Olivier Krumbholz est une figure emblématique du sport de haut niveau français, reconnu pour son palmarès exceptionnel et son influence durable dans le monde du handball. Son parcours, d'ancien joueur à entraîneur de renom, est une source d'inspiration pour de nombreux athlètes et passionnés de sport.

Du Terrain au Banc : Les Débuts d'une Carrière
Ancien joueur de handball au sein de l’équipe du SMEC Metz, Olivier Krumbholz y multipliera les sélections. Cependant, à l’époque, ce sport de haut niveau n’est pas professionnel et les sportifs exercent un métier à côté. Olivier Krumbholz est alors professeur de sport. Il rejoindra ensuite l’équipe de France de handball. Son palmarès en tant qu’entraîneur commence avec l’équipe de l’ASPTT Metz.
La carrière d’Olivier Krumbholz dans le monde du handball féminin débute en 1986. Retraité à 28 ans, il prend les rênes de l’ASPTT Metz. Fraîchement promu en première division, il fera de la section féminine le meilleur club français, glanant cinq championnats de France entre 1989 et 1995, date de son départ. Le Metz Handball en a désormais 26 à son palmarès. Trois ans avant son départ, il devient en parallèle l'entraîneur de l’équipe de France féminine junior. Poste qu’il garde après son départ de Metz jusqu’en 1998 où il prend la tête des A.
L'Ascension avec l'Équipe de France Féminine
À partir de 1998, Olivier Krumbholz prend les commandes de l’équipe de France féminine de handball, marquant le début d'une ère de succès sans précédent. Dès sa première compétition internationale avec les Bleues lors des championnats du monde 1999, la France s’incline d’un point en finale contre la Norvège au bout de deux prolongations (25-24). Une défaite retransmise à la télévision qui permet de faire découvrir au grand public cette équipe et ce coach.
Dans la foulée de ce résultat, Olivier Krumbholz emmène son équipe aux JO de Sydney en 2000, une première pour le handball féminin français. Elles ne rateront plus jamais une édition jusqu’à aujourd’hui. En décembre de la même année, les Bleues participent à leur premier Euro. Comme pour les Jeux, les Françaises seront toujours au rendez-vous de la compétition. Fort d’une 5e place dans ce championnat d’Europe, les filles de Krumbholz remportent le bronze lors de l’édition suivante avant la consécration l’année suivante. En 2003, à Zagreb, la France remporte son premier titre de champion du monde contre la Hongrie. Menées de 7 buts à 7 minutes de la fin (18-25), mais les Françaises se réveillent, égalisent à la dernière seconde et s’imposent en prolongations (32-29).

Il remporte de nombreuses médailles dans les grands tournois internationaux (championnats d’Europe, du monde et Jeux olympiques) dont deux titres mondiaux à quatorze années d’écart, en 2003 et en 2017 ; il mène également la sélection des bleues en finale des Jeux Olympiques de Rio en 2016 et en finale de l’Euro en 2020.Olivier Krumbholz a conduit les Bleues à détenir simultanément en 2018 les titres mondial et européen.
En 23 ans à la tête de l’équipe de France féminine de handball, Olivier Krumbholz a construit le palmarès de cette équipe, vierge avant son arrivée. Pour ses derniers Jeux Olympiques, sa possible dernière danse (il est possible de le voir aller jusqu'à l'Euro en fin d'année), le tacticien Messin à l’opportunité de ramener une troisième médaille olympique aux Bleues sur les trois dernières éditions en cas de victoire ce jeudi contre la Suède en demi-finale. Une quinzième médaille pour le handball féminin français à conquérir, une quinzième sous les ordres de la légende Krumbholz.Il est le bâtisseur du handball féminin français, une légende de cette équipe. Il est celui qui a mis sur le devant de la scène les filles du handball quand les garçons étaient les seuls sous les projecteurs. A 66 ans, l’ancien joueur de haut niveau a tout gagné avec les Bleues mais veut terminer en beauté, à Paris.
Tableau des Principales Médailles d'Olivier Krumbholz avec l'Équipe de France Féminine
| Compétition | Année | Médaille |
|---|---|---|
| Championnats du Monde | 2003 | Or |
| Championnats du Monde | 2017 | Or |
| Championnats du Monde | 2023 | Or |
| Championnats d'Europe | 2018 | Or |
| Jeux Olympiques | 2016 | Argent |
| Jeux Olympiques | 2020 | Or |
Période de Turbulences et Retour Triomphal
De nouveau vice-championnes d’Europe en 2006 puis vice-championnes du monde en 2009 et 2011, les breloques s’enchaînent pour les Bleues et son entraîneur. Un coach qui ne fait pas l’unanimité pour autant. La progression rapide de cette équipe initiée par le Messin se fait au détriment de ce qui lui coûtera sa place : un manque de souplesse et une raideur dans le management. En voulant faire bouger les choses, il en oublie souvent l’aspect humain et n’accordait que peu d’importance à ce que ses joueuses pouvaient penser. La rupture entre lui et le groupe est inévitable, il est remercié en 2013 après 15 ans de services.
Remplacé par Alain Portes, son successeur ne remporte aucune médaille aux Mondiaux 2013, à l’Euro 2014 et aux Mondiaux 2015. Remercié à son tour, la fédé’ rappelle l’homme qui a fait de cette équipe ce qu’elle est aujourd’hui. Pendant ces trois années sans activités, Krumbholz troque son costume de père fouettard pour celui de père tout court. Mettant de l’eau dans son vin, il se rend compte de l’amour qu’il a pour cette équipe. Il change son caractère, laisse la place aux autres pour s’exprimer et responsabilise les filles mais ne change pas son exigence. La bonne recette est trouvée.
De retour aux commandes en janvier 2016, il qualifie les Bleues pour les Jeux de Rio avec à la clé une médaille d’argent après une défaite en finale contre la Russie. Pour ses cinquièmes JO, Krumbholz décroche enfin une médaille. La première d’un incroyable quadruplé. Médaillée de bronze à l’Euro 2016, championne du monde en 2017 et championne d’Europe pour la première fois en 2018, en France, l’équipe rafle tout sur son passage. Le renouveau dans le coaching d’Olivier Krumbholz fait la différence, mettant enfin l’accent sur le social et le groupe.

Après une sortie de route difficilement compréhensible lors des Mondiaux au Japon en 2019 (13e place, éliminée dès la phase préliminaire) et une année 2020 perturbée par le Covid, les Françaises se rendent aux JO de Tokyo auréolées d’une belle médaille d’argent à l’Euro en décembre 2020 (défaite 22-20 contre la Norvège en finale).
Comme aux Mondiaux, l’air nippon ne semble pas réussir à l’équipe de Krumbholz qui se qualifie de justesse pour les quarts de finale après une phase de poules compliquée (2 victoires, 1 nul, 2 défaites). Cependant, leur victoire lors du dernier match contre le Brésil réveille le groupe qui se qualifie pour une deuxième finale consécutive. Le 8 août, c’est l’heure de la revanche contre la Russie. Un match maîtrisé de la tête et des épaules. Une victoire 30-25 et la consécration pour Olivier Krumbholz : l’or olympique.
Après deux nouvelles médailles (l’argent aux Mondiaux 2021 et l’or l’édition suivante), l’équipe de France a pour l’instant abordé ces Jeux de Paris 2024 de la meilleure des façons. Avec Olivier Krumbholz, en dehors des Mondiaux 2019 ratés et d’une frustrante 4e place à l’Euro 2022, les Bleues ont toujours obtenu une breloque depuis son retour en 2016. Huit médailles en dix tournois, quatre titres, et la possibilité d’en assurer une onzième cet après-midi contre la Suède. Une troisième finale de rang que seul la Norvège (1996, 2000 et 2004) a réalisé dans le tableau féminin.
Hommages et Héritage
Vingt-cinq ans à la tête des Bleues et quinze médailles : Olivier Krumbholz, qui a passé la main à Sébastien Gardillou après l'argent olympique aux JO de Paris cet été , a laissé une immense trace dans l'histoire du hand français. L'ancien sélectionneur (66 ans) a été intronisé au Hall of Fame de la Fédération française de hand ce samedi à Tremblay, à l'issue de la victoire des Bleues en amical contre la Hongrie (26-22). Un hommage mérité à la hauteur d'une carrière (1998-2013 puis 2016-2024) où le Messin (66 ans) a apporté les quinze médailles des Bleues, et au moins une en or dans chacune des compétitions majeures : JO, Mondial et Euro.
« Ça fait plaisir de voir l'équipe de France gagner, d'avoir du monde, la reconnaissance de tout le monde, a livré Krumbholz. Le plus extravagant des titres ? C'est 2003 (champion du monde pour la première fois). Le plus abouti ? Ce sont les JO de Tokyo, (unique titre olympique féminin) où on a fait preuve d'une grande maîtrise. Mais tous les matches sont beaux, victoires ou défaites, ça reste des souvenirs merveilleux. »
Olivier Krumbholz, confidences d'un coach emblématique du handball féminin
Pour cette cérémonie, Olivier Krumbholz était entouré de quatre de ses capitaines : Amandine Leynaud (désormais adjointe), Siraba Dembélé, Coralie Lassource et Estelle Nze Minko. « Olivier, je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait pour le hand féminin. Tu es un homme incroyable, a confié Leynaud, au bord des larmes. Tu es un artiste, un artisan qui s'est toujours adapté aux nouvelles générations, tu es une icône pour tous et tu le resteras. »
Même respect pour Tamara Horacek, la demi-centre, capitaine par intérim cette semaine en l'absence, sur le terrain d'Estelle Nze Minko, venue spécialement pour cet hommage. « J'ai eu de l'émotion, je me suis dit « tu ne vas pas lâcher une petite larme quand même ! » C'est beau parce que je me souviens quand je suis arrivée en France (toute jeune depuis la Croatie, son pays d'origine, à Metz avec sa mère, alors joueuse) que j'ai rencontré Olivier et Corinne (ex-joueuse aussi et épouse désormais) Krumbholz, je ne me rendais pas compte de qui était vraiment Olivier (ex-coach de Metz) mais c'est grâce à lui que je suis en équipe de France. Je suis vraiment contente, il mérite cette soirée. J'espère que les générations futures n'oublieront jamais Olivier Krumbholz.»
Au crépuscule d’une monumentale carrière, le sélectionneur des Bleues Olivier Krumbholz, un « Monsieur » selon ses joueuses, décroche une troisième médaille olympique à défaut d’un deuxième titre, et laisse au handball féminin un héritage peut-être plus important encore: un énorme succès populaire. Peu importe qu’il parte aujourd’hui ou demain finalement, car d’une sélection en bas de l’échelle, il léguera à son (ou sa) successeur, un quart de siècle plus tard, une machine à gagner.
Mais plus encore que les trophées, cet artisan de la gagne a retenu l’atmosphère jamais vue auparavant, dans la transcendante arène lilloise, théâtre de deux nouveaux records d’affluence pour des matches féminins (26.538 en quart contre l’Allemagne, 26.664 en finale): une « immense consécration ».
En plus de ce palmarès incroyable, Olivier Krumbholz est alors devenu le plus ancien sélectionneur en exercice d’une équipe de France, tous sports collectifs confondus. Conférencier expérimenté depuis de nombreuses années, il intervient régulièrement en entreprise pour partager sa vision de l’esprit d’équipe, de la performance, du leadership, ou encore de la résilience. L’intervention d’Olivier Krumbholz était particulièrement inspirante. Fort de ses expériences, il fait partie des meilleurs orateurs en matière de performance collective et de gestion du stress. Le coach s’engage auprès de la Fondation du Sport dans le programme « Bien manger, c’est bien joué! ».
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