En janvier 1994, la magie de la Coupe de France a offert un match inoubliable. Le PSG affrontait l’équipe de la Côte Chaude, un club amateur de la banlieue de Saint-Etienne, en 32e de finale. Ce fut une rencontre marquante, tant par l'écart de niveau entre les deux équipes que par l'ambiance festive qui régnait autour de l'événement.
Fondé en 1926 dans un ancien quartier minier stéphanois d'à peine 6000 habitants, le Côte Chaude Sportif Football s'apprêtait à vivre le plus grand match de son histoire contre le Paris Saint-Germain.
COTE CHAUDE ST ETIENNE - PARIS SG-0-10 (RESUME : COUPE DE FRANCE 1993-1994)

Supporters du PSG lors d'un match de Coupe de France.
Un Contexte Unique
Le petit club de division d’honneur était composé de joueurs amateurs, dont le capitaine était ambulancier. Le supporter numéro 1 de l'équipe était le curé de la paroisse. Tout «le village» s’est rangé derrière le Côte-Chaude sportif, aux petits soins pour sa Cendrillon, une comète de divison d’honneur régionale, qui accueillait, pour un soir de coupe, les princes du Paris-Saint-Germain.
Les vitrines des commerces arboraient avec orgueil l’écusson du club de football local, crée en 1926: une lampe et deux pics de hercheurs plantés sur un ballon. Côte-Chaude est un quartier marqué par son histoire minière. Voilà plus de trente ans que les mines de la Loire ont renoncé à tirer le charbon de la terre. Pigeot, le dernier puits, a fermé en 1986. Et pourtant, à l’entrée de Côte-Chaude, insensibles aux neiges de l’hiver, deux crassiers fument encore.
Comme si ce quartier de Saint-Etienne, excentré sur les hauteurs de la cuvette verte, à cheval sur le village de Saint-Genest-Lerp, ne pouvait échapper à son histoire, à ces vapeurs du sol qui lui donnèrent son nom. Ici grandirent des générations de «gueules noires», de passementiers aussi, tisseurs de rubans salariés à la solde des grosses fabriques de vêtements.
L'Ambiance Électrique de Geoffroy-Guichard
Ce soir-là, le stade Geoffroy-Guichard était en ébullition. 36 000 voix étaient à l’unisson pour encourager le petit poucet face à l’ogre parisien. Six divisions séparaient les deux formations. L'engouement était tellement fort que la rencontre a dû être retardée d'un bon quart d'heure le temps que les spectateurs puissent entrer dans le "Chaudron".
Peu importe, ils étaient 35 000 ce 22 Janvier 1994 au Stade Geoffroy Guichard pour soutenir les amateurs stéphanois. Au delà du score, un réel engouement est né ce soir là à coup de "olas" et de tours d'honneur des joueurs amateurs sévèrement battus 10-0.
Le Match: Un Festival de Buts Parisiens
Ainsi, à Geoffroy Guichard, stade mythique des verts de Saint-Etienne, le miracle ne s’est pas produit, malgré les prières de l’abbé de la Côte Chaude. Le petit club de division d’honneur s’est incliné 10 à 0 face au Paris Saint-Germain. C'est un vrai festival de buts parisiens signés Ginola, Fournier, Le Guen et Raï. Cette victoire demeure encore aujourd'hui, le record du plus gros score jamais obtenu par le PSG, toute compétitions confondues.
L’Équipe du PSG était composée de : Bernard Lama - Laurent Fournier, Ricardo Gomes, Alain Roche, Patrick Colleter - Paul Le Guen, Vincent Guérin (José Cobos, 60′), Valdo Filho - Raï Oliveira, Xavier Gravelaine, David Ginola (Daniel Bravo, 60′).
Un Hommage Touchant
Et petite anecdote, lors de la remise des fanions avant le match, le capitaine de la Côte Chaude a offert au capitaine du PSG une lampe de mineur, en hommage à tous les travailleurs des mines de la région de Saint-Etienne. Les capitaines, Paul Le Guen et Lutz, échangent les fanions et le Parisien se voit offrir une lampe de mineur.
L' actuel leader et grand favori du championnat de France de Première Division a respecté jusqu'au bout les amateurs. Qu’importe le score final, les amateurs de Côte-Chaude font la fête avec les pas moins de 35.000 spectateurs.
Un Souvenir Impérissable
Bernard Brochand, le président parisien, avait de quoi sourire. Son club allait affronter l'un des "Petits Poucets" de la compétition en Coupe de France. Plus de trente ans après, Stéphane Méallier (49 ans), Jérôme Georjon (50 ans), Frantz Orviz (52 ans), Eric Chartier (58 ans), Thierry Vray (60 ans) et Patrick Lutz (65 ans) replongent dans leurs souvenirs pour évoquer cette folle soirée. Un match historique : « Trois décennies après, on m’en parle encore ».