Le beach-volley, un sport né sur les plages californiennes, a trouvé une terre d'accueil particulièrement fertile au Brésil, mais aussi en Espagne. Cet article explore l'ascension de talents comme Paula dans le beach-volley espagnol, le succès de ce sport au Brésil, ses succès olympiques, et revient sur un moment de tension mémorable lors des Jeux de Paris 2024.

Le Beach-Volley au Brésil : Une Passion Nationale
Le volley-ball et son dérivé, le beach-volley, sont plus que de simples sports au Brésil ; ils sont une véritable passion nationale. Considérés comme les sports de balle numéro deux après le football, ils suscitent un engouement populaire immense. Cette popularité s'explique en partie par les succès retentissants de l'équipe nationale de volley-ball.
L'équipe brésilienne de volley-ball est une source de fierté pour ses supporters. Avec trois médailles d’or aux Jeux Olympiques, deux Coupes du Monde, trois titres de champion du monde et vingt-neuf titres de champion d’Amérique du Sud, elle domine la scène internationale. Actuellement, le Brésil est positionné comme la meilleure nation au classement officiel de la Fédération Internationale de Volley-Ball (FIVB). La victoire de l'équipe masculine aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016, acquise à domicile dans le mythique Maracanazinho, a renforcé encore davantage cette popularité. L'entraîneur de cette équipe victorieuse, Bernardo Rocha de Rezende, affectueusement surnommé "Bernardinho", est devenu un véritable héros national.
L'ambiance survoltée des matchs de volley-ball au Brésil contribue également à sa popularité. À l'instar des matchs de football ou de Formule 1, chaque interruption est une occasion pour les batucadas de faire vibrer le stade, tandis que la frénésie des spectateurs atteint des sommets. Cette exubérance fait partie intégrante de la culture brésilienne, où l'expression des sentiments est encouragée, et le sport offre un terrain idéal pour donner libre cours à cette passion.
Le beach-volley a rapidement conquis le cœur des Brésiliens. Ce sport, qui se pratique en équipes de deux, s'est implanté à partir des plages de Rio de Janeiro, où il a rencontré un succès immédiat. Le beach-volley est pratiqué par environ 1,5 million d’habitants au Brésil, et le pays compte un millier de clubs.
Sur le plan sportif, le Brésil a dû attendre les années 1990 et l'introduction du beach-volley aux Jeux Olympiques pour s'illustrer sur la scène internationale. Les équipes masculines ont remporté deux médailles d’or (2004 et 2016), et les féminines une (1996), sans compter les médailles d’argent et de bronze, portant le nombre total de médailles à 13. Le Brésil fait actuellement partie des meilleures nations de beach-volley au monde, aux côtés des États-Unis et de l’Australie. Aux Jeux de Rio en 2016, l'équipe masculine, composée d'Alison Cerutti et de Bruno Oscar Schmidt, a décroché l'or devant son public, ajoutant une nouvelle page de gloire à l'histoire du beach-volley brésilien.
Jeux Olympiques de Paris 2024 : Programme et Événements Marquants
Les Jeux Olympiques de Paris 2024, qui se sont déroulés du 26 juillet au 11 août, ont été un événement sportif majeur, attirant près de 10 millions de spectateurs, dont 3 millions d’étrangers. Ces jeux ont mis en lumière le talent des athlètes du monde entier.
Programme de Beach-Volley
Voici un aperçu du programme de beach-volley, mettant en évidence les matchs impliquant des équipes brésiliennes et australiennes :
- Samedi 27 juillet:
- 15:00 : Ahman/Hellvig (Suède) - Nicolaidis/Carracher (Australie) (H)
- 18:00 : Xue/X.y.xia (Chine) - Mariafe/Clancy (Australie) (F)
- 19:00 : George/Andre (Brésil) - Abicha/Elgraoui (Maroc) (H)
- Dimanche 28 juillet:
- 11:00 : Carol/Barbara (Brésil) - Akiko/Ishii (Japon) (F)
- 16:00 : Ana Patricia/Duda (Brésil) - Marwa/D. Elghobashy (Égypte) (F)
- Lundi 29 juillet:
- 09:00 : Cottafava/Nicolai (Italie) - Nicolaidis/Carracher (Australie) (H)
- 22:00 : Nuss/Kloth (États-Unis) - Mariafe/Clancy (Australie) (F)
- Mardi 30 juillet:
- 12:00 : George/Andre (Brésil) - Diaz/Alayo (Cuba) (H)
- 21:00 : Ana Patricia/Duda (Brésil) - Liliana/Paula (Espagne) (F)
- Mercredi 31 juillet:
- 20:30 : Evandro/Arthur (Brésil) - Schachter/Dearing (Canada) (H)
- Jeudi 1 août:
- 16:00 : Mariafe/Clancy (Australie) - Bansley/Bukovec (Canada) (F)
- 20:00 : Ana Patricia/Duda (Brésil) - Gottardi/Menegatti (Italie) (F)
- Vendredi 2 août:
- 17:00 : Carol/Barbara (Brésil) - Stam/Schoon (Pays-Bas) (F)
- Dimanche 4 août:
- 17:00 : Carol/Barbara (Brésil) - Mariafe/Clancy (Australie) (F)
- Lundi 5 août:
- 21:00 : Ana Patricia/Duda (Brésil) - Akiko/Ishii (Japon) (F)
- Mardi 6 août:
- 21:00 : Mariafe/Clancy (Australie) - Esmee/Zoe (Suisse) (F)
- Jeudi 8 août:
- 21:00 : Ana Patricia/Duda (Brésil) - Mariafe/Clancy (Australie) (F)
- Vendredi 9 août:
- 21:00 : Mariafe/Clancy (Australie) - Huberli/Brunner (Suisse) (F)
- 22:30 : Ana Patricia/Duda (Brésil) - Melissa/Brandie (Canada) (F)
🏐 Best beach volleyball moments at #Paris2024
Un Moment de Tension Adouci par la Musique
Un moment particulièrement marquant des Jeux de Paris 2024 s'est déroulé lors de la finale du tournoi féminin de beach-volley, opposant le Brésil au Canada. Alors que les deux équipes étaient à égalité (un set partout), une dispute a éclaté entre les Brésiliennes Ana Patricia et Eduarda Santos, et les Canadiennes Melissa Humana-Paredes et Brandie Wilkerson. Face à cette situation, le DJ a pris l'initiative de lancer le tube "Let It Be" des Beatles. L'effet fut immédiat : le public a repris en chœur cet hymne à la paix, apaisant les tensions sur le terrain. Les joueuses, d'abord crispées, ont esquissé des sourires, reconnaissant le pouvoir de la musique à transcender les rivalités sportives.
Paula Leiton : Une Championne de Water-Polo qui Inspire
L'Espagne a également brillé aux Jeux Olympiques de Paris 2024, notamment grâce à des athlètes comme Paula Leiton. À 24 ans, l'avant-centre espagnole présente déjà un palmarès des plus reluisants avec une médaille d'argent à Tokyo, celle en or acquise à Paris, donc, mais aussi deux titres européens (2020 et 2022) et trois autres médailles d'argent remportées lors de Championnats du monde (2017, 2019, 2023). Et pour atteindre de tels résultats dans un sport aussi « brutal », les profils similaires à ceux de Paula Leiton sont forcément les bienvenus.

« Si vous regardez notre équipe, nous sommes trois qui mesurent environ 1,90 m et il faut un physique puissant pour supporter un match, a expliqué la joueuse du club catalan du CN Sabadell avant de lancer. Je n'ai aucune inquiétude quant à ce qu'ils disent, mais s'ils doivent continuer à faire ces commentaires, ils devraient penser aux autres personnes qu'ils pourraient blesser. Cela ne m'affecte pas, mais cela pourrait affecter une petite fille. »
Paula Leiton lors des JO de Paris 2024. Attaquée sur son physique pendant le tournoi olympique de water-polo qu'elle a remporté avec l'Espagne cet été, Paula Leiton a pris la parole publiquement pour dénoncer des « commentaires qui pourraient blesser des petites filles » et pour clamer qu'elle « aime beaucoup » son corps.
Quand vous êtes un athlète olympique et que vous mesurez 2,00 m pour 120 kg, vous avez de grandes chances d'impressionner le public, voire d'être complimenté pour votre physique hors normes. Mais si vous êtes une joueuse de water-polo et que vous mesurez 1,87 m pour 96 kg, vous pouvez être sûre que vous allez être attaquée sur votre apparence, et ce même si vous aidez votre pays à récolter sa première médaille d'or aux JO.
La championne olympique espagnole Paula Leiton peut en témoigner : elle a essuyé de nombreuses moqueries et insultes sur les réseaux sociaux pendant le tournoi olympique, dans un sport qui est pourtant mondialement reconnu pour être très exigeant. « Peut-être qu'ils pensent qu'ils vont me faire du mal mais je sais à quoi ressemble mon corps et je l'aime beaucoup, s'est-elle défendue après la compétition sur la chaîne Cuatro TV. Je travaille avec pour performer dans un sport qui est ma vie. Je m'en fiche des commentaires. Je viens de remporter une médaille d'or olympique, c'est le rêve que j'ai depuis que je suis petite ».
Les Compétitions Locales et le Développement du Beach-Volley
En parallèle des événements internationaux, le beach-volley se développe également à travers des compétitions locales et des initiatives promotionnelles. Par exemple, le "Saint-Cham'Beach Volley Festival" propose des tournois pour les jeunes, des initiations et des tournois de partenaires. Ces événements contribuent à populariser le sport et à découvrir de nouveaux talents.
L'ESCV (Entente Sportive de la Côte du Volcan) joue un rôle actif dans la promotion du beach-volley auprès des jeunes, avec des portes ouvertes et des animations.
L'Importance de la Préparation Physique et Mentale
Le beach-volley est un sport exigeant qui nécessite une préparation physique et mentale rigoureuse. Les athlètes doivent être en excellente condition physique pour supporter les efforts intenses et les conditions climatiques parfois difficiles. La technique est également essentielle, avec des compétences spécifiques pour le service, la réception, la passe et l'attaque.
Sur le plan mental, les joueurs doivent faire preuve de concentration, de détermination et de capacité à gérer la pression.
Tenues et Controverses : Le Cas du Hijab dans le Beach-Volley
Le beach-volley, discipline olympique depuis 1996, est un sport qui se joue traditionnellement en bikini pour les femmes et en short pour les hommes. Cependant, les règles vestimentaires ont évolué pour tenir compte des diversités culturelles et religieuses. Cette évolution soulève des questions complexes liées à la liberté individuelle, aux valeurs culturelles et à la laïcité, particulièrement en France.
Histoire et évolution des règles vestimentaires
Le beach-volley a fait son apparition au début des années 1920 sur les plages de Santa Monica, en Californie. Il est devenu une épreuve olympique à part entière en 1996, lors des Jeux d'Atlanta.
Traditionnellement, le beach-volley féminin a été associé à une image de joueuses en bikini, une tenue considérée pratique et emblématique de ce sport de plage. Cependant, afin de promouvoir la discipline dans l'ensemble des pays, y compris les plus conservateurs, la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB) a assoupli ses règles en 2012, avant les Jeux de Londres.
Les joueuses peuvent désormais porter un legging long ou un bermuda descendant jusqu'à 3 centimètres au-dessous du genou, et revêtir un tee-shirt, à manches courtes ou longues. Cette modification a été introduite pour répondre à des motifs religieux ou culturels, permettant ainsi à des athlètes de différentes origines de participer sans compromettre leurs convictions.
Les règles actuelles de la FIVB
Le règlement sportif de 2016 édicté par la fédération internationale précise, en plus des habituelles brassières dévoilant le nombril, le type de tenues autorisées en raison de « croyances religieuses ou culturelles. » Les athlètes peuvent ainsi jouer les jambes entièrement couvertes, et porter des manches allant jusqu'aux poignets.
En pratique, ce fut surtout en raison de la météo londonienne pas vraiment clémente que les beach-volleyeuses durent se couvrir lors des Jeux d'été de 2012. Chaque équipe prévoit ainsi les tenues de ses joueuses, en accord avec la réglementation de la FIVB. Un impératif cependant : les deux joueuses doivent porter la même tenue sur le terrain. Les beach-volleyeuses des équipes du Costa Rica, du Venezuela, d'Espagne ou encore d'Argentine ont également joué les épaules (et/ou les jambes) couvertes.
Lors de leur victoire face aux Allemandes ce lundi soir, les Françaises Lézana Placette et Alexia Richard portaient un short et une brassière, étant l'une des rares équipes à ne pas avoir de bikini pour le tournoi de beach-volley féminin aux Jeux olympiques de Paris.
Controverses et débats
L'assouplissement des règles vestimentaires a suscité des débats passionnés. Certains y voient une entorse à un des principes fondamentaux des Jeux, la neutralité. L'article 50-2 de la charte olympique interdit en effet toute « sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale […] dans un lieu, site ou autre emplacement olympique. »
D'autres estiment que laisser les joueuses concourir vêtues de tenues couvrantes ou voilées favorise la participation des athlètes femmes, mais ne fait d'ailleurs pas consensus au sein des mouvements féministes, qui y voient une légitimation d'un instrument de domination de la femme.
Pour Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, « découvrir les femmes pour des raisons commerciales ou les couvrir pour des raisons religieuses, c'est les considérer comme des objets sexuels. Le sport, censé être le langage universel par excellence, devient l'outil de transmission de stéréotypes et de relativisme culturel ».
Par ailleurs, le beach-volley souffre d'une image hypersexualisée, véhiculée notamment par sa couverture médiatique. Une étude réalisée durant les Jeux d'Athènes en 2004 montrait ainsi que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou sur le fessier des joueuses.
Pourtant, plusieurs beach-volleyeuses défendent le port du bikini. Sa compatriote Jen Kessy affirmait de son côté en 2012 qu'on ne la verrait jamais en short sur un terrain, également en raison du sable qui aurait une fâcheuse tendance à finir dans les poches. Les joueurs masculins de beach-volley concourent pourtant dans cette tenue, et en débardeur.
Le cas de Doaa Elghobashy
L'athlète égyptienne Doaa Elghobashy, qui a participé aux Jeux olympiques de Rio en 2016 en portant un hijab, est un exemple emblématique de cette évolution. Une photo d'elle, opposée à une joueuse allemande en bikini, a été interprétée de diverses manières, symbolisant à la fois l'esprit olympique du vivre-ensemble et un prétendu « choc des cultures ».

Doaa El-Ghobashi ne s'est pas vu imposer le voile islamique par sa fédération. Sa coéquipière, Nada Moawad, jouait d'ailleurs tête nue, le port du voile n'étant pas obligatoire en Egypte (même s'il est majoritaire). Finalement éliminées par l'Allemagne, les deux athlètes étaient les premières Egyptiennes à participer aux JO dans cette discipline.
Doaa El-Ghobashi, qui s'est exprimée à plusieurs reprises dans les médias sur le sujet, a d'ailleurs expliqué qu'elle avait « doublement vérifié que la liberté de tenue était d'application dans ce sport » avant de s'y consacrer.
Doaa Elghobashy, qui participe aux Jeux olympiques de Paris 2024 en leggings et en portant un hijab, a fait part de son incompréhension concernant l'interdiction imposée à l'équipe de France. C'est une interdiction qu'elle ne comprend pas et elle n'a pas manqué de le faire savoir.
Alors qu'elle peut disputer ses matchs en portant son hijab, la beach volleyeuse égyptienne Doaa Elghobashy a évoqué la différence de traitement avec les athlètes françaises qui, elles, ne peuvent pas prendre part aux Jeux dans cette tenue. "Je veux jouer avec mon hijab, elle veut être en bikini - tout est ok, que l'on veuille être nue ou porter un hijab. Il faut simplement respecter les différentes cultures et religions", a-t-elle déclaré auprès du journal suédois Expressen jeudi.
La joueuse égyptienne et sa coéquipière Marwa Abdelhady participent au tournoi olympique en leggings, avec des manches longues et un foulard hijab. Elles se sont inclinées jeudi contre les Espagnoles Liliana Fernández Steiner et Paula Soria Gutiérrez, toutes deux en bikini. "Je ne vous dis pas de porter un hijab et vous n'avez pas à me dire de porter un bikini. Personne n'a le droit de m'imposer comment m'habiller.
La position de la France et la laïcité
En France, le principe de laïcité est au cœur des débats sur le port de signes religieux dans le sport. En vertu de ce principe, le pays-hôte a interdit à ses athlètes - et seulement aux siennes,- de porter le hijab et le voile aux Jeux olympiques de Paris. Une mesure qui concerne notamment le football, le basket, le volley et la boxe et qui a largement été critiquée.
Amnesty International s'en était notamment indigné et avait même écrit au CIO pour lui demander d'intervenir. "Les interdictions imposées par les autorités sportives françaises sont discriminatoires et empêchent les athlètes musulmanes qui choisissent de porter le hijab de faire valoir leur droit humain de faire du sport sans quelconque discrimination.
Cette interdiction a suscité de vives réactions et a soulevé des questions sur la compatibilité entre la laïcité et la liberté religieuse.
La Fédération française de volley (FFvolley) s'apprête également à clarifier ses règlements relatifs au respect de la laïcité et de la « neutralité ». À la suite de sa soumission au conseil d'administration de l'instance, un nouveau « préambule des statuts » de la FFvolley doit être validé, selon nos informations, lors de la prochaine assemblée générale de l'instance, le 28 octobre, à Rungis (Val-de-Marne).
« C'est un rappel aux règles de la laïcité, nous confirme Éric Tanguy, le président de la FFvolley. Nous avons un contrat d'engagement de respect des valeurs républicaines avec l'État et la laïcité en fait partie. Tout est écrit de façon plus claire, ce qui n'était pas le cas auparavant. On respecte la règle 50 de la Charte olympique (concernant la « neutralité » du sport sur ses lieux de pratique) et la loi de la République. » Les contrevenants risqueront des « poursuites disciplinaires et/ou pénales ».
Ce nouveau texte, auquel L'Équipe a eu accès, rappelle d'abord l'interdiction de toute « discrimination » ou de toute « atteinte à la dignité d'une personne », en raison notamment de son « orientation sexuelle », de son « origine ethnique », de son « apparence physique » et de ses « convictions ou opinions ».
Puis ce règlement se montre beaucoup plus précis, dans le cadre de « compétitions ou de manifestations organisées par la FFvolley », sur ce qui pourra faire l'objet de « poursuites disciplinaires et/ou pénales » pour les contrevenants. Ces interdictions concernent « tout discours ou affichage à caractère politique, idéologique, religieux ou syndical », « tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale », « tout acte de prosélytisme ou manoeuvre de propagande » et « toute forme d'incivilité ».
Ces précisions réglementaires interviennent dans un contexte sensible, où ont donc émergé, dans quelques disciplines, des tensions liées à l'interdiction du port du voile en compétition.
Une disposition législative souhaitée sur le sujet
Tanguy s'appuie en outre sur la récente décision du Conseil d'État, consécutive à une requête des Hijabeuses, un collectif de footballeuses qui militent pour le droit de jouer voilées en compétition. Les jeunes femmes, abritées par une association, ont été déboutées fin juin : elles demandaient l'abrogation de l'article 1 des statuts de la FFF, qui interdit notamment « tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ».
Jean-Pierre Siutat, le président de la FFBB, expliquait mardi dans nos colonnes qu'il espérait une « disposition législative, peut-être un décret » du gouvernement sur la question. « C'est ce que nous souhaitons comme d'autres fédérations », ajoutait-il. Un souhait également partagé par son homologue Éric Tanguy, qui estime que « quand ça vient de l'État, c'est plus simple ».
Comme annoncé par L'Equipe le 19 octobre, la FFvolley a clarifié le préambule de ses statuts relatifs aux « principes de laïcité et de neutralité ». Cet ajustement réglementaire a été validé, à l'unanimité, lors de la dernière assemblée générale de l'instance, qui s'est déroulée le samedi 28 octobre à Rungis (Essonne).
Le nouveau texte, qui rappelle d'abord l'interdiction de toute « discrimination » ou de toute « atteinte à la dignité d'une personne », en raison notamment de son « orientation sexuelle » ou de son « origine ethnique », s'étend ensuite sur ce qui pourra faire l'objet de « poursuites disciplinaires et/ou pénales » pour les contrevenants, dans le cadre de « compétitions ou de manifestations organisées par la FFvolley ».
Réactions et sentiments du public
Ceux qui fantasment encore sur le beach-volley féminin doivent quand même être un peu déçus devant leur téléviseur lors de cette édition de Paris 2024. Alors que le basket et le football connaissent des remous, au niveau amateur, sur la question de l'interdiction du port du hijab (voile islamique) en compétition, la Fédération française de volley s'apprête également à clarifier ses règlements relatifs au respect de la laïcité et de la « neutralité ».
Les réactions sur les réseaux sociaux montrent une diversité d'opinions, allant de commentaires sexistes à des réflexions sur la liberté individuelle et le respect des cultures.
Morceaux choisis sur X : « Rien à branlé de la cérémonie mettez nous les putain de gros cul au beach volley putain » (sic) ; « Qui va regarder le volley Beach si il n y a pas des fesses à l’air ? » ; « Je peux pas regarder, j’ai beach volley. Bon cheval » ; « C’est quand même sympa le #BeachVolley aux #ParisOlympics2024 ! Ça incite à regarder », ce dernier post étant accompagné d’images TV montrant des joueuses allemandes en bikini…
Le choix vestimentaire des joueuses françaises
Bikinis, shorts, leggings… Si la question fait encore jaser hors des terrains, les joueuses de l’équipe de France considèrent que ce n’est plus un débat : elles revendiquent la liberté de s’habiller comme elles l’entendent.
Adeptes de la jupe-culotte, Clémence Vieira et Aline Chamereau ont finalement opté pour le bikini dans ce tournoi olympique, le jugeant « plus sympa » esthétiquement que le short proposé. Lors des Jeux olympiques de Paris, la paire française porte un short et une brassière plutôt que le bikini, qui garde les faveurs de la majeure partie des autres concurrentes. Depuis les JO de Londres, les joueuses ont la possibilité de choisir. Devant son public, la paire française s'est donnée la mission "d'éduquer le public".