Surprise au Rose Bowl : Le PSG s'incline face à Botafogo

Mauvaise surprise pour le PSG au Rose Bowl de Pasadena ! Les joueurs de Luis Enrique sont tombés face à Botafogo (0-1) jeudi, lors de la deuxième journée de la Coupe du monde des clubs. Un match du groupe B, dont le classement est dominé par les Brésiliens, lauréats de la Copa Libertadores.

Avec six points sur six, le club de John Textor est en tête au classement du groupe B, devant le PSG, l’Atlético (3 pts) et Seattle (0). Le Paris Saint-Germain défiera les Seattle Sounders, lundi (21h) à Seattle, lors de la troisième journée. À noter que le club de MLS s’est incliné face aux Colchoneros plus tôt (3-1), avec notamment un doublé de Barrios. Lesquels Colchoneros avaient bu la tasse face à Paris en levée de rideau (4-0).

Comme à l’accoutumée, le PSG prenait rapidement le contrôle en termes de possession. Très actif, «Kvara» était le premier à apporter le danger sur le but de John (2e, 6e) avant deux situations où il n’était pas loin d’obtenir un penalty (13e, 19e). La pause fraîcheur, après 30 minutes de jeu, faisait sans doute du bien aux Brésiliens, qui passaient le plus clair de leur temps à courir après la balle sans créer de danger. Auteur d’une frappe loin du cadre en début de partie (8e), Doué était sous bonne garde, prise à deux, prise à trois.

Igor Jesus, lui, avait une réussite maximale : parfaitement lancé en profondeur, l’intéressé se jouait de Beraldo et Pacho avant de tromper Donnarumma (0-1, 36e). Stupeur ! À noter que le tir du Brésilien a été détourné par Pacho.

Paris dominateur, oui. Le deuxième intervenait à la 51e, Ramos reprenant un coup franc de Vitinha, mais Botafogo répondait par l’intermédiaire de Jefferson Savarino, de la tête (52e). Luis Enrique n’attendait pas plus longtemps pour injecter du sang neuf et du talent : Ruiz, Neves, Mendes et Barcola envoyés au front (55e). Hakimi s’essayait à une frappe de loin histoire de secouer le cocotier (59e). Paris toujours dominateur, à défaut de mitrailler le but adverse. Enfin, Paris faisait la différence, avec cette frappe de loin de Beraldo repoussée et reprise victorieusement par Barcola… en position de hors-jeu (79e).

Brouillon, ce PSG, qui poussait néanmoins dans les dernières minutes. «Kvara» faisait trembler Botafogo sur coup franc (90+2), lui qu’on a moins vu en seconde période. Entré en jeu, Lee arrachait un dernier corner (90+5)… qui ne donnait rien (0-1 score final). Un de chute.

Qu’est-ce que le Paris Saint-Germain, couronné champion d’Europe sans contestation possible il y a moins de trois semaines, vaut face à une équipe d’un autre continent ? Si cette drôle et toute nouvelle Coupe du monde des clubs n’avait pas existé, on ne se serait même pas posé la question, ou reportée à une hypothétique Coupe intercontinentale.

Mais à cause grâce à la magie de la FIFA, voici un élément de réponse que la nuit de jeudi à vendredi nous a apporté : terreur sur le Vieux Continent - l’Atlético a encore pris une belle branlée en fin de semaine dernière, même si c’était à Los Angeles -, la machine de guerre de Luis Enrique ne serait en fait qu’une équipe comme les autres, au-delà des frontières UEFA. Après sa défaite contre Botafogo (0-1) au Rose Bowl, Paname affiche en tout cas 100% de revers face aux formations des autres continents, en attendant - peut-être - un sursaut des Lynx contre les Sounders de Seattle, lundi soir (21 heures).

Le Glorioso n’est pas une équipe comme une autre : on parle de la propriété de John Textor, champion du Brésil, dernier vainqueur de la Copa Libertadores - qui alignait cette nuit des cadres comme Allan ou Alex Telles, même si vieillissants -, en confiance après sa victoire contre Seattle lundi (2-1), et plus globalement l’une des plus grandes institutions du pays, qui a jadis régné sur le Brésil et où Garrincha, Carlos Alberto, Nílton Santos ou Jairzinho ont réalisé une bonne partie de leurs carrières respectives.

Mais on parle aussi d’une équipe actuellement empêtrée dans le ventre mou de son championnat et qui, avant son petit exploit face à Paris, pointait la semaine passée à la 121e place du désormais fameux power rankings d’Opta - c’est-à-dire derrière des équipes comme Brest, Rennes, Toulouse ou Auxerre. Mais Botafogo mérite sa victoire, Paris mérite sa défaite, et cette déconvenue fait aussi du bien.

Après cet exercice historique, après sa victoire retentissante en Ligue des champions, après la fête qui a suivi, après sa brillante entrée dans cette Coupe du monde, le club de la capitale avait bien besoin de redescendre de son nuage un jour. Pour se souvenir aussi ce qu’est la défaite, qu’elle fait partie de ce sport - récemment, Paris s’était incliné contre Nice et Strasbourg, mais pour du beurre -, qu’on ne demandera pas à cette équipe de remporter absolument tous ses matchs - surtout au vu de ses accomplissements -, et que ça ne remet évidemment en cause aucune des idées d’Enrique.

Dans tout ça, c’est Gianni Infantino qui peut se frotter les mains : sa compétition a enfin offert une première vraie grosse sensation - même si on avait déjà vu quelques surprises. Si Botafogo est capable de doucher Paris - la première défaite d’une écurie européenne face à un adversaire sud-américain depuis treize ans -, que le Real Madrid est accroché par Al-Hilal (1-1) ou que l’Inter Miami tape Porto (2-1), qui sait à quoi ressemblera le dernier carré de ce tournoi ? Auckland n’en fera pas partie, certes, mais pour le reste, tout est possible, et c’est une bonne nouvelle pour la crédibilité de cet évènement.

Vous imaginez le PSG huitième de Ligue 1 à l'automne prochain ? Impensable, non ? C'est pourtant ce qui arrive à Botafogo, qui a traversé une forte zone de turbulences dans la foulée de son doublé Copa Libertadores, l'équivalent sud-américain de la Ligue des champions, et Championnat du Brésil, entre novembre et décembre derniers. Le club carioca, détenu depuis 2022 par John Textor, a vécu il y a six mois sa période la plus glorieuse en 120 ans d'histoire et le retour sur terre a été rude, en début d'année civile, dans la foulée du départ de l'entraîneur du doublé Artur Jorge.

Le technicien est allé exporter ses talents au Qatar, avec Al-Rayyan, pour des raisons personnelles et financières, tandis que Luiz Henrique a renfloué les caisses en étant vendu au Zénith Saint-Pétersbourg (33 M€) et que Thiago Almada est venu renforcer le cousin lyonnais de la galaxie Eagle. Il a fallu cinquante-cinq jours pour que le club trouve un successeur à Artur Jorge, l'intérim de Carlos Leiria (brièvement relayé par Claudio Caçapa) ayant tourné à la catastrophe.

Fin février, c'est Renato Paiva (55 ans), formateur notamment de Gonçalo Ramos et Renato Sanches à Benfica, qui a débarqué, et les débuts n'ont pas été flamboyants, avec deux victoires en huit matches toutes compétitions confondues. À tel point qu'après une défaite face aux Argentins d'Estudiantes en Libertadores, fin avril (0-1), Textor, dont le numéro de téléphone avait fuité sur les réseaux sociaux, s'était retrouvé inondé de messages l'appelant à se séparer du technicien.

L'ouverture du score de la tête du défenseur Jair Cunha (28e) lors de la victoire de Botafogo contre Seattle (2-1, le 15 juin). Mais depuis, Paiva, qui a aussi entraîné Willian Pacho dans le club équatorien d'Independiente del Valle, a sacrément redressé la barre. Sur les neuf dernières rencontres, toutes compétitions confondues, il a connu sept succès et le seul revers a eu lieu avec une équipe bis en Coupe du Brésil (0-1), dans un match sans réel enjeu contre Capital, club de D4 brésilienne (Botafogo avait gagné 4-0 à l'aller). Certains joueurs comme l'ailier Artur, arrivé cet hiver du Zénith, ont commencé à faire leur trou.

Botafogo a en outre réussi à attirer avant le début de la compétition quelques joueurs ayant déjà bourlingué dans des gros clubs européens, comme Arthur Cabral (Benfica) ou Joaquin Correa (Inter Milan, ex-OM).

Freitas, toujours : « Il nous aide beaucoup. Il nous donne tout le soutien dont nous avons besoin pour être le plus performant possible. » Il n'hésite pas non plus à reprendre, lorsqu'il faut récupérer de l'argent frais. Après cette Coupe du monde des clubs, c'est le buteur Igor Jesus et le défenseur Jair Cunha qui devraient à leur tour faire les valises, direction Nottingham Forest, 7e de Premier League en 2024-2025 et institution amie de l'OL.

Un chambardement permanent qui a de quoi effrayer, mais qui ne doit pas faire oublier d'où revient le club où ont évolué Garrincha, Didi ou encore Jairzinho : début 2021, Botafogo était relégué en Serie B, pour la deuxième fois en six ans.

Et c’est le club de Botafogo qui se présente sur la route des parisiens. Le PSG avait rencontré, il y a très longtemps, les clubs brésiliens de Flamengo, Vasco da Gama et Cruzeiro… mais c’étaient seulement des matchs amicaux.

Et ce qui est intéressant dans la confrontation de la nuit prochaine, c’est que Botafogo a vécu la saison dernière ce que les supporters du PSG ont vécu le 31 mai dernier : ils ont gagné pour la première fois de leur histoire l’équivalent de la Ligue des Champions en Amérique du Sud, la Copa Libertadores. Et en plus, comme le PSG en France, ils avaient accompli un doublé historique en remportant le championnat brésilien.

Mais ça, c’était donc la saison dernière... Depuis, les supporters cariocas ont déchanté.

La victoire surprise de Botafogo face au PSG (1-0) ce vendredi lors de la Coupe du monde des clubs enflamme évidemment la presse brésilienne et surprend les médias européens.La Coupe du monde des clubs a vécu sa première grosse surprise, dans la nuit de jeudi à vendredi à Los Angeles. Et c’est le PSG qui en a fait les frais. Le récent vainqueur de la Ligue des champions s’est fait surprendre (1-0) par Botafogo, tenant du titre la Copa Libertadores.

Et la presse brésilienne n’en revient pas. "L’apothéose", s’enflamme Globo Esporte avec une photo du buteur, Igor Jesus, extatique."Botafogo a mis le PSG dans sa poche"À l’instar de l’entraîneur Renato Paiva, le média dédie cet exploit aux équipes de la zone Conmebol. "La victoire du Botafogo est aussi sud-américaine", titre un article sur le site. "Botafogo, actuel champion d'Amérique du Sud, a battu le PSG et l'a mis dans sa poche, mettant fin à une sécheresse de douze ans", se réjouit Globo.

"Depuis 2012, année où les Corinthians ont battu Chelsea (soit neuf matchs, soit plus de douze ans), aucun club sud-américain n’avait battu une équipe européenne en compétition officielle.""La performance défensive de l'équipe de Renato Paiva, souvent critiquée à juste titre, restera gravée dans les annales du football, car, hormis les premières minutes, le PSG s'est retrouvé complètement anéanti: il n'a quasiment rien créé, jusqu'à être contraint de tenter des frappes hors de la surface, sollicitant Robespierre, Édith Piaf, Michel Platini ou quelque autre Français en attente", ajoute l’article.

UOL Esporte, autre grand média sportif brésilien, salue la tactique "unica ola" (un seul ballon) de Botafogo, qui a marqué sur l’une de ses rares (la seule?) occasions du match. "Botafogo a été récompensé par son organisation, sa détermination et son efficacité. Même face à un Kvaratskhelia inspiré sur l'aile gauche, l'équipe de Renato Paiva a su jouer le jeu, refroidissant progressivement l'élan adverse et, grâce au fameux ‘unica bola’, marquant grâce au duo Savarino-Igor Jesus."

La victoire fait aussi réagir les voisins argentins comme TyC Sports qui salue ce "coup historique", tout comme Olé qui évoque le "crash" signé par le club carioca. En Europe, Marca constate que "Botafogo a fait redescendre sur terre le PSG".

The Genius Tactics Behind Botafogo’s Shock Win Over PSG

Tableau récapitulatif du match

Équipe Buts Possession Tirs
PSG 0 65% 15
Botafogo 1 35% 5

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