Coupe du Monde de Football 1934 : Un Tournoi Marqué par le Fascisme

La Coupe du Monde de Football de 1934, organisée en Italie, est un événement sportif qui s'inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par la montée des régimes fascistes en Europe. Cette édition est particulièrement notable en raison de l'influence du régime de Benito Mussolini sur l'organisation et le déroulement du tournoi.

Les Dossiers du FOOTBALL: Coupe du Monde 1934

Le Contexte Politique et l'Influence de Mussolini

Encore plus que l'Allemagne nazie, qui se sera surtout appuyée sur les Jeux olympiques de Berlin de 1936 pour essayer de prouver sa supériorité athlétique, c'est l'Italie fasciste qui profite de ces éditions du Mondial, qu'elle remporte toutes deux. Benito Mussolini avait été très clair avant le match : « C’est la victoire ou la mort. » Dans un télégramme lu aux joueurs la veille, à la fin de l’ultime entraînement, le Duce écrit : « L’Italie doit frapper fort et faire tomber l’adversaire. Bonne chance pour demain. Gagnez ou vous êtes morts ! » Pas une première pour Luis Monti.

Luis Monti a du mal à quitter le Stade national de Rome, rebaptisé sans sourciller Stade du Parti national fasciste. Pour la deuxième fois en quatre ans, le milieu de terrain de l’Italie vient de sauver sa peau en finale de Coupe du monde.

L'Équipe d'Italie et la Victoire à Domicile

A domicile en 1934, la Squadra Azzura vient à bout de la Tchécoslovaquie. Grâce à un arbitrage curieusement favorable, diront certains. Et de l'autre côté des Alpes, quatre ans plus tard, les Italiens terrassent la Hongrie, une autre dictature alors dirigée par l'amiral Horthy.

Le 27 mai 1934, au premier tour de la Coupe du monde en Italie, l’équipe de France est défaite 3 buts à 2 par l’équipe d’Autriche. Une défaite a priori sans gloire, dans un stade Mussolini de Turin presque vide.

L'Autriche, Favorite Malheureuse

Pour l’exprimer simplement, l’Autriche est alors sans doute la meilleure équipe du continent européen. Et, en l’absence de l’Uruguay et de l’Angleterre, elle est le favori de la Coupe du monde en Italie. On comprend donc que, lorsque débute le match du 27 mai 1934, personne ne donne cher de la peau de l’équipe de France. Et que la défaite par 3 buts à 2 est, non seulement méritoire, mais presque miraculeuse. Encore plus lorsqu’on sait qu’elle fut acquise en prolongation.

L’architecte du Wunderteam est Hugo Meisl. Maître tacticien, innovant, celui-ci a mis au point un jeu d’équipe reposant sur des passes courtes et des permutations incessantes, un tourbillon appelé Scheiberlspiel : « en phase d’attaque, les demis, les deux inters et l’avant-centre en retrait Sindelar s’échangeaient la balle à toute vitesse, tout en permutant constamment, de façon à perturber le marquage adverse.

Fondée sur le mouvement et la vitesse, cette tactique est donc à la base des succès autrichiens. Mais elle a néanmoins un point faible : elle est bâtie autour de son maître à jouer, de son homme-orchestre, Matthias Sindelar. L’avant-centre efficacement bloqué, c’est toute la machine autrichienne qui se trouve grippée.

Le Parcours de l'Équipe de France

En France, la nécessité d’un entraînement régulier, sous la direction d’un spécialiste, n’apparaît qu’à partir des années 1920. Tout au long de l’entre-deux-guerres, le rôle de l’entraîneur reste avant tout celui d’un préparateur physique chargé de maintenir les joueurs en forme. Mais, au fur et à mesure, les approches techniques et tactiques du football prennent de plus en plus de place. Les institutions du football français accompagnent et encouragent ce mouvement.

Afin de former les entraîneurs français - et en complément des stages de la 3FA -, la Ligue de Paris propose, pendant l’été 1932, des conférences de George Kimpton. Ancien joueur professionnel à Southampton, alors entraîneur du modeste club de Coventry, l’Anglais s’exprime dans un français épouvantable. Mais il captive son auditoire qui semble - ou feint de - découvrir que le football est un art, peut-être une science, à tout le moins qu’il repose sur des éléments techniques, et qu’on ne peut pas se contenter d’entrer sur le terrain muni de plein de bonne volonté et de jouer à l’emporte-pièce.

Or, deux ans plus tard, qui est choisi par la 3FA pour préparer les joueurs en vue de la Coupe du monde en Italie ? George Kimpton, évidemment. S’il s’occupe bien sûr de la partie physique, l’Anglais va surtout apporter sa touche dans le domaine tactique.

Condamnés à la défaite, les Français vont alors réussir un match héroïque. La partie débute idéalement pour eux, puisqu’ils ouvrent le score, dès la 18e minute, par l’intermédiaire de leur avant-centre Jean Nicolas. Mais, à la suite d’un choc tête contre tête avec le demi-centre autrichien Smistik, Nicolas se blesse. Néanmoins, à 10 contre 11, l’équipe de France réalise un match défensif quasi-parfait.

Tableau Récapitulatif des Principaux Résultats

Match Date Score
France - Autriche 27 mai 1934 2-3 (après prolongation)
Italie - Tchécoslovaquie (Finale) 10 juin 1934 2-1 (après prolongation)

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