Le Protocole "Carton Blanc" de la FFHandball : Prévention des Commotions Cérébrales dans le Handball Amateur en France

Les traumatismes de la tête et du cou représentent une part non négligeable de l'accidentologie du handball, en particulier au regard de leur potentielle gravité. Face à ce constat, le handball amateur en France bénéficie depuis 2019 d'un protocole de prévention des commotions cérébrales mis en place par la Fédération Française de Handball (FFHandball) : le protocole "carton blanc". Ce dispositif vise à améliorer la prise en charge des joueurs susceptibles d'avoir subi une commotion cérébrale lors d'un match.

L'objectif principal de ce protocole est d'inciter les joueurs à haut risque de commotion à consulter un médecin. L'étude vise également à apporter de nouvelles données sur la commotion dans le handball, notamment en recherchant des facteurs associés à un haut risque de commotion, tels que l'âge, le sexe, le poste et le type de choc.

La commotion cérébrale

Fonctionnement du Protocole "Carton Blanc"

En cas de suspicion de commotion cérébrale, les juges arbitres arrêtent le temps de jeu et signalent la situation avec le carton blanc. Deux personnes éligibles et autorisées (par exemple, l'officiel responsable ou un kinésithérapeute) entrent sur l'aire de jeu. L'officiel responsable d'équipe décide, au vu des symptômes constatés, s'il autorise le joueur à reprendre le jeu. Si ce n'est pas le cas, il doit en informer immédiatement les officiels de table de marque. La décision du responsable d'équipe est consignée sur la feuille de match par l'un des juges arbitres.

Dans les 24 à 48 heures suivant le match, un courriel type est adressé au joueur concerné (et à ses représentants légaux si mineur), avec copie au club et au médecin de ligue, pour l'informer des risques liés à la commotion cérébrale et l'inviter à consulter un médecin.

Il est important de noter qu'il n'y a pas d'interdiction de jouer pour les matchs suivants, sauf en cas de certificat de contre-indication temporaire transmis à la FFHB par le joueur concerné ou son club. Dans ce cas, la qualification est suspendue dans Gesthand par la Commission médicale nationale.

Chaque année, les règles de notre pratique sportive peuvent être amenées à évoluer pour le bien être du jeu et de ses participants. C'est le cas, pour la deuxième saison maintenant, du carton blanc que les arbitres ont en leur possession.

Évaluation du Protocole et Données Clés

Une étude a été menée pour évaluer l'efficacité du protocole "carton blanc" à inciter les joueurs à consulter un médecin après un choc à la tête. Tous les joueurs majeurs ayant reçu un carton blanc en compétition amateure ont été sollicités pour participer à un questionnaire.

Sur 1207 réponses analysables, 709 joueurs avaient été identifiés à haut risque de commotion. Parmi eux, seulement 153 avaient déclaré avoir consulté un médecin. Parmi ces 153 joueurs, 59 ont déclaré avoir été arrêtés par leur médecin. Cela suggère que trop peu de joueurs consultent après un protocole carton blanc, alors qu'ils sont à haut risque de commotion.

Facteurs de Risque Associés aux Commotions Cérébrales

L'étude a également permis d'identifier certains facteurs de risque associés aux commotions cérébrales dans le handball amateur :

  • Les joueurs de plus de 30 ans et les hommes avaient moins de chances d'être à haut risque de commotion par rapport à la tranche d'âge de 18 à 20 ans et aux femmes.
  • Les joueurs qui chutaient avec impact de la tête au sol avaient plus de chances d'être à haut risque de commotion.
  • 269 sur 709 joueurs à haut risque étaient des gardiens, qui étaient également majoritairement représentés dans la population totale. Si les gardiens sont les plus soumis au carton blanc, il ne faut pas négliger les joueurs qui chutent avec impact de la tête au sol.

Elle souligne enfin la vulnérabilité des populations jeunes adultes et féminines.

Tableau Récapitulatif des Résultats

Critère Résultat
Joueurs à haut risque de commotion 709 sur 1207
Joueurs à haut risque ayant consulté un médecin 153 sur 709
Gardiens de but parmi les joueurs à haut risque 269 sur 709
Joueurs arrêtés par leur médecin après consultation 59 sur 153
Risque réduit chez les plus de 30 ans (vs. 18-20 ans) OR 0,45 (95% IC [0,32 ; 0,69])
Risque réduit chez les hommes (vs. femmes) OR 0,52 (95% IC [0,41 ; 0,67])
Risque accru en cas de chute avec impact de la tête au sol OR 2,28 (95% IC [1,44 ; 3,64])

Questions Fréquentes sur les Commotions Cérébrales

Pour sensibiliser davantage les joueurs et les entraîneurs, voici quelques questions fréquemment posées sur les commotions cérébrales :

  • Si je prends un CARTON BLANC, je dois sortir et je ne peux plus rentrer sur le terrain ensuite. Si je prends un CARTON BLANC et que mon entraineur estime que je peux rejouer, il n’y aura pas de suite. FAUX
  • Si je reçois un carton blanc lors d’un match, je suis obligé (e) d’aller chez le médecin. Si je prends un Carton Blanc, je ne pourrai pas jouer la semaine suivante, c’est certain. FAUX Si le sportif va bien et ne présente aucun des symptômes d’une commotion cérébrale dans les 48 heures qui suivent le match, il n’y a aucune raison pour qu’il ne joue pas le match suivant.
  • Si un de mes joueurs reçoit un carton blanc, je dois toujours lui poser les questions du poster commotions cérébrales et lui faire le test d’équilibre décrit.
  • Une commotion cérébrale s’accompagne toujours d’une perte de connaissance. FAUX Le KO avec perte de connaissance ne représente qu’environ 10% des commotions cérébrales.
  • On peut savoir immédiatement si on a une commotion cérébrale. FAUX Pas toujours, les signes (maux de tête, troubles de l’équilibre, troubles de l’attention, vomissements, nausées …) peuvent apparaitre jusqu’ à 48 heures après l’impact.
  • Les signes d’une commotion cérébrale avérée disparaissent toujours rapidement. FAUX Même s’ils commencent généralement à s’estomper à partir de 48 heures, les signes peuvent perdurer plus longtemps. Le temps de retour au jeu chez un adulte est généralement de 6 à 8 jours après la disparition des signes. Chez un jeune, le temps de récupération est plus long (immaturité du cerveau) et est d’environ 3 semaines.
  • Seul le gardien de but peut être victime d’une commotion cérébrale. FAUX Hormis un coup direct dans le visage volontaire ou pas (coup de poing ou de coude) une situation fréquente est le contre d’un défenseur avec un ballon pleine face.
  • Une commotion cérébrale est toujours grave. FAUX Si elle est diagnostiquée à temps et bien gérée, le joueur récupérera totalement et ne gardera aucune séquelle.
  • Une commotion cérébrale négligée peut entrainer la mort. VRAI Le syndrome du second impact qui correspond à une deuxième commotion cérébrale sur un cerveau qui n’a pas totalement récupéré est mortel dans 50 % des cas.
  • Après une commotion cérébrale je vais reprendre au bout d’une semaine. Vous ne pouvez pas quitter seul(e) le gymnase.

Il est essentiel d'être conscient des risques liés aux commotions cérébrales et de suivre les recommandations médicales pour assurer la sécurité des joueurs.

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