Les combats au hockey sur glace, bien que controversés, font partie intégrante de la culture de ce sport, particulièrement en Amérique du Nord. Des affrontements comme celui entre les États-Unis et le Canada en février dernier rappellent que la "castagne" reste ancrée dans l'ADN du hockey.
Bien que les bagarres soient strictement interdites et sévèrement sanctionnées en Europe et aux Jeux olympiques, de nombreux joueurs sont amenés à se battre au cours de leur carrière, certains en faisant même une spécialité. Ces joueurs sont appelés "enforcers" ou "tough guys", et ils sont prêts à en venir aux mains pour protéger leurs coéquipiers ou pour casser la dynamique de l'équipe adverse.

Une bagarre générale lors d'un match de hockey, à New York le 3 avril 2024.
La Culture du Hockey et les "Enforcers"
Dans la National Hockey League (NHL), la pratique des combats entre joueurs a longtemps été une part intégrante de la culture du jeu. Ces bagarres sont souvent liées au désir de l'une des deux équipes de montrer sa supériorité ou de montrer qu'elle ne va pas se laisser impressionner. Un combat bien mené peut retourner le court du match.
Chaque équipe peut avoir dans son effectif un « policier ». C’est un joueur qui compense son manque de technique par un formidable sens du combat. Ce dernier peut entrer en jeu à tout moment pour essayer de provoquer un combat. Pour autant, nombre de joueurs sont amenés à se battre un jour ou l'autre dans leur carrière, et certains en font une vraie spécialité. On les appelle "enforcer" ou "tough guy", que l'on peut traduire par "policier" et "homme fort". Ceux-là sont prêts à en venir aux mains pour protéger leurs coéquipiers ou casser la dynamique de l'équipe adverse.
Les bagarres dans la NHL ne sont pas un phénomène récent. En réalité, elles remontent aux tout premiers jours du hockey sur glace professionnel. Au début du XXe siècle, les matchs étaient souvent marqués par une intensité physique exceptionnelle, ce qui menait fréquemment à des confrontations physiques.
Dissuasion et Protection
Un autre aspect important est la dissuasion. L'intérêt est d'éviter les débordements et les blessures. Dans un sport rapide et physique, un joueur au physique imposant peut dissuader l'adversaire d'envoyer ses gros gabarits se frotter aux plus petits, et inversement. Idem pour les joueurs stars, une charge manquée, un contact trop appuyé sur un joueur clé et voilà que les gants volent. Comme le souligne Bernstein, « Les joueurs savent que s'il y a un "enforcer" sur le banc adverse, ils ne vont pas jouer salement. C'est une arme de dissuasion ».
Une équipe qui concède un temps faible et quelques buts peut venir interrompre ce temps faible en provoquant une bagarre. Au-delà d’envoyer un signal fort aux deux bancs, les luttes, souvent longues à l’échelle d’un temps de présence et qui entraînent des pénalités, viennent casser un momentum.

Matt Rempe des New York Rangers (à gauche) sait faire parler son poing contre Kurtis Mc Dermid.
Les Règles et Sanctions
Aussi étonnant que cela puisse paraître, la pratique du combat est illégale. Le livre de règles de la LNH précise tout de même que pour qu’un combat se passe entre joueurs, certains points doivent être respectés. Le premier point étant que les deux joueurs doivent jeter leur crosse afin de ne pas s’en servir comme armes. Ils doivent également jeter leurs gants afin de se battre à mains nues. C’est une manière détournée de jeter le gant sur l’adversaire mais s'explique également par souci de sécurité pour les joueurs. Les gants de hockey étant renforcés de cuir et de parties plastiques, les dommages sur les combattants ne pourraient être que pires. La dernière règle est que les joueurs doivent écouter les consignes de l’arbitre quand celui-ci indique qu’un combat est fini.
En NHL et dans certaines ligues mineures américaines, les joueurs qui participent à un combat reçoivent une pénalité de 5 minutes. Dans les ligues universitaires, aux Jeux olympiques ou dans les ligues européennes, le joueur est exclu et rate le prochain match. Ces sanctions découragent donc les combattants.
Il existe ce que l'on appelle les "mises en échec", très fréquentes dans un match de hockey et qui font totalement partie du jeu. Il s'agit pour un joueur de pousser violemment son adversaire et de le coincer contre la balustrade pour l'empêcher d'accéder au palet.
Tableau des Sanctions pour Bagarre
| Compétition | Sanction |
|---|---|
| NHL et ligues mineures américaines | Pénalité de 5 minutes |
| Ligues universitaires, Jeux olympiques, ligues européennes | Exclusion et suspension pour le prochain match |
En règle générale, l'arbitre sépare tout de même les joueurs lorsque l'un des deux a un genou à terre. Et le combat peut avoir lieu si les deux adversaires ne se servent ni de leur crosse ni de leurs gants.
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La Formation des Bagarreurs
Envoyer des mandales sur des patins demande une certaine habileté. Sauf qu'envoyer des mandales sur des patins demande une certaine habilité, loin d'être innée. « C'est très technique parce qu'avec une main tu dois tenir l'adversaire et avec l'autre main tu dois te battre. Et tu dois aussi savoir inverser, gauche droite, droite gauche. »
Avec plus de 150 combats en carrière, le Québécois Georges Laraque connaît sur le bout des poings ce code. Depuis qu'il a pris sa retraite sportive, l'animateur radio de BPM Sports partage son savoir-faire à la nouvelle génération : Michael Pezzetta et Arber Xhekaj des Canadiens de Montréal ou encore Matt Rempe des New York Rangers ont bénéficié de ses conseils.
Quand ce ne sont pas les hockeyeurs eux-mêmes, ce sont les coaches qui incitent à rendre les coups. Jouer les brutes est parfois vu comme un moyen de gravir les échelons.

Le Québécois Georges Laraque (à droite) a plus de 150 combats en carrière.
L'Évolution des Combats et les Préoccupations pour la Santé
Les règles ont évolué pour protéger la santé des joueurs (les commotions cérébrales ont particulièrement touché les bagarreurs du passé). En l'espace de vingt ans, le nombre de combats a été divisé par deux en NHL selon le site spécialisé HockeyFights.com.
Jusqu’en 2013-2014 en NHL, les joueurs étaient autorisés à enlever leur casque pour se battre. À présent, c’est interdit. La violence des combats a mis en lumière de nombreux cas de commotions cérébrales, mais aussi de mort prématurée.
Malgré le côté violent et spontané qu'un combat représente au cours d'un match, il existe certaines règles qui, même si elles ne sont pas discutées par les joueurs, sont majoritairement bien appliquées par tout le monde. Le point le plus important est que les policiers ne se battent que quand ils sont tous les deux d'accord et qu'ils se montrent cet accord - par l'intermédiaire d'une parole ou d'un geste par exemple. Il est également rare de voir un policier s'en prendre à un autre joueur non connu pour être lui-même un policier.