L'empreinte ghanéenne au Paris Saint-Germain : Histoire et joueurs

Le Paris Saint-Germain (PSG), club emblématique de la capitale française, a vu passer dans ses rangs plusieurs joueurs ghanéens talentueux qui ont marqué l'histoire du club à des degrés divers. Cet article explore le parcours de ces footballeurs, de leurs débuts prometteurs à leurs contributions sur le terrain, en passant par les moments marquants de leur carrière parisienne.

Alex Nyarko : Un milieu de terrain physique et technique

Né en 1973 au Ghana, Alex Nyarko a débuté sa carrière de footballeur au début des années 1990 dans son pays natal. En 1992, il participe au tournoi olympique de Barcelone, où il remporte la médaille de bronze avec son équipe. En 1995, il s'exile en Europe et rejoint le Sportul Studentesc en Roumanie, mais ne joue jamais pour cette équipe. Il rejoint ensuite le SC Karlsruhe en Allemagne en 1997, où il devient international ghanéen.

En 1998, il signe au RC Lens, où il s'impose comme un titulaire dans l'entre-jeu aux côtés de Frédéric Déhu. Il remporte la Coupe de la Ligue avec Lens, même s'il n'était pas titulaire au coup d'envoi. Après deux saisons à Lens, Nyarko rejoint Everton en Angleterre pour un transfert évalué à £4,5 millions. Cependant, il ne parvient pas à s'imposer à Everton et est prêté à Monaco pour la saison 2001/2002.

En 2002, Nyarko est prêté au PSG, où il reforme un duo de récupérateurs avec Déhu. Ses premiers matches sont inégaux, mais il monte en régime à partir de l'automne et devient l'un des meilleurs Parisiens. Toujours impressionnant physiquement, il marque en Coupe de la Ligue contre Nantes et en Coupe UEFA contre Boavista. Cependant, le début de l'année 2003 est plus délicat pour Nyarko, et il quitte le PSG en février après avoir annoncé qu'il envisageait de raccrocher les crampons.

Alioune Touré : De Nantes à Paris, un parcours atypique

En pré-formation à l’INF Clairefontaine aux côtés de Nicolas Anelka, Alioune Touré rejoint le FC Nantes en 1995, à l’âge de 16 ans. Il débute en première division un an plus tard, en faisant une brève apparition de dix minutes à Nancy. En 1997, il devient champion d’Europe des moins de 18 ans aux côtés de Zoumana Camara, David Hellebuyck et Fabrice Kelban. Il commence ensuite à intégrer durablement le groupe professionnel nantais.

En 2001, il choisit de quitter le FCN pour rejoindre l’Angleterre et le club de Manchester City. Mais Touré ne s’impose pas, et ne joue qu’une seule rencontre avant de ne plus figurer sur aucune feuille de match après le mois de novembre. Le PSG est alors propriétaire de Nicolas Anelka, et cherche à le revendre. Manchester City, qui remonte en Premier League, est intéressé par le joueur, mais pour faire baisser son prix, propose à Paris de choisir un francophone de l’effectif de City.

Pas vraiment désiré, et dans un effectif qui compte de nombreux attaquants, Touré ne part pas gagnant pour s’imposer dans la capitale. Touré passe en fait l’essentiel de son temps en CFA, et ne compte que trois bouts de rencontres avec les pros lors de la première partie de saison. Mais avec les méformes de Cardetti, Laurent Leroy et Bartholomew Ogbeche, les efforts de Touré finissent par payer, et il obtient du temps de jeu à partir de décembre.

L’année suivante, sous Vahid Halilhodzic, Touré est d’abord considéré comme partant. Mais lors du stage de pré-saison, il convainc le nouvel entraîneur parisien de le garder dans le groupe. En fin de saison, ne comptant au final que neuf apparitions en championnat, Touré se résout à partir : il est prêté une saison à Guingamp, en L2.

En 2009, il regagne la capitale parisienne, puisque Jean-Marc Pilorget le recrute au Paris FC, en National, pour ce qui paraît être un gros coup.

Filipe Teixeira : Un milieu de terrain portugais d'origine ghanéenne

Né en France en 1980, Filipe Teixeira part vivre au Portugal avec sa famille alors qu’il n’a que 10 ans. Après trois saisons pleines dans son club, il est recruté par le FC Istres, alors pensionnaire de D2. C’est bien sûr en toute discrétion que ce joueur inconnu rejoint le PSG. Il évolue le plus souvent avec la réserve, rentre pour quelques bouts de rencontres en championnat, et participe un peu plus lors des diverses rencontres de coupes.

Mais à l’hiver, pas forcément satisfait du rendement de ses titulaires, Fernandez décide de donner sa chance à Teixeira en le faisant débuter plusieurs rencontres de championnat, sur le côté droit du milieu de terrain. Sur ses trois titularisations, Teixeira ne tire pas son épingle du jeu, et retrouve assez vite son statut de joueur d’appoint.

Lors de la préparation estivale qui suit, Vahid Halilhodzic suggère au joueur de partir s’aguerrir. Au Portugal, il joue plus qu’à Paris, et lorsqu’il revient dans la capitale française, Halilhodzic ne compte pas du tout sur lui. Grâce à ce fait d’arme, Teixeira gagne une place bien plus régulière dans le groupe : à quelques entrées en jeu succède une titularisation contre Toulouse, dans un poste plutôt axial.

Il enchaîne enfin les rencontres dans la peau d’un titulaire, et après deux bonnes saisons, il rejoint WBA en deuxième division anglaise. À son retour de blessure, ses apparitions s’avèrent épisodiques. À l’été, il est définitivement transféré en Ukraine, au Metalurg Donetsk, où il peine là également à s’imposer.

Augustine "Jay-Jay" Okocha : L'artiste nigérian qui a illuminé le Parc des Princes

Augustine Azuka "Jay-Jay" Okocha est né le 14 août 1973 à Enugu au Nigeria. Bluffé par ses qualités, le modeste club allemand de troisième division du Borussia Neunkirchen lui propose alors un contrat professionnel. A seulement 18 ans et à des milliers de kilomètres de son pays natal, Okocha s'impose instantanément comme un élément important de l'équipe première en disputant 35 matchs pour sept buts inscrits.

Dans une équipe où officie une autre vedette africaine des années 90, l’avant-centre ghanéen Anthony Yeboah, qui deviendra meilleur buteur du championnat en 93 et 94, Jay-Jay devient très vite le chouchou du public et une des principales attractions de la ligue, en dépit d’une relative inconstance, mal qui le poursuivra tout au long de sa carrière.

En 1994, Jay-Jay remporte la Coupe d’Afrique des Nations et la même année, le Nigeria atteint les 8e de finale de la World Cup, seulement sorti par l‘Italie. Le club stambouliote de Fenerbahçe l’engage contre un chèque de 22 millions de francs au cœur de l’été 1996.

Jay-Jay, qui deux ans plus tôt était demeuré dans l’ombre d’Amunike (qui vient pour sa part de signer au Barça) pendant le Mondial sur ce même sol américain, tient ici l’occasion rêvée de montrer qu’il peut s’imposer à court terme comme un incontournable en sélection A.Le Nigeria élimine le Brésil de Bebeto et remporte la compétition aux dépens de l’Argentine d’Hernan Crespo.

Il devient une célébrité - il vend les images de son mariage avec Nkeshi, une mannequin nigériane pour 300.000 francs - boubou africain sur le dos, cheveux rouges, sourire en coin, il déboule sur les plateaux de télé et se met tout le pays dans la poche en deux temps trois mouvements. Pour sa première saison à Fenerbahçe, il termine meilleur buteur du club avec 16 réalisations.

Okocha est la tête d’affiche de l’effectif, il éclabousse la compétition, embobine les défenseurs les plus prestigieux avec son style inimitable fait d'invraisemblables tour de passe-passe, de puissants coups de reins, de violentes accélérations, de transversales précises et spontanées et de lourdes frappes. En effet, Charles Biétry, alors directeur des sports de Canal + et futur président délégué du PSG cache péniblement à l‘issue du Mondial l’admiration qu’il porte au meneur de jeu rouquin des Super Eagles.

Une fois nommé à la tête du grand club francilien il engage des négociations avec les dirigeants de Fenerbahçe et un accord est trouvé moyennant un peu plus de 100 millions de francs, ce qui en fait alors le transfert le plus cher de la Division 1 française et le joueur africain le plus cher de l‘histoire du foot. Okocha signe un contrat de quatre ans en faveur du Paris Saint Germain , contrat qu’il honorera jusqu’à son terme.

Ce coup d’éclat sera le premier d'une longue série - malheureusement entrecoupé par quelques prestations nettement plus insipides et par de trop nombreuses blessures ; au PSG , Okocha renforcera sa réputation d‘artiste du ballon, doté d’une technique individuelle impeccable, très au-dessus de la moyenne, d’un sens du dribble unique - un d’entre eux portant d’ailleurs son nom, le « Jay-Jay » (roulette du pied droit, puis feinte de roulette pied gauche enchaînée à une feinte de corps pour éliminer l'adversaire direct complètement désarçonné), de talent inné, mélange unique du touché de balle le plus soyeux et de la force la plus pure - l’exemple le plus naturel demeurant ses fameuses frappes à la fois très puissantes et précises, de soliste, capable de prestations de haute volée comme de sorties beaucoup plus ternes.

Durant ses 4 années au PSG, Jay-Jay marquera durablement les esprits des observateurs d’une D1 peu coutumière des joueurs de classe. Durant son bail parisien, Okocha évolue aux côtés de Stéphane Dalmat, Peter Luccin, Nicolas Anelka , Mikel Arteta, Gabriel Heinze et Ronaldinho , l’ensemble constituant souvent de superbes équipes sur le papier.

Il dispute en tout et pour tout 84 matchs de championnat pour 12 buts et 11 matchs de Coupe d'Europe (C1, C2 et C3) pour 2 buts. Considéré comme l'un des meilleurs joueurs du championnat, il n'a cependant remporté aucun titre avec le PSG.

Il abandonne son numéro 10 à Ronaldinho et s’envole pour Bolton au terme de son contrat en juin 2002. À Bolton, il évolue avec des connaissances du PSG, Bernard Mendy et Youri Djorkaeff, mais aussi avec Ivan Campo récent transfuge du Real Madrid, dans un club qui a alors comme politique de recrutement l’acquisition de joueurs expérimentés plus ou moins au crépuscule de leurs carrières.

Au terme de son contrat avec Bolton et attiré comme d’autres par les pétrodollars des clubs du Moyen-Orient, il décide ne pas prolonger (on l’a aussi destitué du capitanat quelques mois plus tôt) et de s’engager avec le Qatar SC pour la saison 2007-2008.

À 34 ans, Okocha participe à la montée du club en Premier League, disputant 18 rencontres. Il termine ainsi une belle carrière, un peu sur la pointe des pieds mais en vrai amoureux du jeu.

Augustine "Jay-Jay" Okocha est une légende du football au Nigeria.

Vice-champion de France en 2000 avec le PSG. Finaliste de la Coupe de la Ligue en 2000 avec le PSG.

Joueur Période au PSG Poste Nationalité Matches (Buts)
Alex Nyarko 2002-2003 Milieu de terrain Ghana ? (?)
Alioune Touré 2002-2004 Attaquant France ? (?)
Filipe Teixeira 2003-2004 Milieu de terrain Portugal ? (?)
Jay-Jay Okocha 1998-2002 Milieu offensif Nigeria 84 (12)

Ernest Nuamah : La nouvelle pépite ghanéenne convoitée par l'OL

Les 100 plus Beaux Buts de l'HISTOIRE du Foot (1/4)

À la recherche d'un ailier droit gaucher, l'OL aurait jeté son dévolu sur l'attaquant de Nordsjaelland (Danemark) Ernest Nuamah. Formé au Ghana avant de rallier l'Europe, Nuamah est né et a grandi au Ghana. L'actuel attaquant de Nordsjaelland a été formé à l'académie Right to Dream, qui a vu passer de nombreux talents comme l'ancien Rennais Kamaldeen Sulemana (Southampton) ou encore la révélation ghanéenne de la dernière Coupe du monde, Mohammed Kudus (Ajax), eux aussi passés par le club basé à Farum, au nord de Copenhague.

Auteur de 12 buts et 4 passes décisives en 30 matches (2 522 minutes) la saison dernière, il est élu meilleur buteur. Il se voit surtout décerner le titre de meilleur joueur du Championnat, malgré la deuxième place au classement de son club, à quatre points derrière Copenhague.

S'il n'a pas été retenu pour la Coupe du monde au Qatar, il figurait dans une liste de 55 joueurs présélectionnés. Il a honoré sa première - et pour l'instant unique - sélection le 18 juin en entrant à moins d'une demi-heure de la fin contre Madagascar en qualifications pour la prochaine CAN (0-0).

Culminant à 1,78 m, Nuamah n'est pas un ailier de poche, mais il est tout aussi percutant et explosif. Sa taille, moyenne, lui offre même de la polyvalence, lui permettant de jouer sur tout le front de l'attaque. La saison dernière, il a évolué à trois postes différents. D'abord ailier gauche (il a disputé 9 matches à ce poste sur la saison), il est également utilisé à droite (11 matches), où l'OL compte sur sa capacité à rentrer sur son bon pied pour créer du danger. Il a également joué 10 matches au poste d'avant-centre.

Si le lien entre le Ghana et Nordsjaelland est fort, il est symbolisé par la présence d'une légende des Black Stars dans le staff de Johannes Thorup : Michael Essien. L'ancien international ghanéen (59 sélections, 9 buts) pourrait être un bon conseiller pour Nuamah, lui qui s'est révélé aux yeux du monde... à l'OL. L'ancien milieu de Chelsea a rejoint le club danois en septembre 2020 et permet de faciliter l'intégration des nombreux joueurs venus du Ghana à Nordsjaelland.

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