Présidence et enjeux du football professionnel en France: Analyse de la Ligue et de la Fédération

Le football professionnel en France est encadré par deux institutions majeures : la Ligue de Football Professionnel (LFP) et la Fédération Française de Football (FFF). La présidence de ces entités est cruciale pour l'orientation et le développement du sport.

Philippe Diallo, Président de la FFF

La Fédération Française de Football (FFF)

Philippe Diallo, le président de la Fédération française de football, est venu à Ouest-France pour parler de l’arbitrage mais aussi des Bleus et du Mondial 2026. De la finale chaotique de la CAN aux incivilités sur les terrains amateurs, des caméras embarquées aux sanctions à vie, Philippe Diallo, président de la Fédération française de football, détaille à Ouest-France, ce dimanche 25 janvier 2026, les mesures pour restaurer l’autorité de l’arbitre.

D’abord, la CAN a été un très beau tournoi organisé par le Maroc. Et puis malheureusement, il y a eu tous les incidents qui ont terni à la fois la finale et qui ont donné peut-être une image du tournoi malheureusement un peu plus négative. Les polémiques et l’arbitrage, c’est presque aussi vieux que le football ! D’ailleurs, parfois, c’est ce qui crée aussi une forme de lien social, puisque lorsqu’il y a polémique, le lendemain, avec ses amis au café, on en discute.

Dès ma prise de fonction en 2023, nous avons désigné Antony Gautier à la tête de l’arbitrage français. Depuis, nous déployons ce plan qui vise en amont à faire en sorte que nous puissions avoir suffisamment d’arbitres. Je rappelle que la Fédération organise près d’un million de matches par an. En 2023, on avait 23 100 arbitres. Aujourd’hui, on a passé la barre des 26 000, avec une progression de plus de 10 % chez les femmes, puisque le football féminin, c’est une des priorités de la fédération.

Philippe Diallo a été réélu à la tête de la FFF ce samedi. L'une de ses missions sera de trouver des solutions pour "renouveler le modèle économique" du football. Le sortant Philippe Diallo a été réélu ce samedi à la présidence de la Fédération française de football (FFF) avec 55,34% des voix, battant Pierre Samsonoff, proche de Noël Le Graët. Philippe Diallo avait remplacé ce dernier en janvier 2023, après sa démission.

Pour la première fois au sein de la plus importante fédération sportive en France (2,4 millions de licenciés), les présidents des clubs amateurs étaient appelés à participer mardi et mercredi par voie électronique au scrutin, en plus des présidents des clubs professionnels, ceux des 22 ligues régionales et des 91 districts. Pour un total de 11.500 votants pour élire le président de la FFF contre moins de 250 auparavant.

Si la participation n'a été que de 40%, illustrant la difficulté de ce changement d'échelle et de pratique, Philippe Diallo a estimé qu'il en tirait "une légitimité forte", après la proclamation de sa victoire à la fin de l'Assemblée générale de la fédération. Il a salué la "maturité démocratique qui fait honneur à notre sport", qui avec le vote des clubs amateurs s'est conformé à une loi de mars 2022 visant à démocratiser le sport et ses instances.

Sa victoire a été plus serrée que son statut de sortant et de favori ne le laissait supposer. "Ce qui reste important comme en foot c'est de gagner les matches", a souri Philippe Diallo, arguant d'"une marge significative".

Pour être réélu à l'issue d'une campagne express, Philippe Diallo a mis en avant son bilan. La Fédération va notamment bénéficier à partir de 2026 d'un contrat record de 100 millions d'euros annuel avec l'équipementier Nike, et les résultats sportifs des différentes équipes de France sont plus que corrects. Avec Jean-Michel Aulas, numéro 2 sur sa liste, Diallo jouissait aussi d'une notoriété bien plus importante que son adversaire auprès du grand public.

Diallo a affirmé ses ambitions auprès du monde amateur en augmentant son budget de 100 à 150 millions d'euros annuels d'ici à 2028, et auprès du football féminin dont il voudrait voir le nombre de licences doubler de 250.000 à 500.000 d'ici cinq ans.

Philippe Diallo le pressent, "c'est une crise qui peut se prolonger, la Fédération est la maison mère de tout le football français, elle doit être celle qui prend l'initiative" en vue de "renouveler le modèle économique".

La Ligue de Football Professionnel (LFP)

Au terme d'une saison plombée par la pandémie de coronavirus, la Ligue de football professionnel (LFP) a choisi jeudi Vincent Labrune pour succéder à Nathalie Boy de la Tour à sa présidence. Vincent Labrune a été réélu à la présidence de la Ligue de football professionnel. Sans grande surprise, le président sortant de la Ligue de football professionnel (LFP), Vincent Labrune, a été réélu, ce mardi 10 septembre.

Vincent Labrune, Président de la LFP

On connaît le nom du président de l’instance qui dirige le football professionnel en France : il s’agit de Vincent Labrune, président sortant. L’ancien dirigeant de l’Olympique de Marseille va donc poursuivre ses fonctions pour un nouveau mandat de quatre ans, après avoir battu son concurrent, Cyril Linette.

Arrivé en 2020, Vincent Labrune a traversé plusieurs crises à la tête de son premier mandat : le fiasco Mediapro, le Covid-19, l’accord controversé avec CVC ou encore les droits TV de la Ligue 1 au rabais après avoir promis le milliard cet été.

Le successeur de Nathalie Boy de la Tour devra veiller à la bonne organisation du calendrier. Poids lourd de l'institution, ce dernier a contribué à négocier des droits télévisés records et à promouvoir le championnat français à l'étranger.

L'harmonie au sommet sera une des clés du succès du nouveau patron de la LFP. « Le but sera de mettre en place une gouvernance plus fluide », indique un bon connaisseur du dossier. « Les clubs les plus structurés souhaitent évoluer vers un modèle à l'anglaise, en passant du statut d'association à celui de société commerciale, avec un PDG à sa tête. Mais ce changement nécessite une modification législative. »

L'idée, notamment, est de mettre fin à un système d'élections pouvant comporter des effets indésirables. « Au final, on peut se retrouver avec un président en campagne pendant la majeure partie de son mandat », déplore-t-on au sein de l'institution.

La gestion des droits télévisés

A première vue, le dossier ne semble pas prioritaire : la Ligue 1 et la Ligue 2 entrent cette année dans un nouveau cycle de quatre ans, et le prochain appel d'offres ne devrait pas intervenir avant 2022. Mais l'inconnue Mediapro, propriétaire de la chaîne Téléfoot, inquiète.

Le nouveau dirigeant devra pouvoir parer à toutes les éventualités, y compris un défaut du principal diffuseur du championnat. Or les relations entre la ligue et Canal+, autre poids lourd du secteur, sont exécrables. « Pour pouvoir se retourner, la ligue doit se rabibocher avec Canal », abonde Pierre Maes, consultant et auteur du livre « Le business des droits TV du foot ».

A moyen terme, le nouveau président devra également s'atteler à sa principale mission : vendre les droits TV au meilleur prix possible. La tâche s'annonce délicate, puisqu'elle consistera à maintenir le niveau de revenus actuel ou à l'augmenter. « La bulle est en train de se dégonfler », observe Pierre Maes. « A titre d'exemple, les droits de la Bundesliga allemande ont connu une baisse de 2 % contre une hausse de 84 % lors du précédent appel d'offres. »

Situation financière

L'arrêt définitif du championnat, en mars, a plombé les finances des clubs. En plus de la billetterie, le manque à gagner a été colossal en termes de droits TV. La Ligue de football professionnel a donc contracté un prêt garanti par l'Etat (PGE) à hauteur de 223 millions. Pour le rembourser, la LFP « ponctionnera chaque une partie des droits, soit environ 50 à 60 millions d'euros », indique un acteur du dossier. Ce sera donc autant de moins dans les caisses. « D'autant qu'eux-mêmes ont contracté des PGE de leur côté », soupire-t-il.

Pour ne rien arranger, les recettes pourraient se tarir un peu plus à mesure que les effets de la crise se font sentir. « Il y a par exemple une incertitude concernant les sponsors », note Christophe Lepetit, économiste au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges. En outre, « avec la jauge à 5.000 places, les recettes des clubs pour les matches sont forcément réduites. Cela complique la commercialisation des abonnements et la vente des places. Les clubs peuvent se retrouver dans une situation où un match coûte davantage à organiser qu'il ne rapporte.

Cette réélection survient presque au lendemain d'une nouvelle crise dans le football français, liée à un énième fiasco des droits TV de la Ligue 1, finalement acquis par le nouveau diffuseur britannique, DAZN, pour les cinq prochaines saisons. Le prix de l'abonnement a d'ailleurs été temporairement rabaissé, lundi, à 19,99 euros par mois après la fronde des fans et suiveurs du championnat de France, révoltés face aux tarifs initiaux jugés exorbitants (à partir de 29,99 euros mensuels).

Tensions et conflits au sein de la Ligue 1

Le 14 juillet dernier, trois ans après le fiasco Mediapro et le début d’une rupture qui semble définitive avec Canal+, les principaux décisionnaires de la Ligue 1 s’étaient réunis pour finaliser l’attribution des fameux droits TV du football français. Ce mercredi 19 février, France 2 a diffusé une vidéo exclusive montrant les houleuses discussions entre les dirigeants des clubs pour mener à bien leur choix.

Des images issues de Complètement d’enquête, dévoilent ces échanges sous haute tension entre les présidents des clubs de Ligue 1, qui se déroulent principalement autour Nasser al-Khelaïfi, à la tête du Paris Saint-Germain. En cause, l’attribution des huit rencontres par journée à la plateforme britannique DAZN, mais surtout l’acquisition du match restant par beIN Sports, la chaîne fondé et dirigé par le Qatari via beIn Media Group.

Pourtant, dès le début de cette séance tenue en visioconférence, le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Vincent Labrune, remercie grandement l’implication du dirigeant parisien. « Je tiens déjà à dire merci à beIN Sports et à Nasser al-Khelaïfi », amorce-t-il.

Après plus d’une heure de discussion, le président du RC Lens intervient ensuite. Initialement opposé à la vente des droits TV à DAZN, Joseph Oughourlian se dit en défaveur d’un accord avec beIn Sports, préférant une attribution intégrale sur une même chaîne (quitte à ce que ce soit la plateforme anglaise). Une proposition qui surprend Nasser al-Khelaïfi, demandant s’il a un « problème avec beIN », avant de sortir de ses gonds : « Tu es bon dans ton business mais tu ne comprends rien aux médias, ok ? ».

De son côté, John Textor, président de l’Olympique, tente-lui d’imposer sa propre idée. L’Américain souhaite la diffusion de tous les matchs sur une chaîne entièrement créée et dirigée par la LFP. S’il finit par être acculé par Jean Pierre Caillot, son homologue du Stade de Reims et à la tête du collège des clubs de Ligue 1, c’est pourtant avec Nasser al-Khelaïfi qu’il va, lui aussi, finir par s’écharper. « Si nous manquons de temps, peut-être qu’un autre président devrait parler. Nasser, tu tyrannises tout le monde ! », s’exclame-t-il.

Malgré leurs désaccords et les inquiétudes de nombreux dirigeants, dont celles du RC Strasbourg de Marc Keller sur le prix de l’abonnement DAZN, les présidents décident finalement de continuer les discussions avec DAZN et beIN sports par 16 voix contre 2. Un choix qui pose questions sept mois plus tard alors que la chaîne britannique, qui n’a pas payé sa dernière échéance, réclame maintenant plus de 573 millions d’euros à la Ligue pour « tromperie sur la marchandise ».

Ciblé la veille à l'antenne de RMC, Jean-Pierre Rivère a répondu à Daniel Riolo et aux membres de l'After Foot ce mardi. Invité exceptionnel de l’émission, il a défendu ses choix pour le football français en tant que président de l’OGC Nice. Soutien affirmé de Vincent Labrune lors de la dernière élection présidentielle à la LFP, le dirigeant azuréen avait soutenu le président sortant face à Cyril Linette qu’il ne considérait pas alors comme "un bon candidat".

Critiqué par Daniel Riolo qui l’accuse d’avoir fait un tel choix en raison de sa proximité avec Nasser al-Khelaïfi et le PSG, le présentant même comme un "larbin" du président parisien, Jean-Pierre Rivère a répliqué avec fermeté.

Relancé sur le fait que les décisions prises par le Gym au sein de la LFP ont régulièrement emboité le pas à celles du PSG malgré la crise récente au sein de la Ligue et du football professionnel en France, Jean-Pierre Rivère a tenu à défendre sa position et les intérêts de son club. Ainsi que son indépendance.

Selon le patron niçois, il ne faut pas "tout mélanger" dans cette affaire.

Le rôle des dirigeants dans les clubs

Les dirigeant(e)s veillent à la bonne organisation, à la gestion et à l’animation du club dans lequel ils (elles) s'engagent. Ils prennent les décisions utiles concernant la vie du club.

La licence dirigeant(e) permet de représenter officiellement le club lors d'évènements (match, cérémonie, représentation institutionnelle) et auprès des instances fédérales. Cette licence convient aux bénévoles qui souhaitent occuper un rôle plus officiel au quotidien et sont prêts à prendre des responsabilités.

Les différents rôles

  • Les dirigeant(e)s responsables: Président(e)s, Vice-Président(e)s, Trésorier(e)s, Secrétaires, Membres du comité directeur, ils ou elles sont élu(e)s par les adhérent(e)s de leur club et en portent le projet.
  • Les dirigeant(e)s accompagnateurs(trices): Ils (elles) représentent les équipes engagées officiellement en compétition et participent à leur encadrement aux côtés de l’entraîneur(e).

Au sein des 12 000 clubs de la FFF, des ligues et districts, plus de 400 000 bénévoles s’engagent chaque saison. Que ce soit pour participer au projet éducatif, sportif ou social du club, ces hommes et ces femmes donnent de leur temps et de leur expérience pour vivre des moments riches en émotion et partage.

Tableau récapitulatif des chiffres clés des dirigeants

Indicateur Nombre
Dirigeant(e)s sur l'ensemble du territoire 280 504
Dirigeant(e)s formé(e)s chaque année 1 500
Formations à disposition via le programme "Tout Terrain" 18

La prise de licence permet de protéger les licencié(e)s grâce au contrôle d’honorabilité. La lutte contre les violences sexuelles dans le sport a conduit au développement du système d’information automatisé du contrôle d’honorabilité des éducateurs, des arbitres, des dirigeants et des volontaires disposant d’une licence fédérale.

Le catalogue de formations « Tout Terrain » permet aux dirigeantes et dirigeants comme à tous les autres acteurs du club d’acquérir de nouvelles compétences, leur transmettre de nouveaux outils et surtout les conforter dans leurs missions.

Au-delà des dossiers techniques, ce sont les liens humains qui font la force de notre organisation. Nous partageons la même responsabilité : accompagner nos clubs, soutenir nos bénévoles et préparer l’avenir avec ambition et solidarité.

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