L'histoire du hockey est remplie de moments inattendus et de héros improbables. Parmi ces récits, celui de David Ayres, un gardien de but d'urgence (EBUG), se distingue par son caractère exceptionnel. Ce qui suit revient sur les événements qui ont fait d'Ayres une légende du hockey.

Full Highlights Of Emergency Goalie David Ayres NHL Debut!
Une soirée ordinaire qui bascule
Le 22 février 2020, David Ayres savourait un sandwich dans les gradins de la Scotiabank Arena de Toronto. Il était là en tant que gardien de but d'urgence (EBUG), un rôle qu'il avait déjà occupé une douzaine de fois, profitant d'un match gratuit et d'un sandwich offert.
En NHL, la règle de l'EBUG est en place depuis 2015 au cas où les deux goalies d'une même équipe se blessent. Chaque franchise qui accueille un match doit avoir un EBUG à disposition dans la salle, prêt à entrer en jeu pour l'une ou l'autre équipe.
L'appel inattendu
James Reimer, le gardien des Carolina Hurricanes, est sorti peu après une grosse collision avec un de ses défenseurs. Mais à la 32e minute de jeu, Petr Mrazeck sort loin de son but pour repousser un palet qui traîne. Le choc avec Kyle Clifford des Maple Leafs est terrible.
« J'étais dans la salle de presse, tout seul à ce moment-là. Quelqu'un est venu me dire : "Il faut y aller." J'ai alors pris le tunnel (vers la patinoire). C'était dingue », raconte Ayres.
Un échauffement rapide et une entrée en jeu
Alors qu'il donne ses premiers coups de patin sur la glace et procède à un court échauffement, essuyant quelques tirs de ses nouveaux partenaires, Ayres est reconnu par certains fans comme le « Zamboni Goalie ». Depuis quelques années, il s'est en effet taillé une petite réputation à Toronto en conduisant la surfaceuse à l'occasion de matches des Marlies, l'équipe de Ligue mineure (AHL) propriété des Maple Leafs.
Les statistiques clés d'une performance mémorable
| Statistique | Valeur |
|---|---|
| Taux d'arrêts final | 80 % (8/10) |
| Buts encaissés initialement | 2 sur 2 tirs |
| Arrêts consécutifs | 8 |
Un moment de doute et le soutien de l'équipe
Adossé au but, il lève les yeux vers l'écran géant. Une pensée lui traverse l'esprit : « Tu ne peux pas te couvrir de honte comme cela... »
Ses coéquipiers d'un soir tentent de le rassurer : « Ils m'ont dit de prendre du plaisir, de ne pas m'inquiéter de combien de buts allaient entrer. Juste apprécier l'instant parce que c'était mon moment. »
La délivrance intervient cinq minutes plus tard quand le « Zamboni Goalie » parvient à stopper son premier palet de la soirée, face au joueur star des Maple Leafs, Auston Matthews.

Une victoire historique
Avec sept arrêts et aucun but encaissé dans les vingt dernières minutes, il tient sa promesse et devient le premier gardien d'urgence à être crédité d'une victoire (6-3 score final) selon les statistiques de la NHL.
Une histoire de courage et de résilience
Son histoire prend encore davantage de relief dans les minutes qui suivent le match. Le public apprend qu'Ayres a dû se faire greffer un rein en 2005, donné par sa propre mère, une configuration particulièrement rare.
En posant les patins en NHL, même pour une soirée, le natif de Whitby, à l'est de Toronto, a aussi réalisé le rêve de toute une famille. Son père Robert, décédé en 2015, était un gardien de hockey dans des Ligues de petit niveau, traînant sa famille à la patinoire tous les samedis soir.
La consécration médiatique
Aux États-Unis, la machine médiatique s'emballe immédiatement autour de ce quadra canadien. Dès le 24 février, Ayres est à New York où il enchaîne 26 interviews en une seule journée depuis la matinale de NBC (qui diffuse la NHL) jusqu'au Late show de Stephen Colbert, qui fait mine de se blesser lors de son monologue d'ouverture, laissant le gardien canadien annoncer la liste des invités.
Le lendemain, il est l'invité d'honneur des Carolina Hurricanes qui jouent à domicile. L'accueil est digne d'une rock star. Le propriétaire Tom Dudon est là pour lui souhaiter la bienvenue à Raleigh où est basée l'équipe. La veille, Mary-Ann Balwin, maire de la ville, a décrété ce 25 février « David Ayres Day ». Et le gouverneur de Caroline du Nord, Roy Cooper, en a fait un citoyen d'honneur de l'État.
Un impact durable
Depuis, Ayres dit avoir été contacté pour des livres et des films à sa gloire. « Je n'aurais jamais imaginé que ce serait comme cela, a plaisanté le hockeyeur qui met également sa nouvelle notoriété à contribution pour promouvoir le don d'organe. Je ne me plains pas mais ce n'est pas quelque chose que je ferai tous les jours. »
L'évolution du masque de gardien de but
Le masque de gardien, démocratisé au début des années 1960 grâce à Jacques Plante, a, au fil des décennies, subit de nombreuses modifications. Il a peu à peu vu sa forme évoluer, et sous l’impulsion de Gerry Cheevers, les cerbères ont commencé à décorer leur protection faciale, redoublant d’imagination pour impressionner leurs adversaires ou en faire un artifice miroir de leur personnalité.