Philippe Katerine, de son vrai nom Philippe Blanchard, est un auteur-compositeur-interprète et acteur qui évolue en extraterrestre dans le paysage musical et cinématographique français. Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir le dandy iconoclaste d’une nouvelle scène française dans les années 1990 ni l’artiste protéiforme et insaisissable des années 2000. Individu singulier et hybride, il se présente à la croisée des genres et des sexes, entre nonchalance urbaine et ruralité ancestrale.

Les Débuts de Philippe Blanchard
Philippe Blanchard naît à Thouars dans les Deux-Sèvres, le 8 décembre 1968, et grandit à Chantonnay, en Vendée, dans une famille catholique et traditionnelle. Enfant, il se passionne pour le basket-ball et le dessin. Puis, par le biais de l’institution religieuse, il découvre le chant au sein d’une chorale et compose très vite ses premières chansons.
Avant de consacrer sa vie à la musique et à l’art à partir de ses 17 ans, le Vendéen d’origine Philippe Katerine était un joueur correct et amateur compulsif de basketball, un sport qui avait déjà l’honneur du clip de Liberté en 2010.
Le Basket-Ball : Une Passion de Jeunesse
De 7 à 17 ans, j’étais inscrit au club de ma ville, l’Epine Basket de Chantonnay. J’étais un allier assez adroit.
Face à lui, Philippe Katerine, qui était la dernière personne que je m'imaginais parler de basket dans l'émission.
J'étais basketteur au collège. Je ne pensais qu'à ça. Ce n'est pas rien. J'étais dans une équipe huilée, extrêmement brillante, on remportait tout. On était tous amis, on formait un groupe très soudé et imbattable à notre niveau, en départementale et régionale. On est allé en huitièmes de finale de la Coupe de France, avec l'équipe de l'Epine de Chantonnay. On était un vrai groupe, on savait vraiment jouer ensemble.
Mon poste ? J'étais ce que l'on appelle un arrière, à côté du meneur de jeu. On dit shooting guard aujourd'hui, mais le basket a tellement changé que c'est difficile à dire. Je n'étais pas très rapide. J'étais plutôt celui qui fait jouer les autres. J'étais en équipe de Vendée, donc j'ai été testé. J'avais très peu de détente et vu ma taille ce n'était pas un avantage. J'avais une vitesse que l'on a qualifié de modeste (sourire). Mais sur ma fiche, ils avaient marqué : il sait faire jouer les autres et faire briller ses partenaires. J'avais une vision du jeu.
Je rêve encore du basket. Des paniers, de ce que l'on aurait pu faire ou dû faire...
Quand je pratiquais ce sport à un haut niveau, dans ma jeunesse, j'oubliais mon ego et je faisais confiance à mes coéquipiers. Cela vaut aussi pour la musique : j'ai notamment collaboré avec les gagnants de « Nouvelle Star » Christophe Willem et Luce.
L'idée de la circulation est le soleil de ma vie", a expliqué le chanteur, dans une interview accordée au JDD.fr.
Symbole de cette réconciliation avec le passé, Katerine pose sur certaines photos avec un ballon orange: « Non, je n'ai jamais cru devenir joueur. J'étais trop petit et trop lent. J'envisageais d'être coach. Pour compléter le tableau familial.
Qui s'y frotte s'y pique !
Le basket nu, ça doit être quelque chose. Assez agité, j'imagine. Mais je n'ai jamais pratiqué.
Les Premiers Pas dans la Musique
Adolescent, Philippe Katerine, influencé par les tubes anglo-saxons, monte avec ses camarades des groupes de musique. Il se passionne pour la composition après s'être acheté un magnétophone quatre pistes. Il écrit alors des chansons, puis enchaîne les petits boulots : projectionniste, présentateur à la radio locale de Chantonnay, employé chez Citroën et professeur de gymnastique dans un lycée agricole. En novembre 1991, il sort un premier album, assez confidentiel, Les Mariages chinois.
Après avoir enchaîné de nombreux petits boulots et initié plusieurs formations musicales éphémères, il enregistre en 1991 un premier album, Les Mariages chinois, avec les moyens du bord, un magnétophone quatre pistes à cassettes. Il prend dès lors le pseudonyme de Katerine, pour dissimuler, par pudeur, son nom de famille, et assumer une certaine ambivalence entre masculin et féminin.
En effet, à ce moment de sa vie, Katerine doute de lui, de sa musique. Il résume sa vie en " 23 ans d'échec " et dit franchement : " Je suis loin de vivre la vie dont je rêvais ".
Il continue tout de même à écrire des chansons et nous livre en 1994 un second album intitulé « L’éducation anglaise » interprété cette fois par sa sœur Bruno et sa compagne Anne.
Katerine commence à faire du bruit et l'on parle de plus en plus de lui, bien qu'il reste en marge de la musique commerciale.
L'album nommé "Mes mauvaises fréquentations" est sorti en 1996. La présence de nouveaux instruments et de nouvelles voix (Rachel Fandi, Valérie Leulliot) lui ont donné une fraîcheur qui nous ont fait découvrir un Katerine bien plus ouvert. Ce disque a rencontré un bon accueil de la part des critiques et du public. Katerine a alors enchaîné des tournées qui lui ont donné confiance.
Mais, Katerine a jugé que tout ces albums ne reflétaient pas complètement son état d'esprit. A partir de là, il s'est enfermé et a travaillé pour composer "L'homme à trois mains".
Il en a découlé un album très personnel. Mais ce n'a pas été assez pour Katerine qui ne pouvait plus s'arrêter d'écrire. Il a enregistré un autre album en parallèle "Les Créatures", accompagné par "The Recyclers". Ces deux cd sont sortis ensemble en double album.
On l'a retrouvé à la télé, à la radio. On aurait pu croire que Katerine avait enfin vaincu les démons qui le rongeaient depuis son adolescence, mais non ! Katerine doute encore et déclare : " En réalité, je ne trouve mon bonheur nulle part. "
L'Ascension et la Reconnaissance
S’il débute en même temps que son ami Dominique A, Philippe Katerine doit attendre un peu plus longtemps que celui-ci avant que l’on s’intéresse à lui. Après un succès d’estime à la parution de son troisième album, Mes mauvaises fréquentations (1996), un premier engouement de la part du public accueille en 1999 l’irrévérencieux « Je vous emmerde », titre que les radios passent en boucle. Il y chante la tentative à la fois humoristique et pathétique d’un personnage désabusé et éméché d’inviter à danser une femme qui ne se laisse pas faire. Un clip illustrant cette chanson est diffusé à la télévision et permet de mieux le faire connaître. La même année, il publie deux albums distincts mais vendus ensemble : L’Homme à trois mains et Les Créatures, deux disques aussi différents que complémentaires, l’un composé dans la solitude de son appartement parisien, l’autre en groupe avec The Recyclers.
Alors que les tournées, les collaborations (Helena Noguerra, Anna Karina…) et les disques (notamment 8ème Ciel en 2002) s’enchaînent, tout change en 2005 avec « Louxor j’adore », clin d’œil à une boîte de nuit de la ville de Clisson où le chanteur « coupe et remet le son » et fait reprendre en cœur à tout le monde « J’adoooooore ». Robots après tout reste de nombreux mois en tête des ventes d’albums et personne ne peut désormais passer à côté de ce chanteur aux prestations scéniques énergiques et débridées.
Il écrit la musique du film « Un homme vrai » des frères Larrieux.
En 2005, The Herbaliser, le groupe londonien hip hop electro, sollicite Philippe Katerine pour leur album. Il écrit le titre « Serge », en hommage à Serge Gainsbourg . Nouvel album pour Philippe Katerine la même année, « Robots après tout » porté par le titre « Louxor j’adore ». L’accueil de ce titre est triomphal et l’album reçoit le titre de révélation de l’année aux Victoires de la musique 2006. S’en suit une tournée mondiale En 2006, il compose pour le gagnant de la Nouvelle star, Christophe Willem , les tires « Le lycée » et « La tortue ».
En 2006, il prépare sa tournée après avoir été acclamé lors des Eurockéennes de Belfort.
En 2010, il interprète Boris Vian dans le film de Joan Sfar Gainsbourg (vie héroïque) et sort son neuvième album studio, intitulé Philippe Katerine.
En 2005, Philippe Katerine, artiste peu sûr de lui, prépare la sortie de Robots après tout, un septième opus plus "électro".
En janvier 2002, il retourne en studio avec The Recyclers pour l'enregistrement de l'album "8ème ciel" qui est sorti au début du mois de Novembre 2002. Il en a donné quelques extraits en concert à L'Olympia le 11 Novembre.
Entre temps, en 2010, il interprète Boris Vian dans le film de Joan Sfar Gainsbourg (vie héroïque) et sort son neuvième album studio, intitulé Philippe Katerine.
Après le succès de Robots après tout, le Vendéen revient avec un album fait de beaucoup de chansonset peu de mots.
Finalement, on est arrivés à une sorte de compréhension mutuelle.
Katerine fait chanter son ex-compagne, Jeanne Balibar, dans un clin d'oeil aux duos sensuels de Gainsbourg.
À travers les 24 titres du disque, se décline le besoin d'amour qui, malgré tout, nous mène.
Ce sont comme de petits dessins (j'adore dessiner). Dans un dessin, tu comprends tout d'un coup d'oeil.
Diversification Artistique
Philippe Katerine découvre un nouveau champ d’action, l’écriture, en sortant en novembre 2007 Doublez votre mémoire. Au début de l’année 2011, il est à l’affiche de Je suis un no man’s land de Thierry Jousse.
Il réalise la commande des frères Larrieu : composer la musique du film Un homme, un vrai. Toujours pour les deux réalisateurs, il signe les partitions de Peindre ou faire l'amour, film dans lequel il est également acteur.
Après avoir entamé une tournée dans toute la France, il tourne un court métrage, Un km à pied, et un long métrage, Peau de cochon, sorti en 2005.
Il investit un nouveau champ d’action avec la sortie du livre « Doublez votre mémoire ». Ce journal graphique sort en novembre 2007.
Passionné aussi de cinéma, il participe au film « Nom de code : Sacha », un court métrage de Thierry Jousse. A la même époque, il écrit le titre « Ma rencontre » pour l’album « The Sssound of Mmmusic » de Bertrand Burgalat. Il enchaîne avec la composition du nouvel album « Azul » de sa compagne Héléna.
En 2003, il se lance dans la réalisation d’un court métrage « 1 km à pied » et d’un long métrage « Peau de cochon » sorti en avril 2005. Philippe Katerine fait aussi des apparitions dans les films « Peindre ou faire l’amour » des frères Larrieux et « Les invisibles » de Thierry Jousse.
Cette farce sur le pouvoir et la mégalomanie a été mise en images par Igor Keltchewsky, vidéaste créatif fasciné par les avatars et les mondes futuristes.
Anecdotes et Réflexions Personnelles
Philippe Katerine est né le 8 décembre 1968 et est originaire de Chantonnay en Vendée, près de Nantes. A l'adolescence, il a monté des groupes sous influences anglo-saxonnes avec des amis, ne prenant jamais ça vraiment au sérieux. et ce fût pour lui une sorte de déclic. Parallèlement à sa vie professionnelle, il a commencé de composer ses chansons dans sa chambre, jusqu'au jour où ses proches l'ont poussé à aller plus loin.
Comme à chaque fois qu'un nouvel épisode sort, et quel que soit l'invité, j'écoutais il y a quelques jours le podcast de l'excellent David Castello-Lopes, "Small Talk".
Je ne serais pas ici si je n'aimais pas jouer avec les autres. J'ai fait des disques avec plein de gens et fait des choses que je n'aurais pas pu mener à bien sans la joie du collectif.
Mon corps n'est pas lourd et disgracieux. Je m'en suis rendu compte quand j'ai pratiqué le slam (se jeter dans la foule pour qu'elle vous rattrape, NDLR). Mon premier, c'était pendant le tournage du clip de Louxor j'adore. J'étais sur un char et j'ai sauté spontanément dans la foule. Miracle : les gens pouvaient supporter mon poids. Mieux, ça ne les dérangeait pas de me toucher !
Il n'y a pas que Louis de Funès dans la vie. C'est une leçon de l'un de mes professeurs à l'université Rennes 2, où j'ai fait mes études d'arts plastiques. Avant lui, je ne regardais que des films populaires. Ça m'a fait un choc de découvrir le cinéma d'auteur de Jean Genet ou La Maman et la Putain, de Jean Eustache. Ces œuvres m'ont ouvert l'esprit.
Je prends des cours de chant en regardant les télé-crochets. Je n'ai pas honte de regarder « The Voice » (TF1), « Star Academy » (NRJ12) et « Nouvelle Star » (D8). Quand le jury dit aux candidats « Ça, c'est faux ! » ou « C'est mal placé », je me dis que ces réflexions peuvent me servir.
Certaines personnalités de droite me plaisent. J'en ai pris conscience en les dessinant dans mon livre Comme un ananas (Denoël), en 2012. Roselyne Bachelot ou Jean-Pierre Raffarin ont de la tendresse dans le regard. Je me suis attaché à certains d'entre eux… Mais pour l'instant, ma sensibilité reste à gauche.
Il n'existe pas de parents trop gentils. A 20 ans, j'avais envie de brûler l'éducation que j'avais reçue parce que j'en voulais à mes parents de m'avoir trop protégé, en me cachant la réalité de la guerre et les dangers du quotidien. Aujourd'hui, je les remercie de m'avoir donné tout cet amour.
Regarder quelqu'un danser permet d'en apprendre beaucoup sur lui. Parfois, je me cache pour observer les gens bouger leur corps. Les timides claquent des doigts sans remuer les pieds, les gens sûrs d'eux font l'hélicoptère avec leurs bras… J'en sais plus sur ces personnes que si j'avais parlé avec elles pendant deux heures.
Il faut savoir passer la balle, au basket comme dans la vie.
On s'attendait à beaucoup de choses quand on a proposé à Philippe Katerine de poser nu pour le Mag, mais on n'imaginait pas qu'il pousserait le jeu jusqu'à monter fesses à l'air dans l'ascenseur de L'Équipe, un simple tablier pour couvrir ce que la décence imposait de cacher. Plutôt du genre pudique dans sa vie privée, le chanteur et acteur de 55 ans n'est plus le même homme « quand il y a une caméra ou un appareil photo ». « C'est curieux, mais plus je me suis empâté, moins j'ai eu de complexes. Maintenant, j'expose mon corps avec joie. »
C'est-à-dire qu'à 8 ans, j'ai été opéré du coeur. J'avais un trou qu'on m'a rebouché avec une peau de cochon. Et depuis cet événement, en 1976, dès qu'on me touchait, j'étais comme traumatisé. J'étais un traumatosaure, si je puis emprunter ce néologisme. Ouais, un traumatosaure. Parce que j'étais dans l'âge primitif de mon corps. Et puis au bout d'un moment, connaissant le sport, le basket qui m'a aidé, l'amour physique, j'ai fini par ouvrir le corps. Le fait de commencer à danser devant des gens (pour un spectacle de chansons chorégraphiées conçu avec Mathilde Monnier en 2006) m'a fait un bien fou, aussi. Ça m'a décomplexé. C'est peut-être un déclic, mais il y en a eu plusieurs. Comme la première fois où je me suis jeté dans le public pour le clip de Louxor, j'adore. Abandonner mon corps aux gens qui étaient là, ce n'était pas rien et ça m'a fait beaucoup de bien. Je me suis dit, "tiens, autrui n'est pas si dangereux que ça".
Le Freeball : Une Révolution Sportive ?
Moi, j'ai inventé un sport. Un sport très familial qui connaît un grand succès dans mon entourage. C'est une fédération internationale, déjà, de 88 licenciés. D'ailleurs, c'est plus qu'un sport, c'est une révolution. Oui monsieur. C'est le premier sport complètement mixte, intergénérationnel. On peut jouer à 77 ou à 7 ans et avoir à peu près le même niveau, je vais vous expliquer pourquoi. Et il est handicap-friendly. Ça s'appelle le freeball. Et je suis stupéfait que personne n'y ait pensé avant moi.
En général, le terrain peut se dessiner sur une plage de sable un peu dure. Ou alors sur une pelouse où vous tendez une corde. En délimitant deux camps. Comme un terrain de volley, mais sans filet, et dont la taille serait proportionnelle au nombre de participants. Ça se joue avec une balle légère, plutôt de plage, à un contre un, deux contre deux, trois contre trois. Je l'ai appelé freeball parce que c'est libre : on peut utiliser les mains, les pieds, les fesses, la tête, tout. Et le gros principe, révolutionnaire, de ce sport, c'est la balle ascendante. C'est-à-dire toujours vers le haut. Jamais de smash, jamais de conclusion hâtive ou agressive. Ce qui empêche, évidemment, l'accélération du niveau de jeu lors des échanges.
J'ai testé auprès d'amis qui ne sont pas forcément férus de ballon. Ils y excellent tout de suite et en réclament toujours plus. J'ai même proposé ça à des familles en discorde. Eh bien après une partie de freeball, tous les malentendus sont oubliés, effacés.
Peut-être que je tourne quelques vidéos explicatives, aussi, parce que je ne sais pas si c'est bien compréhensible, tout ce que je dis là.
Je vais faire un bouquin là-dessus, que j'ai déjà commencé d'ailleurs. Et qui va s'appeler Toujours vers le haut. Parce que j'ai constaté à quel point ce sport était démocratique.
“Le mignonisme”, courant artistique créé par Philippe Katerine
Le chanteur a profité de sa visite dans nos locaux pour s'adonner à une partie de baby-foot, à découvrir sur notre site en vidéo.
Tableau Récapitulatif des Albums Principaux de Philippe Katerine
| Année | Titre de l'Album | Notes |
|---|---|---|
| 1991 | Les Mariages chinois | Premier album, confidentiel |
| 1996 | Mes mauvaises fréquentations | Succès d'estime |
| 1999 | L'Homme à trois mains / Les Créatures | Double album, tournant dans sa carrière |
| 2005 | Robots après tout | Révélation avec "Louxor j'adore" |
| 2010 | Philippe Katerine | Album plus intime |

Philippe Katerine et son concept du Freeball