La Conférence Nationale du Football, qui s'est tenue à Clairefontaine, a marqué un tournant décisif pour l’avenir du football amateur français, avec un accent particulier sur le développement du football féminin. Sous l’impulsion de son président Philippe Diallo, la Fédération Française de Football (FFF) a dévoilé un plan d’aides financières et humaines d’une ampleur jamais vue, destiné à structurer l’ensemble de l’écosystème amateur sur les quatre prochaines années.
Grâce à une trajectoire budgétaire pluriannuelle historique, l’enveloppe globale dédiée au football amateur, au football féminin et aux clubs nationaux bondira de 50 % en cinq ans : de 106 millions d’euros en 2024-2025 à 151 millions en 2028-2029, pour un investissement total dépassant les 550 millions d’euros. Ce renforcement massif, rendu possible par une gestion rigoureuse et de nouveaux partenariats commerciaux, vise à répondre à une urgence : redonner des moyens, de la lisibilité et de l’ambition aux milliers de clubs qui constituent la base vivante et essentielle du football français.
Plus qu’une annonce financière, la FFF a présenté une nouvelle manière de travailler. Pour la première fois, la Fédération a bâti sa feuille de route en collaboration directe avec les ligues, districts et clubs, au terme d’une vaste consultation menée en métropole comme en Outre-mer par Joëlle Monlouis et Claude Delforge.
Les Priorités du Projet
Cette démarche a permis d’identifier précisément les besoins : structuration des clubs, formation des éducateurs, développement du foot féminin, amélioration du service aux licenciés, ou encore lutte contre les violences sexistes et sexuelles. De cette consultation sont nés les premiers engagements concrets, parmi lesquels de nouveaux contrats d’objectifs territoriaux garantissant à 100 % les dotations des ligues et districts, un plan spécifique pour les territoires ultramarins, dont les budgets seront quasiment doublés, ou encore une révision complète des dotations Nike, plus équitable et plus favorable aux petits districts. Cette nouvelle gouvernance, fondée sur la proximité et la transparence, marque une rupture profonde avec les pratiques du passé.
L’un des piliers majeurs du projet repose sur le renforcement du projet club. Pour aider les dirigeants et bénévoles, souvent débordés, la FFF déploiera une centaine de conseillers en développement chargés d’accompagner les clubs dans la construction et la mise en œuvre de leurs projets associatifs.

Le football féminin constitue également un axe prioritaire : 25 % des moyens FAFA lui seront désormais consacrés, avec pour ambition d’atteindre les 500 000 licenciées d’ici 2028. Les clubs qui ouvriront une section féminine bénéficieront d’aides renforcées et de bons d’achat Nike dédiés. La FFF souhaite ainsi lever les freins à la pratique, développer les filières et valoriser les parcours féminins afin de faire du football un sport véritablement accessible à toutes et tous.
Enfin, la Fédération inaugure un fonds d’urgence inédit, doté d’un million d’euros par an, destiné à soutenir les clubs touchés par des catastrophes naturelles, des accidents graves ou des actes criminels. Ce dispositif permettra une intervention rapide pour garantir la continuité de la pratique dans les zones sinistrées.
Selon Philippe Diallo, plus de 50 % des sommes qui constituent cette trajectoire vont être directement dévolues à nos ligues, nos districts et nos clubs amateurs. Malgré un certain nombre d’aléas auxquels nous avons été confrontés, nous assumons ces engagements et les respecterons tout au long de la période. Nous tiendrons le cap, même si de nouveaux aléas devaient nous impacter. C’est un engagement inédit. Nous sommes sur un peu plus de 550 millions d’euros de soutien à notre football amateur et ses 12 000 clubs jusqu’en 2028-2029. Inédit aussi dans beaucoup des mesures présentées, avec beaucoup d’innovations et le souci d’être toujours très concret. Nous pouvons être fiers de donner un projet d’avenir à notre football.
Le Programme Toutes Foot
Le programme Toutes Foot, qui favorise le développement de la pratique féminine et l’accès aux responsabilités des femmes dans le football, revient pour une 4ème édition. Clubs, districts, ligues, à vous de jouer ! C’est un rendez-vous désormais très attendu dans les territoires.
Lancé en 2022 par la Fédération française de football, le dispositif Toutes Foot, qui s’adresse aux clubs, aux districts et aux ligues à travers un appel à projets, est ouvert pour la saison 2025-2026. Ce programme, en partenariat avec le Crédit Agricole, Nike et Intermarché, vise à développer la pratique féminine, à renforcer la place des femmes dans le football et à dynamiser le projet club dans son ensemble.

Les participants s’engagent pour plus de mixité à travers la mise en place d’actions qui permettent l’augmentation du nombre de leurs pratiquantes (journées portes ouvertes, sections sportives, stage féminin ou mixte...) et/ou qui favorisent la mixité dans les différentes responsabilités (formation de dirigeantes, d'arbitres ou d'éducatrices, d'accompagnement de valorisation des nouvelles licenciées...).
La mobilisation de tous les clubs participants sera récompensée par la remise d’un bon d’achat Nike. À l’issue d’un processus de sélection par les territoires, trente-huit clubs lauréats régionaux ainsi que trois districts et trois ligues sélectionnés seront conviés au CNF Clairefontaine pour assister à la cérémonie des Trophées.
La candidature en tant que club à ce dispositif permet de concourir pour le prix Sensationnelles 2026, porté par Intermarché. Les clubs, districts ou ligues qui souhaitent candidater au programme doivent déclarer leur engagement d’ici le 15 décembre 2025, déployer leur(s) action(s) puis s’inscrire avant le 5 mai 2026 pour les clubs sur Footclubs et le 31 mai pour les districts et ligues sur Portail bleu.
Voici quelques chiffres clés du programme Toutes Foot :
- 10 Clubs récompensés en 2024-2025 avec le Prix Coup de cœur
- 1 400 Clubs engagés la saison dernière
- +55% : La progression de participation en trois éditions
- 253 176 Licenciées en 2024-2025 dont 201 386 pratiquantes
Professionnalisation et Visibilité
Au-delà du système de licence et de la distribution des recettes, la LFFP offre également aux clubs des outils pour améliorer la performance des joueuses. Tous les clubs des deux divisions supérieures en France ont accès à des outils d’analyse vidéo, ainsi qu’à un soutien de pointe pour les joueuses et à un contrôle médical.
Un dossier médical sécurisé est créé pour chaque joueuse, renforçant le lien médical entre les clubs et les équipes nationales - une réelle avancée pour l’écosystème du football féminin français.
Afin de s’assurer que le développement du football féminin ne se produit pas seulement sur le terrain, la LFFP travaille également avec une agence spécialisée en vue de créer une stratégie de communication dédiée qui mettra en lumière le championnat et les joueuses, attirant ainsi davantage de sponsors et un public en constante progression.

Philippe Diallo a annoncé que la FFF voulait créer une société commerciale exclusivement dédiée au football féminin. Il a également rappelé l’investissement de la Fédération pour la LFFP créée il y a un an et présidée par Jean-Michel Aulas, à savoir neuf millions d’euros lors de l’année de sa création et 14 millions cette saison.
Pourquoi la France a-t-elle pris du retard ?
La France en retard sur le reste de l’Europe. Si l’on regarde les autres grandes nations européennes. Elles sont allées plus vite et plus loin que nous, que ce soit en nombre de licenciés ou en résultats sportifs de leurs clubs professionnels et des équipes nationales. L’Espagne, championne du monde en titre, l’Angleterre championne d’Europe il y a quatre ans ou l’Allemagne ont notamment pris une solide longueur d’avance.
Cette logique financière constitue un motif d’inquiétude pour l’avenir du football féminin de haut niveau en France. Les droits TV du foot féminin en Espagne Angleterre ou Allemagne sont, par ailleurs largement supérieurs à la France.
Les femmes sont-elles l'avenir du foot ? - Clique Dimanche - CANAL+
La crise financière semble un bon prétexte pour justifier du manque de moyens alloués aux sections féminines. Mais le cadre professionnel a été mis en œuvre plus vite chez nos voisins. En France, la création d’une ligue professionnelle (LFFP) remonte à tout juste un an. Et il existe une fracture entre les cadors du championnat comme l'Olympique Lyonnais et le PSG et les autres clubs.
La fédération française a budgété 14 millions d’euros pour développer le foot féminin la prochaine saison. La FFF vise elle les 500 000 licenciées en 2028.
Mais les moyens financiers ne sont pas la seule difficulté. Même s’il y a eu de gros progrès pour changer le regard sur le football féminin et casser les stéréotypes reste un enjeu majeur, il y a beaucoup préjugés discriminants qui se font dès la cour de récré. Au-delà de ça... Il y a plein d'autres barrières. Est-ce que les jeunes filles, les femmes, se sentent en sécurité quand elles vont faire du sport, et notamment du football. Parfois, on a des terrains et des créneaux qui sont potentiellement dangereux pour nous. Parce qu'on rentre très tard le soir.
Le Plan de Développement du Football Féminin de Haut Niveau (2023)
Philippe Diallo, président par intérim de la FFF, et Jean-Michel Aulas, membre du Comité exécutif, ont présenté les détails du plan fédéral consacré au développement du football féminin français de haut niveau. Les décisions actées par le Comité exécutif de la FFF s'inscrivent dans une trajectoire qui va marquer, je pense, l'histoire du football féminin. Des progrès extrêmement significatifs ont été accomplis depuis une dizaine d'années avec une progression assez remarquable du nombre de licenciées - 220 000 désormais -, une Équipe de France féminine classée 5e à la FIFA, un palmarès de clubs exceptionnels, des progrès sur la filière des Pôles Espoirs ou sur le nombre de dirigeantes... Le panorama est positif sur le plan sportif et sur l'implication des femmes dans le football.
Ce plan regroupe des actions vouées à renforcer la structuration et la professionnalisation du football féminin et repose principalement sur une réforme de la pyramide des compétitions nationales féminines, l'instauration d'une phase finale pour le championnat de D1 Arkema, la mise en place de trois niveaux pour la Licence Club, l'ouverture de Centres de formation agrées pour les jeunes joueuses, la création d'une ligue féminine dédiée, le tout soutenu par un engagement financier accru de la FFF et l'apport espérée de nouvelles ressources, notamment à travers l'appel d'offres pour les droits TV pour la période 2023-2027.
La FFF a souhaité saisir l'opportunité de la période que nous venons de traverser pour donner une nouvelle ambition et faire franchir une nouvelle étape au football féminin français. Cela a commencé par l'Équipe de France féminine avec l'arrivée d'Hervé Renard en tant que sélectionneur et d'un nouveau staff, avec des ambitions extrêmement importantes pour les compétitions à venir. À côté, en cohérence, on souhaitait aussi apporter le complément indispensable au football de clubs, à la D1 Arkema et à tous les étages de la filière de formation. Cette professionnalisation va ainsi prendre différentes formes.
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