La saison estivale est généralement une période axée sur la préparation physique pour la saison à venir. Cependant, pour le Metz Handball, l'été a été marqué par de nombreuses négociations pour renforcer l'équipe. Thierry Weizman, le président du club, a levé le voile sur certains aspects de ces mystères lors de l'émission Dragonnes Mag' sur Moselle TV.
Les coulisses Metz Handball
Thierry Weizman, élu depuis trente ans à Longeville-lès-Metz, a annoncé qu'il allait raccrocher la politique. L'emblématique président depuis vingt ans de Metz Handball, Thierry Weizman, 66 ans, était ce vendredi 17 octobre l'invité des Rencontres informelles du Républicain Lorrain, au cercle des Paraiges dans les locaux du FC Stadium à Metz.

Les Ambitions Européennes et les Défis
Si sur la scène nationale Metz domine depuis de nombreuses années, il a fallu du temps avant de parvenir à se faire un nom sur la scène européenne. C’est aujourd’hui le cas avec deux quart de finale disputés lors des deux dernières éditions de la prestigieuse Ligue des Champions et, on croise les doigts !, un final 4 peut-être cette saison pour la première fois dans l’histoire du handball français.
Dans un premier temps, nous essayerons d’atteindre les quarts de finale. On est tombé dans une poule plus compliquée que l’autre (avec Rostov, Kristiansand, CSM Bucarest, Esbjerg et Cargo), donc ça sera très compliqué. On tentera d’éviter Györ au tour suivant. C’est le tenant du titre, qui fait office d’épouvantail.
Le Metz handball reçoit ce samedi (15 h), le finaliste de la dernière Ligue des champions, Rostov. Une rencontre qui rappelle le dernier Final Four, où les Messines avaient été dominées par les Russes. Le club lorrain tentera de prendre sa revanche, pour s’installer dans le bon wagon en vue des quarts de finale.
Thierry Weizman, cette rencontre contre Rostov pour l’ouverture du tour principal de Ligue des champions a tout d’un remake du dernier Final Four ? Sur le papier, en effet, on pourrait le croire. Mais sur le terrain, ce ne sera pas le cas. Malheureusement, dans notre effectif de nombreuses joueuses présentent l’année dernière ne seront pas là : Laura Glauser (ligaments croisés), Manon Houette (ligaments croisés) et Xenia Smits (épaules) sont blessées et Béatrice Edwige est partie (Gyor).
Votre objectif européen sera de retrouver le Final Four cette année ? Cette année, toute la stratégie menée sur le plan sportif a été construite pour nous amener au Final 4. Chaque match joué, même ceux qui peuvent parfois paraître sans enjeu, ont leur importance pour la suite. Ce serait notre Graal, l’inaccessible qui devient réalité, mais nous sommes bien conscients que la route est encore longue pour y parvenir.
C’est, en plus, la dernière chance pour beaucoup de joueuses d’installer Metz sur le toit de l’Europe, avant qu’une page se tourne.
Une Gestion Financière Rigoureuse
Tout en tenant strictement les cordons d'une bourse limitée (3,7 M€ de budget, le deuxième du Championnat derrière Brest, 6,6 M€). « Le désavantage d'un président médecin, c'est qu'il n'a pas 1 million à mettre dans le club », sourit-il.
Après deux saisons d’adaptation où elles terminent au pied du podium, les Mosellanes décrochent leur premier titre de Championnes de France en 1989 sous les ordres d’Olivier Krumbholz. Ce trophée marque le début d’une série exceptionnelle. À l’été 2005, la structure affiche un déficit record d’environ un million quatre cent milles euros et s’apprête à disparaître du paysage handballistique français. Thierry Weizman prend alors la présidence du club pour régler les détails administratifs de la liquidation. Mais grâce au soutien des collectivités publiques, l’apport de partenaires privés et l’engouement populaire local, le médecin et son équipe réalisent un miracle et réaniment Metz Handball.
Le Recrutement Stratégique
Une question persistait cependant : comment se conformer aux règlements avec le recrutement de deux étrangères (Xenia Smits et Johanna Bundsen) dans un effectif qui ne pouvait plus, à priori, n’en accueillir qu’une ? La maladie, malheureuse, de Manon Errard nous a permis de la remplacer non pas par un joker médical à l’aile, mais par Xenia Smits. En effet, la nationalité n’est pas prise en compte dans le cadre des recrutements de jokers médicaux.
Bien sûr que j’ai été en contact avec Katrine Lunde. Le dossier était très bien avancé, y compris pour son conjoint à qui il fallait trouver un boulot. Et à la dernière minute elle n’a pas franchi le cap. C’était sans compter sur l’arrivée un peu plus tardivement de Johanna Bundsen, une opportunité que Metz Handball ne pouvait laisser passer, formant ainsi un trio au poste de gardienne.
Je n’ai pas le droit, quand je vois que Bundsen est disponible, de ne pas me positionner. Comme l’ont fait les huit autres clubs qui la voulaient… y compris à l’Ouest. […] Maintenant, oui il y a trois gardiennes. Manu fera les choix. Aujourd’hui Johanna est très nettement devant mais on verra comment se dessine la hiérarchie. Si on venait à avoir une demande pour une de nos gardiennes, exception faite de Johanna, on l’étudierait.
Hatadou Sako, meilleure gardienne du championnat la saison dernière (en terme statistique) sera numéro deux pour remplacer Laura Glauser. Et à la place de Grâce, on va faire venir la Slovène Tjasa Stanko. Elle est considérée comme le meilleur espoir mondial actuellement. Pour nous, c’est une joueuse qui a tout. Elle doit emmener Metz Handball très très haut. Nous allons également faire signer une ailière droite, habituée du championnat du France.
L'Impact de la Pandémie de Covid-19
Le Président du club, Thierry Weizman, faisait le point dans France Bleu Matin et évoque le retour aux Arènes, dimanche, à l'occasion de la reprise de la Ligue des champions devant 2.000 personnes maximum.
France Bleu : deux rencontres de la 10e journée de Ligue féminine ont été annulées à cause du Covid. Celle de Metz à Fleury aura bien lieu ?
Thierry Weizman : oui. Du moment où vous avez onze joueuses, dont six professionnelles, une gardienne et un entraîneur, les rencontres se jouent. Les joueuses ont encore été contrôlées mardi matin donc on joue (...) On a eu trois cas positifs au cours des championnats du monde, aux alentours de Noël, et tout est rentré dans l'ordre.
France Bleu : vous vous dites que Metz Handball touche du bois d'une certaine manière...
Thierry Weizman : l'effectif est au complet à l'entraînement, mais on a deux joueuses qui reviennent de Covid et qui ne sont pas encore assez entraînées. Elles reviendront dans le groupe pour la Ligue des champions.
France Bleu : le hand est un sport de contact par nature. Comment s'entraîne-t-on en période de forte circulation ?
Thierry Weizman :d'abord en se testant tous les jours ou tous les deux jours. Deuxièmement, avec toutes les mesures de distanciation, désinfection des mains, désinfection des ballons quand c'est nécessaire, les séances de vidéo sont effectuées avec des masques, les coaches sont masqués, et puis contrôle du pass sanitaire pour rentrer dans les Arènes. Et je vous passe les mesures évidentes en termes de boisson, bouteilles d'eau ou de proximité
Comment accueillez-vous ce retour des jauges ? Je ne comprends pas bien cette histoire de jauge à 2000. A priori, si j'ai bien compris, une salle avec 1.800 personnes serait remplie à ras bord, alors qu'une salle comme les Arènes, qui peut en accueillir 6.000, pourrait nous permettre d'en accueillir 3.000 avec une jauge à 50 %. Ce qui serait déjà énorme.
Est-ce-que vous avez quantifié l'éventuel manque à gagner par rapport à une rencontre de Ligue des champions sans jauge ? C'est une perte d'environ 60 % puisque c'est moitié moins de spectateurs et des buvettes fermées. 40 % d'une recette normale.
Tableau Récapitulatif des Titres du Metz Handball
| Compétition | Nombre de Titres |
|---|---|
| Championnat de France | 22 |
| Coupe de France | 8 |
| Coupe de la Ligue | 8 |

La Formation et l'Avenir
On veut faire de la place aux jeunes. Des joueuses comme Orlane Kanor et Méline Nocandy ont besoin de temps de jeu. Laura Kanor (22 ans), actuellement en 2e division (Stella Saint-Maur) représente également l’avenir du club.
C’est un nouveau cycle qui s’enclenche pour le Metz Handball ? C’est ça. Mais avec Emmanuel Mayonnade (l’entraîneur), nous pensons que l’équipe sera au moins du même niveau l’année prochaine. Nous aurons, je pense, l’une des équipes les plus jeunes du championnat. C’est normal, on repart avec un nouveau groupe. Tout reste à faire. On va certes perdre en expérience, mais on va gagner en rapidité.
Manu Mayonnade sera toujours l’entraîneur la saison prochaine ? Je ne peux rien assurer. J’attends qu’il soit prêt pour en parler avec lui. Ce qui l’intéresse c’est de savoir les contours de la future équipe, et c’est lui qui à la main sur le recrutement, mais également tout ce qui concerne la structuration et l’organisation du club. Je serais content s’il reste, mais s’il me dit que son bonheur est ailleurs, je me débrouillerais.
Avec ce collectif renouvelé mais déjà soudé lors d’une préparation estivale intense, Metz Handball entend rester maître sur la scène nationale et briller encore davantage à l’international. Thierry Weizman a fixé les ambitions nationales et européennes du club lors de la présentation officielle. Le « Colonel » Mayonnade à la tete de ses troupes pour une dixième saison !