On n’y croyait plus et pourtant ils l’ont fait : vingt-trois ans après Vierge, FFF est de retour avec un nouvel album, intitulé I Scream, sorti en décembre dernier chez Verycords. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le groupe a annoncé dans la foulée une tournée française afin de défendre son nouveau disque et de renouer avec les fans de la première heure.
Groupe emblématique de la scène rock française des années 1990, FFF (Fédération française de fonck) a proposé quelques albums au cours de la décennie. Depuis quelques temps on m'a beaucoup conseillé d'écouter la Fédération Française de Fonck aka FFF. Notamment mon père qui partage une bonne partie de mes goûts musicaux. A la première écoute j'ai pris une grosse claque : "En France, on sait faire ça ?" me suis-je dit. Après quelques jours les trois-quarts des titres me trottent dans la tête à longueur de temps.
Autant dire que cette annonce de tournée a réveillé les foules puisque de nombreuses dates sont sold-out (La Rochelle, Nantes, Paris, Grenoble…) et tout le monde s’accorde à dire que ce FFF mouture 2024 a (encore et) toujours le feu sacré ! Il n’en fallait pas moins pour que le public de la ville rose se donne rendez-vous dans la salle du Bikini pour en découdre avec FFF, comme à la belle époque. Les tempes sont certes grisonnantes, les cheveux ne sont eux-mêmes pas tous présents sur les crânes, mais les fans ont répondu à l’appel.
Ce retour de FFF est une indéniable réussite. Les Parisiens ont gardé leur flamme intacte et leur engagement scénique pour défendre leur nouvel album est sans faille. Pas loin de quarante ans après sa formation, la Fédération Française de Fonck a su évoluer musicalement tout en restant fidèle à ses racines rock fusion. Malgré un long silence de plusieurs années, elle demeure l’une des valeurs sûres du rock made in France.
F.F.F. - Barbès (live à La Cigale, 2024)
The Twin Souls: Une Première Partie Explosive
Pour l’heure c’est The Twin Souls, le duo guitare / batterie des frères Martin et Guilhem Marcos (ex-The Strings), qui a la lourde charge de lancer les hostilités devant un parterre déjà nombreux. Mine de rien, même si le groupe reste inconnu aux yeux (et aux oreilles) d’une grande partie du public de ce soir, les deux frangins sont loin d’être des débutants. En effet, The Twin Souls a deux EP et un album à son actif et tourne depuis quelques années aux quatre coins de l’Hexagone. À ce titre, Martin et Guilhem sont sur les routes depuis janvier 2024 pour défendre leur premier LP intitulé Family & Friends, sorti en février dernier. Qui plus est, The Twin Souls a dévoilé en tout début d’année le single « Tenderly » avec Yarol Poupaud en guest.
Dès l’opener « Lies & Treason », The Twin Souls tient à imposer un son lourd et corrosif qui fleure bon le rock des 70’s (Black Sabbath en tête) avec des sonorités très actuelles qui ne sont pas sans rappeler des groupes comme The White Stripes, The Black Keys ou même Queens Of The Stone Age. Ainsi, en l’espace de quelques minutes, le duo donne le ton pour se mettre le public dans la poche. Il faut dire que les frangins se donnent à fond sur scène, occupent bien l’espace, et que ça joue fort, vite… et bien !
Malgré leur jeune âge, les deux musiciens maîtrisent leur sujet de bout en bout au travers de morceaux assez longs, construits sur des structures à tiroirs (« Schyzo », « Tip Tap Toe ») et bien ficelés, notamment dans la progression des riffs. Loin de faire un copier-coller de la musique de ses illustres aînés, The Twin Souls offre une prestation énergique et communicative plutôt singulière, durant laquelle Martin et Guilhem s’échangent leurs instruments et le lead du chant au fil des morceaux.
En définitive, malgré un temps de jeu assez court (environ quarante minutes) et seulement six morceaux, le duo a réussi à s’imposer sans peine face au public du Bikini et à marquer les esprits (notamment avec le dernier titre « War »). On sent que les frères Marcos ont toutes les cartes en main pour faire parler d’eux d’ici peu et que The Twin Souls est d’ores et déjà une machine bien huilée. On ne pouvait rêver meilleure entame de concert avec une telle première partie !

FFF Embrase la Scène du Bikini
Au fur et à mesure que les minutes s’égrainent pendant le changement de plateau, les spectateurs se pressent de plus en plus vers le devant de la scène et le balcon est pris d’assaut, si bien qu’il est difficile de se déplacer dans la salle. Petit à petit, la tension monte et l’arrivée imminente de FFF sur scène met du baume au cœur à l’assemblée qui piétine d’impatience. Lorsque les lumières s’éteignent et que les musiciens apparaissent dans le noir, parés de lunettes à LED « FFF » sur le nez, c’est l’exutoire dans la fosse !
Il faut dire que le titre rock groovy « All Right » est une parfaite mise en jambes pour débuter le show. Même si la composition est toute nouvelle et qu’une bonne partie du public ne connaît pas encore le nouvel album, on retrouve avec plaisir le son rock/funk si particulier de FFF. Certes, le poids des années marque un peu les musiciens (comme les spectateurs, d’ailleurs…) mais le groupe est toujours d’attaque, à l’image d’un Marco visiblement en forme (son flow ultra rapide et carré sur « Les Magazines », par exemple) ou d’un Niktus (basse) intenable, qui arpente la scène dans tous les sens. De son côté, Yarol Poupaud virevolte un peu moins que ses camarades, mais délivre des riffs et des gimmicks savamment concoctés sur ces nouveaux titres (le solo d’« All Right »).
On sent que le groupe est déjà bien rodé pour cette tournée tant les morceaux s’enchaînent sans temps mort et avec fluidité. Les Parisiens ne rechignent pas à jouer les hymnes d’antan comme « Des Illusions », « Le Meilleur Et Le Pire », « Bouya Dans les Dom-Tom » ou bien « Niggalize It ». FFF a la bonne idée de retoucher ici et là certaines parties, de façon à leur donner pas mal de peps. Ça ne sonne pas toujours comme sur le CD, certes, mais ça donne une teinte plus organique qui colle bien au contexte d’un concert (« AC2N (Acid Rain) »).
Et même si cette tournée est une manière de se reconnecter avec les fans, FFF ne centre pas son set que sur des vieux morceaux. Comme Marco Prince l’avait annoncé en interview dans nos colonnes, le groupe compte défendre ses nouvelles compositions et les faire découvrir en live. C’est pourquoi « I’m There », « On devient FFFou », « Je Pars », « Won’t You ??? » ou « Must Let You Go » sont présentées au public, qui les accueille (encore une fois) avec un plaisir non feint.
Un Rappel Mémorable
Après une toute petite heure d’un concert énergique et groovy, le groupe quitte la scène pour y revenir quelques minutes plus tard pour le rappel, affublé de lunettes à LED sur lesquelles on peut lire « Barbès ». Le public est aux anges et reprend en chœur les paroles avec Marco qui n’a presque plus besoin de donner de la voix. La fin du set se laisse malheureusement vite entrevoir avec « Keep On » et « Last Train » qui clôturent à merveille un show mené de main de maître.
Après environ une heure vingt, les musiciens quittent pour de bon les planches du Bikini sous de copieux applaudissements, amplement mérités.
L'Évolution Musicale de FFF
En mélangeant les genres, combinant funk, rock, et même punk, FFF crée un son original. En 1993, sort un deuxième album, Free for Fever, enregistré en Angleterre. Cet album, plus abouti, est porté par des titres comme New Funk Generation et Mama Fonck. A partir de 2007, FFF se produira sporadiquement sur scène lors de festival devant toujours autant de fans nostalgiques.
La voix du chanteur est assez incroyable mais surtout il sait s'en servir et doser ce qu'il fait. L'écriture n'est peut-être pas parfaite mais elle a le mérite d'être originale et de sortir des sentiers battus. Les compos sont toutes très accrocheuses, sans pour autant se ressembler entre elles. Chacune apporte quelque chose de différent à l'album. Je ne comprends pas que ce groupe ne soit pas plus connu, écouté et mis en avant car avec cet album en tout cas, j'ai découvert une perle et il me tarde de connaitre toute leur discographie.
Membres du Groupe
- Marco Prince: Chant
- Yarol Poupaud: Guitare
- Niktus Baby: Basse
- Krishoo Monthieux: Batterie
Un nouvel album est annoncé par Marco Prince lors du 54ème et dernier concert de la tournée, le 4 décembre 2024 au Bikini à Toulouse. « Reformés en 2023, les vétérans de la Fédération française de Fonck n’ont pas seulement renoué avec leur public: ils l’ont électrisé. Cinquante dates plus tard à travers l’Hexagone, Marco Prince, Yarol Poupaud, Niktus Baby et Krishoo Monthieux immortalisent cette résurrection sur un triple vinyle brûlant, capté à La Cigale le 23 octobre 2024. On retrouve la quasi-totalité des titres d’« I Scream », dernier-né en date, ainsi que tous leurs classiques de FFF comme « Barbès », « le Pire et le Meilleur » ou « Morphée ». Devant un public en trans, ivre de groove, de rock, de funk.

Titres Phares de l'Album "I Scream"
- All Right
- I'm There
- On devient FFFou
- Je Pars
- Won't You ???
- Must Let You Go