Paris FC vs PSG : Une Histoire Croisée en Ligue 1

Aujourd’hui club majeur en France et en Europe, le Paris Saint-Germain a dû passer par des chemins ardus pour arriver à ses fins. Issu d’une fusion entre le Paris Football Club et le Stade Saint-Germain de Saint-Germain-en-Laye (ville natale de Louis XIV), le PSG est le fruit d’années de travail, de concertations et surtout de rêves. Car à une époque, le PFC et le PSG ne faisaient qu'un.

Deux dates de création existent officiellement pour le Paris FC: 1969 et 1972. Dans un premier temps, sous l'impulsion de la FFF, le club est fondé pour combler le vide laissé à Paris par la chute du Racing Club de France (futur Matra Racing). Mais en réalité, rien ne se passe la première année.

Nous sommes en 1879. Le Paris Football-Club voit le jour et devient le premier club de la capitale à exister. Créé par les anglais résidant sur Paris. En 1904 naît le Stade Saint-Germain, club des Yvelines, qui a pour ambition d’accéder au championnat amateur. En devenant champion de Paris en 1957 ce sera chose faite.

Alors que les capitales européennes comme Londres, Madrid et Rome voient une équipe représenter fièrement leurs couleurs et de grandes villes françaises s’épanouir autour de l’OM, Lyon, Saint-Etienne ou encore Bordeaux, la Fédération française veut à tout prix voir naître un nouveau grand club de foot à Paris, après tant de rendez-vous ratés et de projets engloutis (Racing Club de France, Red Star, Stade Français, CA Paris), pour qu'il joue dans le tout nouveau Parc des Princes. Les recherches et les tractations vont durer quasiment dix-huit mois mais en juin 1970, ça y est, la FFF a trouvé le club capable de s'associer au Paris FC et d'obtenir ainsi le statut professionnel. Il s'agit du Stade saint-germanois, installé à Saint-Germain-en-Laye et qui s'apprête à monter en D2. Les deux clubs ont intérêt à s'entendre et vont fusionner sous l'appellation « Paris Saint-Germain Football Club ».

Le PFC et le PSG ne font qu'un ; c'était il y a cinquante-cinq ans. Pendant deux ans, chacun a eu besoin de l'autre, mais en 1972, ils se sont séparés. Le PFC a gardé les joueurs, le statut pro et le Parc des Princes pendant que le PSG repartait jouer à Saint-Germain-en-Laye, avec ses amateurs et en D3. C'est la dernière fois que le PFC a eu l'ascendant.

En revanche, en 1970, des personnalités plusieurs personnalités répondent à l'appel de Pierre Bellemare sur Europe 1 pour porter ce projet de club de football parisien. Afin de démarrer au plus haut niveau possible, la fusion avec le Stade Sangermanois s'impose. C'est le début du Paris Saint-Germain, au Parc des Princes.

60.000 réponses positives font approuver le projet dont se chargent deux personnes: Guy Crescent et Pierre-Etienne Guyot. L’un est PDG du groupe Calberson, l’autre est vice-président du Racing Club de France. Guy Crescent traverse l’Europe, Chelsea FC, Real Madrid, Hambourg, Arsenal, Anderlecht… pour arriver à une idée claire: Faire du Paris FC un club de socios (supporters-actionnaires).

Deuxième difficulté pour le PFC, se faire une place rapide dans le paysage professionnel hexagonal. Sans joueurs, stade, structure… et sans possibilité d’intégrer directement la Division 1. Seule solution, fusionner avec un club de l’élite. Mais le temps presse! Le Stade Saint-Germain est lui promu en Division 2 après une brillante saison 1969/70. Un gros apport financier du côté Paris FC par les socios permet de faire signer des noms comme Jean Djorkaeff (capitaine de l’équipe de France). La structure du Stade Saint-Germain offre au Paris SG la possibilité de disputer la Division 2 en 1970/71.

Mais un conflit éclate rapidement avec la mairie de Paris, qui n'accepte pas que son club phare, déjà en première division, ne soit pas complètement installé intra-muros. "Ils ne voulaient plus du mot Saint-Germain", souligne Daniel Riolo dans l'After Foot sur RMC.

L’équipe se structure pour se maintenir et viser des places honorables et alors que ce maintien arrive tant bien que mal sur le rectangle vert, le conseil de Paris demande au PSG d’adopter un nom 100% parisien: « Paris Football-Club ». Les dirigeants historiques du Stade Saint-Germain refusent l’idée et un vote est fait au sein de l’assemblée du Paris Saint-Germain.

Une rupture causée par la Ville de Paris. La discorde provoque une scission en 1972: le Paris Saint-Germain continue d'exister, mais un Paris FC est créé dans une nouvelle entité. "Il y a eu un vote. Le Paris FC est parti à Porte de Montreuil avec la caisse, l'argent et les joueurs professionnels, dont Jean Djorkaeff. Les amateurs sont repartis à Saint-Germain-en-Laye", raconte Daniel Riolo, auteur du livre L'histoire du Paris Saint-Germain. C'est ainsi qu'au début de son histoire, le Paris FC joue en D1 au Parc des Princes.

3 jours plus tard, le Paris FC annonce sa scission et se désolidarise du Paris Saint-Germain, conservant le statut professionnel et envoyant le PSG en Division 3. Sous statut amateur le Paris Saint-Germain doit se reconstruire, observant son frère siamois poursuivre, lui, sa route parmi l’élite.

Placé dans le groupe « ouest » du championnat, le PSG se prépare pour remonter en D2. Le Paris FC se maintien avant de descendre en D2 à la fin de la saison 1973/74. Ironie du sort, le Paris SG monte coup sur coup en D2 puis D1. Les rôles se sont inversés lors de l’été 1974, le gros est désormais le PSG.

"Ce qui s'est pasé, c'est que le PFC a coulé lors que Daniel Hechter a été reprendre le PSG, qui a eu le droit de garder le nom de Paris, ce qui était essentiel pour Hechter. L'année où le PSG remonte en Ligue 1, le PFC descend et on ne les a plus jamais revu.

En 1977, la mairie de Paris constate que la cohabitation entre les deux clubs parisien n’apporte pas de résultats concluants et souhaite à nouveau procéder à une fusion. Idée que ne partage pas le moins du monde le camp PSG, contrairement au PFC et au Racing. Le rapprochement est exigé par la mairie si les différents acteurs ne veulent pas voir toute idée de subvention s’évaporer. Coup de théâtre, l’annonce du projet « Paris 1 » parle d’un rapprochement entre le Paris FC, le Racing et Europe1, sans mentionner le Paris Saint-Germain.

De retour en élite lors de la saison 1978/79, le PFC doit se montrer au dessus du PSG pour s’affirmer comme LE club de la capitale aux yeux des politiques. Les derbys offrent deux matchs nuls (2-2 le 18/08/1978; 1-1 le 17/12/1978). Et alors que le Paris Saint-Germain termine 13ème, le Paris Football-Club est, lui, à nouveau rétrogradé.

Deux ans plus tard, en 1974, la roue avait définitivement tourné : le PSG retrouvait la D1 et le PFC était relégué en D2. Depuis, chacun a fait sa vie, sans jamais vraiment prendre le temps de regarder l'autre. Ils ont toujours été trop éloignés, trop différents pour se frotter.

Ils auraient pu se détester, ils auraient dû même, mais encore aurait-il fallu habiter au même étage. « Il n'y a jamais eu de rivalité entre le PSG et le PFC, explique Nicolas Kssis-Martov, journaliste spécialisé dans l'histoire des clubs parisiens. Que ce soit dans l'identité, dans la rivalité des supporters, dans les trajectoires sportives. Le PSG s'est trop vite échappé comme le grand club parisien, quand le PFC n'a existé que dans la question du second club à Paris. »

Une seule saison en commun en D1 Et encore pas toujours. L'identité du PFC a longtemps été celle d'un grand club formateur, enraciné dans le XXe arrondissement de Paris, « un gros club amateur avec énormément d'adhérents qui remportait plein de trophées chez les jeunes », poursuit l'historien. Les rares traces de rivalité avec un club du coin sont à trouver avec le Red Star, et notamment lors de ce match de mars 1978 au Stade Bauer de Saint-Ouen, lorsque Robert Vicot, l'entraîneur du Paris FC, s'était pris des cailloux sur la tête après avoir fait un bras d'honneur au public. Mais d'animosité avec les gens du PSG, jamais. Les deux clubs n'ont cohabité qu'une fois dans l'élite, lors de la saison 1978-1979 (*). (*) Deux matches nuls ont ponctué leurs confrontations en Championnat : PSG-PFC (2-2) le 18 août 1978 et PFC-PSG (1-1) le 17 décembre 1978.

Jean-Noël Huck avait quitté Nice pour être de l'aventure avec le PFC, promu en D1. « C'était un jeune club, tout nouveau, et j'y ai cru alors que j'avais d'autres propositions, se souvient l'ancien international français (17 sélections). Le président m'avait promis un beau recrutement et on jouait au Parc des Princes. Mais bon, on est descendus tout de suite. J'ai été déçu, le recrutement n'avait jamais suivi et c'était de l'amateurisme total. On nous appelait le matin pour nous dire sur quel stade on allait s'entraîner, ça changeait tout le temps. »

Et la rivalité avec le Paris-SG, cette saison-là ? « Absolument aucune, répond Huck. Ce n'était pas le PSG d'aujourd'hui, mais il y avait malgré tout un monde d'écart. On essayait de créer un club de D1 pendant que le PSG jouait avec Dominique Baratelli, Dominique Bathenay, Mustapha Dahleb et Carlos Bianchi... » Et bientôt avec Huck lui-même, qui, une fois le PFC tombé en D2, allait passer au PSG. « En fait, cette saison au PFC a été un mal pour un bien, se souvient Huck. Sous prétexte que les deux clubs étaient sous l'égide de la ville de Paris, le PSG a eu le droit de prendre deux joueurs au PFC, de se servir en somme. Le président (Francis) Borelli m'adorait depuis des années et à chaque fois qu'il me croisait il me disait qu'il fallait que je vienne au PSG. Et c'est comme ça que Jean-François Beltramini et moi, on est passés du PFC au PSG quand le club est descendu. » Sans indemnité de transfert, assure l'ancien joueur.

Sous Francis Borelli, les rouges et bleus continuent de monter en puissance, remportant coupes de France, championnat, découvrant l’Europe et s’offrant des noms comme Safet Susic, Dominique Rocheteau, Dominique Bathenay et permettant l’éclosion de jeunes comme Jean-Marc Pilorget ou Luis Fernandez… le Paris FC doit , lui, se reconstruire à partir de 1983 après la scission du Racing Paris 1 et le PFC renvoyé en Division 4 sous statut amateur. Bascule entre national et CFA, le club connait des heures difficiles mais résiste. En 2014/15, le PFC termine 2ème et monte en Ligue2! L’idée de revoir un jour un derby entre les deux club de Paris prend du sens.

De son côté le PSG a bien grandi suite aux années canal+ (1 Coupe des Coupes, 1 Division 1, 5 Coupes de France et 2 Coupes de la Ligue) et est maintenant propriété de QSI (fond d’investissement de l’émir du Qatar) depuis 2011. Des joueurs de classe mondiale sont arrivés et la possibilité d’ambitionner les premiers rôles chaque saison en Ligue des Champions est devenue réalité.

Quarante-six ans plus tard, les deux clubs vont à nouveau cohabiter parmi l'élite. Sans passif et sans animosité. Et sans rien d'autre en commun que la Ville de Paris à porter en bandoulière et une certaine surface financière pour relever ses objectifs.

Durant une brève période, le Paris FC et le Paris Saint-Germain ont fait histoire commune. Ils seront sans doute bientôt adversaires en Ligue 1, après l'annonce du rachat du PFC par la famille Arnault. Deux grands clubs vont peut-être bientôt coexister dans la capitale, grâce au rachat annoncé du Paris FC par la famille Arnault et le groupe Red Bull. En cas de montée et de montée en puissance significative des investissements, le pensionnaire du Stade Charléty pourrait bien faire de l'ombre au Paris Saint-Germain. Un joli pied de nez à l'histoire du football parisien.

L’Histoire Complète du Paris Saint Germain !

Club Fondation Division Actuelle Stade
Paris FC 1969 (première fondation) Ligue 2 Stade Charléty
Paris Saint-Germain 1970 (fusion) Ligue 1 Parc des Princes

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