Les supporters de rugby ont les yeux rivés sur la France, car le rugby hexagonal prend une place importante et a, en quelque sorte, marqué l'histoire du rugby français. Ce vendredi 8 septembre 2023, TF1 a diffusé la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de rugby. Dans un communiqué, la chaîne privée assure d’ailleurs qu’il aura fallu "deux années de travail et neuf mois de répétition de la part des organisateurs et des chorégraphes" pour préparer cette cérémonie d'ouverture. Puis, place au sport ! La dixième édition de la Coupe du monde de rugby a débuté ce vendredi 8 septembre 2023 avec une affiche digne d’une finale : l’équipe de France a fait face à la Nouvelle-Zélande, triple vainqueur de la compétition.
Pour aller le plus loin possible, les joueurs du XV de France ont pu compter sur les conseils et les recommandations du sélectionneur, Fabien Galthié. L’enjeu est tout aussi important pour le papa de deux enfants.

Fabien Galthié: Une Légende du Rugby Français
Fabien Galthié, âgé de 53 ans, est un ancien joueur français de rugby à XV, au poste de demi de mêlée. Il a joué avec Colomiers, le Stade Français et avec le XV de France avant de devenir entraîneur. Fabien Galthié résonne comme une légende vivante. Il a laissé une empreinte indélébile sur le rugby hexagonal.
Début de carrière
Fabien Galthié est né le 20 mars 1969 à Cahors dans le Lot. Ses parents déménagent quand il a six ans dans la région toulousaine, où son père fonde le club de rugby de Tournefeuille, en 1977. C'est là qu'il commence à jouer au rugby avant de rejoindre, faute d'effectif, le club voisin de Colomiers, à 12 ans. Il fait ses débuts avec l'équipe première à 17 ans, en 1986.
Fabien Galthié reçoit sa première cape avec le XV de France à l'âge de 22 ans, en juin 1991, et est appelé avec les Bleus pour la Coupe du monde la même année. Mais, s'il est titulaire, il ne parvient pas à s'imposer durablement et n'est ainsi appelé pour la Coupe du monde 1995 qu'après des blessures dans le groupe français. Déçu, il décide de partir quelques mois en Afrique du Sud pour jouer et travailler son anglais dans le cadre de ses études, qu'il termine en 1996.
Apogée et Reconversion
De retour à Colomiers, il est appelé plus régulièrement avec la France, malgré plusieurs blessures. Initialement écarté pour la Coupe du monde 1999, il est finalement appelé et s'impose comme titulaire, portant la France jusqu'en finale perdue face à l'Australie. Devenu un cadre de l'équipe de France, il signe au Stade Français à l'été 2001 et dispute une quatrième Coupe du monde, en 2003, avant de mettre fin à sa carrière de joueur.

Après avoir démissionné en 2008, Fabien Galthié rejoint l'encadrement de l'équipe d'Argentine, en tant que conseiller technique. Ce n'est qu'à l'été 2010 qu'il retrouve un poste d'entraîneur en signant à Montpellier, avant l'arrivée de Mohed Altrad en 2011 comme actionnaire majoritaire. Malgré la progression du MHR, l'aventure se termine mal et Galthié quitte le club en 2014, non sans remous.
Sélectionneur du XV de France
Fabien Galthié devient le sélectionneur de l'équipe de France après la Coupe du monde 2019 au Japon, avec de probants résultants, au niveau du jeu comme des résultats, puisque les Bleus ont remporté le tournoi des VI Nations en 2022, pour la première fois depuis 12 ans, en réalisant le Grand Chelem.
Palmarès de Fabien Galthié
- Championnat de France en 2003 avec le Stade Français
- Challenge Européen en 1998 avec Colomiers
- Vice-champion du monde en 1999
- Trois Grands Chelems dans le tournoi des VI Nations (1997, 1998, et 2002)
Informations Complémentaires
Le salaire de Fabien Galthié a été dévoilé par un média britannique avant le dernier tournoi des VI Nations. Selon l’enquête de TotalSportal, le sélectionneur des Bleus émergerait actuellement aux alentours de 770.000 euros de salaire par an, hors bonus, qui pourraient avoisiner les 600.000 euros. Au total, le salaire de Fabien Galthié pourrait s’élever à près d’1,3 million d’euros par an.
Fabien Galthié est sélectionneur du XV de France depuis la fin de l'année 2019. Il a officiellement pris ses fonctions après la Coupe du monde au Japon, où il avait accompagné les Bleus.
Depuis plusieurs années, Fabien Galthié intrigue en portant des lunettes imposantes. Le sélectionneur des Bleus s'était expliqué en 2020 au Parisien sur la raison d'une telle paire: "Ce sont des lunettes de sport en plastique qui permettent de courir, de tomber car je cassais toutes mes lunettes avant, avait tout simplement expliqué l'ancien demi de mêlée. Ma vue s'est dégradée vers 46-47 ans.
Le sélectionneur de la France Fabien Galthié n'a aucun lien de parenté avec l'entraîneur français de football Christophe Galtier, passé par l'AS Saint-Etienne, Lille et l'OGC Nice.
Mathis Galthié: Sur les Traces de Son Père
À 20 ans, Mathis Galthié commence doucement à se faire un prénom. Le fils de Fabien, sélectionneur du XV de France et ancien demi de mêlée des Bleus, a fait ses premiers pas en professionnel, avec Colomiers en Pro D2, fin janvier. Membre du centre de formation du club haut-garonnais, il poursuit son évolution sur les terrains, tout en continuant ses études d’ingénieur.
Mathis Galthié résonne comme une légende vivante. Il prend une place importante sur le terrain.
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Premiers Pas dans le Rugby Professionnel
Mathis Galthié n’était pas destiné à vivre son baptême du feu aussi rapidement. Membre du centre de formation de Colomiers, il a rejoint le groupe de l’équipe première en janvier. « Je l’avais intégré avec nous pour un cycle de trois semaines afin qu’il continue son évolution et qu’il se confronte à des joueurs plus âgés, rembobine Julien Sarraute, l’entraîneur columérin. Mais ce n’était pas prévu qu’il joue dans l’immédiat. Il a fait une entrée très correcte (il a remplacé Ugo Séguéla à la 66e). Il a encore un petit bout de chemin à accomplir dans sa formation avant de prétendre au très haut niveau. Mais il a les qualités pour réussir, c’est un passionné de rugby. Avec son grand-père, son père et son oncle dans la marmite de l’ovalie, Mathis Galthié avait un chemin tout tracé.
Mais le jeune homme a creusé son sillon avec ses propres aspirations. « Ce n’est pas mon père qui m’a poussé, précise l’intéressé. Mais dès que j’ai eu ma première paire de crampons, je passais mes après-midis à faire des matches tout seul. Je rentrais avec mon jean troué. Je m’imaginais des matches dans le salon et j’avais toujours un ballon dans les mains. Je regardais beaucoup de rencontres à la télé. Je ne sais pas pourquoi j’ai aimé ce sport. Je suis tombé tout seul dans la potion magique.
Par l’intermédiaire d’un ami, il fait ses premiers pas dans les Hauts-de-Seine : d’abord au club de Garches-Vaucresson, avant de poursuivre à Clamart. Il a ensuite trimballé sa passion pour le jeu au gré des pérégrinations de son entraîneur de père. Quand Fabien reprend en main le Montpellier Hérault Rugby (2010-2014), Mathis s’épanouit à l’école de rugby du Pic Saint-Loup, à quelques encablures de la préfecture de l’Hérault. L’histoire se répète en 2017 : l’ancien demi de mêlée des Bleus est nommé à la tête du RC Toulon, la progéniture travaille sa passe sautée avec les minots de la Rade, en crabos.
Avec son bac en poche, la question s’est alors posée pour le jeune Galthié : comment concilier son ambition de toucher un jour le rugby de haut niveau en continuant ses études ? Il trouve finalement la solution idoine. Il s’inscrit sur les bancs de l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse (Insa) et rejoint le club de Castanet (Haute-Garonne), en Fédérale 1, en double licence avec Colomiers. Avant de rejoindre le centre de formation de l’actuel 4e de Pro D2 à temps plein cette saison. « Je ne me voyais pas arrêter mes études, précise le demi de mêlée. À l’Insa, je bénéficie d’aménagements horaires pour le rugby. Je trouve que c’est important. Je suis un amoureux du rugby et je ne pense qu’à ça toute la journée, même quand je suis en cours. Mais c’est important de couper et de s’intéresser à autre chose. Cela me permet de voir des gens qui se fichent de savoir si on a fait un bon match ou non.
Un Regard Paternel
Le sélectionneur du XV de France, lui, garde un œil attentionné sur la progression du fiston. Sans s’immiscer dans ses choix de carrière. Il était présent, fin janvier, au stade Maurice-David pour assister aux premiers galons de Mathis. « Le hasard fait bien les choses, sourit Mathis Galthié. Il était à Aubagne (Bouches-du-Rhône) pour un stage de préparation pour le Tournoi des 6 Nations. De toute façon, je savais qu’il allait regarder le match. C’était une belle chose qu’il ait pu venir. J’ai eu le droit à un débrief personnalisé. On parle beaucoup de rugby tous les deux. Mais il ne se mêle pas de mes décisions. On est très proche tous les deux. On se partage des idées, ça n’a pas de prix.
La pancarte de « fils de Fabien Galthié » pourrait être délicate à assumer. Surtout que Mathis a emprunté la même voie : comme son père, il a fait ses débuts en pro à Colomiers, comme son père, avec le numéro neuf dans le dos. Et les deux générations ont des profils similaires : fin techniquement, avec un sens stratégique aigu. « Il a appris à vivre avec ce nom, expose Julien Sarraute. Mais ce n’est pas un élément qui lui met une dose de stress supplémentaire. Il a juste envie de jouer au rugby. Et il s’en donne les moyens. C’est quelqu’un de déterminé, de travailleur, avec une grosse force de caractère. Sans prétention, mais avec ambition, Mathis Galthié espère désormais écrire sa propre histoire. « Une fois qu’on a goûté au haut niveau, on a qu’une envie : y rejouer. J’espère pouvoir le faire cette saison à Colomiers ou la prochaine. J’ai 20 ans, j’ai encore plein de belles choses à vivre.
Contrat professionnel avec Colomiers
Mathis Galthié a officiellement signé son premier contrat professionnel avec Colomiers (Pro D2). Le demi de mêlée de 21 ans s'est engagé jusqu'en 2025 avec Colomiers, où son père avait effectué, au même poste, l'essentiel de sa carrière dans les années 1980 et 1990. Mathis Galthié a disputé cette saison 11 matches de championnat, dont quatre comme titulaire, inscrivant deux essais au passage.
"Je suis très heureux de signer mon premier contrat professionnel avec Colomiers, club qui m'a ouvert les portes de la Pro D2", a-t-il réagi dans un communiqué. "J'ai hâte de retrouver le terrain et d'aider l'équipe à faire vibrer le stade Michel-Bendichou". La signature de son premier contrat pro a été officialisée le jour de l'anniversaire de son père, qui a fêté ses 54 ans après avoir conduit les Bleus à la deuxième place du Tournoi des six nations.
Le XV des "fils de" qui perpétuent la tradition familiale
Ils sont plus ou moins célèbres et évoluent au plus haut niveau dans le championnat de Top 14 ou de Pro D2. Voici le XV des "fils de" qui perpétuent la tradition familiale:
- Daniel Brennan (Brive): Fils de l’illustre deuxième ligne irlandais, Trevor Brennan (13 sélections).
- Connor Sa (Bordeaux-Bègles): Son père, Benjamin Sa a évolué pendant 10 ans en Top 14.
- Sébastien Taofifenua (Lyon): Lui aussi est un fils de Willy Taofifenua.
- Romain Taofifenua (Lyon): Fils de Willy Taofifenua, emblématique troisième ligne de Mont-de-Marsan et surtout de Grenoble.
- Hugo Auradou (Pau): Quintuple champion de France avec le Stade Français (1998, 2000, 2003, 2004 et 2007), David Auradou a formé son fils Hugo au même poste que lui, en deuxième ligne.
- Alexandre Roumat (Bordeaux-Bègles): Son père, Olivier Roumat a eu une carrière riche avec 62 sélections en équipe de France.
- Martin Devergie (Colomiers): Thierry Devergie, avec 16 sélections en équipe de France, est le père de Martin Devergie.
- Antoine Erbani (Biarritz): Tout le monde connaît le nom « Erbani » à Agen.
- Mathis Galthié (Colomiers): On ne présente plus son père, Fabien.
- Louis Carbonel (Toulon): Emblématique centre du RCT, Alain Carbonel a légué sur la Rade une descendance qui l’est tout autant.
- Matthis Lebel (Toulouse): Son père n’est pas le plus connu de ceux cités dans cet article, mais Mickaël Lebel a arpenté les pelouses de Top 16, Top 14 et Pro D2.
- Romain Ntamack (Toulouse): Pour lui, nul besoin de présenter son père Émile, 46 sélections avec l’équipe de France et des titres à la pelle avec le Stade Toulousain.
- Damian Penaud (Clermont): C’est un « fils de » qui s’apprête à dépasser son père si tout va bien. Auteur du Grand Chelem avec le XV de France en 2022? Damian Penaud comptabilise aujourd’hui 32 sélections soit autant que son père Alain.
- Arthur Retière (La Rochelle): Son père, Didier, était pilier.
- Léo Berdeu (Lyon): Éric, le père a fait les beaux jours du Stadoceste Tarbais dans les années 80 et fut finaliste du championnat de France 1988 face au Agen de Philippe Sella.