La Presse Galloise Face à la Domination du XV de France : Craintes et Désillusions

À en croire certains médias britanniques, le XV de France est perçu comme une force redoutable à l'approche de son match à Cardiff. Après la performance impressionnante des Bleus contre l'Irlande (36-14) au Stade de France, la presse d'outre-Manche exprime un certain scepticisme quant aux chances du XV du Poireau, dimanche prochain.

Le Pays de Galles en Crise

Du côté du pays aux 39 sacres dans le Tournoi des 6 Nations, l'arrivée des Bleus est redoutée. Pour cause, les Gallois n'ont plus remporté le moindre match dans cette compétition depuis plus de 1 000 jours. La dernière victoire du pays de Galles remonte au 11 mars 2023, lors d'un succès en Italie (17-29). Depuis le dernier mondial, la formation vêtue de rouge affiche un taux de victoire alarmant, le pire de son histoire, avec seulement 8 % de victoires sur l'année 2024, 2025 et la première rencontre du calendrier 2026. Bien évidemment, le pays de Galles n’a jamais connu une telle disette de son rugby.

"Nous ne sommes pas une équipe suffisamment bonne pour nous permettre de telles défaillances. Nous devons être plus précis et je suis profondément déçu. [...] Lorsque mon équipe et moi-même avons accepté ce poste, je savais que les résultats ne seraient pas immédiats.

Après le match perdu à Twickenham, Wales Online a qualifié cette prestation de “performance pitoyable” et évoque un résultat “inacceptable”. Le média gallois n’a pas mâché ses mots envers son équipe nationale, qu'il considère “loin du niveau international”. “Malgré tout l'optimisme qui règne au pays, le rugby international est avant tout une question de victoire. S'il faut du temps pour redresser une équipe au plus bas, cette dernière semble incapable de rivaliser avec les autres nations de premier plan”, assène sans ménagement le journaliste en charge du compte rendu.

Après avoir dressé le portrait des différentes faillites de sa sélection, la rédaction galloise a indiqué qu’elle trouvait l’arrivée du XV de France au Principality Stadium “effrayante”.

Le XV de France Fait Peur

En démonstration à Cardiff dimanche face aux Gallois, le XV de France, grand favori au Grand Chelem dans ce Tournoi, a impressionné la presse britannique. Ils ont frappé un grand coup. Vainqueurs 54-12 du pays de Galles dimanche à Cardiff, dix jours après avoir déjà bien dominé l'Irlande en ouverture du Tournoi des 6 Nations (36-14), les Bleus ont marqué les esprits de l'autre côté de la Manche.

Pour la BBC, « les Français ont délivré une nouvelle masterclass contre le pays de Galles à Cardiff. Dans un déploiement fulgurant de vitesse, de courses percutantes et de joie de vivre (en français dans le texte, ndlr), la France a réalisé 10 percées dans les 20 premières minutes, inscrivant ainsi son plus grand nombre de points jamais marqués contre le pays de Galles, en dépassant le score de 51-0 établi à Wembley en 1998. »

Réactions Internationales

L'ancien troisième ligne écossais John Barclay, qui intervenait dans l'émission Rugby Special, a aussi été impressionné. « Quand on regarde cette équipe de France, on se demande qui peut les arrêter. Ils ont tout pour réussir », a-t-il ainsi déclaré. A ses côtés, la légende anglaise Chris Ashton est lui tombé sous le charme de Louis Bielle-Biarrey, auteur du deuxième essai tricolore : « Son jeu est fantastique, il semble toujours si confiant et il fait des choses que peu de joueurs peuvent faire. C'est l'homme clé de l'équipe de France. »

L'entraîneur gallois Steve Tandy a pour sa part salué « la qualité » et « la puissance » du XV de France.

La Presse Désespérée

Au-delà de l’aspect sportif, cette méforme qui dure inquiète les médias de l’île sur l’aspect financier. Pour la BBC, la réception de la France pourrait surtout être une catastrophe économique "alors que des milliers de billets sont encore disponibles pour la venue des Bleus." En effet, l’arrivée de Matthieu Jalibert et ses coéquipiers est si redoutée à Cardiff que les billets pour la rencontre n'arrivent pas à se vendre. La célèbre radio britannique parle d’une “situation catastrophique” sur les volets sportifs, financiers et populaires.

Reconverti en tant que consultant pour la chaîne ITV, l’ancien ouvreur de la sélection Dan Biggar (112 caps avec le pays de Galles) regarde ses anciens coéquipiers sombrer. Devant des centaines de milliers de téléspectateurs, il a tenu les propos suivants : “Je ne vais pas dire que le Pays de Galles devrait battre l'Angleterre ou la France.

En parallèle, The Guardian n’essaye même pas de croire à l’exploit et condamne déjà le XV du Poireau. “En l'état actuel, cela fait 12 défaites consécutives pour le Pays de Galles, dans le Tournoi des Six Nations. La France est la prochaine”, ponctue sèchement le journal britannique. Plus violent encore, le média induit même l’idée de voir le pays de Galles quitter la compétition, si jamais cette terrible dynamique continue: “En réalité, le Tournoi des Six Nations est plus susceptible de s'agrandir que d'introduire un système de relégation.

Wales Online revient notamment sur le manque d'enthousiasme du public pour cette rencontre. « Il y a dix ans, les billets pour le Tournoi des Six Nations au Principality Stadium étaient extrêmement difficiles à se procurer, mais les temps ont bien changé, rappelle le quotidien gallois. En raison des mauvais résultats et des problèmes extra-sportifs qui ont affecté le rugby gallois, seulement 57 444 spectateurs étaient présents. Il s'agit de la plus faible affluence jamais enregistrée au pays de Galles pour un match du Tournoi des 6 Nations hors période de Covid. »

Après la défaite 43-0 face au XV de France, la presse galloise n’y est pas allée de main morte avec son équipe. Dès l’ouverture de son article, Wales Online attaque : « C’était aussi mauvais que ce que tout le monde craignait, avec une défaite 43-0 du Pays de Galles à Paris, face à la France, favorite du Tournoi. »

“Le Pays de Galles a justifié son 11e rang au classement mondial, et si quelqu’un en voulait encore des preuves pour savoir combien cette équipe est tombée bas, c’est arrivé à la 49e minute.

Côté gallois, la question du maintien du sélectionneur Warren Gatland se pose, Wales Online soulève : « Le Pays de Galles n’a pas réussi à inscrire le moindre point pour la première fois dans son histoire du Tournoi des VI Nations et la pression sur Warren Gatland arrive à un point de rupture. » La BBC de poursuivre : « Le Néo-Zélandais a, désormais, perdu 19 de ses 25 derniers matches depuis qu’il est revenu pour un second mandat en décembre 2022. »

Tout le monde est déjà tourné vers la rencontre face à l’Italie, la semaine prochaine qui sera d’après Wales Online : » un match à absolument gagner. Et sur la base de ce qu’ils ont vu à Paris, les Italiens peuvent croire en leurs chances. » Malgré tout, le média gallois a vu une part de positif : « une mêlée qui va bien et d’un point de vue individuel des performances décentes, notamment de Jac Morgan (le capitaine gallois, NDLR) et Tom Rogers.

Le XV du Poireau traverse la pire période de son histoire récente, symbolisée par la dernière place lors des deux derniers Tournois des Six Nations et une série de revers cinglants contre les grandes nations du rugby. La presse d’outre-Manche se charge d’autopsier les racines du malaise gallois, avant la réception du XV de France, dimanche 15 février.

La gravité du moment méritait bien la publication d’un éditorial dans le quotidien généraliste de référence outre-Manche. “Le rugby gallois traverse une crise existentielle”, titrait The Guardian, quelques jours avant l’ouverture du Tournoi des Six Nations 2026. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le XV du Poireau a subi 20 revers lors de ses 22 derniers matchs.

“En novembre, les Gallois ont été démolis à domicile par l’Afrique du Sud 73-0”, déplore le journal londonien. “Pour une fière nation de rugby, qui articule même une bonne partie de son identité autour de l’ovalie, la claque était honteuse, intolérable même.” Encore des statistiques implacables ? Pêle-mêle : zéro victoire aux deux derniers tournois des Six Nations, terminés Cuillère de bois en main. Trois sélectionneurs différents sur l’année 2025. Aucun club gallois représenté en Coupe d’Europe lors de la saison 2024-2025.

“‘Risée’ est un mot qui revient souvent pour décrire la situation”, constate BBC Sport. Et le malaise dépasse largement les limites du terrain. Bisbilles au sein de la fédération, la Welsh Rugby Union (WRU), exode des joueurs gallois du championnat local, faillite du club de Cardiff, repris in extremis par la WRU, projet de suppression d’une des quatre équipes régionales (les Ospreys sont dans le viseur.

Réactions Après la Victoire Française

Au lendemain de la claque infligée par le XV de France au Pays de Galles dans le Tournoi des 6 Nations (54-12), la presse française et internationale n'en finit plus d'encenser les hommes de Fabien Galthié, tout en s'inquiétant de la performance une nouvelle fois médiocre des Gallois chez eux, dans un stade mythique vidé de ses fervents supporters.

Comme s'ils s'attendaient à une nouvelle déroute, les Gallois avaient quelque peu boudé les gradins de leur enceinte mythique. Et ils ont eu du flair puisque le XV de France a écrasé le Pays de Galles (54-12) lors de la deuxième journée du Tournoi des 6 Nations 2026.

Ce lundi matin, la presse française ne résiste pas à l'euphorie de voir son équipe nationale déjà dernier candidate au Grand Chelem. Surtout au vu des deux prestations livrées jusqu'alors. "Les Bleus tout schuss", peut-on lire en haut de la Une du journal L'Équipe. À l'intérieur des pages du quotidien, le compte-rendu du match est titré "Vivement la suite". Le média sportif décrit "une débauche de jeu et une efficacité impressionnante qui rendent impatient de voir le reste du Tournoi" après "un après-midi euphorique".

L'ancien joueur et entraîneur Jean-Baptiste Élissalde ne cache pas sa satisfaction. "L'équipe de France est bien organisée, hyperdisciplinée, elle maîtrise enfin les airs, et elle semble au-dessus de tout le monde", écrit-il dans une analyse.

Le Midi Olympique a lui choisi d'ouvrir son site internet par un récit titré "Esthétisme et ruines galloises". "Dans ce Tournoi, la France avance avec autorité et reste seule en course pour un grand chelem qui ne relève déjà plus du fantasme", y avance-t-on.

Même enthousiasme du côté de la presse britannique. Les rivaux historiques anglais sont contraints de saluer la dynamique Bleue. "Peut-être y a-t-il eu un problème de traduction, mais la déclaration de Fabien Galthié selon laquelle la France, en quête du Grand Chelem, a 'raisonnablement bien joué' contre le Pays de Galles devrait suffire à semer la peur en Italie, en Écosse et en Angleterre", ironise la BBC Sport.

Mais les Anglo-Saxons n'ont pas pu s'empêcher de déplorer la descente aux enfers du XV du Poireau. "C'est déchirant, triste, honteux", a d'ailleurs fustigé un supporter à la sortie du stade. "Le Pays de Galles est désormais la risée du monde du rugby", s'attriste Wales Online qui insiste sur le manque de moyens alloués à ce sport depuis plusieurs années.

"Voilà ce que devient le Pays de Galles: une équipe sans espoir face aux grandes nations, incapable de maintenir un score honorable, et encore moins de gagner."

Symbole de ce mal-être: le Principality Stadium et ses 15.000 sièges vides au coup d'envoi, sa plus faible affluence jamais enregistrée dans le Tournoi. "Nous n'avons plus de mots pour décrire cela. Un autre match dans ce qui fut jadis le plus fervent temple du rugby, une autre déroute, une autre humiliation", commente le Guardian.

Tandis que la télévision ITV Wales s'indigne: "L'atmosphère qui régnait en dehors du terrain était tout aussi alarmante que les événements qui s'y déroulaient. Avant le match, La Marseillaise était sans doute plus bruyante que Hen Wlad Fy Nhadau.

Samedi, dans l’enceinte du Principality Stadium, les Gallois sont passés tout près de mettre fin à leur interminable disette dans le Tournoi des Six Nations. À l’entrée du dernier quart d’heure, les Diables Rouges semblaient pourtant tenir le bon bout. Une pénalité, accordée face aux poteaux à la 68e minute, aurait pu leur offrir sept points d’avance.

Cette technique, consistant à faire rouler un adversaire sur le côté pour le sortir du ruck, est désormais interdite en raison des risques qu’elle fait peser sur les articulations. Cette menace s’est concrétisée à cinq minutes du terme. Après une touche à cinq mètres suivie d’un ballon porté, le talonneur remplaçant George Turner a inscrit l’essai de la victoire. Au cœur de la polémique : le rôle du numéro 8 écossais Matt Fagerson.

Titularisée pour le match d’ouverture du Tournoi des Nations contre l’Irlande le 5 février, la paire Antoine Dupont - Matthieu Jalibert a été étincelante. Matthieu Jalibert célèbre son essai contre l’Irlande dans les bras d’Antoine Dupont.

Et si le XV de France comptait dans ses rangs la meilleure charnière du monde ? Une question légitime qui ne mérite pas vraiment de débats enflammés tant la réponse paraît évidente. Sans trop se mouiller, et en toute objectivité, aucune équipe dans le monde n’est capable d’aligner un duo aussi dangereux qu’Antoine Dupont et Matthieu Jalibert.

« Les Irlandais ont tenté de neutraliser Dupont. Il n’a pas produit sa magie habituelle, mais Jalibert, lui, en a fait régner une. L’ouvreur a constamment menacé le ballon. A-t-on seulement réfléchi à l’influence de la simple présence du demi de mêlée sur les ouvertures créées par l’ouvreur ? », interroge le journaliste spécialisé Stuart Barnes, avant d’affirmer : « Nous pourrions assister à la naissance du plus grand duo français à la charnière de tous les temps. » Rien que ça. Dupont et Jalibert se rendent service mutuellement et les étincelles produites contre l’Irlande vont (certainement) faire mal à une équipe galloise en perdition. « Dès que leur attention se porte sur le centre du terrain, Dupont disparaît.

Un véritable casse-tête et une aubaine pour l’équipe de France. Fabien Galthié et son staff ont peut-être trouvé le dernier ingrédient secret pour régner sur le monde.

Le millésime 2026 du Tournoi des 6 Nations suscite un débat inattendu : et si la plus prestigieuse compétition européenne traversait l’une de ses périodes les moins relevées depuis très longtemps ? D’abord, nulle volonté ici de minimiser la performance du XV de France. Au contraire. Les Bleus de Galthié, trois matchs pour trois succès tous ponctués du bonus offensif, ce qui n’arrive pas par hasard, ont de la gueule. Sous l’impulsion d’une génération arrivée à maturité, la France impose le rythme, une densité et une maîtrise stratégique que peu d’équipes européennes parviennent à soutenir sur 80 minutes.

Chacun trouvera, ici ou là, quelque chose à redire. Mais quand même… Il n’empêche. La domination affichée par Dupont et sa bande interroge sur l’équilibre global de la compétition. Match après match, les hommes en bleu semblent évoluer un cran au-dessus de leurs adversaires, même quand la performance n’est pas aboutie, comme ce fut le cas dimanche à Lille.

Un élément structurel pourrait expliquer en partie cette impression de baisse générale : l’année suivant une tournée des Lions britanniques est historiquement délicate pour l’Angleterre, l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles. Inévitablement, une partie de la réponse est à puiser dans le comportement des nations britanniques où les joueurs enchaînent sans véritable coupure. Fatigue accumulée, blessures, gestion des temps de jeu : les effets se ressentent souvent quelques mois plus tard. Au-delà de l’usure physique, il y a aussi un phénomène psychologique. Après l’intensité exceptionnelle d’une tournée des Lions, le retour dans le cadre habituel des sélections nationales peut provoquer une forme de relâchement ou de transition difficile. Les automatismes sont à reconstruire, les hiérarchies parfois à redéfinir. C’est probablement encore plus vrai cette année.

C’est ce qu’a laissé entendre il y a quelques jours Tommy Freeman, l’international anglais de Northampton : « mon club m’a donné cinq semaines de repos après la tournée, je pensais que ça allait, que mon corps avait bien récupéré. Le corps peut-être, mais pas la tête. En comptant la tournée des Lions, j’ai disputé 34 matches, ça fait beaucoup de rugby. Résultat ?

Et l’Italie, nous direz-vous ! Elle progresse. Si l’on tient au strict point de vue du score et un peu au contenu de la rencontre, ce sont les hommes de Gonzalo Quesada qui ont causé le plus de problèmes à nos Bleus. La Squadra Azzurra n’est plus une victime expiatoire, elle montre un visage bien plus ambitieux. Son jeu est plus structuré, sa défense plus agressive et sa puissance en mêlée plus affirmée. Allez donc demander à Dorian Aldegheri, Julien Marchand ou Jean-Baptiste Gros ce qu’ils en pensent… Las, cette nation doit gagner en régularité.

Ce sentiment de « Tournoi faible » tient peut-être davantage à l’écart, jusque-là, entre le dominant et les dominés qu’à un abaissement général du niveau. Le rugby britannique traverse une phase de transition générationnelle tandis que la France récolte les fruits d’un long travail de structuration. Surtout, l’histoire du Tournoi des 6 Nations montre que ces cycles sont fréquents. Les périodes d’hégémonie - anglaise au début des années 2000, galloise dans les années 2010, irlandaise plus récemment - témoignent. Aujourd’hui, c’est la France qui s’approche du sommet de sa courbe. Le paradoxe est donc cruel : la domination d’une équipe peut donner l’illusion d’un affaiblissement général.

Toujours est-il que le suspense pour le titre 2026 est aussi famélique que la route du Grand Chelem est large. « Mais attention les Écossais…, a prévenu Fabien Galthié aussi bon scénariste que sélectionneur.

6 Nations - Faut-il s'enflammer après les prestations du XV de France ?

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