Coupe du Monde de Hockey sur Glace : L'Histoire de la Participation Française

Le hockey sur glace est un sport passionnant avec une riche histoire. Le centenaire de la Fédération Française de Hockey, créée en 1920, est l’occasion de rassembler toutes les forces vives du hockey français. Dans ce contexte difficile, il est essentiel de nous unifier autour de nos valeurs fortes que sont le Fair-Play, l'Authenticité, le Respect et la Convivialité. Dans ce cadre, le Comité des 100 ans a décidé de mettre en lumière les moments clés de notre sport. Cet article met en lumière les épopées européennes des années 80 et 90 du hockey français.

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Les Débuts et l'Évolution du Hockey sur Glace en France

Dès avril 1896, l'organisation centrale du sport amateur français, reconnaît le Club des Patineurs constitué deux mois auparavant par Lucien Tignol (1868-1945). En 1897, elle tente d’organiser les premiers championnats de France de courses de patinage, mais les aléas climatiques hivernaux rendent ces initiatives vaines.

Cette commission vise dans un premier temps à mettre en place les premières compétitions nationales de patinage et de hockey sur glace, en tenant compte des conditions climatiques fluctuantes. Puis, largement inspirée par les initiatives du Club des Patineurs, la commission établit et impose très progressivement des règlements fidèles aux pratiques internationales, notamment celles prônées par l'Union Internationale de Patinage (U.I.P.), fondée en 1892.

La Commission adopte les premiers règlements officiels encadrant le jeu et les compétitions de hockey sur glace, les règlements des courses et des concours de figures et libres. Il stabilise le règlement des épreuves de patinage artistique, codifiant la nature et la cotation des figures imposées, programme libre, et créant des catégories hommes, dames, et couples.

Aussi le 15 mai 1908, il fonde la Ligue Internationale de Hockey sur Glace (future IIHF), aux côtés de la Belgique, de la Suisse et du Royaume-Uni. Il participe activement à leurs travaux : représentation aux Congrès annuels de l’U.I.P. dont il est l’un des juges internationaux, présidence de la L.I.H.G.

Chaque discipline conserve une certaine autonomie technique, mais l'ensemble est désormais coordonné par un Louis Magnus omniprésent, assurant une meilleure cohérence administrative et organisationnelle. L’un des premiers à vouloir conjuguer la promotion du tourisme hivernal et l’essor de la pratique sportive, il prépare par sa réforme le passage d’un loisir "récréatif et mondain" à la logique du sport de compétition.

La Première Guerre mondiale (1914-1918) interrompt quasiment toutes les activités sportives. du 20 juin 1920 acte la création de Fédérations autonomes par sport ou groupe de sports. Parmi elles, la Fédération Française des Sports d'Hiver (FFSH) fondée le 15 octobre 1920 est reconnue officiellement par décret le 3 novembre 1921. Son but est de « d’encourager et régir le patinage sur glace, le hockey sur glace, le bobsleigh, la luge et en général tous les sports de glace et de neige (sauf le ski). » La création de la Fédération Française de ski sera adoptée le 15 octobre 1924.

Dans cette première époque d'existence d'une fédération autonome de hockey sur glace, on remarque donc qu'elle a le même président que le patinage : André Payer, député (républicain-socialiste puis indépendant) de 1918 à 1932.

Par arrêté du 10 février 1942 du Secrétariat d’État à l’Éducation nationale et à la Jeunesse, la Fédération Française des Sports d'Hiver prend la dénomination de Fédération française des sports de glace.

Logo de la Fédération Française de Hockey sur Glace

Les Années 1980 : Premières Participations et Initiatives

Les Jeux olympiques se déroulent à Moscou (U.R.S.S.). Le comité olympique international sur proposition de la F.I.H. a décidé que le hockey féminin sera présent aux J.O. de 1980. Le tournoi olympique féminin regroupera six nations. Les problèmes de boycottage modifient les données dans la participation des nations tant sur le plan masculin que féminin. Malgré la victoire de la France masculine au tournoi pré-olympique de Moscou, elle ne sera pas qualifiée pour les J.O. En masculin, la médaille d’or revient à l’Inde. Nos deux équipes de France ne seront représentées. Cependant, la F.F.H. sera présente avec Mme Jacotte Coutou juge du tournoi féminin, ainsi que Mlle Micheline Courjaud arbitre neutre.

L’équipe de France féminine participe à la 4ème coupe du monde qui se déroulera à Buenos-Aires (Argentine), fin mars début avril. Douze nations y participent. La victoire finale revient à l’équipe d’Allemagne devant les Pays-Bas 1 à 1 (4 -2 au penalty). Pour la 3ème place, la Russie bat l’Australie : 5 à 1.

Composition de la délégation française :

  • Chef de délégation : Jacqueline Coutou
  • Manager : Brigitte Windal
  • Directeur Technique National et Entraîneur : Claude Windal
  • Arbitre: Laure Lawton

Cette même année, en juniors féminin l’équipe de France participe à la 4ème coupe d’Europe des nations division A qui se déroulera à Barcelone (Espagne). Victoire de la Hollande devant l’Allemagne.

La F.E.H. crée une compétition internationale-régionale appelée « coupe des Alpes » masculine réservée à tous les pays alpins. Celle-ci se déroulera chaque année dans un pays alpin.

En Hockey en Salle, l’équipe de France féminine participe à la 3ème coupe d’Europe qui se jouera à Berlin (Allemagne) du 30 Janvier au 1er février 1981. L’Allemagne remporte la finale devant l’écosse, la 3ème place pour le Canada. En masculin, l’équipe de France participe à la 2ème coupe intercontinentale à Kuala Lumpur (Malaisie) du 28 mars au 12 avril. L’U.R.S.S. remporte la victoire en battant en finale la Malaisie par 1 but à 0. La Nouvelle-Zélande médaille de bronze.

Chez les Juniors masculins, grâce à ses bons résultats au tournoi qualificatif de Lille, l’équipe de France participe à la phase finale de la 4ème coupe d’Europe qui se déroulera à Barcelone du 24 au 27 septembre. Tournoi gagné par l’Allemagne devant la Belgique.

En 1983 eut lieu la création du centre national du hockey français à Châtenay-Malabry. Le ministère des sports, la direction du C.R.E.P.S. de Châtenay-Malabry et la F.F.H. Sous le contrôle de la direction technique nationale de la F.F.H.et sous l’impulsion du D.T.N. Bernard Jodelet, ce centre accueillera dans un premier temps une section féminine puis deux ans après, une section masculine. Celui - ci est dirigé par Claude Windal aura une activité grandissante. Citons l’organisation de la 6ème Coupe d’Europe Junior féminine. Les matches France - Corée féminin, les rencontres Franco-Allemandes ainsi que de nombreux matches de championnats de France de hockey en salle et des matches amicaux masculins et féminins contre des nations étrangères.

Septembre 1983 : La 1ère section féminine au Centre national.

La Fédération Européenne de Hockey vient de créer une nouvelle compétition de hockey sur gazon pour les féminines : la coupe d’Europe des nations. Cette première édition est confiée à la Fédération Française de Hockey. Celle-ci se déroulera à Lille du 3 au 13 Mai 1984. Douze nations seront présentent. La victoire revient à la Hollande qui bat l’URSS par 2 à 0.

En 1984 a aussi été marqué par les JO de Los Angeles qui se sont déroulés pendant du 28 juillet au 12 aout : M. Coutou, juge française, sur le tournoi féminin et M. Renaud et M.

A noter qu’en 1986, la F.E.H. crée comme pour les masculins en 1981, la coupe des Alpes féminine réservée à tous les pays alpins avec le même principe d’organisation.

1987-1991 : Participation aux Coupes d'Europe et Organisation de Compétitions

1987: Les deux équipes de France participent aux coupes d’Europe des nations. Année des coupes d’Europe : L’équipe de France masculine participe à la 5 ème coupe d’Europe des nations qui se déroule à Moscou du 20 au 30 août 1987. La victoire sera remportée par les Pays-Bas contre l’Angleterre par le score de 1 - 1 (3-0 aux penalty). L’Allemagne termine à la 3ème place.

Composition de la délégation française:

  • Entraîneur : Ton Van Gils
  • Une phase de jeu de match international: Christian Viala

En 1988, la France organise la 6ème Coupe d’Europe féminine Junior au C.N.H.F. La Fédération Européenne de Hockey confie à la France, l’organisation de la 6ème coupe d’Europe féminine juniors qui sera organisée au centre national du hockey français basé dans le C.R.E.P.S. de Chatenay Malabry du 29 août au 4 septembre 1988. La finale est gagnée par l’Allemagne devant l’Angleterre.

En Hockey en salle, l’équipe de France masculine participe à la 5ème coupe d’europe de hockey en salle qui se déroulera à Vienne (Autriche) du 29 au 31 janvier 1988. La victoire revient à l’Allemagne devant une surprenante équipe de France médaille d’argent (vice championne d’Europe). C’est très certainement un des meilleurs résultats pour une équipe française.

Aux Jeux Olympiques de Séoul, la F.F.H. sera présente avec deux arbitres français Alain Renaud et Louis Gillet qui officieront chacun une demi finale et la médaille de bronze pour Alain Renaud. L’équipe de France termine à la 7ème place. A noter que nos français, Pierre Belmer était juge du tournoi masculin et M. Renaud était arbitre. M.

En Hockey en salle, l’équipe de France féminine participe à la 6ème coupe d’europe des nations de hockey en salle qui se déroulera à Elmshorn. Le tournoi est remporté par l’Allemagne devant l’Angleterre.

La F.E.H. crée la première coupe d’Europe des clubs champions masculins qui se déroulera à Amiens (France) Amiens S.C. champion de France termine à la 6ème place.

Hockey masculin : la France se voit confiée l’organisation de la 6 ème coupe d’europe des nations qui se déroulera à Paris au stade Jules Noël du 12 au 23 Juin 1991. Cette compétition regroupe douze nations. La victoire finale est remportée par l’Allemagne vainqueur des Pays-Bas par 3 buts à 1.

En Hockey féminin, la France participe au tournoi qualificatif aux J.O. La compétition sera remportée par l’Allemagne devant la Nouvelle - Zélande, 3ème et médaille de bronze le Canada. La France termine à la 10ème place.

Années 1990 : Défis et Performances

En 1992, bien que performante, l’équipe de France masculine ne sera pas qualifiée pour ce grand rendez-vous mondial que sont les JO de Barcelone.. C’est également le cas pour l’équipe de France féminine. Une satisfaction pour la F.F.H. Celle-ci est présente à Barcelone avec la nomination de nos deux arbitres français considérés par tout le hockey mondial comme les deux ou trois meilleurs arbitres au monde : Mrs.

Coté masculin : grâce à sa 6ème place lors de la dernière coupe d’Europe à Paris, l’équipe de France est qualifiée directement pour participer à la 7ème édition qui se déroulera à Dublin (Irlande). Difficilement sortie d’une période où les problèmes financiers se solutionnent petit à petit, l’équipe de France n’a pas pu se préparer dans des conditions normales pour bien figurer au classement général de cette compétition. En effet, elle termine à la 12ème et dernière place sans gloire. Son classement l’oblige de jouer un qualificatif pour retrouver sa place dans le groupe A. Un match de championnat de France.

En féminine : L’équipe de France A. se rend à Amsterdam (Hollande) pour y disputer la 4ème coupe d’Europe des nations organisée par les Pays-Bas. Comme pour l’équipe masculine et pour les mêmes raisons, la préparation de cette équipe fut très difficile. Malgré tout, elle réalise un bon tournoi et se classe à la 7ème place. La victoire revient à la Hollande devant l’Espagne sur le score de 2 à 2 (4 - 1 aux penalty).

En 1998, pour la première fois de sa longue histoire dans le championnat de France, le C.A. Montrouge est sacré champion de France. 92 titres seront attribués depuis sa création. Le Stade Français est avec 23 titres le premier au palmarès. Le deuxième le Racing Club de France avec 19 titres, le Football Club de Lyon et le Lille Hockey Club viennent ensuite avec 11 titres chacun. Un match de championnat de France à Amiens. Frédérique Pellé.

En championnat de France féminin, c’est toujours le long et glorieux règne du Stade Français. Ce grand club de hockey remporte sept titres de championnes de France ne laissant en 1993 et 1995 que deux titres à Amiens S.C.

Le palmarès du championnat de France féminin en gazon : Sur 73 titres de championne de France, le Stade Français réussi l’exploit unique dans le sport français de remporter depuis sa création en 1924, 42 titres avec par décennie, de longue série. Le Racing Club de France second avec 13 titres devance le F.C. Lyon 7 titres.

D'ici la fin de l'année 2020, le Comité des 100 finira de retracer les grandes périodes du Hockey français à travers des photos, des documents et des interviews des personnalités fortes de notre sport.

Équipe de France de Hockey sur Glace

Les Championnats d'Europe de hockey sur glace de 1924

Ainsi donc, en 1924, l’équipe de France a réussi l’exploit de remporter l’unique titre international qui fut considéré à l’époque comme l’un des plus prestigieux dans le hockey sur glace international, un nouveau sport qui réunissait encore presque seulement quelques pays dans le vieux continent. Les Championnats d'Europe de hockey sur glace de 1924 étaient la huitième édition de cette compétition organisée par l’ancienne « Ligue internationale de hockey sur glace » qui deviendra un peu plus tard l’IIHF.

Six nations seulement se sont disputé à l’époque le titre très convoité de champion d'Europe, un mois seulement après le déroulement des premiers Jeux olympiques organisés dans la station française de Chamonix. Ce fut à cette occasion la première participation de l'Espagne ainsi que celle de l'Italie qui organisa le tournoi. Pour la première fois la formule « poule puis finale » fut également mise en place. Pour l’anecdote, l’équipe de France était formée à l’époque par seulement neuf joueurs avec comme gardien de but le légendaire Robert George du club des Sports d'hiver de Paris.

Comme joueurs de champs, il y avait cinq joueurs du Chamonix Hockey Club : André Charlet, Raoul Couvert, Albert Hassler, Léon Quaglia et Joseph Monnard. Lors de ce fameux tournoi, les Espagnols arrivèrent au premier match avec seulement cinq joueurs car ils comptaient deux blessés dans leurs rangs. Très fair-play la Suisse consentit à jouer avec seulement cinq joueurs pour équilibrer les forces en présence et la Suède se déclara prête à faire de même !

L’historien Marc Branchu raconte : « Craignant de prendre un carton, les Madrilènes préfèrent déclarer forfait pour ce second match. Mais revenons à l’équipe de France où la présence de l’ingénieux Robert George ne passa pas inaperçue à cause d’un détail concernant son équipement. En effet, notre gardien de but, qui avait une imagination débordante, disputa ce tournoi avec des nouvelles protections élargies qu’il avait lui-même confectionné en copiant ce qui se faisait déjà au Canada. Le Français utilisa deux jambières complètement plates qui n’avaient pas encore traversé l’Atlantique.

En attendant, l’effet de surprise et l’efficacité redoutable du gardien tricolore firent beaucoup jaser lors de ce tournoi car ce ne fut pas du goût de tout le monde. Notamment de ses adversaires puisque le règlement qui dut être imposé juste après ce fameux tournoi disait en des termes aujourd’hui désuets : « Les guêtres du gardien de but étant essentiellement des instruments de protection de la jambe, et non pas des moyens de défense de goal, elles devront entourer la jambe et non pas se trouver devant elles comme des écrans plats. Elles ne pourront représenter ensemble plus de 50 centimètres de la largeur du goal lorsque les jambes du gardien sont jointes.

Prétendre que la victoire retentissante de la France à Milan ne fut obtenue que grâce à un équipement encore trop avantageux de son gardien serait cependant très injuste. Car la sélection tricolore prouva sur la glace qu’elle possédait à l’époque dans ses rangs des hockeyeurs très talentueux à l’image de son capitaine, Alfred de Rauch, surnommé familièrement « Didi », puisque ce dernier fut le meilleur buteur de ces Championnats d’Europe avec un total de 7 buts.

Né en Russie, puisque Varsovie, sa ville natale, était alors en territoire soviétique, « Didi » a été une force motrice du Club des Patineurs de Paris et leur capitaine pendant près de vingt ans. C’était un joueur très intelligent qui était en avance sur son temps. A son sujet Marc Branchu raconte : « Alfred De Rauch avait été formé par Baxter Quigg, un canadien de Montréal, qui avait joué pour le Racing Club de Paris. Ce dernier avait appris à Alfred De Rauch, toutes les astuces du hockey et il avait été son mentor pendant la courte période que le renfort canadien effectua à Paris.

Ainsi donc, après Léon Quaglia l’année précédente à Anvers, c’était la deuxième fois de suite qu’un hockeyeur français remportait le titre de meilleur marqueur. Les Français ayant éliminé dans un premier temps dans la poule B les Belges (3-0) puis les Italiens (12-0), c’est le capitaine Alfred de Rauch qui ouvrit le score pour l’équipe de France en finale du tournoi européen contre la Suède grâce à une belle passe d’Albert Hassler.

Le suspense était alors à son comble dans le « Palazzon di Ghiaccio », autrement dit en français le Palais de glace de Milan dans lequel se trouvaient de nombreux supporters de Chamonix qui avaient effectué le déplacement. Comme à cette époque le poste d’entraîneur national n’existait pas encore, le rôle du tacticien revenait de fait au capitaine de l’équipe de France qui était très respecté par tous ses coéquipiers.

D’autant que Alfred de Rauch avait fait partie avant la première guerre mondiale de l’ancien Club des Patineurs de Paris tout comme le défenseur Pierre Charpentier qui était également présent à Milan. La grande expérience de « Didi » faisait donc autorité. En effet, comme le raconte Marc Branchu « la France menant 2-0 à la mi-temps (les trois périodes n’existaient pas encore), il comprit que la seule tactique pour battre la Suède était de jouer défensif à tout prix. Il fallait tenir le plus longtemps possible jusqu’au coup de sifflet en ne prenant plus aucun risque et en utilisant les meilleurs éléments de l’équipe tricolore.

Le Haut-savoyard comptait donc se reposer un peu avec le sentiment du devoir accompli. Pour éviter que « Béber » ne quitte le jeu et que son absence ne mette à mal le jeu défensif de l’équipe de France, Alfred de Rauch demanda discrètement à son remplaçant éventuel, le petit arrière de Chamonix Joseph Monnard, d’aller dans les gradins se cacher parmi les spectateurs... En effet il était notamment très ami avec Léon Quaglia et Albert Hassler pour les avoir affronté sur les pistes de patinage de vitesse. De plus, il avait également joué souvent contre eux lorsqu’il était lui-même membre de l’équipe belge de hockey.

Cette victoire des hockeyeurs français ne fit malheureusement que quatre lignes à l’époque dans le journal sportif français L’Auto (l’ancêtre de L’Equipe) car le hockey sur glace, qui était pratiqué par une poignée d’adeptes seulement, vivotait plus ou moins dans un anonymat presque total. En revanche en Suède, le succès inattendu des hockeyeurs tricolores fut largement évoqué dans la presse et les commentaires furent souvent très critiques envers nos représentants avec une mauvaise foi évidente.

Qu’importe, ce titre européen remporté à Milan, qui reste un exploit unique dans les annales, fut, on l’imagine, dignement fêté par les neuf hockeyeurs français médaillés d’or qui retournèrent dans la vallée de Chamonix pour faire une « monstre fête ». En passant devant le stand de la Fédération française des sports d’hiver, le regard du Président Doumergue fut attiré par une très belle coupe qui avait été posée bien en évidence sur une table.

Il demanda à André Payer, le président de la Fédération Française des Sports d’Hiver, de lui en expliquer la signification. Ce dernier répondit : « Notre équipe de hockey sur glace a remporté l’hiver dernier à Milan le titre de championne d’Europe, Monsieur le Président. C’est le trophée officiel qui lui a été remis. Visiblement ravi d’apprendre cette victoire des Français dans un sport si peu connu, Gaston Doumergue répondit : « Ah, c’est très bien ! Félicitations car j’ai suivi avec intérêt les Jeux olympiques à Chamonix. J’espère que vos joueurs conserveront leur titre !

Pour terminer cette Tribune historique, voici un fait qui est très peu connu du grand public au sujet de l’ancien gardien de but tricolore Robert George. En effet, un an après ces fameux Championnats d’Europe à Milan de 1924, le célèbre tennisman français René Lacoste se promenait dans une rue de Boston aux Etats-Unis en compagnie des trois autres « Mousquetaires » Henri Cochet, Jean Borotra et Jacques Brugnon. En attendant un tournoi de la Coupe Davis prévu le lendemain, René Lacoste tomba en admiration devant la vitrine d’un magasin de maroquinerie où était exposée un sac en peau de crocodile.

« Si je remporte mon match, vous m’offrez cette mallette ! Le champion français perdit la rencontre mais un journaliste américain du Boston Post qui connaissait l’anecdote du sac le surnomma « l’alligator ». Quel rapport y a-t-il entre cette histoire et le hockey sur glace ? Et bien, dès son retour en France, René Lacoste tomba rapidement malade et faute de pouvoir continuer à jouer au plus haut niveau en tennis, il pensa à sa reconversion professionnelle. En 1933, il créa une entreprise de prêt-à-porter avec son associé André Gillier. Ce dernier inventa le polo qui fit la renommée de la marque.

En effet, le gardien de l’équipe de France de hockey sur glace dirigeait à cette époque une entreprise de confection de cravates et de foulards place Vendôme à Paris. Comme Robert George était de surcroît un styliste talentueux qui avait un beau coup de crayon, il était le mieux placé pour aider son ami.

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