Le beach-volley, officiellement volleyball de plage, est inscrit au programme des Jeux olympiques depuis l’édition de 1996. Il suscite un engouement certain et est devenu un sport olympique à part entière.
Cet article explore les règles actuelles, les controverses et les enjeux entourant le port de tenues spécifiques, notamment le bikini, dans le beach-volley. Depuis l’apparition de la pratique féminine du sport, à la fin du XIXe siècle, les tenues ont toujours fait débat.
Finale Homme Tournoi International de Beach Volley 3x3 des Catalans 2022
Histoire et évolution des règles vestimentaires
C’est sur les plages de Santa Monica, en Californie, que la discipline fait son apparition dans les années 1920. À l’époque, il s’agit d’une simple distraction pour les familles américaines qui tentent d’échapper à la grande dépression en se rendant à la plage.
Traditionnellement, le beach-volley féminin a été associé à une image de joueuses en bikini, une tenue considérée pratique et emblématique de ce sport de plage. La discipline se professionnalise bien des années plus tard, lors de son introduction au programme des Jeux olympiques, d’abord comme sport de démonstration à Barcelone en 1992, puis comme sport olympique à part entière en 1996 à Atlanta.
Cependant, afin de promouvoir la discipline dans l'ensemble des pays, y compris les plus conservateurs, la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB) a assoupli ses règles en 2012, avant les Jeux de Londres. Les joueuses peuvent désormais porter un legging long ou un bermuda descendant jusqu'à 3 centimètres au-dessous du genou, et revêtir un tee-shirt, à manches courtes ou longues. Cette modification a été introduite pour répondre à des motifs religieux ou culturels, permettant ainsi à des athlètes de différentes origines de participer sans compromettre leurs convictions.

Les règles actuelles de la FIVB
Le règlement sportif de 2016 édicté par la fédération internationale précise, en plus des habituelles brassières dévoilant le nombril, le type de tenues autorisées en raison de « croyances religieuses ou culturelles ». Les athlètes peuvent ainsi jouer les jambes entièrement couvertes, et porter des manches allant jusqu'aux poignets.
En pratique, ce fut surtout en raison de la météo londonienne pas vraiment clémente que les beach-volleyeuses durent se couvrir lors des Jeux d'été de 2012. Chaque équipe prévoit ainsi les tenues de ses joueuses, en accord avec la réglementation de la FIVB. Un impératif cependant : les deux joueuses doivent porter la même tenue sur le terrain. Les beach-volleyeuses des équipes du Costa Rica, du Venezuela, d'Espagne ou encore d'Argentine ont également joué les épaules (et/ou les jambes) couvertes.
Tenues alternatives pour le beach-volley
- Shorts de beach-volley légers et fluides
- Brassières avec dos nageur pour faciliter les mouvements
- Débardeurs légers pour l'évacuation de la transpiration
Controverses et débats
L'assouplissement des règles vestimentaires a suscité des débats passionnés. Certains y voient une entorse à un des principes fondamentaux des Jeux, la neutralité. L'article 50-2 de la charte olympique interdit en effet toute « sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale […] dans un lieu, site ou autre emplacement olympique. »
D'autres estiment que laisser les joueuses concourir vêtues de tenues couvrantes ou voilées favorise la participation des athlètes femmes, mais ne fait d'ailleurs pas consensus au sein des mouvements féministes, qui y voient une légitimation d'un instrument de domination de la femme. Pour Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, « découvrir les femmes pour des raisons commerciales ou les couvrir pour des raisons religieuses, c'est les considérer comme des objets sexuels. Le sport, censé être le langage universel par excellence, devient l'outil de transmission de stéréotypes et de relativisme culturel ».
Par ailleurs, le beach-volley souffre d'une image hypersexualisée, véhiculée notamment par sa couverture médiatique. Une étude réalisée durant les Jeux d'Athènes en 2004 montrait ainsi que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou sur le fessier des joueuses. Pourtant, plusieurs beach-volleyeuses défendent le port du bikini. Sa compatriote Jen Kessy affirmait de son côté en 2012 qu'on ne la verrait jamais en short sur un terrain, également en raison du sable qui aurait une fâcheuse tendance à finir dans les poches. Les joueurs masculins de beach-volley concourent pourtant dans cette tenue, et en débardeur.

Le cas de Doaa Elghobashy
L'athlète égyptienne Doaa Elghobashy, qui a participé aux Jeux olympiques de Rio en 2016 en portant un hijab, est un exemple emblématique de cette évolution. Une photo d'elle, opposée à une joueuse allemande en bikini, a été interprétée de diverses manières, symbolisant à la fois l'esprit olympique du vivre-ensemble et un prétendu « choc des cultures ».
Doaa El-Ghobashi ne s'est pas vu imposer le voile islamique par sa fédération. Sa coéquipière, Nada Moawad, jouait d'ailleurs tête nue, le port du voile n'étant pas obligatoire en Egypte (même s'il est majoritaire). Finalement éliminées par l'Allemagne, les deux athlètes étaient les premières Egyptiennes à participer aux JO dans cette discipline. Doaa El-Ghobashi, qui s'est exprimée à plusieurs reprises dans les médias sur le sujet, a d'ailleurs expliqué qu'elle avait « doublement vérifié que la liberté de tenue était d'application dans ce sport » avant de s'y consacrer.
Doaa Elghobashy, qui participe aux Jeux olympiques de Paris 2024 en leggings et en portant un hijab, a fait part de son incompréhension concernant l'interdiction imposée à l'équipe de France. C'est une interdiction qu'elle ne comprend pas et elle n'a pas manqué de le faire savoir.
"Je veux jouer avec mon hijab, elle veut être en bikini - tout est ok, que l'on veuille être nue ou porter un hijab. Il faut simplement respecter les différentes cultures et religions", a-t-elle déclaré auprès du journal suédois Expressen jeudi. La joueuse égyptienne et sa coéquipière Marwa Abdelhady participent au tournoi olympique en leggings, avec des manches longues et un foulard hijab. Elles se sont inclinées jeudi contre les Espagnoles Liliana Fernández Steiner et Paula Soria Gutiérrez, toutes deux en bikini.
"Je ne vous dis pas de porter un hijab et vous n'avez pas à me dire de porter un bikini. Personne n'a le droit de m'imposer comment m'habiller.
La position de la France et la laïcité
En France, le principe de laïcité est au cœur des débats sur le port de signes religieux dans le sport. En vertu de ce principe, le pays-hôte a interdit à ses athlètes - et seulement aux siennes,- de porter le hijab et le voile aux Jeux olympiques de Paris. Une mesure qui concerne notamment le football, le basket, le volley et la boxe et qui a largement été critiquée.
La Fédération française de volley (FFvolley) s'apprête également à clarifier ses règlements relatifs au respect de la laïcité et de la « neutralité ». À la suite de sa soumission au conseil d'administration de l'instance, un nouveau « préambule des statuts » de la FFvolley doit être validé, selon nos informations, lors de la prochaine assemblée générale de l'instance, le 28 octobre, à Rungis (Val-de-Marne).
La FFvolley a clarifié le préambule de ses statuts relatifs aux « principes de laïcité et de neutralité ». Cet ajustement réglementaire a été validé, à l'unanimité, lors de la dernière assemblée générale de l'instance, qui s'est déroulée le samedi 28 octobre à Rungis (Essonne).
Réactions et sentiments du public
Ceux qui fantasment encore sur le beach-volley féminin doivent quand même être un peu déçus devant leur téléviseur lors de cette édition de Paris 2024. Alors que le basket et le football connaissent des remous, au niveau amateur, sur la question de l'interdiction du port du hijab (voile islamique) en compétition, la Fédération française de volley s'apprête également à clarifier ses règlements relatifs au respect de la laïcité et de la « neutralité ».
Le choix vestimentaire des joueuses françaises
Bikinis, shorts, leggings… Si la question fait encore jaser hors des terrains, les joueuses de l’équipe de France considèrent que ce n’est plus un débat : elles revendiquent la liberté de s’habiller comme elles l’entendent.
Lors des Jeux olympiques de Paris, la paire française porte un short et une brassière plutôt que le bikini, qui garde les faveurs de la majeure partie des autres concurrentes. Depuis les JO de Londres, les joueuses ont la possibilité de choisir. Devant son public, la paire française s'est donnée la mission "d'éduquer le public".