Le cricket est un sport très pratiqué dans les anciennes colonies britanniques. Deux équipes de onze joueurs s'affrontent : l'une lance les balles et les chasse, l'autre est à la batte. Les batteurs, présents par deux sur le terrain, marquent des points en échangeant de position sur la piste centrale après avoir frappé dans la balle. L'équipe adverse essaie de renvoyer la balle à l'une des deux extrémités de la piste et essayer d'éliminer les batteurs. A la moitié du jeu, les équipes intervertissent leurs rôles.
Il semblerait que l'origine du jeu remonte au Moyen-Âge, en France. Par la suite, il s'est développé en Grande-Bretagne à partir du XVIème siècle dans les colonies britanniques à travers le monde.

Schéma d'un terrain de cricket
Les différents types de matchs de cricket
Il existe différents types de matchs de cricket :
- Test match : se joue sur 5 jours. Chaque équipe passe deux fois à la batte, et donc deux fois au lancer (si le capitaine estime que son équipe a marqué assez de points). Seules dix nations sont autorisées par la fédération internationale (ICC) à les jouer car les écarts de niveau sont trop grands avec d'autres nations. La plus célèbre des compétitions du cricket est une série de 5 test-matchs : les Ashes.
- ODI (international sur une journée) : se déroule, comme son nom l'indique, sur une journée, avec un nombre de balles limitées. Si toutefois tous les joueurs d'une équipe sont éliminés avant le nombre de balles prévues, les lancers restant sont perdus.
- Twenty20 : est composé de deux manches de 20 séries de 6 lancers par équipe. Ce format a été lancé au niveau international en 2005 par un match qui a opposé l'Australie à la Nouvelle-Zélande. C'est le format le plus court du jeu et il rencontre un franc succès depuis son introduction.
Le cricket amateur se déroule évidemment en une journée tout au plus.
Le terrain de cricket
Un terrain de cricket est un oval. La piste centrale doit mesurer une vingtaine de mètres de long sur trois de large. Dans la pratique amateur, n'importe quelle pelouse fait l'affaire.
Un match historique
Quelque part en Australie, en 1864, un ouvrier agricole retrouve des enfants blancs égarés dans une forêt d’eucalyptus. Dick-a-Dick, l’homme sobre et discret entre alors dans l’histoire de la colonie britannique. « Loin des eucalyptus » raconte l’épisode oublié d’une équipe de cricket uniquement composée de joueurs aborigènes. À cette époque, les terres appartiennent à de riches propriétaires qui les exploitent au sein de Stations où ils emploient en grand nombre des travailleurs aborigènes. Le labeur harassant, les conditions du quotidien difficiles dans les élevages de moutons épuisent les hommes. Chacun reste à sa place. C’est par le biais d’un sport typiquement britannique que le rapprochement se fait. Le cricket, réservé alors à l’élite coloniale, rapproche les propriétaires des ouvriers.
Tom Wills, premier joueur de cricket de dimension internationale, est recruté comme entraîneur. Né dans une colonie pénitentiaire, il a appris la langue des autochtones et connaît leur histoire qui a croisé celle de sa famille. Entre réprouvés, le contact s’établit aisément. Trop peut-être. Plongée dans l’alcool, troisième mi-temps dans les pubs des villes, l’équipe de Dick-a-Dick oublie qui elle est.
Si le match historique du 26 novembre 1866 s’est soldé par une défaite face à l’équipe de Melbourne, les gradins sont pleins. 10.000 spectateurs sont venus au stade, l’équipe de Wills est rentable. Charles Lawrence est un héros du cricket anglais. Débarqué depuis peu en Australie, il devient alors le nouvel entraîneur de l’équipe. Très attaché à la religion, il emmène ses joueurs à l’église et les éloignent des tentations. L’équipe vit sa première victoire à Sydney juste avant d’embarquer pour l’Europe.
Le 8 février 1870, Jungunjinanuke « Dick-a-Dick« , Unaarrimin « Johnny Mullagh« , Bullchnanach « Bullocky » et leurs camarades s’embarquent pour la première tournée du sport australien en Angleterre. Photographiés pour la première fois, affublés d’une identité qui n’est pas la leur et sans avoir décidé de ce long périple, ils débarquent à Londres le 13 mai. La tournée se transforme rapidement en exhibition lors de l’avant-match. Lancer de boomerang, saut en hauteur, concours de lancer de balle au-delà de 100 yards, et même course à pied à l’envers ! Il faut faire oublier les défaites qui s’accumulent, faire rentrer l’argent en attirant toujours les spectateurs. La curiosité l’emporte sur le sport.
La fatigue des hommes, la maladie, le mal du pays ravagent la petite troupe toujours poussée à aller plus loin. L’alcool refait son apparition malgré les efforts de coach Lawrence. La grande tournée de 47 matches se solde par 14 victoires et 19 nuls : une véritable performance selon Charles Lawrence.
Enfin, début février 1869, le Dunbar Castle accoste à Sydney. Encore quelques rencontres contre des équipes locales puis c’est le retour à la Station, à la vie d’avant pour la plupart de ceux qui furent, pendant quelques mois, des joueurs de cricket australiens. Rapidement, leur exploit tombe dans l’oubli. La misère, la maladie et l’ivresse aussi.
LF Bollée & Paul Gros donnent ici vie et visage à ces oubliés. En 1988, une plaque est apposée à Londres sous un eucalyptus où a été enterré Brippokey « King Cole » jamais rentré chez lui. L’album » Loin des eucalyptus » se clôt par les photographies prises en 1867 de l’équipe et de chacun des joueurs avant leur grand voyage.
Le score est étonnant 404 à 369 ! C'est le résultat final du plus long match de football qui vient de se dérouler à Lyon par des équipes mixtes. Equal Playing Field, une ONG, mérite bien cette médaille. Cette organisation cherche à promouvoir le sport féminin et elle l'a fait d'une belle manière : en allant chercher le record du monde du plus long match de football de l'histoire ! Près de 69 heures non stop. Presque trois jours sur un terrain, nuit et jour. Ça s'est passé le week-end dernier dans la capitale des Gaules, à Lyon. Là, ce sont des joueuses et des joueurs qui se sont succédé sur la pelouse. 807 personnes en tout venus d'Allemagne, Etats-Unis, Pakistan, bref une soixantaine de pays. Un record bienvenu pour donner de la visibilité à la lutte contre les inégalités hommes/femmes dans le sport, dans une ville sur laquelle tous les projecteurs mondiaux sont braqués. Le score du match ?
L'Angleterre attendait ce sacre depuis 1975, année de création de la Coupe du monde.
Plutôt que Novak Djokovic ou Lewis Hamilton, les journaux anglais saluaient tous, lundi matin, l'exploit de leur équipe de cricket sacrée championne du monde pour la première fois contre la Nouvelle-Zélande.
« Nous sommes au sommet du monde », « Wowzat ! », « Qui a dit qui le cricket était ennuyeux ? » Lundi matin, au lendemain d'un week-end de sport complètement fou, les Britanniques n'en avaient que pour ça. La victoire de l'Angleterre en finale la Coupe du monde de cricket, contre la Nouvelle-Zélande, a fait la une de la presse, du Sun au Guardian en passant par le Daily Telegraph.
Pourquoi l'événement a-t-il autant d'ampleur outre-Manche, au point de reléguer le sixième sacre d'Hamilton à Silverstone et l'historique finale de Wimbledon au second plan ?
Parce que c'est une première pour l'Angleterre. Cela peut sembler une anomalie, pour le pays qui a inventé le cricket et l'a répandu à travers le monde, mais jamais l'Angleterre n'avait soulevé le Cricket World Cup Trophy. La sélection avait même une réputation d'éternelle perdante avec trois défaites en finale (1979, 1987 et 1992), bien loin des cinq titres du rival australien.
L'excitation autour de la victoire des hommes en bleu ciel était d'autant plus forte qu'ils évoluaient à domicile, pour la première fois depuis 20 ans. Pour cette 12e édition, les Anglais avaient vu les choses en grand : la finale se déroulait au Lord's, temple de la discipline pouvant accueillir 30 000 spectateurs. Dans le même temps, 10 000 fans s'étaient massés à Trafalgar Square, où la finale était diffusée sur écran géant, et 8,3 millions de téléspectateurs regardaient le match sur Channel 4. Leurs cris de joie ont dû arriver aux oreilles de la Reine, qui s'est fendue d'un communiqué pour féliciter son équipe pour cette « victoire sensationnelle ».
Dimanche, le match le plus long ne se jouait pas sur le Centre Court de Wimbledon, mais au Lord's, où Nouvelle-Zélande et Angleterre ont bataillé pendant plus de huit heures pour se départager. Une éternité dans la variante « One Day International », censée réduire le temps de jeu alors que les parties de cricket ordinaire peuvent durer 4 à 5 jours. Le match s'est en effet terminé sur une égalité parfaite après les 600 balles réglementaires, forçant les 22 joueurs à disputer un super over, sorte de prolongation, à l'issue de laquelle aucune des deux équipes n'a su prendre d'avantage décisif. L'Angleterre l'a finalement emporté au nombre de coups gagnants, dans un final « extatique », pour reprendre les mots des commentateurs.
Il est roux, couvert de tatouages, porté sur la boisson : on fait difficilement plus anglais que Ben Stokes, le meilleur joueur de la finale contre les Kiwis. Pourtant, le joueur polyvalent (pouvant évoluer à la fois comme batteur et lanceur) n'a pas toujours été prophète en son pays. Déjà, car Stokes est un habitué des frasques, déchu de son vice-capitanat de l'équipe nationale après une bagarre en sortie de boîte de nuit, en 2017. Surtout, car il traîne le boulet de la finale de la Coupe du monde T20 (une autre variante du cricket), qu'il avait terminé en pleurs après avoir causé la défaite des troupes anglaises. Son sauvetage exceptionnel, pour permettre à son équipe d'aller en prolongations, a effacé toutes ses erreurs passées et ses larmes de joie, après la dernière balle jouée, ont définitivement achevé sa rédemption.
« Une grande bande de potes », voilà comment Jofra Archer a défini ses coéquipiers. Le joueur de Sussex County Cricket Club ne s'y est pas trompé : c'est grâce à sa solidarité apparente et à sa mixité que le groupe anglais a séduit ses compatriotes. Lorsqu'on lui a demandé s'il avait eu la chance avec lui dans cette finale, le capitaine Eoin Morgan, d'origine irlandaise, a répondu qu'il était « soutenu par Allah ». Une référence à la religion d'Adil Rashid et Moeen Ali, ses deux coéquipiers d'origine pakistanaise, symboles de la diversité de l'Angleterre. Pour respecter la croyance des deux hommes, la longue célébration d'après-match s'est même, dans un premier temps, faite sans champagne.
En résumé, le cricket est un sport complexe et fascinant, avec une histoire riche et des règles spécifiques. Le plus long match de l'histoire, avec ses rebondissements et ses héros, témoigne de l'engouement et de la passion que suscite ce sport à travers le monde.