Dans le monde de la mode, comme dans nos rues, Philipp Plein est un nom qui ne passe pas inaperçu. Le créateur allemand a fait de sa marque une référence dans le milieu du rap, mais aussi dans les quartiers. Sa force réside dans un bling-bling assumé, des strass et des paillettes, attirant ainsi des stars au rendez-vous.
Validé par des artistes comme Lacrim, qui a fait de ses créations son uniforme, Philipp Plein habille également des artistes américains tels que Tyga, Teyana Taylor et Future.

Un exemple de T-shirt Philipp Plein NBA.
L'ascension fulgurante de Philipp Plein
Pour comprendre l'impact de Philipp Plein, il est essentiel de connaître son parcours. Envoyé dans un pensionnat suisse à l'âge de 16 ans pour cause d'indiscipline chronique, il tente d'abord de se fondre dans ce nouveau milieu particulièrement snob. Puis, il s'est ensuite tourné vers l'ameublement. « J’étais le premier à faire ça. Je pouvais le fabriquer dans toutes les couleurs, les gens en étaient dingues. »
« Quand je suis arrivé dans le monde de la mode, tout, absolument tout semblait déjà établi. C’est comme ça que j’ai compris que je devais faire quelque chose de différent si je voulais réussir. » Dans un marché saturé, il s'est établi dans une niche : celle des nouveaux riches qui veulent montrer l’argent qu’ils ont gagné.
Selon Philipp Plein : « Je me disais que si je sortais des t-shirts qui coûtaient 500 euros, automatiquement ça intéresseraient les meilleures boutiques. Mille autres marques font des pulls noirs en cachemire à 900 euros, sauf qu’en écrivant sur les miens ‘F*ck you all’ en strass et en les facturant 3 000 euros, ça marche mieux. »
« Le produit n’est que secondaire, il change tout le temps. Ce qu’on retient, c’est ton nom sur tes boutiques, ton image de marque. Tu ne vends que des rêves. Et nous on a inventé une nouvelle manière de communiquer le rêve aux gens.
D'ailleurs quand lui est posé la question sur sa vérité, voilà ce qu'il répond : « C’est à chacun de se faire son propre avis, de voir ce qu’il veut voir. Moi je travaille beaucoup, je rêve et j’aime ce qui est beau. »
Philipp Plein et la culture du rêve
Philipp Plein vous fait visiter sa villa de rêve !
« Je n’ai jamais voulu faire de la mode, c’est juste qu’il y avait tellement plus d’argent à gagner. À quel rythme achètes-tu une chaise ? A quel rythme achètes-tu une paire de chaussures ? Et puis il y a le prix. 1 500 euros pour une chaise, c’est cher. Quand tu vois un sac à 2 000 euros, tu te dis, ça va. La marge sur le sac est 10 fois supérieure à celle de la chaise. Et tu le refourgues 1 000 fois plus facilement.
La collaboration avec la NBA : Un mariage controversé
La collaboration entre Philipp Plein et la NBA a suscité des réactions mitigées. D'un côté, elle a permis d'introduire le luxe et l'audace de la marque dans l'univers du sport. De l'autre, elle a été critiquée pour son aspect ostentatoire et son ciblage d'une clientèle spécifique.
Découvrez les t-shirts NBA incontournables inspirés par l'univers audacieux de Philipp Plein !
Jimmy Proux : les coulisses du métier de Booker
Philipp Plein face aux critiques
Philipp Plein a toujours assumé son identité et n'a jamais craint le jugement des autres. « J’ai réussi parce que je n’ai pas peur du jugement des autres. Je ne suis pas Coca-Cola. Je ne suis pas pour tout le monde. Je suis Coca-Cola avec une dose de whisky. »
« Depuis quinze ans, je travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour réaliser mon rêve et construire mon groupe. Je respecte tout le monde et je n’ai jamais reçu le soutien du milieu. Alors j’en profite pour dire que je ne m’excuse auprès de PERSONNE ! »
« Lorsque vous lancez un nouveau produit, la première question à vous poser n’est pas ‘En quoi est-il meilleur que celui des concurrents ?’ mais ‘En quoi est-il le premier ?’ Quand vous arrivez le premier dans une catégorie, il ne vous reste plus qu’à la promouvoir car par définition vous y êtes sans concurrence.
« J‘ai assumé mon identité sans plus me soucier de ce que pensaient ces gens. Ils croient que vous les provoquez parce que vous refusez de vous adapter à leur système. »
« Mon père m’a toujours dit : « N’achète pas quelque chose que tu ne peux pas payer cash. » Aujourd’hui, certains jeunes achètent du Philipp Plein alors qu’ils n’en ont pas les moyens. On peut acheter une télévision et payer plus tard. C’est vraiment dangereux, on vit dans un monde centré sur la consommation, et on se fait manipuler. Pourquoi les gens ont-ils besoin du nouvel iPhone ? L’ancien est trop vieux, il ne marche plus ? »
« Je suis un rêveur et je crois en mes idées. Sans rêve, on n’a pas de motivation pour se lever, étudier, travailler, s’acharner et vivre ce type de vie. Tout le monde en a, mais si vous ne croyez pas en eux, personne ne le fera à votre place.
Le contexte actuel et les enjeux de société
Dans l'actualité, il est souvent question de contexte. Car, entre-temps, à la suite de la mort de George Floyd asphyxié lors son interpellation par la police à Minneapolis (Minnesota), le mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») a émergé aux yeux de la population américaine, et la NBA - dont près de 80 % des joueurs sont noirs - s’est lancée dans une vaste campagne pour promouvoir l’égalité sociale et raciale.
Ainsi, Jonathan Isaac, l’ailier d’Orlando, a été, vendredi, le premier - deux matchs avaient été joués la veille - à ne pas suivre ce nouvel élan collectif, soulevant quelques interrogations sur ce choix. D’autant que le joueur du Magic ne portait pas non plus le tee-shirt de soutien au mouvement Black Lives Matter.
Le joueur afro-américain de 22 ans a assuré, après la rencontre, qu’il soutenait « absolument » Black Lives Matter : « J’ai juste senti que me mettre à genoux ou porter un tee-shirt Black Lives Matter n’était pas indispensable pour soutenir Black Lives Matter. »
« Tout le monde est fait à l’image de Dieu et nous sommes tous loin d’être à la hauteur de la gloire de Dieu », a poursuivi Isaac, chrétien pratiquant qui prêche parfois dans une église non confessionnelle d’Orlando.
« Quand vous regardez autour de vous, le racisme n’est pas la seule chose qui tourmente notre société, qui tourmente notre nation, qui tourmente notre monde », a-t-il poursuivi.
Avant de conclure : « Je me retrouve dans ce message, pas seulement sur le racisme, mais tout ce qui afflige notre société. J’ai la sensation que notre réponse à cela, c’est l’Evangile. »
Gregg Popovich, une voix qui porte, est resté debout Vendredi toujours, l’entraîneur charismatique des San Antonio Spurs, Gregg Popovich, dont la voix est une de celles qui portent le plus dans la ligue et qui a délivré des messages très forts en faveur du mouvement Black Lives Matter, a revêtu comme tout le monde le tee-shirt noir, mais est resté debout durant le Star Spangled Banner, l’hymne national américain, tout comme son adjointe Becky Hammon.

Gregg Popovich soutenant le mouvement Black Lives Matter.
« Je préfère garder cela pour moi », a répondu le technicien de 71 ans à un journaliste de la chaîne sportive ESPN lui demandant pourquoi il avait préféré rester debout.
« Tout le monde doit prendre une décision personnelle. La ligue a été formidable à ce sujet. Chacun a la liberté de réagir comme il l’entend. Pour toutes les raisons qui me sont personnelles, j’ai agi comme je le voulais », a précisé celui qui a servi cinq ans dans l’US Air Force, l’armée de l’air américaine, dans les années 1970.
Aux Etats-Unis, la question du respect de l’hymne national est souvent liée aux considérations militaires : les opposants ou les réfractaires au kneeling - le fait de se mettre à genoux - y voient, notamment, un manque de respect aux forces armées américaines.
« Je soutiens vraiment “BLM” et j’aime et soutiens aussi l’armée, mon frère et les gens qui se sont battus pour défendre nos droits dans ce pays », a déclaré le pivot dont l’aîné a effectué des missions en Afghanistan avec les marines.
« Je suis un être humain compatissant. Je ne peux pas pleinement comprendre comment notre monde, au sens propre et figuré, s’est transformé en noir et blanc », a-t-il ajouté.
« “Si tu n’es pas à genoux, tu n’es pas avec nous”, pourra-t-on me dire. Ce n’est pas vrai. Alors que la NBA a autorisé les joueurs à remplacer leur patronyme par un message de soutien à la lutte contre les injustices raciales et sociales, l’ailier avait souhaité ne rien afficher et s’en est expliqué juste avant la rencontre : « J’approuve et respecte tous les messages que la ligue a choisis, mais, pour moi, ne pas porter de message ni de nom revient à redevenir celui que j’étais avant. Si je n’étais pas qui je suis aujourd’hui, je ne serais pas différent de n’importe quelle autre personne de couleur. »
« Je veux que ce soit ça mon message, en tant que joueur NBA. Tout le monde a les mêmes droits, quoi qu’il arrive », a-t-il ajouté.
Butler a salué l’élan collectif qui se produit depuis jeudi pour afficher un soutien d’ampleur à Black Lives Matter : « C’est ce qui doit être fait. Parce que c’est ainsi que nous atteindrons notre but pour le plus grand bien. »
Depuis le début des années 1980, le règlement de la NBA oblige à se tenir debout pendant l’hymne national. Mais Adam Silver, le patron de la ligue, a déclaré, vendredi, qu’il n’y aurait pas de sanction en raison des circonstances actuelles. Le contexte, toujours le contexte…