En regardant le hockey sur glace, vous allez peut-être assister à de grosses bagarres entre joueurs. Le hockey sur glace est un sport dans lequel la notion de combat est omniprésente, ce n'est pas pour rien que les joueurs portent des tenues pouvant peser jusqu'à 30 kilos...
Il faut cependant différencier plusieurs types de contacts. Il existe ce que l'on appelle les "mises en échec", très fréquentes dans un match de hockey et qui font totalement partie du jeu. Il s'agit pour un joueur de pousser violemment son adversaire et de le coincer contre la balustrade pour l'empêcher d'accéder au palet.

Les règles et les sanctions
Aussi étonnant que cela puisse paraître, la pratique du combat est illégale. En NHL et dans certaines ligues mineures américaines, les joueurs qui participent à un combat reçoivent une pénalité de 5 minutes. Dans les ligues universitaires, aux Jeux olympiques ou dans les ligues européennes, le joueur est exclu et rate le prochain match. Ces sanctions découragent donc les combattants.
Comme on peut le voir, en NHL, les joueurs qui se battent ne sont pas exclus définitivement du terrain. C’est la raison pour laquelle elles y ont encore cours. Attention toutefois, il ne faut pas confondre le combat avec la « mise en échec », qui elle est autorisée.
Quand deux joueurs ont décidé d’en venir aux mains, ils doivent absolument jeter leur crosse et leurs gants au sol. S’ils le font en même temps, les deux joueurs écoperont de la même pénalité. Ils se battent donc à main nue.
La crosse et les gants contiennent des parties en plastique et les risques de blessures mortelles sont alors très élevés. Les deux joueurs se battent jusqu’à ce que l’un d’entre eux ait un genou qui touche terre.
En règle générale, l'arbitre sépare tout de même les joueurs lorsque l'un des deux a un genou à terre. Et le combat peut avoir lieu si les deux adversaires ne se servent ni de leur crosse ni de leurs gants.
Pourquoi se battre ? Les raisons derrière les affrontements
La culture du hockey
Dans la National Hockey League (NHL), la pratique des pugilats entre joueurs a longtemps été une part intégrante de la culture du jeu. Bien que cela puisse sembler brutal pour certains spectateurs, beaucoup considèrent ces affrontements comme une expression naturelle de la passion et de l’engagement en jeu. Les bagarres dans la NHL ne sont pas un phénomène récent. En réalité, elles remontent aux tout premiers jours du hockey sur glace professionnel. Au début du XXe siècle, les matchs étaient souvent marqués par une intensité physique exceptionnelle, ce qui menait fréquemment à des confrontations physiques.
Ces bagarres sont souvent liées au désir de l'une des deux équipes de montrer sa supériorité ou de montrer qu'elle ne va pas se laisser impressionner. Un combat bien mené peut retourner le court du match. En plus de créer un choc psychologique, si le meilleur joueur adverse est exclu, cela peut déstabiliser l’équipe et l’amener à encaisser des buts.
Dissuasion et protection
Comme souligné par plusieurs internautes, il y a d’abord une question de protection. Ici l’intérêt est d’éviter les débordements et blessures. Comme dans tous les sports, il existe une grande disparité de gabarits et un joueur au physique imposant peut tout à fait décider d’aller jouer des coudes avec un joueur plus «frêle». Dans un sport à la vitesse de jeu rapide et aux les contacts sont appuyés, un gros gabarit qui charge un petit gabarit pourrait entraîner une blessure plutôt sérieuse. L’intérêt est donc ici de venir dissuader l’adversaire d’envoyer ses gros gabarits se frotter aux plus petits et inversement. Idem pour les joueurs stars, une charge manquée, un contact trop appuyé sur un joueur clé et voilà que les gants volent.
« Les joueurs savent que s'il y a un "enforcer" sur le banc adverse, ils ne vont pas jouer salement. C'est une arme de dissuasion ».
Briser le momentum
À plusieurs reprises au cours des dernières saisons, nous avons vu des équipes afficher un visage tout autre après une bagarre. Au-delà d’envoyer un signal fort aux deux bancs, les luttes, souvent longues à l’échelle d’un temps de présence et qui entraînent des pénalités, viennent casser un momentum. Une équipe qui concède un temps faible et quelques buts peut venir interrompre ce temps faible en provoquant une bagarre.
| Compétition | Sanction pour bagarre |
|---|---|
| NHL et ligues mineures américaines | Pénalité de 5 minutes |
| Ligues universitaires, Jeux olympiques, ligues européennes | Exclusion et suspension pour le prochain match |
Top 10 NHL fights of all time | NBC Sports
Les "policiers" ou "enforcers"
Chaque équipe peut avoir dans son effectif un « policier ». C’est un joueur qui compense son manque de technique par un formidable sens du combat. Ce dernier peut entrer en jeu à tout moment pour essayer de provoquer un combat.
Pour autant, nombre de joueurs sont amenés à se battre un jour ou l'autre dans leur carrière, et certains en font une vraie spécialité. On les appelle "enforcer" ou "tough guy", que l'on peut traduire par "policier" et "homme fort". Ceux-là sont prêts à en venir aux mains pour protéger leurs coéquipiers ou casser la dynamique de l'équipe adverse.
Néanmoins, les passes d'armes ne sont pas près de disparaître tout à fait. « Les combats existent toujours et existeront toujours parce que les joueurs le veulent, assure Bernstein.
La formation des bagarreurs
Envoyer des mandales sur des patins demande une certaine habileté. Sauf qu'envoyer des mandales sur des patins demande une certaine habilité, loin d'être innée. « C'est très technique parce qu'avec une main tu dois tenir l'adversaire et avec l'autre main tu dois te battre. Et tu dois aussi savoir inverser, gauche droite, droite gauche. »
Avec plus de 150 combats en carrière, le Québécois Georges Laraque connaît sur le bout des poings ce code. Depuis qu'il a pris sa retraite sportive, l'animateur radio de BPM Sports partage son savoir-faire à la nouvelle génération : Michael Pezzetta et Arber Xhekaj des Canadiens de Montréal ou encore Matt Rempe des New York Rangers ont bénéficié de ses conseils.
Quand ce ne sont pas les hockeyeurs eux-mêmes, ce sont les coaches qui incitent à rendre les coups. Jouer les brutes est parfois vu comme un moyen de gravir les échelons.
L'évolution des combats et les préoccupations pour la santé
Jusqu’en 2013-2014 en NHL, les joueurs étaient autorisés à enlever leur casque pour se battre. À présent, c’est interdit. La violence des combats a mis en lumière de nombreux cas de commotions cérébrales, mais aussi de mort prématurée.
En l'espace de vingt ans, le nombre de combats a été divisé par deux en NHL selon le site spécialisé HockeyFights.com. Les règles ont évolué pour protéger la santé des joueurs (les commotions cérébrales ont particulièrement touché les bagarreurs du passé).
Matt Rempe des New York Rangers (à gauche) sait faire parler son poing contre Kurtis Mc Dermid. L'accélération du jeu oblige les "hommes forts" à se réinventer.