Les Pires Contrats de la NBA : Quand l'Argent Ne Fait Pas le Bonheur

En NBA, il est souvent question d’argent. Toujours plus puissante, la NBA continue d’offrir à ses joueurs des contrats mirobolants et des salaires annuels à 8 chiffres. Preuve de la flambée des sommes touchées par ses stars, Shai Gilgeous-Alexander a paraphé cet été le plus gros deal de l’histoire. Un contrat XXL à 285M$ sur 4 ans.

À près d’un mois du début de la prochaine saison NBA, The Playoffs revient sur les pires contrats de la grande ligue sur l’exercice 2024-2025. Un constat a posteriori basé sur le montant des émoluments perçus par les joueurs listés au regard de leurs performances et ou du nombre de matchs disputés sur la saison du fait des blessures.

Dans une Ligue où un plafond salarial est censé maintenir une concurrence entre les franchises, en empêchant certaines d'empiler les stars, nous avons voulu voir quelles équipes avaient réalisé les meilleures affaires cette saison. Qui peut se féliciter d'être fin négociateur ? Et qui peut se mordre les doigts d'avoir surpayé certains joueurs ?

Que ce soit à cause de blessures qui les ont empêchés de jouer durablement en NBA ou parce qu'ils ont tout simplement été beaucoup trop mauvais pour justifier la somme misée, de nombreux joueurs ont signé des contrats qui se sont avérés désastreux. En NBA il est souvent question d’argent. Et quand on parle des pires contrats de l’histoire, on se place souvent du point de vue des franchises qui surpayent un joueur décevant.

Mais dans cet article, nous allons voir les joueurs talentueux qui auraient mérité bien plus que ce qu’ils ont touché !

Les pires contrats de l'histoire NBA

Top 5 des Contrats les Moins Rentables en 2024-2025

Voici un aperçu des cinq contrats les plus problématiques de la NBA en 2024-2025 :

  1. Joël Embiid : Difficile d’imaginer moins rentable que le contrat signé par Philadelphie avec Joël Embiid l’an dernier. Du moins pour le front office des Sixers ! Limité à 19 sorties sur l’exercice 2024-2025, l’américano-franco-camerounais a signé ses plus faibles productions en 5 ans avec une efficacité pour le moins suspecte au regard de son talent et de son poste (44,4% d’adresse générale). Pire, le MVP NBA 2023 s’est montré incapable de porter l’équipe sur ses larges épaules lorsqu’il était sur le parquet, affichant un triste bilan de 8 victoires et 11 défaites en saison. Une baisse de rendement due aux blessures qui pourrait s’avérer bien coûteuse pour les 76ers, engagés avec leur big man jusqu’en 2029.
  2. Ben Simmons : Actuellement sans club et en pleine réflexion quant à son avenir dans le basket, Ben Simmons a bouclé un nouvel exercice indigne de son talent et de son salaire XXL.
  3. Paul George : Recruté l’été dernier par Philly pour 212M$ sur 4 ans, Paul George a connu sa pire saison NBA depuis 2013 en 2024-2025. Blessé la moitié de l’année (41 matchs), l’ailier s’est montré incapable de maintenir les Sixers à flots. Lieutenant annoncé d’un Joël Embiid finalement absent l’essentiel de la saison, PG13 a déçu. Avec 16,2 points à 43% seulement au shoot contre 22,6 unités à 47% en 2023-2024, l’ancien de Fresno State a connu une véritable régression.
  4. Damian Lillard : Autre joueur concerné par un buy out sur cette intersaison, Damian Lillard ne s’est pas montré bien rentable pour les Bucks l’an dernier. Débarqué contre sa volonté à Milwaukee en 2023 après 11 années passées à Portland, Dame a toujours semblé en marge du projet de la franchise du Wisconsin, incapable de créer la relation espérée par le front office avec Giannis Antetokounmpo. Productive d’un strict point de vue statistique, sa dernière saison aux Bucks s’est soldée par un échec malgré le gain de la NBA Cup. Limité à 58 matchs sur la saison et à 3 rencontres de Playoffs anecdotiques avant de subir une rupture du tendon d’Achille (7,0 points à 22%), Lillard n’a pu empêcher Milwaukee de sortir au 1er tour des Playoffs pour la seconde année de rang malgré de grandes ambitions.
  5. Bradley Beal : Scoring machine lors de ses années à Washington, Bradley Beal semble sur la courbe descendante depuis deux saisons. Signé au prix fort par Matt Ishbia et les Suns à l’intersaison 2023, l’ancien de Florida n’a jamais répondu aux attentes placées en lui par la franchise de l’Arizona et sort de son pire exercice statistique depuis son année rookie. Une situation qui a poussé Phoenix a faire table rase du présent en rachetant le contrat du natif de St Louis cet été.

Le Cas Spécifique de Joël Embiid

Saison officiellement noire pour Philadelphie avec l’absence de Joel Embiid jusqu’en octobre prochain. Soyons clairs tout de suite : non, Joel Embiid n’est pas trop payé (51 millions de dollars la saison). On parle d’un mec calibre MVP quand il est (à peu près) en bonne santé. Deux critères peuvent permettre de déterminer ce qu’est un mauvais contrat : son rendement par rapport à ce qu’il gagne et son taux de présence. Cette saison, le pivot anciennement MVP a joué… 19 matchs seulement. Ce qui est bien trop peu pour un joueur de cette ampleur.

19 matchs à cause de nouveaux problèmes au genou, ce qui a le don d’inquiéter toute la fanbase de Philadelphie sachant que Joel a été prolongé pour 192 millions de dollars sur trois ans lors de la dernière intersaison. Joel Embiid pèsera quasiment 70 millions de billets verts (player option) dans la masse salariale en octobre 2028, quand il aura 34 ans. C’est énorme, surtout s’il continue à avoir le rendement de cette année et décline sensiblement comme le craignent les supporters de Philly.

Déjà en juillet dernier, lorsque Paul George a signé son contrat max avec les Sixers (210 millions sur quatre ans), de nombreuses interrogations existaient. L’ailier a fini son passage aux Clippers dans une horrible série de Playoffs où on l’attendait au tournant en l’absence de Kawhi Leonard et où il s’est caché derrière… Terance Mann.

Certes, Paul George connaît beaucoup de bobos cette saison (en plus d’un historique de blessures déjà bien chargé), lui qui a notamment démarré cette dernière avec deux hyperextensions du genou. George a un comportement de role player qui devient problématique quand ce dernier coûte 50 millions cette saison et que son contrat est progressif (56 millions en 2027-28). Paul George et Joel Embiid représentent quasiment 60% du salary cap des Sixers et cela ne va pas aller en s’arrangeant.

Serait-il temps de s’en séparer ? Si, aujourd’hui, il n’y a aucune rumeur autour d’un trade de PG, l’option peut vite être mise sur la table. Paulo va sur ses 35 ans et n’a pas assuré cette saison. Mais à l’image d’un Bradley Beal à Phoenix, PG pourrait bien faire partie des joueurs impossibles à transférer aujourd’hui. Qui voudrait d’un joueur à 17 points de moyenne qui coûtera 56 millions de dollars dans quatre ans alors qu’il aura 38 balais ? Les Sixers semblent donc être dans une impasse financière et sportive.

Exemples Historiques de Contrats Désastreux

Il existe de nombreux exemples de contrats qui se sont avérés désastreux dans l'histoire de la NBA. Voici quelques cas notables :

  • Jayson Williams : Au sortir de ce superbe exercice, Jayson Williams a convaincu les Nets de le signer pour 6 ans et 86 millions de dollars alors qu'il entrait dans sa 31e année ! La poisse s'est malheureusement chargée de sanctionner l'erreur sportive. Trois mois après sa signature, Williams s'est brisé la jambe après un choc avec son coéquipier Stephen Marbury et n'a plus jamais joué en NBA.
  • Bryant Reeves : Après une blessure au dos en 2001, le corps de "Big Country" l'a assez logiquement lâché petit à petit et il a pris sa retraite pile à la moitié de ce contrat ronflant, à l'âge de 28 ans...
  • Chris Webber : Golden State a proposé 74.4 millions de dollars sur... 15 ans, à "C-Webb", avant même qu'il ne dispute son premier match en NBA.

Les Joueurs Sous-Payés : Une Autre Perspective

Il est également important de noter que certains joueurs talentueux ont été sous-payés tout au long de leur carrière. Voici quelques exemples :

  • Lou Williams : C’est un chiffre qui risque de vous surprendre vu son palmarès, mais Lou Williams n’a jamais gagné plus de 10 millions de dollars sur une saison. En 2018, le meilleur 6ème homme de l’histoire a décidé de prolonger à Los Angeles pour une somme qui semble aujourd’hui encore peu représentative de son talent. Il aurait mérité le pactole au moins une fois dans sa carrière.
  • Isaiah Thomas : Alors même après une dernière saison à 20 points et 6 passes de moyenne chez les Kings, il n’a pas pu obtenir mieux que 27 millions sur 4 ans… Le problème c’est que sur cette période, le meneur a totalement explosé au point de devenir All-Star et potentiel MVP chez les Celtics… Et quand on voit la fin de sa carrière, il aurait pu profiter d’un gros contrat.
  • John Starks : Ses 4.8 millions sur 4 ans ont longtemps été vus comme le pire contrat de la ligue du côté des joueurs, et comme le meilleur pour sa franchise.
  • Ben Wallace : Il toucherait bien plus de 100 millions aujourd’hui, c’est une certitude. D’ailleurs, à la fin de son contrat à 34 millions, il a décidé de rejoindre les Bulls pour enfin être rémunéré à sa juste valeur.
  • Scottie Pippen : Il faut dire que l’importance de Pip n’était pas du tout reflétée par son salaire !

Le Rapport Qualité-Prix : Les Bonnes Affaires de la Saison

Parmi les joueurs donnant satisfaction à faible coût, il y a évidemment les jeunes qui sont toujours dans leur contrat rookie. Ce type de contrat est signé à leur arrivée en NBA, et le salaire est forcément plus faible que pour joueur installé dans la Ligue. Ainsi, à moins de 10 millions de $ la saison, les joueurs les plus utilisés et les plus utiles dans leur équipe sont souvent dans leurs premières années NBA.

Par exemple, l'arrière des Nuggets Christian Braun (23 ans, 3e saison NBA) est le onzième joueur le plus utilisé cette année. Il est seulement le 292e salaire de la ligue.

En mettant de côté les contrats rookie, les favoris pour le titre de sixième homme de l'année Malik Beasley (Pistons) et Payton Pritchard (Celtics) sont les deux hommes à moins de 10 millions les plus utilisés cette saison. Avec eux, ils sont dix à dépasser les 2 000 minutes de jeu.

Parmi les autres joueurs qui jouent beaucoup pour pas cher, on retrouve l'ancien MVP Russell Westbrook, précieux sur le banc de Denver, ou encore Guerschon Yabusele, qui avoisine les 1 900 minutes.

Dans les joueurs payés moins de 10 millions de dollars cette saison (hors contrat rookie), Jonas Valanciunas a fait office de bonne affaire. Arrivé en cours de saison dans une équipe des Kings décevante (9e à l'Ouest, éliminé lors du play-in), le pivot lituanien est impliqué dans 15 % des actions de son équipe (une statistique évaluée par le PIE).

Tableau des Contrats avec un Bon Rapport Qualité-Prix

Joueur Équipe Salaire (en millions de dollars) Commentaire
Christian Braun Nuggets de Denver Moins de 10 Onzième joueur le plus utilisé de son équipe.
Malik Beasley Pistons de Détroit Moins de 10 Candidat au titre de sixième homme de l'année.
Payton Pritchard Celtics de Boston Moins de 10 Candidat au titre de sixième homme de l'année.
Russell Westbrook Nuggets de Denver Moins de 10 Joueur précieux sur le banc.
Guerschon Yabusele Celtics de Boston Moins de 10 Nombreuses minutes de jeu.
Jonas Valanciunas Kings de Sacramento Moins de 10 Fort impact dans l'équipe.

Véritable moteur du banc des champions en titre Boston, il a inscrit 19 points lors de la victoire contre Orlando (103-86), dimanche, en play-off. Lors de la régulière, en 28 minutes de jeu, il a enregistré en moyenne 14 points, 3 passes et près de 4 rebonds. Des records en carrière pour celui qui a renouvelé l'été dernier son contrat avec Boston pour quatre ans, avec moins de 7 millions à la clé cette saison.

En comptabilisant les contrats rookie, Franz Wagner (Orlando) et Alperen Sengun (Houston), qui a brillé pour son début en play-off ce lundi (26 points dans la défaite des 95-85 contre Golden State), fait partie des joueurs importants les moins coûteux.

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