François Grenet élu Président de la Ligue de Football de Nouvelle-Aquitaine

François Grenet, âgé de 49 ans, a été élu président de la Ligue de Football de Nouvelle-Aquitaine (LFNA), qui compte 205 000 licenciés et 1 300 clubs. L'élection s'est déroulée le samedi 9 novembre 2024.

L'ancien défenseur des Girondins de Bordeaux, champion de France en 1999, succède à Saïd Ennjimi. L'ancien arbitre avait été élu pour un premier mandat en 2017 avant d'être confirmé en 2021 puis suspendu de ses fonctions au début de l'été dernier.

Grenet a été porté au pouvoir après une campagne animée face à Matthieu Rabby. Cet ancien arbitre de 44 ans et ex-président du district des Pyrénées-Atlantiques avait le soutien de neuf présidents de district, sur douze, de la LFNA. Mais ce sont les clubs, en particulier plus ruraux, qui ont été séduits par le discours rassembleur de François Grenet dans cette Ligue à reconstruire et qui était administré judiciairement depuis fin août par Maître Prigent.

L'assemblée générale de la LFNA a voté à 50,73 % pour François Grenet qui est élu jusqu'en 2028. Près de 890 clubs ont voté sur les 1300 que compte la région. La liste de François Grenet a été élue avec 50,73 % des voix : 2 762 contre 2 682.

Malgré le soutien de dix des douze présidents de District concernés par l’élection, il a été devancé de 80 voix par l’ancien défenseur des Girondins de Bordeaux. François Grenet succède à Saïd Ennjimi qui a terminé son mandat par une suspension à titre conservatoire, décidée en mai dernier par la Fédération française de football.

Une page se tourne à la tête de la Ligue de football de Nouvelle-Aquitaine.

RENCONTRE GG François GRENET PAD

Contexte de l'élection

On connaîtra à son issue le nom du nouveau président de l’instance dirigeante du football régional, succédant à Saïd Ennjimi, à la tête de la LFNA depuis janvier 2017.

Rappelons que l’ancien arbitre international est suspendu de ses fonctions à titre conservatoire depuis le 16 mai 2024 pour avoir refusé de se soumettre à un audit demandé par le comité exécutif de la Fédération Française de Football (FFF).

Cela a conduit le tribunal d’Angoulême à placer la LFNA sous administration judiciaire depuis le 28 août 2024.

C’est dans ce contexte que vont se tenir les élections où deux listes vont s’affronter.

L’une menée par François Grenet, avec notamment les Deux-Sévriennes Océane Cairault et Marie-Ange Ayrault-Guillorit ainsi que l’éducateur de la Vienne Jean-Claude Barrault.

L’autre est conduite par Mathieu Rabby où l’on retrouve pour la Vienne Henri Bega et Jean-Luc Bertaud pour les Deux-Sèvres.

A noter, pour finir, que la liste du Deux-Sévrien Dominique Philippe a été rejetée, jugée irrecevable à cause d'un problème de licence de l'un des membres de la liste, en l'occurrence Dominique Rocheteau.

Réactions et priorités

« Les scores sont significatifs. La priorité est au rassemblement, réussir à fédérer les clubs avec les instances qui doivent accompagner au mieux », réagissait à chaud le vainqueur, qui a en ce sens tenu à féliciter la liste perdante.

« L’institution régionale ne peut pas aider les districts et les clubs sans apaisement et sérénité », a ajouté l’ancien défenseur des Girondins de Bordeaux, qui a répété sa volonté et l’importance d’aider les clubs amateurs, « un socle qui fait le football, un tissu local sans lequel [il] ne serait pas devenu professionnel ».

Il le sait, son adversaire avait le soutien d’une majorité des présidents des douze districts. « Mais nous les avons rencontrés durant la campagne, et ils sont tous prêts à travailler pour le bien commun », a-t-il rassuré après son élection. François Grenet avait avancé dans son discours sa volonté « d’associer davantage le foot amateur aux choix de la politique régionale et agir pour tous de façon désintéressée ».

À 49 ans, il succède à Saïd Ennjimi et aura donc la lourde tâche de ramener de l’harmonie dans la Ligue et redynamiser l’instance paralysée en son sommet depuis de longs mois.

François Grenet a pu faire un tour d’horizon. « J’avais une volonté d’apaisement. Certains présidents de District ont soutenu le candidat adverse (Ndlr : Matthieu Rabby) mais sont dans le même état d’esprit. Il y aura des désaccords mais on est tous tournés vers l’intérêt général », dit-il.

Sur le fonctionnement de la LFNA, « il y a de la compétence, ça travaille bien. On peut être encore meilleur dans les process. L’observation des premiers mois doit nous permettre d’optimiser. »

La période a été utilisée pour reformer les 23 commissions « pour les redynamiser, les féminiser ». François Grenet les voit comme « des groupes de travail, force de proposition ». « On a reçu 400 candidatures (pour 250 places), il y a de l’appétence ».

Volonté électorale, Gilles Bouard, vice-président, a réuni une commission clubs de R1, et doit enchaîner avec le R2 et R3, « pour échanger, confronter les idées ».

Carte de la Nouvelle-Aquitaine

Les finances de la LFNA

La démarche a contribué aux interrogations concernant l’état financier de l’instance.

« On veut reconstituer un bas de laine de trésorerie pour avoir plus de confort ».

Les comptes 2023-2024 ont été certifiés avec une perte de 772 000 euros, expliquée, selon l’équipe sortante, par le coût des dotations aux clubs : elle avait promis que tous les bénéfices sur la mandature 2017-2024 leur seraient reversés. Les capitaux propres restent solides (7,7 millions d’euros).

« Le résultat sur 2024-2025 devrait être légèrement positif. Mais on veut reconstituer un bas de laine de trésorerie pour avoir plus de confort sur les actions à mener », pointe François Grenet, dont l’équipe a commandé un audit pour « faire un diagnostic et regarder où on peut gagner dans les dépenses courantes. »

Projets en gestation

Parmi les mesures de phare de son programme, le port d’une caméra par les arbitres pour lutter contre les incivilités : il s’est rapproché du président de la FFF Philippe Diallo, qui porte également le sujet, « pour être ligue test. » En haut de la pile, aussi, « comment revaloriser la coupe régionale et l’étendre chez les jeunes (actuellement juste en U15)” à l’horizon 2026-2027.

Face à la nouvelle donne après la disparition des centres de formation de Niort et des Girondins, des rendez-vous ont eu lieu « avant nous » avec les recteurs de Poitiers et Limoges. Une première approche a été faite aussi au Conseil régional avec notamment le sujet d’utiliser les créneaux libres des gymnases des enceintes scolaires pour le futsal.

À court terme, la question de l’avenir des filles du centre de formation des Girondins, hébergées par la LFNA mais au coût à charge du club bordelais, va se poser. « On échange avec l’association (présidée par Jean-Louis Triaud) », répond François Grenet, sans rien de déterminer à ce jour.

La construction prévue, sur le site du Haillan, d’une salle de soins et de réathlétisation pour le pôle espoirs féminin et les Girondines, a elle été gelée. Des discussions avec la mairie de Bordeaux, propriétaire du centre d’entraînement des Girondins attenant, ont eu lieu, alors que la FFF demande que les pôles espoirs masculin (actuellement à Talence) et féminin (au Haillan) soient regroupés.

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