Le hockey sur glace en France a une histoire riche et variée, marquée par des périodes de gloire et des défis constants. Ce sport, géré par la Fédération française de hockey sur glace (FFHG) depuis 2006, a connu des hauts et des bas, mais continue de passionner les amateurs à travers le pays.

Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG)
Les Débuts du Hockey en France
Le hockey sur glace, sport développé et codifié au Canada, arrive en France (et en Europe) en décembre 1891, dans le canal du château de Versailles, à l'initiative du baron Pierre de Coubertin. Le sport se développe grâce à l'invention de la glace artificielle et à l'ouverture des premières patinoires à Paris : Pôle Nord en 1892 et Palais des Glace en 1894. En 1903, le Palais des Glace à Lyon se dote d'une glace, qui permet la création de plusieurs équipes de hockey dont la plus importante est le Sporting Club de Lyon.
Des rencontres sont organisées entre parisiens et lyonnais dès l'année d'ouverture et après quelques championnat de France « officieux », et l'établissement d'un règlement commun en 1905, Lyon remporte le premier titre de champion de France en 1907. Hélas pour le hockey français, en 1908, la glace du Palais des glace de Lyon, en trop mauvais état, entraine la disparition de la patinoire et du Sporting Club de Lyon par le même occasion.
Un nouvel opposant pour le club parisien arrive en 1910 : cette année se crée le Hockey Club Chamonix-Mont-Blanc, ce qui permet de relancer le championnat de France en 1912. Chamonix deviendra dans les décennies suivantes une place forte du hockey français, organisant quasiment exclusivement la finale du championnat de France jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale et remportant au total 30 titres nationaux.
L'essor du Hockey dans les Années 1920 et 1930
Au sortir de la guerre, le club de Chamonix est devenu compétitif : après trois défaites face au Skating Club Paris, vite renommé Sports d’Hiver Paris, il remporte son premier titre de champion de France en 1923. Si les tricolores participent aux Jeux olympiques d'Anvers en 1920 et sont battus sèchement 4-0 par la Suède, ils font beaucoup mieux lors du championnat d'Europe 1923, remportant la médaille d'argent et un titre de meilleur marqueur pour Léon Quaglia.
Lors des années 1930 débutent les « années folles » du hockey sur glace : déjà en 1930, Chamonix est le lieu d'organisation du tout premier Championnat du monde organisé en dehors des Jeux olympiques. Grâce à ses derbys organisés, dès le match inaugural du nouveau Vel' d'Hiv (entre la Racing club de France et le Governor de Londres, le 2 octobre 1931 qui attire plus de 10 000 spectateurs), le hockey sur glace devient le spectacle à la mode à Paris et connaît un énorme succès populaire, incomparable avec la situation du hockey aujourd'hui.

Match de hockey sur glace dans les années 1930
En 1937, certains joueurs (principalement les canadiens) des Rapides de Paris (ex-Stade français) et des Français Volants (ex-Racing), qui sont engagés dans une ligue franco-britannique en raison de l'arrêt du championnat d'outre-manche, s'installent définitivement en Angleterre. Les raisons du départ sont principalement financières et celles de Jeff Dickson sont sur le déclin, car tout cela commence à couter cher. Pour rentabiliser les investissements, Dickson augmente le nombre de matchs et commence à tirer sur la corde : le public se lasse, les affluences diminuent et la société Jeff Dickson fait faillite cette même année 1937.
Après-Guerre et Développement du Hockey (1950-1980)
En 1951, la France organise les championnats du monde. Pour la première fois, le tournoi est divisé en deux niveaux et les « bleus », emmenées par le jeune chamoniard Calixte Pianfetti, terminent second du tournoi B. Le club omnisports de l'ACBB monte alors une équipe de hockey en 1952, qui s'installe dans la « fédérale » en 1956. Philippe Potin, héritier de l'enseigne Félix Potin, devient alors « mécène » de cette équipe de l'ACBB, lui-même devenant un des meilleurs clubs de France.
La domination de l'ACBB ne dure pas : Philippe Potin se désengage du club et après avoir obtenu la tête du hockey français en 1962 puis de la FFSG en 1964, il se retrouve ruiné en raison de son soutien au sport et à de mauvais investissements. 1968 est une année charnière, celle des Jeux olympiques de Grenoble. L'équipe de France, entrainée par Pete Laliberté, ne fait pas de miracle sur le plan sportif et finit à la dernière position. Mais grâce à la télévision, tout un pays découvre le hockey sur glace et de nombreuses patinoires sont ouvertes les années suivantes : de 12 surfaces en 1967, on en compte plus de 60 un an après les JO.
En 1969, c'est la grande lessive, où un incident entre un joueur et un arbitre entraine une grève des arbitres et les démissions du président des arbitres, du président de la FFSG Jacques Favart, et de nombreux membres du comité national de hockey sur glace (CNHG). Les Jeux olympiques de 1972 sont une terrible occasion ratée pour les français : alors qu'ils ont gagné leur qualification aux championnats du monde 1971, la FFSG, à l'invitation du Colonel Marceau Crespin, décide de ne pas envoyer les hockeyeur disputer le tournoi. Décision surprenante, d'autant qu'on avait sacrifié les anciens en 68, pour « préparer l'avenir ».
Les joueurs décident alors de boycotter les mondiaux 1972 Groupe B en représailles, et certains arrêtent là leur carrière internationale. Le nombre de clubs et de joueurs aidant, d'autres clubs compétitifs apparaissent, d'abord dans les Alpes : Saint-Gervais est le premier club à remporter le championnat de France en 1969, en dehors des villes de Chamonix, Lyon et de la région Parisienne. Il remporte également les titres 1974 et 1975, tandis que Gap remporte ceux des années 1977 et 1978.
En 1978, c'est la création du premier magazine spécialisé, France Hockey, lancé par Tristan Alric, et qui crée les trophées du championnat de France et suggère aux différents clubs de prendre des surnoms. Le hockey continue à se développer hors de ses bastions historiques : En 1979, si Chamonix remporte un 30e et dernier titre, en 1980, c'est Tours qui remporte le titre national. En plus d'être le 1er titre d'un club crée après les Jeux olympiques de Grenoble, c'est aussi le premier titre d'un club de plaine, c'est-à-dire en dehors des Alpes, de Paris ou de Lyon.
Professionnalisation et Défis (1980-2000)
L'arrivée du professionnalisme continue en 1984 avec l'ouverture du Palais omnisports de Paris-Bercy, devant servir à accueillir les matchs des Français Volants, privés de patinoire fixe depuis quelques années. L'arrivée des Volants au plus haut niveau et cela dans l'enceinte de Bercy, donne un vrai coup de projecteur médiatique et les médias commencent à suivre le hockey sur glace. Certains matchs du championnat sont même télévisés à la télévision publique et les Volants sont invités au journal de 13 heures par Yves Mourousi.
Mais le club parisien, même favori, n'arrive pas à remporter le titre, condition pour rester au POPB, et quand il remporte le titre en 1989, il est déjà relégué dans la patinoire annexe. Le hockey, comme le basket, a l'impression d'avoir été utilisé pour faire parler de l'enceinte pour ensuite être « jeté » au profit de spectacles plus rentables comme les concerts. Nouveau signe du développement et de l'ouverture du hockey à cette époque, d'autres nouveaux clubs gagnèrent leur premiers titres : Grenoble en 81, Megève en 84, Rouen en 90, Brest en 1997, Amiens en 1999, Reims en 2000.
Du côté de l'équipe de France, elle remporte, en 1985, les mondiaux Groupe C, division où elle ne redescendra plus jamais. Pour la 1990-1991, la Ligue nationale est créé en tant que ligue « professionnelle » fermée, à gestion autonome, dont les clubs sont censés accéder sur dossier. Dès 1991-1992 c'est la fin de la Ligue nationale qui se transforme en une élite à 16 clubs avec ascenseur sportif, après de multiples abandons et dépôts de bilan.
Car l'hémorragie au lieu de s'arrêter, explose avec la ligue « pro » : des 8 équipes partantes en Ligue Nationale, seul le Rouen Hockey Club ne connait pas de problèmes financiers. L'équipe de France sauve les apparences en réalisant un superbe tournoi olympique aux JO d'Albertville. Les bleus atteignent les quarts de finale face aux États-Unis, match suivi par 5,2 millions de Français à la télévision. Mais la réalité du championnat français est tout autre et les médias commencent à ce désintéresser de ce sport, lassé par les querelles internes, puis par les dépôts de bilan.
Mais les soucis du championnat demeurent. Un scandale éclate même en 1993, quand on apprend que le comité national de hockey lui-même est en déficit, à hauteur de 3 millions de francs. Il en ressort une volonté revendiquée de sérieux, de rigueur et de contrôle.
Le Hockey Français au XXIe Siècle
Le 20 février 2003, le grenoblois Cristobal Huet devient le second joueur de hockey français de l'histoire à évoluer en NHL. Le 24 janvier 2007, il deviendra même le premier joueur français de l'histoire à participer au Match des étoiles de la Ligue nationale de hockey. En 2006, le hockey français se sépare de la FFSG, accusée de manque de rigueur et de faire passer le hockey au second plan, et entérine la création de la Fédération française de hockey sur glace.
Un deuxième premier succès a lieu le 14 février 2007 avec l'organisation de la finale de la Coupe de France au Palais omnisports de Paris-Bercy, où le hockey avait disparu depuis 19 ans. Autre motif de satisfaction, le remontée de l'équipe de France en Élite : souhaitée l'année de la création de la FFHG, elle interviendra finalement un an plus tard en avril 2007.
En 2017, la France accueille pour la première fois depuis 1951 les championnats du monde élites, conjointement avec l'Allemagne.
L'Équipe de France et les Joueurs Emblématiques
L'Équipe de France de hockey sur glace masculine pointe à la 13e place au classement IIHF 2019. Elle navigue entre le haut de tableau de Division I et le bas de tableau du groupe Elite.
Philippe Bozon est considéré comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire du hockey français. Fils de l'ancien joueur international Alain Bozon, Philippe Bozon a à son palmarès quatre présences olympiques, douze participations mondiales, il est d'une fidélité exemplaire à l’équipe de France dont il est le meilleur marqueur de l'histoire.

Philippe Bozon, légende du hockey français