Liste des Arbitres Internationaux de Football FIFA

La FIFA a dévoilé la liste des arbitres centraux et assistants internationaux pour l’année 2022. Cette sélection rigoureuse garantit que les matchs du tournoi sont dirigés par des officiels compétents, intègres et physiquement aptes.

La FIFA sélectionne le groupe final d'arbitres qui participeront au tournoi parmi les arbitres qui ont excellé dans leurs ligues domestiques et compétitions internationales.

Les arbitres et les assistants sont sélectionnés par la FIFA à travers le monde. Ils sont évalués sur leur capacité à gérer les exigences du jeu à un niveau élevé et doivent participer à des séminaires organisés par la FIFA. Ces séminaires sont fournis pour assurer que les arbitres sont au meilleur de leur forme pour le tournoi.

Parmi les petits nouveaux, on peut noter l'apparition de trois arbitres français, comme l'indique le Syndicat des arbitres du football d'élite. Tandis que la liste des arbitres centraux est reconduite par la FIFA, un arbitre français est promu parmi les arbitres assistants internationaux représentants la France, à savoir Erwan Finjean.

De leur côté, Karim Abed et Amaury Demeure sont promus dans la catégorie des Arbitres Vidéo internationaux, qui a été créée en 2021 par la FIFA.

Selon Pierluigi Collina, le président de ladite Commission des Arbitres, diriger la toute première édition de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA sera un grand honneur pour les heureux élus. « Comme pour toute nouvelle compétition, les arbitres qui seront sélectionnés feront partie du cercle très restreint de personnes qui auront la chance de prendre part à cette édition inaugurale.

« L’arbitrage a été remarquable lors des dernières compétitions de la FIFA. Plus la barre est haute et plus il est difficile de maintenir un tel niveau de performance. Conformément aux modifications des Lois du Jeu approuvées par l’International Football Association Board (IFAB), la FIFA appliquera de nouvelles règles visant à réduire les pertes de temps occasionnées par les gardiens de but.

Par ailleurs, l’IFAB ayant apporté son soutien à l’expérimentation par la FIFA du port de caméras par les arbitres afin d’identifier des possibilités d’utilisation futures ainsi que d’élaborer des normes de qualité et de sécurité à cet égard, les arbitres de la Coupe du Monde des Clubs seront équipés de telles caméras.

« Nous pensons qu’il s’agit d’une bonne occasion d’offrir aux téléspectateurs une nouvelle expérience, grâce à des images prises d’un point de vue qui n’a jamais été proposé auparavant », a déclaré M. Collina, insistant sur le fait qu’il s’agissait d’un simple test. « Cette initiative est pertinente pour la formation des arbitres, car c’est important de pouvoir se mettre à la place de l’arbitre lors du débriefing, afin d’évaluer la façon dont celui-ci a pris ses décisions, son point de vue, etc.

Les Coupes du monde sont aussi l’occasion pour les instances internationales d’expérimenter ou d’entériner des points particuliers des lois du jeu, tels les dispositifs d’assistance-vidéo aujourd’hui adoptés dans les principaux championnats nationaux.

Les Coupes du monde sont aussi l’occasion pour les instances internationales d’expérimenter ou d’entériner des points particuliers des lois du jeu, tels les dispositifs d’assistance-vidéo aujourd’hui adoptés dans les principaux championnats nationaux.

[Polémique sur l'arbitrage au Mondial de football]

Les éditions successives des Coupes du monde, depuis 1930, peuvent constituer un lieu d’observation privilégié des mutations de l’arbitrage, en prenant le soin de dépasser le stade de l’anecdote ou de la polémique : chacun se souvient du but victorieux de Geoffrey Hurst inscrit lors des prolongations lors de la finale de la Coupe du Monde 1966 opposant l’Angleterre à l’Allemagne.

Après consultation de Tofik Bakhramov, son juge de touche soviétique, l’arbitre suisse Gottfried Dienst valide le but, sans que l’on sache véritablement si le ballon, après avoir heurté la barre transversale, avait entièrement franchi la ligne de but. Épisode pionnier d’une longue série qui place parfois les arbitres sous les feux de la rampe médiatique et qui expliquent, à défaut de les justifier, les passions partisanes que génère le match de football.

Si les hommes en noir se retrouvent parfois cloués au pilori à l’occasion des Coupes du monde (et leur médiatisation a sans doute contribué à amplifier un phénomène observable depuis la première édition de 1930), ces compétitions sont également pour les arbitres et leurs fédérations d’affiliation des « moments » particuliers : consécration individuelle pour celui (et plus exceptionnellement celle) qui sera retenu(e) par la FIFA pour officier lors du tournoi final, « bâton de maréchal » qui vient récompenser une carrière exemplaire ou confirmer une trajectoire sportive ascendante, au même titre que les équipes nationales sélectionnées.

À l’image de l’élection des papes disséquée par les vaticanologues les plus éminents, les sélections et désignations des équipes arbitrales pour les Coupes du monde sont scrutées par les Directions de l’arbitrage des pays membres de la FIFA et répondent d’une alchimie complexe. Envoyer un arbitre à la Coupe du monde témoignerait de la qualité du niveau de l’arbitrage d’une nation.

Lieux d’exposition médiatique et de controverses, les éditions successives des Coupes du monde sont aussi l’occasion pour les instances arbitrales internationales et tout particulièrement l'International Football Association Board (IFAB) ; de rendre visibles les évolutions des lois du jeu, passées des phases de tâtonnement ou d’expérimentations dans des compétitions de niveau inférieur ou autres championnats nationaux.

On rappellera ici l’action déterminante de Stanley Rous qui, avant d’être président de la FIFA de 1961 à 1974, aura été l’un des principaux théoriciens des règlements dans l’entre-deux-guerres, contribuant à leur nécessaire uniformisation. Appliquée de manière confuse lors de la Coupe du Monde de 1930, la règle du hors-jeu sera clarifiée dès 1932 et ne sera guère plus modifiée.

On aurait tort de considérer que les éditions les plus récentes de la Coupe du monde de football constitueraient le creuset des erreurs d’arbitrage. Elles n’en ont pas plus le monopole qu’elles n’en seraient un espace cumulatif privilégié.

Par leur essence même, le football et les lois qui le gouvernent depuis 1863 reposent sur un principe hérité des jeux souvent qualifiés de traditionnels : celui de « l’aléa », autrement dit de l’incertitude et du hasard qui rend a priori imprévisible le résultat du match.

Si la hiérarchie sportive n’est pas toujours respectée (et la Coupe de France, où les parcours des « cendrillons » montrent qu’un club amateur peut l’emporter sur une équipe professionnelle), les décisions arbitrales peuvent participer de cette incertitude sportive qui est sans doute l’un des comburants de la dramaturgie inhérente à chaque match de football. Oublier ce principe ou chercher précisément à le réduire par l’introduction de technologies numériques renvoie à considérer autrement le rôle de l’arbitre et opérer une sorte de « glissement de sens » de sa fonction : il applique les lois du jeu dont certaines reposent sur l’appréciation du principe d’intentionnalité de la faute commise.

Autrement dit une part d’interprétation d’une situation donnée que doit accompagner une prise de décision quasi instantanée, afin de garantir la fluidité du jeu. Il n’est pas inutile de rappeler ce qui est finalement au cœur de l’activité arbitrale et qui, en tout temps et en tous lieux, demeure complètement étranger aux autres acteurs du match, qu’ils soient situés sur le terrain (joueurs, entraîneurs), dans les tribunes (dirigeants, spectateurs et supporters), devant leur télévision et aujourd’hui sur les réseaux sociaux.

À la différence du rugby, le football association offre des phases de jeu plus lisibles et des règles dont la simplicité n’est qu’apparente. Ce qui autorise le profane à se les réapproprier le temps d’un match quitte à faire de l’arbitre le bouc émissaire idéal, indépendamment du niveau des compétitions.

Lorsqu’il évoque dans ses mémoires sa participation à la Coupe du monde en Uruguay, l’arbitre international belge John Langenus confirme d’une certaine manière l’inexistence d’un prétendu « âge d’or » de l’arbitrage où les décisions des magistrats sportifs ne seraient jamais contestées : à l’issue de la demi-finale Argentine États-Unis, il doit affronter la colère d’un membre du staff médical américain qui lui jette son matériel à la figure, mécontent qu’une faute soit sifflée contre son équipe…

Sans qu’il faille ici se livrer à une énumération exhaustive des épisodes ayant entaché nombre de rencontres, le fait que la Coupe du monde de football soit devenue, depuis les années 1960, un évènement médiatique planétaire (tout comme les Jeux Olympiques) explique que certaines erreurs d’arbitrage aient particulièrement imprimé la mémoire collective des acteurs du football, et ce d’autant que chaque édition est l’occasion pour les médias de repasser en boucle les images des faits de jeu incriminés, au risque de l’anachronisme sportif.

L’aura médiatique dont bénéficient désormais ces compétitions majeures explique sans doute qu’elles soient le lieu de modification des lois du jeu et, plus récemment, la vitrine d’innovations technologiques. Considérée comme une instance plutôt conservatrice, l’IFAB peut ainsi montrer sa volonté de faire évoluer le football par ses règles, en tenant compte de ses logiques internes et de l’environnement d’une pratique « uniformément changeante » (spectacularisation du jeu, médiatisation, internationalisation des compétitions, gestion des violences et des incivilités à titre d’exemple).

Elle entérine le principe d’une spécialisation par poste des joueurs, conséquence de l’évolution des styles de jeu dans l’entre-deux-guerres. Longtemps interdits, les remplacements sont officiellement autorisés à compter de l’édition de 1970 au Mexique et leur nombre ne cessera d’augmenter depuis. Cette question aura fait l’objet de longs débats dans l’entre-deux-guerres, de nombreuses fédérations nationales autorisant des remplacements dans leurs propres compétitions, et ce malgré le veto de la FIFA.

Dans un autre domaine, il faudra attendre les Coupes du monde des années 1960 pour que les règles de l’avantage et du hors-jeu soient appliquées de manière uniforme par les arbitres sélectionnés, originaires de continents différents, et où les lois du jeu peuvent s’apprécier différemment. Si ces dernières autorisent désormais les avertissements et les exclusions, l’usage des cartons de couleur pour les signifier aux joueurs ainsi qu’au public renvoie aux éditions 1966 et 1970.

Ainsi, au cours de la World Cup 1966, les avertissements infligés à Bobby et Jack Charlton ainsi que l’exclusion du joueur argentin Antonio Rattin par l’arbitre allemand Rudolf Kreitlein lors du quart de finale opposant l’Albicéleste à l’équipe d’Angleterre s’opèrent dans la confusion, faute d’être compris par les protagonistes de la rencontre. Le sélectionneur anglais, Alf Ramsey demanda d’ailleurs à la FIFA des éclaircissements à ce sujet.

En charge de la désignation des arbitres sur le tournoi de 1966, Ken Aston aura l’idée de rendre plus claires ces décisions arbitrales par l’utilisation de deux cartons de couleur, mettant ainsi fin (au moins sur ce point) aux incompréhensions linguistiques entre joueurs et arbitres.

On terminera en évoquant ici le rôle de catalyseur et de chambre d’écho joué par les Coupes du monde depuis 1998 s’agissant des réflexions préalables, expérimentations puis adoption des deux outils technologiques d’assistance à l’arbitrage que sont la GLT et la VAR. Sans s’étendre davantage sur ce remake sportif de la « querelle des Anciens et des Modernes » (les premiers exprimant leurs réserves face aux projets d’expérimentation, tandis que les seconds évoquent des dispositifs devant nécessairement accompagner la professionnalisation de l’arbitrage d’élite), la médiatisation quasi exponentielle des erreurs commises par les directeurs de jeu rend finalement inéluctable l’adoption successive de ces deux dispositifs.

En 2010 en Afrique du Sud, lors du match Angleterre-Italie, le tir de Franck Lampard heurte la barre transversale et le ballon franchit entièrement la ligne de but, sans que l’arbitre uruguayen (et son assistant) ne puissent le voir, privant ainsi l’Angleterre de quart de finale. Le « changement de pied » de Sepp Blatter sur ce point conduit à l’adoption de la GLT lors de la Coupe du monde au Brésil (2014) et son utilisation première lors de la rencontre France-Honduras, l’arbitre brésilien Sandro Ricci validant un but contre son camp d’un défenseur hondurien à la 48e minute de jeu. Indépendamment des dysfonctionnements techniques parfois constatés, la GLT, qui repose sur une logique binaire (ballon ayant ou non entièrement franchi la ligne de but), ne fait guère plus l’objet de polémiques.

Il en va tout autrement de la VAR, dont les dispositions techniques et logistiques, les cas de saisine et le processus décisionnel entre les arbitres demeurent aujourd’hui encore peu lisibles pour les profanes, autant que pour les acteurs des matchs eux-mêmes. Expérimentée à partir de 2014 dans certains championnats nationaux (Pays-Bas puis France), la VAR fait progressivement son entrée dans les compétitions internationales : Coupe des confédérations (2017), Coupe du monde en Russie (2018), Coupe du monde féminine en France (2019), où les rencontres France-Nigéria, Australie-Norvège et Angleterre-Cameroun ponctuées de polémiques liées à un usage « intempestif » du dispositif.

D’une certaine manière, les Coupes du monde constituent depuis 1930 une « photographie » des évolutions de l’arbitrage international et de la sociologie de ceux (et plus récemment de celles) en charge d’appliquer des lois du jeu, à la plasticité toute relative.

Reste que cette compétition majeure représente pour le « tout petit monde » de l’arbitrage un « lieu de mémoire » particulier et pourtant éphémère : qui se souvient de Georges Capdevielle et de Maurice Guigue, respectivement arbitres français des finales de 1938 et 1958 ? Performance non égalée depuis, y compris par les meilleurs sifflets de l’hexagone également retenus : Pierre Schwinté (1962), Roger Machin (1970), Robert Wurtz (1978), Michel Vautrot (1982 et 1990), Joël Quiniou (1986, 1990 et 1994), Marc Batta (1998), Gilles Veissière (2002), Éric Poulat (2006), Stéphane Lannoy (2010), Clément Turpin (2018 et 2022).

L’examen des désignations depuis 1930 montre par ailleurs que les Britanniques se taillent « la part du lion » (quatre finales arbitrées sur 21 éditions, contre trois à ce jour pour les Italiens. De manière générale, les hommes en noir issus du « vieux continent » constituent les contingents les plus importants depuis 1930, les pays asiatiques et africains étant largement sous-représentés.

Ce tropisme européen renvoie sans nul doute au processus de diffusion du football association, aux postes de responsabilités exercés au sein des instances internationales (UEFA, FIFA, commission d’arbitrage de la FIFA, IFAB, ainsi qu’à la géographie des Coupes du monde. En cela, la hiérarchie de l’arbitrage diffère quelque peu de celle des équipes nationales, où les nations d’Amérique du Sud viennent talonner « la vieille Europe ».

La domination qu’elle exerce encore à ce jour tient certes aux positions institutionnelles occupées, mais également à l’efficience des modèles de formation, d’accompagnement et d’évaluation déployés par les Directions de l’arbitrage des États abritant des championnats « majeurs » (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie, France).

Tableau des Arbitres Français en Coupe du Monde

Nom Années
Georges Capdevielle 1938
Maurice Guigue 1958
Pierre Schwinté 1962
Roger Machin 1970
Robert Wurtz 1978
Michel Vautrot 1982, 1990
Joël Quiniou 1986, 1990, 1994
Marc Batta 1998
Gilles Veissière 2002
Éric Poulat 2006
Stéphane Lannoy 2010
Clément Turpin 2018, 2022

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