L’Olympique de Pantin, un nom qui résonne avec l'histoire du football français, renaît de ses cendres. Ce club, premier vainqueur de la Coupe de France, aspire à marquer à nouveau l'histoire du football francilien et français. France Bleu Paris vous invite à redécouvrir l'histoire de l'Olympique de Pantin.
Créé en 1908, vainqueur de la toute première Coupe de France en 1918, le club de Seine-Saint-Denis avait disparu en 1926. La ville a décidé de le faire renaître il y a quelques mois, avec un objectif : relancer les talents pantinois et pourquoi pas ramener la coupe à la maison ?

Un Club Pionnier et Son Héritage
L'Olympique de Pantin est entré à tout jamais dans l'histoire du football. C'est le club qui a remporté la première finale de ce qui allait devenir la Coupe de France, dont on fête cette année la 100e édition.
« Même si le club n'a pas le même numéro d'affiliation que l'Olympique, on se sent les héritiers de cette victoire. Pour les dirigeants de la section foot, elle est inscrite dans leur patrimoine », glisse Linda Tadount, l'actuelle directrice du club omnisports créé en 1946 (15 sections, 1 700 licenciés dont 280 en foot).
La saison 1917-1918 était celle de la 1ère édition de la Coupe de France (appelée à l’époque Coupe Charles Simon). Et c’est l’Olympique Pantin qui a remporté le trophée en battant le Football Club de Lyon en final, par le score fleuve de 3 à 0.
Ce n’était pas le premier coup d’éclat du club pantinois, qui avait déjà remporté à trois reprises le Challenge de la Renommée en 1915, 1916 et 1917.
L’Olympique de Pantin est né du rapprochement entre l’Étoile parisienne et la Société athlétique de Pantin. Mais dès 1918 il fusionne avec le Sporting Club de Vaugirard et s’installe au stade Bergeyre, dans le 19ème arrondissement, et prend l’appellation de l’Olympique de Paris…qu’il abandonnera en 1926 lors de sa fusion avec le Red Star Club.
La Coupe Charles-Simon : Un Triomphe Historique
Nous sommes le 5 mai 1918 à 15 heures. La Coupe Charles-Simon, du nom d'un poilu mort au combat, cherche son premier vainqueur entre l'Olympique de Pantin et le FC Lyon, les derniers rescapés d'une compétition qui a attiré 48 clubs amateurs du pays.
L'épreuve est organisée par le Comité français interfédéral (CFI), l'ancêtre de la Fédération française de football qui est née en 1919. 2 000 spectateurs, principalement des militaires français, belges et britanniques en permission, assistent à l'événement qui passe à l'époque inaperçu. L'Olympique Pantin, grâce à un doublé d'Emile Fiévet, s'impose 3-0.
L'histoire de la coupe de France
Disparition et Renaissance du Club
Pionnier, l'Olympique est alors le plus grand club français, offrant quatorze de ses joueurs à la sélection nationale. Un an plus tard, il est à nouveau en finale de la coupe mais il bute sur le CASG Paris (3-2). En 1921, il est champion de France, laissant la Coupe de France au Red Star. C'est aussi pour lui le début de la fin.
Cinq ans plus tard, il fusionne avec son grand rival de Saint-Ouen. L'Olympique est mort, son stade, dans lequel il évoluait devant plus de 10 000 spectateurs en moyenne au pied des Buttes-Chaumont, est rasé au même moment. Fin de l'histoire.
L'Olympique de Pantin en Seine-Saint-Denis, a été relancé, il y a quelques mois avec le soutien de la ville. Le club, premier vainqueur de la Coupe de France, compte bien à nouveau marquer l'histoire du football francilien et français.
Depuis le début de saison, l'Olympique de Pantin, premier vainqueur de la Coupe de France en 1918, est relancé. C'est un club de football historique qui renaît en Seine-Saint-Denis. L'Olympique de Pantin, vainqueur de la toute première édition de la Coupe de France en 1918, a été relancé cette saison.
L'Olympique de Pantin Aujourd'hui
En 2018, le club change de nom et s’appelle désormais l’Olympique Football Club de Pantin (l’O.F.C.P). Les activités du club se déroulent principalement sur le stade Marcel Cerdan.
De 2019 à aujourd’hui, la fusion entre les trois clubs donne l’Olympique de Pantin qui vise à renouer avec l’Histoire, en créant un grand et unique club qui puisse à nouveau proposer un cadre permettant l’épanouissement de la pratique du football sur la ville et d’espérer à nouveau s’inscrire dans cette glorieuse histoire.
Les Jeux Olympiques de Paris et l'Olympique de Pantin
Au début des années 1920, alors que le monde se remettait de la Première Guerre mondiale et d’une épidémie mondiale de grippe espagnole, le père moderne des JO et président fondateur du Comité International Olympique (CIO), Pierre de Coubertin, qui avait fui la France et transféré le siège du CIO en Suisse pendant la guerre, espérait un éblouissant retour dans sa ville natale avant de se retirer. Ainsi, il a convaincu le conseil d’administration du CIO d’élire sa ville natale, Paris, comme hôte des jeux de 1924.
La fête grandiose souhaitée par Coubertin se réalise : Paris 1924 rassemble plus d’athlètes et de journalistes que jamais, suscitant une couverture médiatique « assez importante » (Dyreson, 2004, p.87), ce qui provoque la création du premier village olympique et attire plus de 600 000 spectateurs (CIO, 2021). Dans ces conditions, les premières vedettes du sport international naissent il y a cent ans à Paris (Pointu, 2005), y compris la future étoile hollywoodienne Johnny Weissmuller qui incarna Tarzan dans une douzaine de films entre 1932 et 1948, et les coureurs britanniques Harold Abrahams et Eric Liddell dont l’amitié et la rivalité furent immortalisées par le film Les Chariots de Feu dans les années 1980.
Paris 1924 marqua le trentième anniversaire de la naissance des Jeux Olympiques modernes. En effet, le CIO naquit le 23 juin 1894 à la Sorbonne lors d’un rassemblement de dirigeants sportifs initié par Pierre de Coubertin.
C’est ainsi avec un esprit ardent que Paris se porta candidate à l’organisation des JO 1924, autant pour rattraper le temps perdu par la grande guerre de 1914-1918 que pour compenser l’édition ratée de 1900 et faire honneur à Coubertin. Le comité d’organisation imagina donc les choses en grand avec les objectifs assumés de construire deux nouveaux stades modernes, de localiser les compétitions sur des sites à travers la capitale française pour que tous les parisiens se sentent concernés et puissent profiter des festivités, et de faire preuve d’innovation pour satisfaire les milliers d’athlètes, journalistes, autres personnels et touristes attendus dans la ville lumière.
Finalement, le stade du Racing Club de France à Colombes, dans les Hauts-de-Seine à une dizaine de kilomètres de Paris, fut sélectionné en avril 1922. En conséquence de ces conflits internes à la France, l’idée d’un nouveau stade parisien moderne de 100 000 places, rêvé par les organisateurs en 1921, fut abandonnée en faveur d’un stade vieux de près de 30 ans pouvant accueillir 60 000 personnes, dont seulement le tiers était assis (Delépine, 2014). Situé en banlieue et restauré, son allure en béton armé ne soutenait pas l’image romantique que Paris s’était construite.
Malgré ces difficultés, les JO de Paris auront « permis la construction de la plus grande installation sportive jamais bâtie jusqu’alors en France », comme le dit l’historien Michaël Delépine (2014), concluant que « l’héritage Olympique est donc considérable, car ce stade régnera 50 ans sur le sport national » (p.83). De même, le stade Nautique des Tourelles construit dans le 20ème arrondissement de Paris pour accueillir jusqu’à 10 000 personnes (au lieu des 15 000 imaginées initialement) devint le « premier bassin olympique réalisé en France » et accueillit presque tous les championnats de France pendant plus de 30 ans (Deparis, 2004, p.124).
Les JO 1924 ont marqué un tournant pour le mouvement olympique en matière d’innovation, tant au niveau technologique qu’organisationnel. Très tôt, le COF avoua sa volonté de vouloir créer un grand spectacle. Ses membres voulaient « que le public commence à se rendre compte de l’importance des Jeux Olympiques » (Bierre, 1924). Cette recherche du spectacle se basait sur les valeurs véhiculées par Coubertin de l’importance du sport dans l’éducation et de l’admiration qu’on devrait porter aux athlètes.
L’une des innovations principales de Paris 1924 est la création du premier village olympique de l’histoire. Bien que rudimentaire, le concept d’un tel village créa la fondation des villages olympiques qui existent encore aujourd’hui, non seulement pour les athlètes et leurs équipes, mais aussi pour les médias accrédités.
Les Jeux de 1900 ont laissé peu de traces intramuros, il en va autrement de ceux de 1924, dont les Parisiennes et les Parisiens profitent de l’héritage… parfois sans le savoir.
Le Stade Bergeyre : Un Haut Lieu du Sport Disparu
Un siècle avant, la grand-messe du sport mondial se tenait pourtant ici, sur la Butte Bergeyre. Un stade y était juché, le plus grand de Paris au moment de sa construction.
« La Butte Bergeyre doit son nom à un stade de 15 000 places […] baptisé ainsi en hommage à Robert Bergeyre joueur de rugby tué à vingt ans au début de la Première Guerre mondiale », peut-on y décrypter. Plus loin, on apprend que la butte est une « ancienne carrière de gypse, pas intégrée au parc des Buttes-Chaumont ».
Les travaux démarrent en 1914, et prennent du temps à cause de la guerre. Le stade est finalement cerclé de deux tribunes, celles avec des poteaux en bois devant les spectateurs. L’inauguration a lieu en 1918, quand le SC Vaugirard fusionne avec l’Olympique de Pantin, premier vainqueur de la Coupe de France.
En 1920, elle accueille la finale de la troisième coupe de France. En présence de Jules Rimet, qui, avant d’avoir été mal joué par Gérard Depardieu au cinéma, était président de la FIFA et de la FFF, cette soirée est « un nouveau succès à mettre à l’actif de la Fédération française de Football Association, qu’il convient, une fois de plus, de féliciter ».
Heureusement pour le stade Bergeyre, Paris est choisi pour accueillir les Jeux olympiques de 1924. Cet été là, six rencontres de la « fête universelle du football » sont disputées, les autres étant en grande parties accueillies par le stade Pershing dans le Bois de Vincennes. Le quart de finale entre la Suisse et l’Italie rassemble 12 000 personnes.
Les JO 1924 signent en réalité le chant du cygne du stade. Coincé face à la concurrence de l’enceinte olympique de Colombes, du récent Stade de Paris, à Saint-Ouen, ou du Parc des Princes, Bergeyre n’accueille pas assez de monde pour couvrir ses frais.
L’Olympique de Paris est racheté par le Red Star en 1926. Le club de Saint-Ouen récupère ses couleurs vertes et blanches, en plus de son public.
Le dernier match sur la butte a lieu le 23 mai 1926, dans un relatif anonymat : 4 000 personnes viennent voir un challenge anonyme de la Ville de Paris, remporté par Le Havre.
Plus aucun stade ne sera construit au cœur de la capitale. C’est la fin du football de haut niveau dans Paris intra-muros, qui peinera à voir un club de football professionnel s’implanter.
La Coupe de France : Une Compétition Historique
Tout commence le samedi 19 avril 1902. À Londres, le jeune Henri Delaunay assiste à la finale de la Cup Anglaise. Fasciné par l’événement, il se promet de créer un jour pour le football français un événement de cette envergure.
Quinze ans plus tard, devenu secrétaire général du Comité Français Interfédéral (CFI), ce passionné parvient en pleine Guerre mondiale à impliquer tous les clubs au sein d’une grande compétition : c’est la Coupe Charles-Simon, renommée Coupe de France dès 1919.
La Coupe de France est officiellement créée le 15 janvier 1917 par le Comité Français Interfédéral, sous l’impulsion d’Henri Delaunay. Elle s’appelle dans un premier temps Coupe “Charles Simon”, en hommage au président fondateur du CFI, mort au front en 1915.
L’Olympique de Pantin remporte la première finale de la Coupe face au FC Lyon le 5 mai 1918, sur le score sans appel de 3-0. C’est aussi la première victoire d’un outsider, après la qualification surprise du club en demi-finales face aux favoris du Club Athlétique de la Société Générale (2-1).
À l’occasion de la finale de l’édition 1926-1927, le président de la République Gaston Doumergue assiste pour la première fois en tribune à la rencontre, ouvrant une tradition respectée après lui par tous les chefs de l’État. C’est François Mitterrand, avec quatorze finales, qui remporte le palmarès de l’assiduité présidentielle.
Pour placer tous les clubs sur un pied d’égalité, le principe du tirage au sort intégral dès les 32èmes de finale est adopté. Les clubs de Division 1 ne sont plus “protégés”: ils étaient auparavant assurés de ne pas se rencontrer trop prématurément. Polémique, ce dispositif sera supprimé entre 1954 et 1961 avant d’être rétabli.
La finale de la Coupe de France 1952, qui oppose l’OGC Nice aux Girondins de Bordeaux (5-3) est diffusée à la TV. C’est une première pour le football à la télévision française, alors que le parc français compte environ 40 000 téléviseurs.
En 1960, l’AS Gardanne (Bouches-du-Rhône), qui évolue alors en Promotion d’Honneur B, réalise un exploit sans précédent en 16es de finale en l’emportant contre un club de Division 1, le Toulouse FC (3-2). Avec cinq divisions d’écart, c’est un record absolu à ce stade de la compétition. L’AS Gardanne s’inclinera de justesse face au LOSC Lille en 8es (1-2).
À 20h23, quelques minutes avant le coup d’envoi du match opposant le Sporting Club de Bastia à l’Olympique de Marseille, une tribune précaire et instable du stade Armand-Cesari s’effondre, causant la mort de dix-sept personnes et blessant 2 357 spectateurs. Pour la première fois depuis la création de la Coupe, la finale n’aura pas lieu.
À l’occasion de la finale de 1998, le Stade de France, flambant neuf, accueille sa première finale, qui oppose le Paris Saint-Germain au RC Lens (2-1).
La centième édition de la Coupe est remportée par le Paris Saint-Germain contre Angers SCO (1-0). C’est alors la onzième victoire du PSG, qui passe à cette occasion devant l’Olympique de Marseille (dix victoires) au palmarès. Avec six victoires, l’AS Saint-Étienne et le LOSC Lille complètent le podium.
En raison de l'organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024 (du 26 juillet au 11 août), la finale de la 107ème édition de la Coupe de France se déroule en Province pour la première fois de l'histoire : à la Decathlon Arena - Stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d'Ascq.
Les Stades des Finales de la Coupe de France
De nombreux stades ont accueilli la finale de la Coupe de France au fil des ans. Voici un aperçu des principaux stades et de leur histoire avec la compétition :
- Stade de la Légion Saint-Michel (Paris 15e): A accueilli la première finale en 1918.
- Parc des Princes (Paris 16e): A accueilli 8 finales entre 1919 et 1967.
- Stade Robert-Bergeyre (Paris 19e): A accueilli la finale de 1920.
- Stade John-Pershing (Paris 12e): A accueilli 4 finales entre 1921 et 1924.
- Stade Olympique Yves-du-Manoir (Colombes): A accueilli 40 finales entre 1925 et 1971.
- Stade de Paris (Saint-Ouen): A accueilli la finale de 1941.
- Nouveau Parc des Princes (Paris 16e): A accueilli 25 finales entre 1972 et 1997.
- Stade de France (Saint-Denis): A accueilli 26 finales depuis 1998.
- Decathlon Arena - Stade Pierre-Mauroy (Villeneuve d'Ascq): A accueilli la finale de 2024.
| Stade | Nombre de Finales | Années |
|---|---|---|
| Stade Olympique Yves-du-Manoir (Colombes) | 40 | 1925-1971 |
| Nouveau Parc des Princes (Paris) | 25 | 1972-1997 |
| Stade de France (Saint-Denis) | 26 | Depuis 1998 |
| Parc des Princes (Paris) | 8 | 1919-1967 |
| Stade John-Pershing (Paris) | 4 | 1921-1924 |
| Autres | - | - |
