facile de réécrire l'histoire. Les Napolitains peuvent regretter ce but contre son camp marqué dans les dernières minutes par Juan Zuniga lors du match face à Dortmund (2-1), ou ces deux buts concédés aux Marseillais (3-2). Ils peuvent aussi être frustrés par le scénario de l'ultime soirée, car jusque dans les dernières minutes, ils étaient qualifiés: ils menaient 1-0 contre Naples et l'OM neutralisait Dortmund (1-1).
