
Dans le monde du football, la quête de la victoire est omniprésente. Certains joueurs et équipes se tournent vers la prière et la foi pour obtenir un avantage. Explorons cette intersection entre le spirituel et le sportif.
La Foi et les Ambitions Sportives
«Je suis croyant et, quand je prie, je demande à devenir l’un des meilleurs attaquants de la planète.» Pierre-Emerick Aubameyang, dans nos colonnes, jeudi dernier, revendiquait sa foi et révélait qu'il priait Dieu de l'aider à atteindre ses objectifs XXL. «Si un Ronaldo peut mettre 50 buts dans une saison, pourquoi n’en serais-je pas capable ?»
Le joueur du Borussia Dortmund est tout sauf un cas isolé chez les footballeurs, parfois rejoints par les dirigeants... «Si Dieu est avec moi, j'espère être de retour comme président de la Fifa pour, au moins, conduire le Congrès», espère ainsi Sepp Blatter.
Mais peut-on faire appel au Tout-Puissant pour solliciter un coup de pouce d'ordre professionnel ? Nous avons demandé un avis théologique à Monseigneur Di Falco, évêque de Gap et d'Embrun (Hautes-Alpes), ancien porte-parole de la conférence des évèques de France.
L'Avis Théologique
Soulignant d'abord que l'«on ne connaît pas le contenu des prières» de l'attaquant international gabonais du Borussia Dortmund, le prélat catholique ne s'offusque pas qu'il «dialogue» avec le Très Haut au sujet de ses buts. «A travers la prière, chacun fait la demande qu'il veut donc pourquoi pas celle-là ? Mais rappelons tout de même à ce croyant que sa réussite sportive dépend surtout de lui, de ses capacités. Ce n'est pas Dieu qui peut intervenir dans ce domaine. C'est un peu comme les jeunes qui vont passer le Bac et qui demandent à Dieu de les aider à réussir. Ils ne réussiront leur examen que s'ils ont bien travaillé.»
«C'est à partir de ce que l'on apporte soi-même que Dieu peut, peut-être, faire quelque chose» Voilà le co-meilleur réalisateur de la Bundesliga (13 buts) ramené à un principe de base, rappelé par un fameux proverbe connu de tous: "Aide-toi, le ciel t'aidera" (il ne faut pas attendre de Dieu si on ne fait rien par soi-même).
«On n'instrumentalise pas Dieu en lui demandant la liste de ses envies, gagner au football ou réussir son Bac. La prière, ce n'est pas demander à Dieu de se plier à notre volonté, mais c'est lui demander de nous aider à nous plier à la sienne. Dans ce cas, la prière du joueur pourrait se formuler ainsi : "Seigneur, je te demande d'être à mes côtés pour ce match. Je vais tout faire pour être le meilleur possible et, si j'en sors victorieux, je t'offrirai ma victoire, je t'en ferai l'offrande."»
Mgr Di Falco rappelle en effet qu'il existe au moins deux type de prières, la prière d'intercession (pour demander un bienfait pour quelqu'un ou soi-même) et la prière de gratitude. Elles ne sont pas incompatibles.
«On distingue la prière de demande et la prière qui rend grâce à Dieu de nous avoir aidé à obtenir ce que nous avions demandé. Cela signifie qu'il faut être en mesure d'exprimer notre reconnaissance si les choses se sont passées comme on espérait qu'elles se passent. Dieu agit à partir de ce qu'on lui donne. Il ne peut pas agir sans nous.
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Superstitions et Rituels dans le Football
De nombreux joueurs effectuent systématiquement le même rituel avant un match : certains lancent toujours la chaussure gauche avant la chaussure droite, d’autres font le signe de croix avant d'entrer sur le terrain.

L'ancien défenseur de Super Eagles du Nigeria, devenu pasteur, a dit qu’il contactait certains traditionnalistes pour lui concocter des charmes dont il se servait quand il jouait au football. « Je ne sais pas pourquoi les gens refusent de parler de leur participation aux fétiches. Le football est à faire avec beaucoup de pouvoirs.
Quand il y a de grands événements, vous regardez dans le stade, vous voyez les gens, les fans invoquant toutes sortes de choses ; les magiciens sont là, les adeptes du vaudou sont là. Pendant que je jouais encore, quand j’étais ignorant, j’avais l’habitude d’obtenir de certains maloum et babalawos (médecins traditionnels) des charmes pour nous. Dans certains clubs, avant chaque match, le président ou le chef de file du club vous donne un charme chanceux avec lequel vous jouez. Ils diront aux joueurs de le mettre dans les chaussures ou chaussettes et jouer. C’est leur croyance superstitieuse ; que cela peut les aider à gagner des matches, il y a quelques entraîneurs qui sont connectés à des magiciens africains et des devins du Sénégal, du Burkina Faso, de la RDC, ou même du Nigeria.
Ces personnes sont consultées pour donner à ces entraîneurs les résultats avant même que les matchs ne soient joués. Ces gens voient les choses étranges et ils peuvent vous dire avec leur magie et les charmes, quel sera le résultat d’un match. Les gens croient et l’utilisent. Cela fonctionne pour ceux qui y croient. Je l’ai vu, je l’ai vécu, je me trouvais avec les joueurs qui ont utilisé et je l’ai utilisé. Alors, pourquoi les gens nient-ils ?
Le Point de Vue des Entraîneurs
Claude Le Roy, qui a vécu les réalités africaines pour avoir entraîné au Cameroun (deux fois), en RDC (deux fois), au Ghana et en République du Congo, déclare n’avoir jamais empêché un joueur de recourir aux services de son marabout ou de son féticheur. « Les grigris font partie de la culture africaine. Je pars toujours du principe qu’en Afrique, je ne suis pas chez moi et que je dois m’adapter à la culture du pays où je vis. Même si l’entraîneur que je suis doit aussi veiller à ce que ces choses personnelles ne perturbent ni mon travail ni la vie du groupe. Si un joueur écoute seulement son marabout, cela peut avoir des effets désastreux. Les joueurs qui viennent d’Europe pour leurs équipes nationales sont beaucoup moins sensibles pour des raisons de culture, mais aussi parce qu'ils n’ont pas de réseaux sur place », témoignait-il.
Muti et Autres Pratiques
Lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, notre confrère de "RFI", Nicolas Champeaux, se penchant sur la sorcellerie, la superstition, la magie et le football, a constaté qu’en Afrique de l’ouest, on aime plutôt les grigris, mais en Afrique australe on recourt au muti. Peau de python, dents de buffle, coquillages et racines de tous genres se vendent au marché du centre de Johannesburg. Au football, c’est la solution magique pour marquer des buts, raconte Thabang qui est un Nyanga, c’est-à-dire le vendeur de muti aux guérisseurs que l’on appelle Sangoma. Si un Sangoma ne produit pas des résultats, ils est remercié et on recrute un autre.
Kamel Djabour, technicien Franco-Algérien, raconte : « À Pointe-Noire où l’équipe nationale joue souvent, des gens viennent bénir le stade et cela n’est pas gratuit », rappelant que ces pratiques fétichistes constituent un véritable business qui se fait dans l’intimité d’une chambre ou dans un coin de vestiaire.
Prière Universelle pour les Sportifs
Seigneur, je te prie pour nous tous les sportifs de toutes les disciplines. d'être fidèles en amitié, forts pour servir, passionnés du meilleur. aux autres, aux entraîneurs, à Toi qui nous donne le physique et le moral. comme arbitre de nos choix, énergie de nos vies, entraîneur vers le Père. Ne nous permets pas d'oublier que la vraie compétition c'est la course de notre vie. Tu en es le prix éternel.