L'influence russe dans le football : Histoire de poupées russes et d'athlètes soviétiques

Le Mondial est ouvert ! Après un concert de Robbie Williams et un “Gazico” entre la Russie et l’Arabie Saoudite, c’est au tour du Portugal, de l’Espagne ou encore du Maroc d’entrer en jeu.

Une boutique de souvenirs de Prague vend des poupées russes du Stade Brestois 29, et de nombreuses autres équipes de football européennes. Parfait pour ceux en visite, juste avant le match Sparta Prague-Brest, ce mercredi.

Le SB29 a été placé entre deux équipes de Ligue 2 : le SM Caen et les Girondins de Bordeaux, dans cette boutique de souvenirs tchèque.

Ces magnifiques poupées russes à l’effigie du Stade Brestois feront l’affaire comme idée cadeau pour votre pote fanatique du Stade Brestois.

Poupées russes à l'effigie du Stade Brestois.

Les racines soviétiques de la domination sportive

En pleine Guerre froide, le sport est un important softpower, et un enjeu de taille pour les Soviétiques, dont le but est de montrer la supériorité du régime via ses athlètes.

C’est en 1952 que l’URSS participe pour la première fois aux Jeux olympiques. Et c’est en 1952 qu’est introduite la gymnastique artistique féminine et individuelle au sein du panels des épreuves.

D’ailleurs, de 1952 à 1992, les Soviétiques ont dominé dans cette discipline et ont remporté des titres olympiques chaque année.

Olga Korbut aux JO de Munich en 1972.

Avant Nadia Comaneci, une autre athlète soviétique a su conquérir le monde entier, et est connue pour avoir « ouvert la voie » à ses successeures : Olga Korbut, née en Biélorussie, en 1955.

Dans son livre La fabrique de l’homme nouveau après Staline, Lucie Kempf revient sur cette « fabrique des poupées russes », comme elle l’appelle.

L’une des premières « poupées russes », c’est Larissa Latynina, une athlète ukrainienne née en 1934. Pendant une cinquantaine d’années, elle est restée l’athlète la plus médaillée de l’histoire des Jeux, ayant remporté 18 médailles.

Les scores presque parfaits d’Olga Korbut ou Nina Comaneci contribuent à humaniser l’image de l’URSS et à dépasser les désaccords idéologiques dus à la Guerre froide.

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La face sombre de la gloire sportive

Jusque dans les années 1970, l’Union soviétique, et plus particulièrement l’Allemagne de l’Est, dope ses athlètes, et ce dès leur plus jeune âge.

Les jeunes filles se voient administrer des hormones masculines, ce qui altère de manière irréversible les organes sexuels et reproducteurs et peut mener à de sérieux troubles cardiaques.

Le cas le plus tristement célèbre est celui d’Andreas Krieger, né Heidi Krieger, ancienne championne d’Europe du lancé de poids, ayant dû transitionner malgré lui en raison des importantes doses d’hormones masculines ingurgitées contre sa volonté.

Pour contrer ce recours massif au dopage, l’Occident a mis en place un « test de féminité » auquel sont soumises les athlètes femmes à la fin des années 1960.

Le test consiste à prouver sa féminité d’abord via un examen gynécologique, puis par la détection des chromosomes XX.

Yulia Lipnitskaya aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014.

Les matriochkas : Plus qu'un simple souvenir

Pour nombre de touristes, la «matriochka» représente un souvenir indispensable de la Russie. Rares sont ceux qui savent que cette poupée gigogne multicolore puise ses origines au Japon, avant d'être intimement liée au pays qui en a fait son symbole.

Paysannes joviales de l'époque tsariste, ouvriers et cosmonautes de l'époque soviétique, Lénine, Staline ou Vladimir Poutine, voire aujourd'hui les contestataires anti-Poutine des Pussy Riot... Ces poupées de bois emboîtées les unes dans les autres ont depuis plus d'un siècle reflété toutes les époques et continuent de le faire dans les boutiques de souvenirs.

Pourtant, y compris en Russie, on pense souvent à tort que les matriochkas sont héritées de centaines d'années de tradition des tourneurs sur bois russes.

À la fin des années 1890, l'Orient est à la mode en Russie. Inspiré, le peintre Sergueï Malioutine crée une version russe du jouet dans son atelier d'artisanat populaire à Serguiïev Possad, une ville de l'Anneau d'Or où se trouve un célèbre monastère orthodoxe, la laure de la Trinité.

Cette poupée, qui devient vite très populaire en Russie, reçoit aussitôt un prénom typique de paysanne, Matriona, dont le diminutif est Matriochka.

Exposées dans la même vitrine au musée des Arts Décoratifs, des poupées de Tchouktches (habitants de Tchoukotka, en Extrême-Orient) ou encore d'Esquimaux d'Arctique illustrent l'étendue de l'empire soviétique.

Après l'éclatement de l'URSS et l'arrivée du libéralisme, apparaissent des matriochkas caricatures d'hommes politiques en place.

Dans les familles, pour les plus petits, ces poupées imbriquées servent de support éducatif développant la logique et la motricité.

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