Si la Nouvelle-Calédonie est un territoire d’outre-mer français, elle dispose de sa propre sélection depuis déjà plusieurs années. En vertu de l’autonomie administrative du territoire en matière de sport, elle dispose de sa propre fédération (la FCF), et donc de ses propres sélections, depuis 2001.

Mais pour prendre part aux tournois organisés par la Fédération internationale de football (FIFA), il lui fallait encore obtenir « l’autorisation de l’association membre du pays dont elle dépend », comprendre la Fédération française (FFF).
Le 8 octobre 2017, la Nouvelle-Calédonie vivait sa toute première apparition en phase finale d’un tournoi majeur de football : la Coupe du monde masculine des moins de 17 ans (U17). Ce jour-là, elle affrontait l’équipe France. Une affiche à première vue surprenante : colonisé en 1853, l’archipel a, depuis 1946, le statut de territoire d’outre-mer… français.
Les Cagous sur la scène internationale
Les "cagous", du nom de l'oiseau emblématique de l'archipel, ont récidivé en réalisant l'exploit d'être l'une des 23 équipes qualifiées pour ce Mondial. Depuis 19 ans, la Fédération calédonienne est affiliée à la FIFA, la Fédération internationale, et peut donc participer à des compétitions en concurrence avec la France.

D'ailleurs, c'est déjà arrivé pour les moins de 17 ans en 2017, la France et la Nouvelle Calédonie s'étaient affrontées. L'Indonésie accueille en ce moment le Mondial de football des moins de 17 ans. Surprenant car la Nouvelle-Calédonie est un territoire ultra-marin français, mais qui conserve une certaine indépendance et c'est le cas dans le football.
Il y a 10 000 licenciés seulement en Nouvelle-Calédonie, 162ème au classement FIFA. La plupart des joueurs proviennent d'équipes locales. Les Cagous ont hérité de la poule la plus difficile. Un premier match perdu 10 à 0 face à l'Angleterre, le deuxième 9 à 0 face au Brésil.
Le sélectionneur Léonardo Lopez savait que ce serait très compliqué, mais pour lui l'essentiel est ailleurs :"C'est la récompense de tout le travail qui a été fait par les éducateurs du club, par les bénévoles, par les familles, au niveau de l'éducation de nos jeunes cagous, humaine comme sportive. Aujourd'hui, on est très honorés d'avoir une chance de pouvoir les encadrer, de pouvoir représenter la Nouvelle Calédonie. C'est le meilleur cadeau qu'ils puissent recevoir aujourd'hui, de voir leurs jeunes participer à une coupe du monde."
Les jeunes calédoniens ont encore un match pour sauver l'honneur, face Iraniens, mais l'aventure va s'arrêter là. Cette année ils ne croiseront donc pas le chemin de l'équipe de France qui de son coté est invaincue, avec deux victoires face au Burkina Faso et la Corée du Sud.
Mondial U20 au Chili
Huit ans plus tard, les deux sélections se retrouvent, dimanche 5 octobre à 22 heures (heure de Paris), pour, cette fois, leur dernier match de poules du Mondial U20, organisé au Chili. Les Bleuets, actuellement troisièmes du groupe E, doivent l’emporter pour espérer passer en huitièmes de finale, après une victoire inaugurale contre l’Afrique du Sud (3-1) et une défaite contre les Etats-Unis (0-2). Les Cagous sont, eux, déjà quasiment éliminés, sèchement battus lors de leurs deux premières rencontres (9-0 contre les Etats-Unis et 5-0 face à l’Afrique du Sud).
L’équipe de France U20 aligne aujourd’hui de jeunes professionnels. Les Cagous sont, eux, des joueurs amateurs.
Charles Teamboueon et Marc Kanyan: Les légendes calédoniennes aux JO de Mexico 1968
Charles Teamboueon et Marc Kanyan sont les deux premiers calédoniens sélectionnés en équipe de France olympique de football, en 1968. Le destin commun de ces deux véritables légendes du ballon rond se dessine dès 1965.
Comme un véritable présage, l’orage gronde au-dessus de l’Azteca de Mexico, à 2000 mètres d’altitude. Les Bleus et les Verde font leur entrée sous les applaudissements des 100 000 spectateurs entièrement acquis à la cause mexicaine pour le match au sommet de la poule A. L’équipe de France amateurs participe à son 9e tournoi de football des Jeux Olympiques. Elle affronte la formation locale, motivée et très ambitieuse. Les attaquants calédoniens, Charles Teamboueon et Marc Kanyan, sont titulaires.
Kanyan confiait en 2021 à la Fédération calédonienne de football être "dans les nuages durant ces Jeux olympiques. Être au stade Aztèque avec 100 000 personnes, c'était extraordinaire, inoubliable".
Une victoire historique
Les deux ailiers kanak du Gazélec d’Ajaccio forment une attaque de feu, Teamboueon sur l’aile gauche, Kanyan côté droit. En permutant à nombreuses reprises, le duo calédonien perturbe la défense adverse.
Dès la vingtième minute, Kanyan frappe un coup franc indirect à vingt mètres de la cage mexicaine. Le mur dévie la trajectoire et le gardien de but Vargas est battu. Les Bleus ouvrent le score. Le public de l’Azteca reste silencieux. Il reprend espoir 5 minutes plus tard. Victorino envoie le ballon au fond des filets français. 1 partout.
À la demi-heure de jeu Kanyan réceptionne de la tête un centre de Hallet. Le ballon parvient à Charles Teamboueon. Il double la mise. Cinq minutes plus tard, sur un nouveau centre de Hallet, le défenseur mexicain Humberto Medina inscrit un but contre son camp. Vexé et en colère, le public jette des coussins et des sièges sur la pelouse. À la pause, la France mène 3-1.
En seconde période, Jean-Michel Larqué lance Kanyan. Le natif de Lifou dribble deux défenseurs mexicains et marque le 4ème but à la 70e minute. L’opposition des deux styles a souri aux Bleus. Face aux attaquants fougueux de la Verde, la France joue la zone. Les Mexicains ont été 23 fois piégés au hors-jeu. Score final 4-1 pour la France.
Les huées résonnent dans l’enceinte de l’Azteca. Pour la première fois, la formation mexicaine s’incline à domicile. Deuxième victoire consécutive, après le succès face à la Guinée 3-1, l’équipe de France est d’ores et déjà qualifiée pour les quarts de finale.
Lors du dernier match de poule, les Bleus s’inclinent 2-1 face à la Colombie. Mais cette défaite ne remet pas en question la première place du groupe. Les hommes d'André Grillon pensent avoir un adversaire à leur portée avec l’équipe du Japon. À la surprise générale, elle est battue 3-1. Teamboueon égalise et sauve l’honneur du groupe France. L’aventure olympique des Tricolores s’arrête en quart de finale.
Le destin commun de Teamboueon et Kanyan
Teamboueon âgé de 26 ans, auréolé de deux titres de Champion de Nouvelle-Calédonie débarque en Corse. L’attaquant est surnommé « le cerf de Bélep » commune de la province du Nord, formée par un petit archipel. Il porte les couleurs de la Frégate de Saint-Louis en tant qu’entraîneur - joueur. Décembre 1966, il rejoint Marc Kanyan. Fort de plusieurs titres régionaux, Kanyan, l’enfant de Gaïtcha est l’un des premiers Calédoniens à évoluer en France Hexagonale. L’ancien ailier de l’Olympique de Nouméa signe au Gazélec d’Ajaccio 3 ans plus tôt.
1968, ils sont tous les 2 sacrés Champion de France amateurs et sélectionnés aux JO de Mexico pour la XIXe olympiade de l'ère moderne. L’année suivante, le club corse accède à la deuxième division professionnelle. Mais deux saisons plus tard, le club est relégué. En 1972, Charles Teamboueon raccroche les crampons. Sa fin de carrière est accélérée par les blessures et des opérations aux genoux.
En 1969, Kanyan porte les couleurs du Sporting Club de Bastia durant 4 ans. Puis direction Nîmes, après deux saisons, retour à Ajaccio pour l’ultime championnat.
Les deux footballeurs rentrent sur le Caillou. Charles est entraîneur de l'AS Mont-Dore et finaliste de la Coupe de Nouvelle-Calédonie en 2007. Marc se lance en politique, conseiller municipal de la ville de Nouméa et vice-président du Congrès.
Les légendes s’éteindront sur leur île, Charles à 73 ans et Marc à 81ans. Les deux ailiers de l’Equipe de France des JO 68 sont considérés comme les plus grands footballeurs de l'histoire calédonienne.
Les agriculteurs mahorais formés à la santé animale Alors que la France hexagonale a été frappée par la crise de la dermatose nodulaire, Mayotte n'a pas connu d'épizootie bovine depuis 2018. Cela n'empêche pas les éleveurs mahorais de se former chaque semaine à la santé animale.
Le stage de la sélection à Nantes
La sélection de Nouvelle-Calédonie était en stage à Nantes toute la semaine. Toute la semaine, la sélection de Nouvelle-Calédonie était en stage à la Jonelière au centre de formation du FC Nantes, afin de préparer son tournoi éliminatoire pour la coupe du Monde 2022 qui se joue à partir du 14 mars au Qatar. Mardi matin, une belle surprise attendait la délégation du Pacifique avec la visite d’Antoine Kombouaré, l’entraîneur des Canaris.

« Il a annoncé qu’il nous invitait à la demi-finale de coupe de France contre Monaco qui se déroulait le lendemain, raconte Gilles Tavergeux, le président de la Fédération néo-calédonienne. Je ne sais pas comment il a fait pour avoir les places mais il a vraiment fait des heureux ! » Ce geste montre à quel point l’entraîneur du FC Nantes est resté proche de ses origines.
« Avec Christian Karembeu, ce sont des exemples de réussite pour tous nos joueurs, poursuit l’homme fort du football calédonien. Mais surtout ils marquent le respect en se comportant comme des grands frères. Antoine essaye toujours d’apporter sa contribution malgré le fait qu’il soit loin. »
« Au pays, on respecte beaucoup les anciens ! » Ce sont d’ailleurs des échanges entre les deux hommes, puis la visite des deux vice-présidents de la fédération en compagnie de Christophe Coursimault (qui a remporté les Jeux du Pacifique en 2006 en tant que sélectionneur de la Nouvelle-Calédonie), qui ont permis l’organisation de ce stage d’une semaine à la Jonelière. Avec Christian Karembeu, Antoine Kombouaré a d’ailleurs reçu officiellement le titre honorifique d’ambassadeur du football néo-calédonien ce vendredi après-midi.
« Pour nous, c’est une aubaine car Antoine est une personne exemplaire, souligne Dominique Wacalie, le sélectionneur. Au pays, on respecte beaucoup les anciens. On essaye de se nourrir de leurs paroles pour progresser donc c’est très important de les écouter. Du fait de leur expérience, on connaît l’importance de s’investir dans un projet. »
Et tout a été mis en place pour la sélection néo-calédonienne puisse se préparer tranquillement. « On se sent vraiment chez nous, Antoine a fait le nécessaire avec le FC Nantes pour soit bien car ce stage est très important pour nous » confie l’ex-joueur de Bourges et Imphy-Decize.
L'épopée cagoue - Partie 1 : NC vs France / Rétro Mondial FIFA U17 (Inde)
« Pour les joueurs, c’est un peu toucher l’inaccessible, concède Christophe Coursimault. Ils ont beaucoup entendu parler d’Antoine et Christian par leur parents, leurs familles. Les rencontrer leur permet de mettre un visage sur ces deux personnages qui sont les deux derniers néo-calédoniens à avoir atteint ce niveau. Ils vivent vraiment un grand rêve ! » L’apport et les conseils de ces « grands frères » sera forcément important pour l’avenir de la sélection, principalement composée de joueurs amateurs, dans sa course à la qualification !