Le Premier Match du PSG au Parc des Princes : Une Histoire Inoubliable

Le 10 novembre 1973, une date marquante dans l'histoire du Paris Saint-Germain (PSG). Ce jour-là, onze joueurs Rouge et Bleu ont participé au premier match officiel du club au Parc des Princes. Retour sur cet événement historique qui a marqué le début d'une longue et passionnante aventure.

Le Parc des Princes lors du premier match du PSG.

Un Derby Parisien pour des Débuts Historiques

Pour ses débuts au Parc des Princes, le PSG affrontait le Red Star, son principal rival pour l’accession en première division. Ce derby parisien réunissait les deux futurs promus du groupe B de la Division 2 1973-1974.

Just Fontaine, ancien entraîneur du PSG de 1973 à 1976, était un témoin privilégié de cette rencontre. Il se souvenait parfaitement des premiers pas de ses joueurs dans ce stade mythique : « Le Parc découvrait une nouvelle équipe, avec un Président couturier et pas tellement de moyens. J’avais expliqué aux joueurs avant la rencontre qu’ils avaient une carte importante à jouer, cela nous changeait du Camp des Loges et des 3.000 spectateurs présents. C’était une occasion unique d’être reconnu par le grand public ».

Une belle occasion saisie par les hommes de « Justo », qui jouaient initialement en lever de rideau de la rencontre de première division entre le PFC et Sochaux. Alors que le club parisien n’avait rien de populaire à l’époque, pas moins de 20 000 personnes ont voulu s’essayer au spectacle d’un derby entre les deux petits poucets de la capitale.

La Composition de l'Équipe

Justo se rappelait avec précision du onze aligné : « Il y avait Dogliani, mon capitaine, mon relais sur le terrain. Et Jacky Laposte, formidable milieu de terrain défensif. Même le grand Michel Platini n’avait jamais flambé devant lui ! Mon équipe jouait l’offensif et ne se prenait pas au sérieux.

Les Buteurs d'une Victoire Mémorable

Agréable surprise au début du match : ils étaient 20.000 curieux dans l’enceinte du Parc des Princes à assister aux débuts officiels des Rouge et Bleu…

Othniel Dossevi, professeur agrégé lettres à Bordeaux et tout jeune retraité, inscrivait le premier but officiel des Rouge et Bleu au Parc des Princes. Dossevi était né à Lomé au Togo où il avait découvert la passion du ballon rond, puis avait rejoint la France à l’âge de 16 ans. Son premier but, il ne l’avait pas oublié même si il préférait mettre en avant le collectif : « Seul la victoire nous intéressait ! Avec notre défense, un but inscrit et on avait une bonne option pour s’imposer. Je me souviens surtout que plus le match avançait, plus le Parc se remplissait.

Premier buteur de la rencontre, et donc du PSG au Parc en match officiel, Othniel Dossevi se souvenait « surtout que plus le match avançait, plus le Parc se remplissait. Au coup de sifflet final, plus de 30 000 personnes nous encourageaient ».

Le second but parisien était l’œuvre d’Armando Monteiro, qui laisse un souvenir impérissable à Justo Fontaine : “Je l’avais vu débarquer un jour au Camp des Loges… pour me proposer ses services ! Il m’avait dit qu’il avait été international juniors et qu’il avait joué chez les jeunes à Flamengo, et j’avais pu vérifier qu’il était plutôt doué avec un ballon“.

Redoutable buteur de la tête, véritable phénomène du jonglage, Monteiro n’avait qu’un seul défaut : il partageait sa passion du ballon rond avec sa foi pour la musique carioca.

Jean Deloffre clôturait le score pour Paris, il était l’un des quatre “mousquetaires“ professionnels (avec Dogliani, Cardiet et Leonetti) engagé par Justo Fontaine pour encadrer le reste de l’effectif. Même si il n’avait pas un souvenir particulier de cette rencontre, le milieu de terrain international (1 sélection en équipe de France A) ne gardait que des bons souvenirs de son séjour dans la Capitale : « On avait fait une grande saison. Fontaine alignait une équipe offensive.

Armando Monteiro, un des buteurs du match.

Un Sentiment Général d'Optimisme

Justo Fontaine résumait le sentiment général à l’issue de cette rencontre historique : « C’était la meilleure chose qui pouvait nous arriver, cette victoire pour nos débuts au Parc avec pareil public. Mon équipe avait joué comme je l’aime, je crois qu’elle avait donné un bon spectacle.

Le Stade, qui avait accueilli la première finale de l’histoire de la Ligue des Champions (ex-Coupe des Clubs Champions) entre le Real Madrid et le Stade de Reims d’un certain Just Fontaine, découvrait alors l’équipe qui allait résider en son sein à partir de l’année suivante et ce, jusqu’à aujourd’hui.

Depuis, le club parisien a joué pas moins de 1 178 matchs officiels sur son terrain de la Porte d’Auteuil, dont la majeure partie en Division 1/Ligue 1 (916 matchs). C’est dans ce même stade que le club de la capitale remporta le tout premier trophée de son histoire en 1982, en finale de Coupe de France face à l’AS Saint-Étienne, après une séance de tirs au but décrochée sur le fil, à la 120e minute, grâce à un but d’un certain Dominique Rocheteau, « l’ange vert » devenu Rouge et Bleu deux ans auparavant. Rebelote en 1986, avec un PSG-Bastia qui vient sceller définitivement le premier sacre du PSG en championnat.

Avec au total 129 rencontres de Coupe d’Europe, le Parc des Princes, c’est aussi le théâtre de belles soirées européennes, gravées dans les esprits des supporters parisiens.

Le bilan statistique au Parc des Princes est assez positif pour le club de la capitale. Dans sa forteresse, le PSG a remporté 63,5 % de ses matchs officiels. La plus large victoire parisienne dans son stade ne remonte pas si loin que ça. Un 19 janvier 2019, le PSG l’emporta sur Guingamp sur le score de 9-0, de quoi venger l’élimination en Coupe de la Ligue, quelques jours auparavant face au club breton.

Enfin, le meilleur buteur du Parc n’est pas Kylian Mbappé. Edinson Cavani possède encore un avantage sur son héritier au poste de meilleur buteur de l’histoire du club, avec 110 réalisations au Parc, contre 106 pour le Bondynois.

Malheureusement, le Paris Saint-Germain, en déplacement à Reims ce samedi à 17h, ne jouera pas dans son Parc des Princes ce week-end pour célébrer les noces d’or entre le club de la capitale et son stade historique.

❤️💙Et vous, quel est votre premier souvenir au Parc des Princes ?

L'Inauguration du Nouveau Parc des Princes en 1972

Néanmoins, au fil du temps, les installations paraissent de plus en plus insuffisantes au regard de l’évolution du foot pro, surtout quand il s’agit de réceptionner de grandes rencontres internationales (la finale du premier championnat d’Europe des nations s’y était déroulée en 1960, avec la victoire soviétique des camarades de Yachine).

Lorsque le 28 février 1962 débarque un match d’appoint de Coupe d’Europe des clubs champions entre le Real et la Juventus (après deux matchs nul successifs à domicile), les 40 000 places, contrainte induite par la piste cycliste, trouvent vite preneurs.

Devant cette situation indigne pour notre foot tricolore, une volonté politique et une opportunité urbanistique vont se conjuguer pour accoucher du nouveau Parc des Princes.

Depuis plus de dix ans, le périphérique parisien se finalise tronçon par tronçon. À l’orée des seventies, il approche du stade, qui se trouve sur la courbe routière. Rapidement, le Parc des princes se trouve amputé de deux tribunes pour permettre l’avancée des travaux. À partir de 1967, la grande boucle lui dit adieu (Poulidor sera le dernier à l’honorer en vainqueur).

Désormais pour le meilleur et pour le pire, l’enceinte sportive et le fleuve de voitures ont destin lié, une indissociable parenté qui finalement déracine symboliquement, comme s’il flottait au-dessus de la coulée de phares allumés, ce temple de la ferveur populaire d’un 16e arrondissement si propret.

Durant les travaux qui débutent en 1969, quelques matchs s’y déroulent malgré tout dans des conditions précaires. Le dernier, en juin 1970, devant à peine 2000 acharnés, entre les Pierrots de Strasbourg et l’USM Montbéliard pour la finale du championnat de France amateur.

L’architecte, Roger Tallibert, grand passionné de sport, a décidé d’en faire un modèle et une révolution : « Ce défi urbain m’a tout de suite plu » confiera-t-il ensuite. Il ose casser les codes précédents. Pas de pylônes, mais 50 portiques de 25 tonnes chacun, en porte-à-faux, reliés entre eux par un bandeau horizontal à 28 mètres de hauteur. L’éclairage tombe du toit directement. La dimension omnisports est enterrée. Pas de piste d’athlé ni de vélo, et le pari d’une proximité des spectateurs. De tels choix heurtent. Les discussions sont vives au conseil de Paris où, par ailleurs, l’alourdissement de la facture - qui double jusqu’à atteindre 150 millions de francs - passe mal.

Deux ans de travaux seront encore nécessaires. Une fois terminé, il faut bien l’inaugurer. Enfin, façon de parler. Plutôt un galop d’essai, étrenner la pelouse. Les officiels et autres attendront la finale de la Coupe de France entre Marseille et Bastia pour bénir de leur présence ce cadeau de la République et de la ville de Paris.

Pour le moment, en ce beau jour du 25 mai 1972, ce sont les « Bleus » amateurs qui ont le privilège de roder cette merveille encore intacte face à l’URSS pour un match de qualification pour les JO de Munich. L’affiche n’attire pas grand monde. Les tribunes peuvent recevoir 50 000 personnes. Ils ne sont pourtant que 35 000 dans les gradins, dont… 30 000 écoliers invités pour remplir les sièges vides. Les 5000 « vrais » spectateurs ont déboursé 5 francs pour vivre un instant qu’aucun a du mal à percevoir comme historique.

Pierre Mankowski, actuel entraîneur des Espoirs et alors capé « amateur » , racontera ensuite un sentiment assez identique d’indifférence polie. « À ce moment, il y avait peu d’enceintes comme celle-là de cette grandeur et de cette beauté. Mais même si c’était un nouveau stade dans un nouveau lieu, je n’ai pas le souvenir que c’était si festif que ça. Il n’y avait pas eu d’inauguration particulière. »

Il faut admettre que sur le terrain, la confrontation s’avère des plus inégales. Les Soviétiques alignent un effectif d’un tout autre calibre par rapport aux amateurs français, grâce à la complaisance du CIO qui ne s’amuse pas à regarder avec trop d’acuité le statut des joueurs de l’Est. « Le socialisme réel » n’en était pas à un mensonge près, et les pays communistes trusteront longtemps les médailles d’or en ballon rond. C’est de la sorte que pour ce « vernissage » du Parc des Princes, le grand Blokhine du Dynamo Kiev donne le tournis à la défense tricolore, qui évite le naufrage grâce à la témérité de son gardien de but, André Lannois, fidèle portier du RC Lens. La défaite 3-1 est logique. Mais l’essentiel est ailleurs. Désormais, Paris possède un vrai stade de foot dont il peut être fier, unique en son genre.

Norbert Bouc, entraîneur de Mantes-la-Ville, qui évolue alors en D2, résume bien l’impression générale : « Un régal pour les yeux. »

Le 10 novembre 1972, le PSG y dispute son premier match contre le Red Star en D2.

Le 13 août 1974, le grand jour n'en est pas vraiment un. Le PSG va disputer le premier match de Première Division de son histoire au Parc des Princes (1). Un baptême initialement prévu dès la première journée face à Sochaux. Mais la pelouse du Parc étant en réfection, la rencontre avait été disputée à Bonal.

L'annonce de ce PSG-Metz ne fait pas pour autant la une de L'Équipe.(1) Le huitième depuis le 10 novembre 1973, face au Red Star en lever de rideau : 4 de D2 et barrage, 3 de Coupe de France.

Le match du promu est même le dernier présenté lors de cette troisième journée : « Quant à Paris-SG, encore tout meurtri des coups assénés à Reims par Carlos Bianchi (1-6, le 9 août), il essaiera de faire oublier sa déconvenue [...] Voici donc venue l'heure du grand rendez-vous entre le public parisien et sa nouvelle équipe, l'équipe de Just Fontaine. Mais la curiosité, l'amour du football, l'attrait du neuf étant ce qu'ils sont chez les Parisiens, on peut quand même espérer une assistance fournie. »

Just Fontaine, l'entraîneur emblématique du PSG.

Just Fontaine (sur le banc à droite), est alors l'entraîneur du PSG, depuis 1973. (R. Legros/L'Équipe)

Le 4 juin, lors du barrage retour d'accession contre Valenciennes (4-2), sur cette même pelouse, l'entraîneur parisien avait exhorté les siens : « Si on monte, c'est le Parc avec 45 000 personnes. Si on ne monte pas, c'est Saint-Germain avec 1 500. » « (Jean-Pierre) Dogliani a rendu une équipe au Parc », saluera L'Équipe le lendemain après le doublé du capitaine et alors que le Paris FC quittait la D1 et l'enceinte.

Mais au coeur du mois d'août, avec à peine 14 000 spectateurs, le coquillage de béton dessiné par Roger Taillibert et inauguré le 25 mai 1972 (2) sonne creux. De quoi impressionner tout de même Dominique Lokoli, arrière droit de l'équipe du couturier Daniel Hechter. À 22 ans, arrivé de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne, PH/D5), mécanographe comptable et informaticien, encore stagiaire, il dispute son premier match en pro : « C'était incroyable ! Au Camp des Loges, en forêt de Saint-Germain-en-Laye, je n'étais pas dépaysé. C'était comme des vestiaires d'amateurs, avec la même super ambiance. Mais le Parc ! Quand tu rentres dans ces couloirs, avec le bruit des crampons qui résonnent, cette petite boule de peur... Ça fait drôle. J'avais cinquante personnes à Choisy ! »

À l'aile droite, Louis Floch est un habitué. Dès juillet 1972, avant même d'y disputer le premier match de Championnat de l'histoire du nouveau Parc avec le Paris FC (3) et d'y évoluer avec les Bleus, le Breton avait tenté quelques démarrages sur la pelouse en chaussures de ville sous le regard inquiet des ouvriers : « C'est plus impressionnant qu'au Maracana car le Parc est moins évasé. Jouer dans un cadre pareil, ce doit être excitant ! » En 1974, transfuge du PFC, « Loulou » est donc chez lui : « Le Parc, c'était mon jardin, j'avais la cote, c'était génial. Des gens m'ont suivi d'un club à l'autre et les supporters du PSG m'ont très bien accueilli. Ma façon de jouer devait leur plaire, je courais beaucoup, je me donnais à fond. » Escorté des « Loulou ! Loulou ! » du public, gourmand de ses déboulés tête baissée.

(2) Le Parc fut inauguré lors d'un match (amateurs) entre la France et l'URSS (3-1) qualificatif pour les JO de Munich.

(3) Le 9 août 1972, un but à la clé face à Nancy (3-2).

« Floch allait à 300 à l'heure, se souvient le milieu défensif messin Joël Delpierre, qui jouait ce soir-là son deuxième match pro en provenance d'Aulnoye (Nord, D3). Paris, ce n'était que des internationaux ! Serrer la main de Just Fontaine au Parc, c'était fort. Un moment d'histoire. Et jouer contre Jean Deloffre, que je supportais à Lens quand j'étais gamin, c'était magnifique ! » Mais marquer Dogliani, l'élégant meneur de jeu, c'était autre chose. « J'étais un peu rugueux et hyper respectueux. Mais après Claude Papi, de Bastia, je suis tombé sur Dogliani. Un autre artiste. Ils étaient d'un tel niveau technique qu'ils évitaient les contacts. Et quelle vision du jeu ! « À la collation ou au vestiaire, Fontaine nous racontait toujours des blagues pour nous détendre, sourit Lokoli. Mais pour moi, ce soir-là, le football n'était plus un loisir, ça devenait sérieux. »

Ils ouvrent pourtant le score sur penalty, contesté, par François M'Pelé (28e). « Une décision pour le moins surprenante de l'arbitre, selon L'Équipe. L'ailier gauche (Mustapha) Dahleb était-il bousculé ou l'arrière messin (Daniel) Jenny avait-il fait une obstruction ? »

(4) Le modèle iconique à large bande rouge, dessiné la saison précédente par Hechter, ne reviendra que lors de la 12e journée.

Dix minutes plus tard, Christian André prend de vitesse la défense et double la mise (38e). « Ouf ! Cette fois, le but était de toute beauté, incontestable », savoure le quotidien. Grand artisan de la double accession en D2 puis D1 en deux ans (41 buts en 71 matches), l'attaquant martiniquais avait été, à Sochaux, le premier buteur de l'histoire du PSG en D1. Blessé aux ligaments d'un genou quelques semaines plus tard, il ne marquera plus pour Paris. (L'Équipe)

« On a pris le bouillon avant de revenir un peu miraculeusement », se souvient Delpierre. Sur un doublé du Luxembourgeois Nico Braun (44e, 50e), les exploits de Pantelic assurant le nul aux Parisiens (2-2). Coupable : la défense en ligne de Fontaine et son adjoint Robert Vicot. De leurs quatre défenseurs, un seul, Louis Cardiet, la pratiquait au PSG lors de la montée. Georges Huart, l'entraîneur messin, avait prévenu Delpierre : « Il nous avait dit qu'il y aurait des boulevards entre le dernier défenseur et le gardien. Braun a reçu des ballons dans les espaces et il a bouffé les défenseurs. »

Verdict de L'Équipe : « Pour un coup d'essai, ce ne fut pas un coup de maître !

Tableau Récapitulatif du Premier Match du PSG au Parc des Princes

Événement Détails
Date 10 novembre 1973
Adversaire Red Star
Compétition Division 2
Score Victoire du PSG
Buteurs PSG Othniel Dossevi, Armando Monteiro, Jean Deloffre
Affluence Environ 20 000 spectateurs

Monaco s'impose au Parc des Princes - Le résumé de la rencontre

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