Les Liens Entre le PSG et les Frères Musulmans : Enquête sur l'Influence Islamiste en France

La question de l'influence islamiste en France, et plus particulièrement les liens entre certains acteurs et la mouvance des Frères musulmans, suscite un intérêt croissant. Après la publication d'un rapport sur l'islamisme en France, un conseil de défense s'est tenu pour examiner de près cette question.

Drapeau des Frères Musulmans

Le Qatar et Son Rôle

Tous les Français connaissent le Qatar, propriétaire du PSG. Chez les supporters, le nom de cet émirat de 2 millions et demi d'habitants est familier, depuis son rachat du PSG en 2011. En dix ans, l'actionnaire-Etat a investi plus de 1,5 milliard d'euros, rien qu'en transferts de joueurs.

Si tout le monde connaît aujourd'hui l'existence de ce petit pays d'Asie, on ne peut pas en dire autant de ses objectifs en France, ou même de son histoire. Les ressorts de cette presqu'île située en bordure du golfe Persique, peu de Français les maîtrisent vraiment.

Question religion, l'émirat est une théocratie musulmane, protectrice du prédicateur Youssef al-Qaradawi, maître à penser des Frères musulmans, organisation cherchant à faire prospérer les valeurs de l'islam partout dans le monde. "Les Qatariens ne sont pas des Frères musulmans, mais ils ont vu dans l'investissement sur les Frères une opportunité de devenir les parrains du monde arabe", analyse Bertrand Besancenot, ambassadeur de France au Qatar de 1998 à 2002.

Le rachat du PSG a permis à l'émirat de se faire connaître au monde entier. Doha a donc toutes les raisons de maintenir les meilleures relations avec l'Hexagone. A chaque polémique sur son rôle politico-religieux, le Qatar adopte d'ailleurs une attitude gênée.

On y apprend, documents à l'appui, que 22 projets de mosquées françaises ou d'écoles musulmanes sont financés par Doha, à des niveaux qui peuvent être astronomiques. L'organisation à l'origine du projet, l'Association des musulmans d'Alsace (Amal), s'inscrit dans l'orbite des Frères musulmans.

Les Objectifs du Qatar en France

  • Le prestige
  • La protection
  • Être perçu comme un pays leader par le monde arabo-musulman

Depuis, le Qatar semble avoir fait évoluer ses priorités. Son soft power en France est devenu, ces derniers mois, plus politique que religieux. "Tout à leur rivalité avec les Emirats et l'Arabie saoudite, les Qatariens cherchent à se faire les porte-parole de l'opinion arabe", résume Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense.

Carte du Qatar

Qatar Papers : les financements des mosquées des Frères Musulmans en Europe

Les Frères Musulmans en France

En France, c’est l’ex Union des organisations islamiques de France (UOIF), créée en 1983, devenue Musulmans de France qui est souvent associée à cette mouvance. Pourtant, l’association ne revendique aucun lien officiel avec les Frères musulmans.

Pour Haoues Seniguer, l’organisme appartient à ce qu’il définit comme des « néo-frères musulmans ». « Les Musulmans de France sont dans une logique de transmission religieuse, mais ne prônent pas l’application de la charia ou la création d’un État islamique. C’est une rupture dans la continuité. »

Le rapport estime que « 7 % des 2.800 lieux de cultes musulmans répertoriés » en France avec « 91.000 fidèles le vendredi » en moyenne, seraient liés à ce mouvement. Il évoque aussi une percée de l’islam radical dans « une vingtaine de départements » et s’inquiète d’une « rigorisation de la pratique religieuse ».

Proposition de Résolution Européenne

La proposition de résolution européenne invite donc l’UE à considérer la confrérie des Frères musulmans comme une organisation terroriste, à l’instar de ce que reconnaissent déjà plusieurs États du monde musulman tels que l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, Bahreïn ou les Émirats arabes unis.

Les Objectifs des Frères Musulmans

  • Faire de l’Europe un espace de diffusion de son idéologie politique et religieuse
  • Reconstruction d’une société authentiquement islamique à partir de l’État
  • Mise en place d’un islam politique par une conquête du pouvoir

La Stratégie d'Entrisme

La stratégie de conquête occidentale est néanmoins édictée par Hassan el-Banna dès l’origine du mouvement. C’est à partir des années 1990 que les Frères musulmans présents en Europe commencent à s’intéresser à la vie politique nationale et cherchent à exercer une influence.

L’objectif des Frères musulmans consiste à se positionner comme les représentants et les défenseurs des minorités musulmanes en France, stratégie qui remporte un certain succès à la fin du XXe siècle en raison de l’absence d’organisation structurée du culte musulman. L’implantation de la mouvance s’est concrétisée au travers d’associations éducatives, culturelles, sportives ou sociales, en apparence apolitiques mais qui permettent un contournement du contrôle étatique par la fragmentation organisationnelle.

Elle adopte pour cela une attitude légaliste en maintenant un positionnement irréprochable tout en prenant systématiquement la défense de la communauté musulmane. Cette tentative de légitimation permet aux Frères musulmans de mettre en place leur stratégie d’entrisme. Cette dernière repose sur le triptyque « dissimulation, double-discours et victimisation ».

Aujourd’hui, quatorze écosystèmes islamistes seraient implantés sur le territoire français, dont huit relèveraient plutôt de la mouvance des Frères musulmans, deux du salafisme et trois seraient issus d’une hybridation entre courants salafistes et fréristes. Ces écosystèmes prônent un repli communautariste fondé sur des valeurs qui heurtent frontalement le pacte républicain, notamment en matière d’égalité homme-femme ou de laïcité.

Si les cadres et organisations fréristes demeurent relativement discrets sur le plan médiatique, la doctrine qu’ils diffusent reste pourtant profondément hostile à la culture politique des démocraties européennes. Certains prédicateurs et influenceurs liés à la mouvance promeuvent en effet un islamisme identitaire foncièrement antirépublicain à travers leurs prêches, contenus en ligne et prises de position publiques.

Bien que les Frères musulmans se défendent de diligenter eux-mêmes des actions terroristes en Occident, ils contribuent à fabriquer l’écosystème intellectuel et social qui les alimente. En diffusant l’idée que la loi divine prime sur les lois républicaines, la mouvance frériste crée un terreau favorable au passage à l’acte de groupes ou d’individus encore plus radicalisés.

Musulmans de France et l'Éducation

Au plan national, Musulmans de France constitue la principale organisation historiquement liée aux Frères musulmans, que le rapport publié par le ministère de l’intérieur appréhende comme sa « branche française » regroupant directement ou non entre 400 et 1 000 personnes ainsi que deux cent sept lieux de culte.

Si Musulmans de France ne revendique l’affiliation que de cinquante-trois associations, le rapport précité estime que deux cent quatre-vingt associations sont en réalité rattachées à la mouvance. Considérée comme la « priorité » de Musulmans de France, l’éducation primaire et secondaire présente un intérêt particulier pour la confrérie en tant que levier facilitant l’enseignement d’une lecture rigoriste de l’islam.

Sur les soixante-quatorze établissements confessionnels musulmans recensés sur le territoire, vingt-et-un d’entre eux accueillant 4 200 élèves étaient identifiés comme liés à la mouvance en 2023, à l’image du lycée Averroès à Lille dont le contrat d’association a été résilié le 7 novembre 2023 par le préfet du Nord.

À l’échelle universitaire, les sept instituts européens des sciences humaines (IESH) créés en France depuis les années 1990 afin de former des imams et des cadres religieux sont dirigés par des figures des Frères musulmans, qui dispensent ainsi un corpus théologique fondamentaliste à l’attention des prédicateurs.

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