L'arrivée de Christophe Galtier au Paris Saint-Germain a suscité de nombreuses attentes, notamment en ce qui concerne les choix tactiques et l'intégration des stars de l'équipe. Cet article se penche sur les différentes facettes de son approche, les ajustements apportés et les défis rencontrés.

Les Premiers Pas Tactiques
Les deux premiers matches sous l'ère Galtier avaient dessiné quelques orientations tactiques sur la phase défensive. Le PSG visait un repli en 5-4-1 où les deux offensifs entourant Messi se rabattaient légèrement sur les côtés. À droite, Sarabia remplissait la mission avec une grande application, assurant à Paris la présence permanente d'un troisième milieu de terrain au côté de Vitinha et Verratti.
Le retour de Mbappé dans l'équipe, à la place de l'Espagnol, n'a pas modifié les plans de Christophe Galtier au coup d'envoi. Face à Montpellier, le Français était bien chargé de redescendre à droite en phase défensive. L'organisation cible (et pas toujours atteinte) en phase défensive : un 5-4-1 avec Neymar à gauche et Mbappé à droite.
Dans les faits cela ne fut pas aussi figé. D'abord parce que Mbappé n'a logiquement pas eu la discipline d'un Pablo Sarabia ; ensuite parce qu'il s'est parfois retrouvé dans l'axe à la perte. C'est alors Messi qui prenait (en théorie) sa place à droite. Au retour des vestiaires, ce constat s'est accentué, avec un Mbappé beaucoup moins sur le côté.
De l'autre côté, Neymar a été de loin le Parisien le plus impliqué et tonique dans le registre défensif. Configuration similaire en deuxième période, avec cette fois Messi plus souvent replié à droite. Mais le peu d'impact défensif de l'Argentin (et le relâchement lié au score) laisse du temps à Savanier pour lancer ses attaquants dans la profondeur. Montpellier réduira l'écart au score.
Sur les phases de relance de Montpellier, le pressing de Paris s'organisait ainsi : Messi sur le milieu reculé adverse (Chotard) pendant que Neymar et Mbappé gênaient les deux défenseurs centraux, et que les pistons étaient prêts à sortir sur les latéraux montpelliérains. Le Brésilien a été, de loin, le plus actif du trio offensif dans le pressing et l'implication défensive, comme ici sur l'action à l'origine du 3e but.
L'Attaque et le Positionnement des Joueurs
Le 20 juillet dernier, lors du match de préparation face au Kawasaki Frontale, c'est Neymar que Christophe Galtier avait aligné axe droit de son trio offensif. Le Brésilien y perd plusieurs gestes naturels, lui qui a toujours évolué sur la partie gauche du terrain. Il a repris une position plus évidente pour lui et brillé lors des deux premiers matches officiels.
Face à Montpellier, l'entraîneur du PSG l'a maintenu en poste et donc placé Mbappé à la droite de Messi dans son 3-4-3 au début de la rencontre. Les zones d'expression n'étaient pas figées mais le Français a retrouvé plusieurs fois en première période des situations qu'il avait surtout connues à ses débuts au PSG et en équipe de France, moins ces dernières saisons où il aimait surtout arriver dans la surface depuis la gauche du terrain.
Déjà diminué physiquement et visiblement atteint mentalement, Mbappé a semblé gêné dans ses prises de balle et ses dribbles, sans qu'on puisse évaluer avec précision le niveau d'impact de sa position dans ses performances. Les décrochages de Messi à droite avec ballon ont envoyé naturellement Mbappé dans l'axe, et si les déplacements du Français vers la gauche étaient plutôt rares en première période (une bonne combinaison à trois à la 20e), ils sont devenus la norme en seconde, alors que le rythme du match était retombé.
En deuxième période, Mbappé a largement délaissé la partie droite du terrain, qui lui était attribuée au coup d'envoi.

Mbappé et le Rôle de Sarabia
« Sur les deux premiers matches, Sarabia a passé son temps à faire des compensations », notait Raynald Denoueix avant le match face à Montpellier. L'ancien champion de France avec Nantes comme joueur et entraîneur ne soulignait pas seulement le travail défensif de l'Espagnol, mais également ses mouvements lorsque Paris avait la possession.
Ses courses pour emmener la défense, libérer des espaces, sans réclamer à tout prix le ballon, avaient donné de l'air à Neymar et Messi, dont l'entente retrouve des couleurs. Il n'est pas question de dire que la présence de Mbappé à la place de Sarabia est une perte de qualité. En revanche, le Français, vu son statut et son niveau, peut difficilement accepter de voir aussi peu le ballon que l'ancien Sévillan.
Il en a d'ailleurs touché deux fois plus que l'Espagnol (69 par 90 minutes pour l'un, 35 par 90 minutes pour l'autre). Mbappé vient davantage au ballon et n'est plus uniquement un joueur de profondeur cherchant à avaler les espaces. Dès lors, Paris doit trouver un nouvel équilibre dans la répartition du jeu.
S'il est demandé à la nouvelle star du PSG de se restreindre à un rôle d'attaquant moins vorace en ballons en plus de se replier sur le côté droit, cela pourrait faire beaucoup pour lui. Christophe Galtier pourra-t-il obtenir le meilleur de Mbappé dans cette configuration ? Rien n'indique que la formule de ce début de saison soit amenée à durer.
Mais cela ouvre une autre question pour l'entraîneur français, plus générale : peut-il obtenir le meilleur de ses trois offensifs en même temps ? Le casse-tête tactique commence pour coach Galtier.
Thiago Motta : Un Successeur Possible ?
Christophe Galtier au Paris Saint-Germain. Simone Inzaghi à l’Inter Milan. Ces deux entraîneurs se trouveraient sur la sellette d’après les informations, respectivement, de nos confrères de L’Équipe et de nos voisins italiens de La Gazzetta dello Sport. Et si tout semble opposer les deux tacticiens sur le papier, ils partagent néanmoins un point commun : l’identité de leur possible successeur revient avec insistance ces derniers mois dans les presses et il se nomme Thiago Motta (40 ans).
Cette saison, les bons résultats de Thiago Motta à la tête de Bologne ne sont plus qu’un secret de polichinelle, puisque les Rossoblú se trouvent, à dix journées de la fin, toujours en course pour un ticket européen alors que le club bolonais flirtait avec la relégation lors de la nomination de l’Italien en septembre dernier. Mais derrière un bilan comptable attrayant, il y a surtout une patte tactique moderne et particulière qui ne demande qu’à être analysée.
Au cours de ses premiers mois d’entraîneur à la tête du Genoa, Thiago Motta avait surpris beaucoup de monde en installant un 4-3-3 assez particulier, prenant la forme d’un 2-7-2 en considérant son gardien comme un libéro. Du reste, Motta avait simplement copié un 4-3-3 en décomposant la structure horizontalement plutôt que verticalement, ce qui n’est pas courant dans le football moderne.
A La Spezia la saison passée, l’Italo-brésilien a troqué son 4-3-3 pour un 4-2-3-1 plus classique sur le papier mais avec une grande maniabilité, ce qui a permis aux Aquilotti de changer régulièrement de dispositifs. Thiago Motta a installé pas moins de douze formations différentes qui sont, pour la plupart, des variantes de son 4-2-3-1.
Et dès son arrivée à Bologne Thiago Motta a pris un risque en supprimant définitivement le 3-5-2 alors instauré depuis cinq saisons par son prédécesseur, le Serbe Siniša Mihajlović, décédé des suites de son cancer en décembre dernier. La facilité aurait voulu que le successeur parte du (bon) travail laissé par la légende serbe mais Motta a préféré tout de suite installer ses idées et sa philosophie offensive en 4-2-3-1.
Mais réduire la tactique de l’ancien international italien à son simple dispositif serait injuste, tant les formations ne symbolisent pas l’alpha et l’oméga du football. Un élément important du Bologne version 2023 se fonde sur la construction minutieuse des phases offensives, en partant de l’arrière. Et ici deux façons sont alors possibles.
Un bloc peut décider soit de jouer avec le pressing adverse, soit le casser avec un jeu aérien. Étant donné que Bologne ne possède pas autant de joueurs doués techniquement, Thiago Motta a insisté sur l’importance de maîtriser les deux méthodes qui peuvent être utilisées durant les rencontres. Cette philosophie permet aux joueurs de faire des passes directes et rapides vers l’avant si nécessaire ou jouer sous pression quand avancer dans le cœur du jeu semble trop risqué.
La protection amène la création. Le gardien de but de Bologne, Łukasz Skorupski est chargé d’être la première pierre du système de Motta. Sa capacité à repousser les frappes adverses est tout aussi importante que son habileté technique avec le ballon pour lancer des attaques depuis sa propre surface de réparation.
Alors que de nombreux entraîneurs souhaitent développer le jeu depuis l’arrière, en utilisant des passes courtes appuyées pour contourner la pression, il est également important de réaliser que sur certaines séquences, jouer plus directement est une bien meilleure option. Motta le reconnaît et a demandé à ses joueurs d’être flexibles dans leur approche pour mieux s’adapter aux adversaires.
Bologne est une équipe qui joue verticalement lorsqu’elle tente de briser le bloc défensif d’un adversaire. La verticalité est liée à la rapidité avec laquelle Bologne fait progresser le ballon, recherchant constamment des passes entre les lignes dans les espaces.
Thiago Motta veut que ses joueurs étouffent cette zone centrale du terrain, donnant une liberté aux milieux de terrain afin de bénéficier autant d’options de passes progressives centrales que possible. Cette philosophie permet de créer un déséquilibre dans le placement de l’adversaire puisque le capacité d’adaptation des Bolonais dans leur création permet de constamment jouer avec le rythme.
L’ancien Parisien souhaite que ses joueurs créent des micro-transitions. Essentiellement, lorsque le ballon est joué entre les lignes, Bologne accélère en attaquant le cœur du jeu avec des joueurs rapides derrière et des passes à une touche, provoquant des scénarios de contres.
Ces transitions sont très efficaces et réalistes car l’opposition est bercée par un faux sentiment de sécurité. En accélérant le rythme et en jouant des passes à une touche avec des joueurs effectuant des courses vers l’avant, l’équipe prend par surprise l’adversaire. En ce sens, Bologne veut se créer des situations de contres sans compter sur les erreurs offensives adverses.
En Italie, plusieurs jeunes coachs à la philosophie offensive sont considérés comme des apôtres de «La Scuola Gasperini», du nom de l’entraîneur de l’Atalanta qui a considérablement influencé la génération actuelle de jeunes entraîneurs prometteurs comme Paolo Zanetti, Raffaele Palladino, Alessio Dionisi, Roberto De Zerbi et bien sûr Thiago Motta.
D’ailleurs, Gian Piero Gasperini n’a pas tari d’éloges l’actuel maître du jeu de Bologne : «Thiago Motta a déjà marqué de son empreinte cette équipe de Bologne. Il cherche à élever le niveau d’une équipe qui n’a pas été dans le haut du classement depuis longtemps.
Egalement «enfant du Gasp», l’actuel entraîneur du Torino, le Croate Ivan Juric pense aussi que son ancien coéquipier au Genoa, Thiago Motta peut aller bien plus loin que les noms précédemment cités : «Quand Gasp t’entraîne, il devient contagieux, surtout quand tu comprends son football. Pressing, supériorité numérique, ne pas faire jouer les autres, se faire plaisir, t’entraîner sérieusement… Nous sommes beaucoup, aujourd’hui, en Serie A, à avoir suivi ses idées. Pour moi, Thiago est encore un peu différent, supérieur à nous. Il a eu d’autres entraîneurs, d’autres qualités… C’est le plus complet. Il arrive à allier une chose et l’autre.
Un potentiel jugé supérieur et expliqué par les inspirations tirées de José Mourinho car Motta est finalement le cocktail de plusieurs entraîneurs qu’il a côtoyés. Des félicitations qui ne sont pas nouvelles. Déjà lors de son court passage au Genoa, Maurizio Sarri, alors entraîneur de la Juventus, avait loué les premiers pas de l’ancien Parisien en tant que coach : «J’ai vu de belles possessions de balle pour sortir de situations dangereuses. Il a eu un impact en quelques jours. Thiago Motta a trouvé un terrain fertile pour grandir».
Comment Battre le PSG : L'Analyse de 2013
En 2013, une analyse a été faite sur la manière dont les équipes pouvaient rivaliser avec le PSG, en particulier après un match où Saint-Étienne a montré une certaine maîtrise. Voici quelques points clés qui ressortaient :
- Bien défendre: L'importance de la première ligne (attaquants et milieux de terrain) pour maintenir Verratti et Thiago Motta sous pression, ou les repousser loin du rond central.
- Couper la transition vers Ibrahimovic: Réduire le nombre de menaces pesant sur la défense en empêchant la connexion facile entre les milieux de terrain et l'attaquant vedette.
- Insister sur les ailes: Attaquer rapidement les ailes pour éviter de passer par le milieu de terrain où Verratti et Matuidi peuvent presser.
L'analyse soulignait également l'importance de la cohésion, du culot et de la réalisation des occasions.

Victoire contre Ajaccio : Un Pas de Plus Vers le Titre
Lors de la 35e journée de Ligue 1, les joueurs de Christophe Galtier ont surclassé Ajaccio, s'offrant un festival offensif (5-0). Kylian Mbappé a inscrit un doublé, reprenant ainsi la tête du classement des buteurs du championnat avec 26 réalisations. Avec un Lionel Messi de retour dans le onze parisien, l'équipe n'a jamais tremblé.
Ce match a mis en évidence la domination territoriale parisienne et l'efficacité offensive de l'équipe, bien que l'expulsion de Hakimi ait ajouté un élément de tension en fin de partie.
🇫🇷 Comment va jouer le PSG de Galtier ?
Tableau Récapitulatif du Match PSG vs Ajaccio (35e journée de Ligue 1)
| Événement | Minute | Joueur | Équipe |
|---|---|---|---|
| But | 22' | Ruiz | PSG |
| But | 34' | Hakimi | PSG |
| But | 47' | Mbappé | PSG |
| But | 54' | Mbappé | PSG |
| But (CSC) | 74' | Youssouf | Ajaccio |
| Carton Rouge | 77' | Hakimi | PSG |
Luis Enrique : Un Nouveau Chapitre Tactique ?
L’ancien sélectionneur de l’Espagne Luis Enrique a de très grandes chances de succéder à Christophe Galtier sur le banc du Paris Saint-Germain. Les discussions portent sur un contrat de deux ans. Son profil a rapidement fait l’unanimité chez les dirigeants. Certains joueurs du PSG voient l’arrivée de cet entraîneur réputé d’un bon oeil, d’autant que le fait qu’il soit espagnol peut aider dans un vestiaire avec plusieurs éléments hispanophones.
En arrivant à Paris, Luis Enrique pourrait rebondir sept mois après avoir été remercié de son poste de sélectionneur de l’Espagne. Luis Enrique a également réussi en 2015 le triplé championnat, coupe d’Espagne et Ligue des champions avec le FC Barcelone dès sa première saison sur le banc catalan. L’entraîneur s’appuyait sur un trio offensif composé de Lionel Messi, Luis Suarez et Neymar.
Paulo Fonseca et le LOSC : Une Philosophie Offensive
Paulo Fonseca, nouvel entraîneur du LOSC, a promis un football « offensif, dominateur, basé sur la possession du ballon et une équipe qui prend des initiatives ». Il essaie d’amener de la discipline, une philosophie très joueuse, une prise de risque dans la ressortie du ballon, sur le pressing, la récupération.
Ces trois dernières années, on était plutôt une équipe de contre-attaque, d’attaques rapides, qui essayait de prendre le moins de buts. Là, il y a une vraie prise de risques dans ce que le coach veut faire. » Au bout de cette phase de découverte, la bande-annonce promettait des étincelles aux fidèles de Pierre-Mauroy dès la première journée de Ligue 1, face à l’AJ Auxerre, dimanche dernier. La promesse a été tenue.
Mieux, plus que le large score (4-1) et le scénario, on a - déjà - vu une bonne quantité des marqueurs tactiques forts du technicien portugais, qui n’avait pas masqué les ingrédients qu’il injecterait dans son prochain projet lors d’une masterclass donnée récemment à The Coache’s Voice. Ainsi, l’ancien coach du Shakhtar voulait réinstaller un 4-2-3-1 ou un 4-3-3 après avoir décidé de basculer sur un 3-4-2-1 de la fin de sa première saison jusqu’au bout de son aventure à Rome.
Reste qu’au-delà des questions sur la structure, les équipes de Paulo Fonseca se sont toujours articulées autour d’idées relativement communes : un double pivot fort, moteur pour organiser les manoeuvres avec ballon, des latéraux offensifs, des ailiers intérieurs et des centraux capables d’avancer sans peur et sous pression pour faire avancer un ensemble où chaque joueur doit avoir « le courage d’assumer le jeu » et la capacité de réagir rapidement pour enfermer l’adversaire à la perte.
Logiquement prudent compte tenu de la période et de la faiblesse de l’opposition, mais heureux - et assez ému au premier coup de sifflet final de la saison - de la réaction de ses nouveaux joueurs, Paulo Fonseca, soutenu dans le Nord par deux jeunes cerveaux (Tiago Leal et Jorge Maciel), sait qu’il va vivre, dès vendredi soir un nouveau test sur la pelouse de Nantes, une équipe à l’aise dans ce que le coach portugais redoute le plus : les transitions.
Avant ça, il a réitéré vendredi matin, dans L’Equipe, son désir de paillettes : « Je pense que nous avons une obligation, en tant que coach. Le match, c’est un spectacle, c’est du divertissement. Quand les gens viennent voir un match, ils doivent voir de jolies choses. Même moi, en tant que supporter, si je décide d’aller au stade et que je ne vois pas un beau match, c’est comme si je vais voir un concert et que je n’aime pas ce que je vois : je m’en vais. Ce qu’on veut voir, c’est ce qui nous procure du plaisir.
Vitinha : Adaptation et Prises d'Initiatives Offensives
Buteur face à Lens il y a peu (3-1), Vitinha a enfin débloqué son compteur sous la tunique du PSG mais ce but sur une frappe de loin semble un moment à part de sa saison. Dans les chiffres, le Portugais tente beaucoup moins sa chance qu’au sein de son ancien club, le FC Porto. Comment expliquer les prises d’initiatives offensives en baisse du milieu parisien ?
D'une frappe limpide aux abords de la surface, le milieu de terrain de 23 ans a inscrit son premier but sous les couleurs parisiennes face à Lens (3-1) il y a deux semaines. Un moment savouré par le Portugais qui expliquait dans la foulée qu'il « attendai(t) ce but depuis longtemps. »
Mais ce premier but tardif n'a pas trouvé de suite à Angers et, depuis son arrivée en Ligue 1, le Lusitanien est un joueur plus réservé. Au PSG, ses chiffres chutent et le Portugais n'a décoché que 25 frappes à l'issue de la 32e journée. « Indéniablement, c'est lié à la dynamique collective dans laquelle il est inséré. Si on fait l'analogie avec sa dernière saison, on y observe très vite des différences évidentes en matière de protagonisme », juge Rémy Martins, suiveur attentif du FC Porto qui nous avait dressé une présentation complète du joueur dans un podcast.
« À Porto, il avait Uribe et Grujic qui sont des joueurs beaucoup plus besogneux et destructeurs que Verratti et Fabian Ruiz. « C'est aussi lié au niveau de compétitivité des deux championnats. La capacité des clubs de Ligue 1 est bien supérieure à celle des clubs portugais, hors top 4 (Porto, Benfica, Sporting, Braga). Force est de constater que dans le championnat portugais, les petites équipes vivent énormément de la spéculation, de l'attente d'une erreur grossière, note-t-il. Un joueur comme Vitinha, son protagonisme est plus à même d'être exhibé dans ce contexte-là que face à un club de Ligue 1 qui affronte le PSG même si le rapport de force est clairement en faveur du PSG dans la majorité des cas aussi. Ça reste bien différent, il y a beaucoup plus de répondant en Ligue 1.
Dix mois après son arrivée dans la capitale, Vitinha est toujours dans l'appréhension d'un nouvel environnement. Au PSG, les profils avec lesquels il évolue sont différents. Cette cohabitation se fait aussi avec des joueurs affirmées dans le processus créatif. « Lionel Messi prend une place énorme dans le processus créatif de l’équipe dans laquelle il prend place. Ce n'est pas si évident pour un milieu de se projeter et de prendre des risques quand on a un joueur comme Messi. Ça peut vite congestionner sa zone de jeu, lance Rémy. Il n'est pas surprenant que la ligne du milieu soit plus précautionneuse par rapport à l’apport offensif. Vitinha s’insère dans cette idée-là.
Après des débuts en boulet de canon, Vitinha a traversé une deuxième partie de saison dans l'ombre de la première. « On peut parler de dimension affective moins présente pour lui au PSG qu’à Porto, confie Rémy. À Porto, il était devenu indiscutable en novembre 2021 et n’a jamais été remis en question à partir de là, ce qui n’est pas le cas au PSG où il s'est heurté à des critiques Il était très encensé, pas critiqué. Ce qui le met bien évidemment dans des prédispositions avantageuses pour atteindre tout le potentiel qu’il a à démontrer. Si on a des certitudes dans la tête, on va être plus à même de prendre des risques. Alors ce premier but inscrit face à Lens peut-il libérer le Portugais ?
tags: #psg #coach #christophe #galtier