L'histoire de la patinoire de l'Île Lacroix à Rouen est intimement liée au développement du hockey sur glace dans la ville et à l'évolution de l'Île elle-même.

Genèse d'un centre sportif sur l'Île Lacroix
Dans le cadre du 5e plan d'équipement, la réalisation d'un centre de natation dans l'Île Lacroix a été retenue. En accord avec le Service départemental de la Jeunesse et des Sports, un programme de construction a été établi en tenant compte de plusieurs facteurs :
- La situation centrale à Rouen de ce futur établissement, complémentaire à la piscine existante, intéresserait de nombreux groupes scolaires et clubs civils, particulièrement en été.
- La nature estivale de la natation permettait d'envisager un bassin aux dimensions olympiques en plein air.
- La volonté de limiter les coûts de réalisation et d'exploitation pour la ville.
- La nécessité de réaliser un ensemble complet dans les meilleurs délais, compte tenu des crédits alloués.
L'ensemble à réaliser se présentait comme suit :
- Une piscine couverte de 25 m x 20 m, avec une profondeur de 1,80 m à 2 m.
- Une piscine couverte d'apprentissage de 20 m x 10 m, avec une profondeur de 0,70 m à 1,30 m.
- Un bassin extérieur de 50 m x 20 m, avec une profondeur de 1,80 m à 2 m, et des zones à 1,80 m et 1,20 m.
- Un bassin à plonger extérieur avec tremplins de 1, 3 et 6 m.
- Une pataugeoire d'environ 400 m², avec des zones de 0,20 m à 0,35 m et de 0,40 m.
- Deux salles de spécialités.
- Deux logements (1 F4 et 1 F2).
- Diverses pièces et un bar.
Cet ensemble devait être étudié en tenant compte de la réalisation future d'une patinoire couverte.
Détails des infrastructures aquatiques
La piscine couverte de 25 m devait être conçue de manière à pouvoir être portée à 50 m dans l'avenir, avec une profondeur de 1,80 m à 2 m. Elle serait en principe fermée l'été, mais devait pouvoir s'ouvrir largement vers l'extérieur en cas de forte affluence. La piscine d'apprentissage devait desservir à la fois la piscine de 25 m et le bassin de 50 m, et ouvrir largement sur la plage des bassins extérieurs. Le bassin extérieur de 50 m serait bordé de gradins pouvant accueillir environ 1 500 spectateurs. L'architecte étudierait la possibilité d'adopter une couverture légère par câbles soutenant un voile dans l'avenir. La pataugeoire comprendrait deux parties, l'une pour les tout-petits et l'autre de 0,40 m pour l'apprentissage du crawl. Il était envisagé de placer un jet d'eau au milieu de cette pataugeoire.
Les salles de spécialités et les locaux annexes
Les deux salles de spécialités, l'une de 120 m² et l'autre de 150 m² avec une hauteur limitée à 3,50 m, seraient destinées à la gymnastique féminine et à diverses activités. Divers locaux étaient également prévus, dont un bureau de direction, un local pour le matériel pédagogique, un local pour le matériel d'entretien, une infirmerie, un local pour le personnel de service et un local pour les maîtres nageurs.
Vestiaires et équipements
Le nombre de cabines de déshabillage (0,80 m x 1,20 m) serait celui conseillé pour la plus grande utilisation théorique, soit 150. Compte tenu des vestiaires collectifs, ce nombre pourrait être limité à 90 (50 côté hommes et 40 côté femmes). Quatre vestiaires collectifs seraient ajoutés, deux de 25 m² côté hommes (un pour adultes et un pour enfants) et deux côté femmes (un de 25 m² pour enfants et un de 30 m² cloisonné pour adultes). Le système des casiers (type consigne de gare) serait adopté pour limiter le personnel. Pour le bassin extérieur, la fosse à plonger et la pataugeoire, environ 1 600 m² seraient aménagés, y compris deux gradins type bain de soleil (0,80 m). Ces gradins seraient complétés par des gradins spectateurs pour environ 1 000 spectateurs.
Budget et considérations techniques
Le prix maximum de cette réalisation, correspondant à la dépense possible subventionnable, devait se situer à 5 220 000 F, sans compter le bar. Une dépense subventionnable pour les fondations spéciales, nécessaires compte tenu de l'état des sols dans l'Île Lacroix, devait également être déterminée.
Projet de patinoire couverte
Il était prévu de tenir compte, dès la conception du centre de natation, d'un projet de patinoire couverte à réaliser de telle sorte que cela constitue un ensemble cohérent. Cette patinoire comporterait une piste de glace de 60 m x 30 m avec un garage pour le véhicule de réfection de la glace (6 m x 3,50 m environ) et une fosse à neige de 25 m³.
De plus, des installations seraient prévues pour les patineurs, les sportifs et les spectateurs :
- Pour les patineurs : un grand vestiaire collectif, des casiers individuels et quelques cabines individuelles, un atelier, un local infirmerie, des sanitaires (hommes : 3 WC et 6 urinoirs, femmes : 4 WC et 3 lavabos).
- Pour les sportifs : deux vestiaires de 15 m² avec un bloc de douches (8 pommes), un vestiaire double pour les arbitres et professeurs (12 m²), un local à matériel.
- Pour les spectateurs : des gradins pour environ 1 200 spectateurs et des sanitaires qui pourraient être communs avec ceux prévus pour les patineurs.
Enfin, un logement pour le directeur et gardien, ainsi qu'un bar et peut-être un restaurant, étaient envisagés. Certaines installations pourraient être communes avec celles du centre de natation, comme les vestiaires collectifs (ceux des sportifs de la patinoire et leurs douches), quelques sanitaires et sans doute le bar. Un parking relativement important serait également à aménager pour cet ensemble.
Contexte et réalisation
Ce centre de natation serait édifié sur des terrains utilisés actuellement par la Foire exposition, dont le transfert était prévu sur l'aérodrome de Saint-Etienne-du Rouvray - Madrillet. Compte tenu du temps nécessaire aux études et du délai d'approbation du projet, la construction pourrait être entreprise en mai 1968. Il était donc impératif que toutes les dispositions nécessaires soient prises pour la libération complète des terrains par la foire exposition.
Les études et la réalisation de ce centre de natation ont été confiées à M. Eric Leverdier, Architecte D.P.L.G., associé, pour l'étude du plan-masse et des volumes, à M. Louard, Architecte urbaniste de l'Île Lacroix. Étant donné l'importance de la réalisation, M. Leverdier a souhaité s'adjoindre les services d'un bureau d'études techniques, le Berco, dans le cadre des dispositions du décret du 29 septembre 1959.
Le centre sportif Guy Boissière : Piscine et Patinoire
Le centre sportif Guy Boissière (piscine et patinoire) a été construit en 1970. Il fut le lieu d'entraînement du nageur Stéphan Caron dans les années 1980 et est le refuge des Dragons, l'équipe de hockey sur glace de Rouen maintes fois championne de France et d'Europe.

Voyons Voir : la Région investit dans les équipements sportifs
Les Dragons de Rouen : Une légende du hockey sur glace
Le surnom "Les Dragons" remonte au 9 novembre 1985, lors d'un match opposant l'équipe élite de Rouen aux Ours de Villard-de-Lans. Après une longue hégémonie de Chamonix, c'est le club de Rouen qui est devenu le nouveau grand fief du hockey sur glace français.
Le club de Rouen a réussi l'exploit impressionnant de remporter à 17 reprises la Coupe Magnus. Autant dire que l'île Lacroix, sur laquelle se trouve la patinoire normande, est devenue le nouveau "sanctuaire" du hockey sur glace français. Elle a pris la succession de l'ancien "temple" situé dans la vallée de Chamonix.
Le palmarès du club de Rouen donne le vertige :
| Compétition | Nombre de victoires |
|---|---|
| Coupe Magnus | 17 |
| Coupe de France | 6 |
| Coupe de la Ligue | 4 |
| Match des Champions | 4 |
| Coupe Continentale | 2 |
Une patinoire rénovée
En septembre 2020, la patinoire implantée sur l’île Lacroix a été rénovée. Elle comporte désormais des locaux affectés au club professionnel comme la laverie et le local affûtage des patins, l'ajout de 332 places supplémentaires portant la jauge de la patinoire de Rouen à 3 078 spectateurs, des buvettes et enfin un espace réceptif complété par six loges VIP comprenant 12 places chacune ainsi qu’une grande loge de 52 places (92 en réceptif) avec accès direct et une vue imprenable sur la glace.
Anecdotes et défis
L’origine du problème de dalle sous la glace remonte à 2010 quand une nouvelle dalle est coulée sur les 26 km de tuyauteries nécessaires à la tenue en froid de la glace. Une quinzaine de surfaçages par jour sont nécessaires pour maintenir une qualité satisfaisante.
Pourtant, les Dragons devront quitter leur antre au moins quelques mois à l’horizon 2028. "Il faudra alors changer l’ensemble de la machinerie, changer les compresseurs et peut-être la tuyauterie et les dalles en béton", détaille Laurent Dossier.
Mamie Germond : Une figure emblématique
En 1972, la légende de Mamie Germond commença à s'écrire. Elle faisait partie indéniablement des âmes discrètes et bienveillantes du hockey rouennais. Son "cagibi" était un lieu mythique où des dizaines, voire des centaines, de Dragons ont fait leurs premiers pas sur la glace.