Le FC Oléron est bien plus qu'un simple club de football. C'est une institution sur l'île, une histoire de passion, de famille et de communauté. Entre la famille Moquay et l'île d'Oléron, c'est l'histoire d'une vie. D'une passion aussi. Les deux noms sont indissociables.
Depuis des années, les maires, les élus, les présidents en tous genres, les sportifs et les dirigeants, y ont inscrit le nom de Moquay sur les bulletins de vote ou les licences de clubs sportifs. Jacques Moquay, né à Saint-Pierre-d'Oléron, conseiller municipal de la ville, fut longtemps footballeur sur l'île, avant d'encadrer les jeunes puis de devenir président du FC Oléron. Il en garde le souvenir de derbys à foison et de matchs à tension. De belles fêtes aussi.
« Par tradition, tous les clubs se retrouvaient à la Pentecôte pour un grand tournoi, qui s'appela d'abord la coupe de la Libération, puis la coupe des Pâtissiers, se souvient Jacques Moquay. Nous mettions alors de côté les rivalités de l'année, afin de célébrer tous ensemble le sport oléronnais. »

Localisation de l'île d'Oléron en France.
L'Évolution et la Fusion des Clubs
Il y avait sept clubs de foot sur l’île d’Oléron il y a 50 ans. Mais le vent de l'histoire a amené les clubs à se regrouper. Les conflits de clochers et les particularismes locaux ont vécu. Puis au début des années 1990, ce fut la naissance de Sud Oléron, qui regroupait Le Château, Saint-Trojan et Dolus, avec Fabrice Poullain comme entraîneur. En 2005, une nouvelle fusion voit le jour.
FC Oléron et Sud Oléron donnent naissance à l’Oléron FC. Depuis juin 2021, la commune de Saint-Georges est venue rejoindre le FCO pour créer l’Île d’Oléron FC. « Il n’y a désormais plus qu’un club sur notre île », précise Jacques Moquay, devenu coprésident de la nouvelle association, avec Grégory Poitou.
Un Projet Sportif Ambitieux
Depuis 2005, le FC Oléron, dont le budget approche 80 000 euros, rassemble les forces vives et représente toute l'île. D'autant qu'à Saint-Pierre, le FC Oléron incarne un projet sportif ambitieux. Il y a d'abord l'Oumière, le complexe sportif à 10 millions d'euros, financé en grande partie par la vente de terrains municipaux, avec une pelouse synthétique et de magnifiques infrastructures. Un petit bijou qu'utilisent 26 associations sportives locales.
Ici, la forte identité îlienne permet de présenter un projet fédérateur, axé sur la formation des jeunes. Un choix issu d'une conviction intime, mais aussi une obligation. « Nos valeurs en commun sont l'esprit de convivialité, la pédagogie et l'éducation des jeunes. Francis Zanon est chargé de ce domaine, dit Jacques Moquay. Il est essentiel de former les futurs joueurs de l'équipe première. D'ailleurs, à l'occasion du derby contre Marennes, notre école de foot sera labellisée. Car Oléron, c'est un peu le bout du monde, c'est difficile de faire venir des joueurs extérieurs et de retenir nos jeunes. »
Aujourd'hui, le FC Oléron peut afficher clairement ses objectifs. « Nous voulons figurer en haut du classement. En décembre, si on voit qu'on est dans le coup pour l'accession, nous imposerons peut-être un peu plus de pression. Le club pourrait même faire un effort en matière de recrutement.
Arrivé il y a seize ans, « au moment de la retraite », Francis Zanon, qui avait entraîné en Lorraine jusqu’en Division d’Honneur, a été un autre rouage essentiel de la structuration des clubs successifs. « Nous avons mis en place l’école de foot avec Damien Castillo, qui a été joueur et entraîneur de l’équipe première. Désormais, il y a des équipes de jeunes dans toutes les catégories, ce qui n’était pas le cas auparavant. »
Les Défis et les Espoirs
Les motifs d’espoirs ne sont pourtant pas si nombreux. Le FC Île d’Oléron est dernier, avec neuf défaites en douze journées de championnat. L’équipe a perdu les cinq matchs disputés sur son terrain synthétique du complexe de l’Oumière de Saint-Pierre-d’Oléron, dont le derby contre l’US Marennes, le 4 décembre 2021 (0-1).
« De bons matchs comme celui-là, nous en avons fait quelques-uns. Nous perdons souvent sur de petits écarts, mais le résultat est souvent le même. À force, c’est un peu pesant. On n’arrive pas à inverser cette dynamique négative. Mais j’ai bon espoir. La trêve nous a fait du bien, les joueurs sont revenus avec la banane. Ils ne lâcheront pas », assure le jeune coach, qui pourra bientôt compter à nouveau sur son buteur, Léo Tessier, blessé à la main. Il a inscrit 11 des 16 buts de son équipe.
Du coup, l’une des fiertés des dirigeants est que l’essentiel des joueurs de l’équipe de Régional 3 est d’appellation d’origine contrôlée. « C’est le cas de Jérémy Guinot, Corentin Guiton, Sérafin Garnier ou Alban Mazerat… Ils ont débuté avec nous en 2005. Malgré les difficultés engendrées par le Covid, nos effectifs de jeunes continuent d’augmenter. Nous comptons autour de 220 licenciés », annonce Francis Zanon.
La philosophie du club est de former et de promouvoir les joueurs locaux. « À Laleu, l’équipe était composée de cinq U18 et un U17 », explique Clément Chauvin, l’entraîneur insulaire, salarié du club. Mathis Bonnichon, 17 ans, incarne le projet du club. Il effectuait, dimanche 30 janvier, sa troisième apparition en Régional 3 et fêtait sa première titularisation. Actif et percutant dans le couloir droit, il a montré le chemin par son refus de baisser les bras dans l’adversité. « Ces joueurs apportent du sang frais et de l’insouciance. Mathis a beaucoup de caractère et il l’a montré. C’est encourageant », estime Clément Chauvin.
Ce "vieillard" devenu une légende du football après ses 38 ans !
Le Football en Marchant : Une Nouvelle Ère
Depuis quelques années, l’activité prend de plus en plus d’ampleur dans plusieurs clubs du territoire national. En Charente-Maritime également, le foot en marchant ou Walking Football a su s’y faire sa place. Du côté de l’île d’Oléron, notamment, la pratique trouve son public.
Ancien entraîneur (furtif) de l’équipe première de l’île d’Oléron football (à 11), Joël Gaudin est également un des fers de lance de la discipline puisqu’il est le sélectionneur de l’équipe de France de foot en marchant des plus de 50 ans. Ainsi, du côté du club insulaire, ce sont déjà 34 hommes et femmes (la pratique étant ouverte à tous, sans distinction d’âge) qui sont licenciés « dont une dizaine en sport et santé », dixit Joël Gaudin.
Créée en 2011 en Angleterre, cette discipline se veut être une version lente du football avec des règles aménagées permettant une pratique loisir totalement sécurisée et accessible à tous et toutes. La discipline doit aussi son succès au fait de ne pas avoir forcément besoin d’être un sportif de haut niveau pour la pratiquer. Le terrain est adapté en fonction du nombre de participants, les équipes sont réduites et les contacts y sont proscrits. Bien évidemment, il n’est pas question de courir.
« Pour autant, c’est un vrai sport. Après une séance d’entraînement ou un match, les gens sont bien fatigués », sourit Joël Gaudin. Des effectifs issus aussi, en grande partie, de footballeurs depuis des années. Et quand on dit qu’il n’y a pas d’âge pour pratiquer, l’exemple en a été donné il y a quelques jours.
« Lors d’une séance, un homme de 75 ans de Grand-Village est venu participer, sourit Joël Gaudin. Mais on a aussi un licencié qui a 80 ans. Il fait ses deux séances de 90 minutes toutes les semaines. » Une assiduité que beaucoup de pratiquants prennent aussi sous le prisme du maintien en forme. « C’est une activité assez ludique, sans contact.
Joël Thomas n’a rien perdu de ses qualités techniques au football, qu’il exerce maintenant en marchant sur l’île d’Oléron. Avec les Chauvin, Julan, Haye, Audurier, Attana, Yekawéné, Chatelier, Lamand, mais également avec Jacky son frère, il a marqué l’histoire de l’Espoir sportif d’Ardin, devenu par le jeu d’une fusion le FC Autize.
Joël Thomas foulera à nouveau la pelouse du stade Pierre-Renoux ce samedi, mais en mode foot en marchant. Le meneur de jeu de la grande époque ardinoise revient avec son équipe de l’île d’Oléron dans son village natal auréolé d’un titre de vice-champion du Monde de foot en marchant dans la catégorie des plus de 60 ans.
Joël Thomas : « En lisant une annonce sur un journal local. Je voulais accélérer mon intégration sur l’île en trouvant une association et le club d’île Oléron football cherchait des joueurs. « Au foot en marchant, les règles de bases sont l’interdiction de courir, le jeu sans contact et la hauteur du ballon limitée à celle de la transversale des buts.
« Ma première sélection remonte à 2022. Nous sommes devenus vice-champions du Monde en 2023 à Derby, battus en finale par l’Angleterre. Puis en 2024 nous avons remporté la Méditerranéenne Cup au Maroc. Deux souvenirs mémorables. « Le foot en marchant, c’est un régal pour un passionné. De plus, c’est recommandé pour la santé physique et mentale. Samedi 5 avril à partir de 14 h 30 (matches d’exhibition), stade Pierre-Renoux, entrée gratuite.

Illustration du football en marchant.
Objectif : Division d'Honneur
Mais s'il reste à la tête du club malgré la difficulté à concilier sa vie de conseiller municipal, de syndicaliste et de fonctionnaire aux Affaires maritimes, c'est que Jacques Moquay veut écrire l'avenir sportif du FC Oléron en lettres majuscules. « Mon rêve, c'est de voir le club atteindre la division d'Honneur à moyen terme. Ce sera compliqué mais nous sommes organisés en conséquence à tous les niveaux. Nous avons entrepris un travail de fond. Pour y arriver, je peux, entre autres, m'appuyer sur des dirigeants comme Gérard Pajot, Jean-Pierre Charpentier ou Philippe Normandin. »
Les partenaires privés et les municipalités suivent également. Ainsi, un accord a abouti à ce que chaque commune de l'île verse 40 euros au FC Oléron par enfant licencié au grand club local.
En ce début de dimanche après-midi, les deux minibus du FC Île d’Oléron pénètrent dans l’enceinte du stade André-Bracq de Laleu. Au volant, Jacques Moquay et Francis Zanon. Les deux retraités sont des personnages incontournables du football local. Entre Jacques Moquay et le FC l’Île d’Oléron, c’est une belle et longue histoire d’amour. Il a été tour à tour - ou en même temps - joueur, entraîneur, secrétaire, dirigeant et président… et donc chauffeur de bus. Il est même engagé au District comme président de la commission d’éthique. « Que voulez-vous, j’ai toujours suivi le foot dans ma vie. Je ne vais quand même pas commencer à rester chez moi ! Celui qui fut conseiller municipal de Saint-Pierre-d’Oléron est une mémoire du foot local, dont il a connu ou amorcé toutes les évolutions. « Dans les années 1960-1970, il y avait sept clubs de foot, seul Grand-Village n’en a jamais eu.
Tableau Récapitulatif des Informations Clés
| Aspect | Détails |
|---|---|
| Nom du club | FC Île d'Oléron |
| Année de fusion | 2005 (évolution depuis) |
| Coprésidents | Jacques Moquay et Grégory Poitou |
| Complexe sportif principal | L'Oumière (Saint-Pierre-d'Oléron) |
| Nombre de licenciés | Environ 220 |
| Objectif principal | Atteindre la Division d'Honneur |
| Particularité | Forte identité locale et formation des jeunes |
| Football en Marchant | 34 licenciés, dont une dizaine en sport et santé |