Les footballeurs, comme la plupart des sportifs professionnels, font aujourd’hui partie d’un marché mondialisé. Beaucoup exercent leur métier en dehors de leurs pays d’origine. En Europe, la saison dernière, près d’un footballeur professionnel sur trois était expatrié. Avec le concours actif des États, pour participer à une compétition majeure ou pour exercer leur métier, des plus en plus de sportifs professionnels changent ou cumulent les nationalités. Cette mondialisation sportive fait émerger une nouvelle problématique de nationalité : alors que les instances sportives ne reconnaissent qu’une seule et unique nationalité (le footballeur est Français, Sénégalais, Anglais, etc.), la réalité des parcours migratoires et des trajectoires de vie rend celle-ci de plus en plus complexe.
Alors, comment définir une nationalité alors que la population sportive est constamment en mouvement ?
Définie par le passeport, les conditions d’obtention de la nationalité opposent les pays selon les traditions des droits du sol ou du sang. Ainsi, en France, où le droit du sol s’applique, nombreux sont les sportifs dont les origines suivent les vagues migratoires : fils de Polonais dans les années 1950, d’Italiens et d’Espagnols durant les années 1970-1980, de Maghrébins plus tard, puis, derniers venus, des migrants de l’Afrique subsaharienne aujourd’hui. Où le droit du sang domine, l’intégration se fait plus difficilement comme au Japon ou, dans une moindre mesure, en Italie. Au passeport peut aussi se substituer un "droit du sol sportif" : les fédérations peuvent juger qu’un joueur devient sélectionnable après un temps de présence suffisamment long dans le pays. Au rugby, par exemple, des Néo-Zélandais jouent pour l’équipe du Japon, un Français fait partie de la sélection finlandaise...
Pourtant, quand le mouvement sportif international s’est construit autour du Comité international olympique (CIO) à la fin du XIXe siècle, les fédérations affiliées se sont constituées sur des bases étatiques. Le principe "une fédération = un État politique" s’est affirmé et renforcé avec l’émergence de l’État-nation. Le cadre national était le garant de l’identification collective qui pousse spectateurs, médias et gouvernements à soutenir les athlètes ou équipes de leur pays. Garant aussi d’une éthique non commerciale, indispensable à une époque où la notion de professionnalisme n’était pas encore d’actualité. Dans l’impossibilité de monnayer son talent en changeant de nationalités au gré des offres, le sportif détenait une seule nationalité qui l’identifiait clairement à une fédération.
Aujourd’hui, nos sociétés connaissent un important brassage migratoire. Pour des raisons économiques, politiques, d’éducation, les populations se déplacent. En raison de parcours migratoires plus ou moins complexes, la définition stricte d’une nationalité se heurte à la réalité des individus dont les identités peuvent être multiples. Si le sentiment identitaire, de référence aux origines est mis en avant par les joueurs, des considérations bien plus pragmatiques sont aussi prises en considération car le choix impacte sur la carrière, sur la possibilité de vivre ou non de grandes expériences internationales. À l’extrême, on peut entrevoir un marché des nationalités dans lequel des pays riches, sans véritable culture sportive, s’achètent des athlètes pour être présents sur la scène internationale.
Il est banal de critiquer cette attitude en se focalisant sur le Qatar mais de très nombreux États font la même chose, de manière moins voyante certes. Les sportifs d’origine chinoise, formés en masse dans leur pays et limités par les quotas de places dans les compétitions, trouvent asile dans les pays occidentaux, telle la joueuse de badminton Hongyan Pi devenue française. En 2009, alors que la quasi-totalité des athlètes participants aux championnats d’Europe de tennis de table étaient d’origine chinoise, la Fédération internationale a limité ces naturalisations en instaurant des temps de latence entre le passage d’une nationalité à une autre. À l’inverse, beaucoup d’athlètes nés et ayant grandi en Occident, ont choisi de représenter la nation d’origine de leurs parents, amenant avec eux un niveau sportif impossible à atteindre localement. Les sélections africaines de football utilisent pléthore de joueurs européens d’origine africaine, souvent meilleurs que les locaux car mieux formés ; beaucoup d’îles des Caraïbes (Bahamas, Saint-Kitts et Nevis, Barbade) accueillent des athlètes états-uniens aux origines insulaires. Les populations bougent en permanence, le sport n’en est que le reflet.
Tout d’abord, rappelons que la géographie sportive ne coïncide pas exactement avec celle du politique car, dès l’origine, les nations britanniques (Angleterre, Pays de Galles, Écosse, Irlande du Nord) sont devenues sportivement autonomes, sans qu’il existe de passeport pour différencier les joueurs, le choix relevant d’un gentlemen agreement au sein du Royaume-Uni. Mais au-delà des cas particuliers, la réglementation internationale chapeautée par le CIO reste assez stricte. Un athlète ne peut évoluer que pour le pays dont il a la nationalité. En cas de changement, il y a une période de latence pouvant aller jusqu’à trois ans. Il s’agit d’éviter une marchandisation trop voyante, bien que pratiquée par tous les pays organisant les Jeux olympiques. En 2004, pour les jeux d’Athènes, l’équipe grecque de softball était composée de joueuses américaines d’origine grecque fraîchement naturalisées.
Plus stricte, la Fédération internationale de football (FIFA) n’autorise pas les footballeurs à changer d’équipe nationale. Une fois la nationalité validée par une sélection en équipe A (mais pas dans les sélections de jeunes), jouer pour un autre pays devient impossible.

Migrants Privilégiés
Bien entendu la réglementation peut être détournée dans le but d’améliorer la performance des clubs ou des équipes nationales. Cela peut passer par la production de faux documents afin de contourner, par exemple, les quotas instaurés envers les joueurs extracommunautaires, limités à cinq dans le football européen. L’affaire des faux passeports de l’AS Saint-Étienne - deux joueurs brésiliens et un ukrainien utilisaient des faux papiers pour pouvoir jouer - en est un exemple. L’acquisition d’une nationalité de complaisance, obtenue en dehors des circuits administratifs habituels, dans une procédure accélérée, est légale, même si elle touche à l’intégrité d’une certaine éthique sportive. Le cas du basketteur américain Ricky Hickman, devenu Géorgien sans jamais avoir mis les pieds dans le pays, reste néanmoins une exception comme celui d’Apoula Edel, ancien gardien du Paris Saint-Germain, camerounais naturalisé arménien "contre son gré" au début de sa carrière.
Si certaines de ces "affaires" ont fait le bonheur des médias, pourquoi blâmer spécifiquement les sportifs ? Ces subterfuges et stratégies ne sont-ils pas inhérents au phénomène de la migration ? Comment ne pas non plus voir une déconnexion croissante entre la définition stricte d’une nationalité et notre monde hyperconnecté ?
Nationalité Sportive : Une Définition Alternative
Il arrive toutefois que certains joueurs affichent pendant une manifestation sportive une nationalité qui n’est pas celle inscrite sur leur passeport. Il est possible toutefois de caractériser la nationalité sportive à l’aide de certains critères. Ainsi, la Fédération Internationale de Rugby adopte cette troisième définition de la nationalité du sportif. En revanche, pour les épreuves de rugby des Jeux Olympiques, le même joueur ne recevra la nationalité sportive française que (1) s’il est de nationalité étatique française, et (2) s’il est inscrit par le Comité Olympique National français . C’est cette liberté qui permet à un joueur de faire valoir lors des rencontres une nationalité sportive qui n’est pas sa nationalité effective.
Toutefois, cette liberté n’est pas absolue. Il est ainsi peu probable qu’un joueur sans lien de sol ou de sang avec un État obtienne d’une fédération qu’elle lui octroie la nationalité sportive correspondante. Les fédérations cherchent toujours à préserver un lien authentique de représentation entre le joueur et l’État dont il souhaite défendre les couleurs. En principe, une fois qu’il l’a librement choisie, celui-ci ne peut plus changer de nationalité sportive. Dans l’hypothèse prévue par les statuts et règlements fédéraux d’une demande de changement du sportif pour une nationalité qu’il possède à titre secondaire.
Bon à savoir : les conditions d’obtention et d’exécution du changement de nationalité du sportif varient selon les fédérations.
Dans l’hypothèse où le joueur perdrait sa nationalité étatique sans son consentement ou contre sa volonté. C’est le cas pour un footballeur qui perdrait contre son gré sa nationalité légale par décision gouvernementale. Il pourrait demander à la FIFA de jouer pour un club dont il aurait (ou acquerrait) la nationalité.
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Visa Sportif en France : Les Différentes Catégories
La France est un véritable carrefour sportif, où l’élite mondiale se rassemble lors de grandes compétitions internationales. Pour les athlètes étrangers qui souhaitent s’y entraîner, participer à des compétitions ou perfectionner leur art, un Visa sportif en France est indispensable. Il ne s’agit pas seulement d’un document administratif, mais d’une véritable opportunité d’intégrer un environnement sportif dynamique et stimulant. Que vous soyez un sportif de haut niveau ou un entraîneur, ce visa vous permet de poursuivre vos ambitions professionnelles en France.
Les Différentes Catégories de Visas Sportifs
- Visa Schengen sportif : Permet de participer à des compétitions ou de s’entraîner sur une période courte (moins de 90 jours).
- Visa long séjour temporaire : Destiné aux athlètes professionnels souhaitant séjourner plus de 90 jours pour s’entraîner ou participer à des compétitions.
- Passeport talent : S’adresse aux athlètes de haut niveau reconnus sur la scène internationale.

Les Critères d’Éligibilité
Obtenir un visa sportif en France demande de remplir plusieurs conditions précises :
- Être ressortissant d’un pays hors de l’Union européenne.
- Avoir un niveau sportif élevé.
- Être invité par une fédération ou un club sportif français.
- Justifier de moyens de subsistance suffisants.
- Avoir une assurance maladie.
Les Documents à Fournir
Lorsque vous postulez pour un visa sportif en France, il est crucial de préparer un dossier complet et bien structuré. Ce dossier doit contenir plusieurs pièces justificatives pour appuyer votre demande et faciliter l’examen de votre situation.
- Un formulaire de demande de visa dûment rempli.
- Votre passeport en cours de validité.
- Des justificatifs de votre activité sportive.
- Une invitation officielle d’une fédération ou d’un club sportif français.
- Les justificatifs de domicile et de ressources.
- Une assurance maladie.
- Les frais de dossier.
Les Avantages du Visa Sportif
Le visa sportif en France offre de nombreux atouts :
- Accès à des infrastructures sportives de qualité.
- Participation à des compétitions de haut niveau.
- Possibilité de se perfectionner et d’évoluer dans votre sport.
- Création d’un réseau professionnel.
Passeport Talent pour Sportif : Une Opportunité pour les Athlètes Étrangers
Le passeport talent pour sportif est un titre de séjour spécifique qui permet à des athlètes étrangers d’exercer leur activité en France dans des conditions privilégiées. Il s’adresse à ceux reconnus pour leurs compétences exceptionnelles, qu’ils soient déjà connus sur la scène internationale ou aient un potentiel élevé. Ce titre de séjour présente plusieurs avantages qui facilitent l’intégration des sportifs en France.
Qui Peut Prétendre au Passeport Talent ?
Pour prétendre au passeport talent pour sportif, un athlète étranger doit répondre à plusieurs exigences précises :
- Avoir une renommée nationale ou internationale.
- Présenter un projet sportif cohérent en France.
- Ne pas représenter une menace pour l’ordre public.
Les Avantages du Passeport Talent
Le passeport talent pour sportif présente une série d’avantages significatifs :
- Séjour de longue durée (titre de séjour pluriannuel).
- Autorisation de travailler.
- Facilités pour les membres de la famille.
- Accès aux infrastructures sportives.
Comment Obtenir un Passeport Talent ?
L’obtention d’un passeport talent pour sportif nécessite de suivre une procédure précise :
- Constitution du dossier (CV, projet sportif, preuves de performances, justificatif de domicile).
- Dépôt du dossier auprès de la préfecture.
- Instruction du dossier par les services de la préfecture.
- Décision de la préfecture.
Les Chiffres Clés du Passeport Talent
- Durée de validité : maximale de 4 ans.
- Nombre de passeports talent délivrés : plusieurs milliers chaque année.
- Nationalités des bénéficiaires : Europe, Afrique, Asie.
Indemnités de Formation : Les Nouvelles Règles de la FIFA
La FIFA a mis en place un système spécifique au football ayant pour objectif le développement de la formation par tous les clubs et la mise en place d’un mécanisme de solidarité assurant aux clubs formateurs une contrepartie financière destinée à compenser les coûts de la formation. L’annexe 4 du règlement FIFA du statut et du transfert du joueur professionnel définit donc des critères permettant d’évaluer les montants devant être reversés aux clubs formateurs lors de transfert de footballeurs professionnels.
L'article 20 du règlement FIFA du statut et du transfert du joueur dispose que : "Des indemnités de formation sont redevables à l’ancien club ou aux anciens clubs : (1) lorsqu’un joueur signe son premier contrat en tant que professionnel, et (2) lors de chaque transfert d’un professionnel jusqu’à la saison de son 23e anniversaire. L’obligation de payer une indemnité de formation existe dès que le transfert est opéré, soit pendant, soit à la fin du contrat. Les détails concernant l’indemnité de formation sont inscrits dans l’annexe 4 du présent règlement".
Il convient donc de distinguer deux types d’opérations : Tout d’abord, l’obligation pour le club employeur de verser l’indemnité de formation lors de la signature du premier contrat professionnel du joueur et ensuite le versement de cette indemnité dans le cadre d’une opération de transfert avant la 23ème année du sportif.
L’article premier de l’annexe 4 du règlement FIFA affirme que le période de formation et d’éducation d’un joueur se situe entre l’âge de 12 ans et de 21 ans. Ainsi, le club qui fera signer son premier contrat professionnel au joueur devra verser une indemnité de formation à tous les clubs ayant participé à la formation et à l’éducation de ce dernier entre sa 12ème et sa 21ème année. La signature de ce premier contrat de travail devra intervenir avant la fin de la saison du 23ème anniversaire du joueur.
Le montant de l'indemnité de formation dépendra de deux paramètres : la catégorie du nouveau club et l'âge du joueur. Ainsi, le montant des indemnités sera en principe dépendant de la catégorie du nouveau club. Il sera de 90.000€ par année de formation pour un club de première division française, anglaise, espagnol, italienne ou allemande. Cependant, l'indemnité de formation sera plafonnée à 10.000€ par an pour les années de formation de la 12ème à la 15ème année du joueur.
La Nouveauté de la Réglementation FIFA
Depuis le 1er octobre 2009, le règlement FIFA du statut et du transfert du joueur a modifié les montants alloués aux clubs formateurs pour la période de 12 à 15 ans du joueur. Depuis l'entrée en vigueur de ce règlement, lorsqu'un joueur signe son premier contrat professionnel avant d'avoir atteint sa majorité, il ouvre droit à une indemnité de formation réévaluée pour les clubs auprès desquels il a été licencié entre les saisons de son 12ème et de son 15ème anniversaire.
Auparavant, le club formateur avait le droit à l'indemnité de formation d'un montant maximum de 10.000€. Maintenant, cette période de formation va suivre le même régime que celui des années suivantes c'est-à-dire que l'indemnité sera calculée en fonction de la catégorie du nouveau club.
Cette réforme s'inscrit dans une réforme plus générale visant à contrôler plus encore l'interdiction des transferts internationaux de mineurs et à sanctionner financièrement les clubs gourmands de jeunes joueurs. Cependant, cette règle n'a vocation à s'appliquer que lorsque le mineur signe un premier contrat professionnel. Or, fréquemment le joueur ne signe que des contrats de stagiaire pro ou de Scholarship. Ces contrats doivent ils être considérés comme des contrats de joueur professionnel ?
La Notion de Contrat Professionnel
L'article 2 du règlement FIFA du statut et du transfert de joueur donne une définition simple du footballeur professionnel et qui a vocation à s'appliquer universellement."Est réputé joueur professionnel tout joueur bénéficiant d’un contrat écrit avec un club et qui perçoit une indemnité supérieure au montant des frais effectifs qu’il encourt dans l’exercice de cette activité footballistique. Tous les autres joueurs sont réputés amateurs". Dès lors, tout joueur qui percevrait de l'argent ou des avantages en nature dont le montant ne correspond pas strictement au remboursement des frais qu'il a dépensé pour exercer son activité de footballeur (frais de transport pour se rendre à l'entrainement ou au match, frais médicaux suite à une blessure, tenues de sport etc…) doit être considéré comme un footballeur professionnel.
Le contrat de stagiaire-pro tel qu'il apparaît dans la charte du football professionnel français est-il un contrat de joueur professionnel ? La relation entre un stagiaire et son club a pour objet de former sportivement et scolairement le sportif. Cette relation est assise sur une convention de formation qui ne prévoit pas de rémunération. En cela, la convention ne peut être considérée comme un contrat de joueur professionnel.
Cependant, afin d'attirer les meilleurs jeunes, il est systématiquement proposé au stagiaire un contrat en plus de la simple convention de formation. Ce contrat de stagiaire prévoit une rémunération dont les minimas sont fixés par la Charte du football professionnel. Le joueur sous contrat de stagiaire pro est donc un professionnel au sens de la réglementation de la FIFA. Il en est de même du "Scholarship Agreement" (contrat de formation) régi par la fédération anglaise de football (The FA) et qui correspond à peu de chose près au contrat de stagiaire pro français.