Le Grand Retour de FFF : Analyse des Nouveaux Albums "Scream" et "U Scream" et du Mini-Album "Deadline" de Blackpink

Cette année marque le retour de FFF aux affaires, 23 ans séparent "Vierge" de "Scream". Pour ceux qui ne connaîtraient pas, FFF fut l'un des groupes dit de "fusion" les plus en vue dans les années 90 avec les albums "Blast Culture" et "FFF". En mélangeant rock et funk, le combo a créé un genre : le fonck, avec un succès tant public que critique.

Avec son titre et sa pochette, ce nouvel album laisse peu de place au suspense quant à son orientation. Ce cri semble être salutaire, surtout en ce moment. C'est bien beau tout cela, mais quid de la musique ? Que les fans se rassurent, l'énergie n'a pas faibli durant ces deux décennies, comme en témoigne le morceau introductif 'Les Magazines' totalement jubilatoire avec le flow maitrisé de Marco Prince dont la voix est restée telle qu'on l'avait laissée, sans que la patine du temps ne vienne l'altérer.

Un Pont Musical entre Passé et Présent

Si les rappels au glorieux passé sont nombreux, il ne faut pas passer sous silence que "Scream" est un album de son temps avec un travail sonore moderne grâce à un mixage plutôt classieux qui s'entend surtout sur 'Must Let You Go', mid tempo aux nombreux arrangements (cordes, électro...) ou bien sur le saturé 'All Right'. Ce nouvel album est une sorte de pont entre le FFF qui s'est laissé endormir à l'aube du nouveau millénaire et le "nouveau" réveillé par le baiser du (Marco) Prince. "Scream" est un retour réussi pour FFF qui ne renie pas son passé tout en lui apportant une touche contemporaine, comme si le temps n'avait pas eu de prise sur le groupe. Énergie, rock, funk sont les éléments qui font passer un excellent moment, sans prise de tête.

"U Scream" : L'Extension Créative de FFF

De retour en 2023 avec "I scream", la Fédération Française de Fonck revient, déjà, avec "U scream". Un album en miroir du précédent et déjà présent en 2023 : "À partir du moment où on a rouvert le robinet pour écrire l'album 'I scream', il y a plein de musique qui est sortie et on s'est retrouvé à la fin des séances de travail avec une trentaine de morceaux. On s'est dit qu'on n'allait pas en jeter. Mais on en a quand même gardé tellement qu'on s'est dit, soit on fait un double album, soit on va essayer de se partager ça entre deux disques".

La créativité était donc au rendez-vous de ces retrouvailles, même si ce n'était pas les premières : "On avait essayé plusieurs fois de reformer le combo, on a fait plusieurs tentatives qui avaient été fructueuses au niveau de la vie de tous les jours, on s'est beaucoup amusé à chaque fois. Mais ça n'avait pas été sanctionné par une belle production discographique qui reste et qui marque, et là sur le coup, je crois qu'il y a un alignement des planètes aussi, il y a une nouvelle adolescence".

La difficulté ? "Il fallait trouver des nouvelles manières de s'exprimer, avoir des choses à dire aujourd'hui mais l'époque est tellement tendue que franchement, ce serait difficile de n'avoir rien à dire".

Avec U Scream, FFF explore un groove modernisé, fruit d’une collaboration renouvelée avec Dimitri Tikovoi, déjà aux commandes pour des groupes comme The Libertines et Placebo. L’album se révèle plus dense et plus intense que son prédécesseur, naviguant entre un P-Funk psychédélique et un M-Funk puissant. Des titres comme « Y’a Toi », « Sometimes » et « Smile » illustrent la facette P-Funk, tandis que « Get Down », « Insanity » ou « Booya dans les Dom-Tom » incarnent le M-Funk.

La section rythmique impulse un groove sans le moindre temps mort, fortement influencé par la P-Funk de George Clinton, comme on l’entend sur « Sometimes » avec ses cuivres. Yarol Poupaud délivre des riffs survoltés sur des titres tels que « Beautiful Mind » et « Booya dans les DOM-TOM ». Marco Prince, au chant, affirme l’identité du groupe sur le fédérateur « Y’a toi ».

L’esthétique sonore de U Scream intègre diverses couleurs musicales : power pop, dance, metal, disco et hard rock, toutes digérées avec une énergie et une spontanéité remarquables.

FFF, reconnu comme l’un des plus grands experts du funk-rock, a effectué un retour remarqué en 2023 avec l’album I Scream, leur premier disque studio en 23 ans. Ce retour a été salué par le public et la critique, suivi d’une tournée française triomphale. Le groupe confirme son statut d’acteur majeur de la scène française avec ce nouvel opus.

L’unique date parisienne à L’Olympia, fixée au 11 novembre 2026, représente une occasion de présenter ce nouveau chapitre sur scène.

FFF en Concert : Immortalisation de la Résurrection du Groupe

Reformés en 2023, les vétérans de la Fédération française de Fonck n’ont pas seulement renoué avec leur public: ils l’ont électrisé. Cinquante dates plus tard à travers l’Hexagone, Marco Prince, Yarol Poupaud, Niktus Baby et Krishoo Monthieux immortalisent cette résurrection sur un triple vinyle brûlant, capté à La Cigale le 23 octobre 2024. On retrouve la quasi-totalité des titres d’« I Scream », dernier-né en date, ainsi que tous leurs classiques de FFF comme « Barbès », « le Pire et le Meilleur » ou « Morphée ». Devant un public en trans, ivre de groove, de rock, de funk.

Au micro d'Emilie Mazoyer, on explore les thèmes abordés dans l'album avec Marco Prince et Yarol Poupaud. Ceux qui attendaient le retour de la FFF depuis le dernier album en 2000 sont ravis !

Prochains Pas de FFF : Tournée et Nouvelles Créations

Et comme les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules, la FFF annonce une tournée : "On reprend la route, si tout va bien, à partir de l'été 2026 pour faire des festivals, et ensuite on repart dans nos salles de concert préférées qu'on adore et qu'on aime, dont certaines prestigieuses, un peu partout en France".

Et après ? Une petite phrase de Marco Prince laisse sous-entendre que l'histoire n'est pas finie : "À savoir qu'on part la semaine prochaine pour refaire de la nouvelle musique" !

FFF - SomeTimes (audio officiel)

"Deadline" de Blackpink : Un EP Modeste Mais Impactant

Avec leur hit « Jump » et quatre nouveaux titres - dont une incursion jubilatoire dans l’univers goth-club des années 80 -, ce mini-album « Deadline » est exactement ce que les fans attendaient. Les femmes de Blackpink sont en pleine confiance sur Deadline, et ça leur va à merveille. C’est la première nouvelle musique des reines de la K-pop depuis [souffle la poussière du calendrier] plus de trois ans, depuis leur album phare de 2022, l’excellent Born Pink.

Les quatre membres - Jennie, Rosé, Lisa et Jisoo - sont restées actives depuis, se consacrant sérieusement à leurs carrières solos. Rosé a sorti son album personnel Rosie, avec le tube « Apt. » en duo avec Bruno Mars, qu’elle a interprété pour ouvrir les Grammy il y a quelques semaines. On a également eu Alter Ego de Lisa, avec « Rockstar » (l’un des meilleurs hits jamais portés par ce titre) et « New Woman » (idem).

Mais soyons honnêtes : le monde attendait avec impatience la magie que Blackpink ne peut créer que lorsqu’elles mettent leurs quatre têtes ensemble et lâchent les chevaux. Deadline de Blackpink est un EP modeste de 15 minutes, comprenant leur single de 2025 « Jump », sorti il y a six mois, et quatre nouveaux morceaux, dont trois excellents.

Les Points Forts de "Deadline"

La meilleure nouvelle concernant Deadline : pas une seule ballade larmoyante, un soulagement immense, puisque c’est la dernière chose dont on a besoin de ce groupe à ce stade. Les dames de Blackpink sont d’humeur à frimer, ce qu’elles font de mieux, dégageant un charisme glamour. Leurs succès solos respectifs ont visiblement attisé leur attitude de divas - pas qu’elles aient jamais manqué de confiance dans ce domaine.

C’est un titre de comeback curieux, considérant qu’il a fallu près de quatre ans, et aussi qu’il porte le nom de leur Deadline World Tour de 2025, déjà terminée en janvier. « Go » est un banger de fête plus clinquant et agressif, produit par Cirkut et Teddy - étonnamment, le premier morceau que les quatre membres de Blackpink ont co-écrit ensemble, après une décennie dans le game. Plus étrange encore, il porte un crédit d’écriture pour Chris Martin de Coldplay.

C’est un enchaînement effréné de drops hardstep et de chants « Black! Pink! », tandis que Lisa prévient : « No slow jams / Bumping through the speakers when I do my go-go dance! » Il y a un pont qui ressemble beaucoup (vraiment beaucoup) à celui de « Apt. » Mais il y a aussi un clin d’œil inattendu à Springsteen, quand le tempo ralentit et que Jennie chante « When your heart is broken, baby / Darkness on the edge of toooown.

« Me and My » est un de leurs hommages au trap, où elles avertissent que vous feriez mieux de surveiller votre mec quand Blackpink débarque au club. Jennie se vante de son « pretty privilege » en pleine « hottie season » et rappe « You know that’s my girl when I call her bitch. » Lisa fait sauter la banque au bar et approuve une étiquette NBA discutable (« Courtside on the call, we can touch the ball » - euh, peut-être pas ?). Musicalement, c’est du classique Blackpink, mais Jennie place l’une des répliques mode les plus savoureuses de l’album : « Daisy Dukes make me speak my mind.

"Champion" : L'Incursion Goth-Club des Années 80

« Champion » est le plus grand virage musical de Deadline - et le meilleur morceau, de loin. Elles plongent dans la synthpop new wave des années 80, un terrain qui leur réussit souvent, des mouvements à la Blondie de « Yeah Yeah Yeah » à l’hommage à Toni Basil dans « Apt. » de Rosé. Mais « Champion » est une virée dans l’ambiance darkwave goth-club à grosses coiffures, portée par des guitares flanquées tout droit sorties de The Cure époque Seventeen Seconds ou Siouxsie and the Banshees époque Juju, suffisamment envoûtantes pour vous captiver. Pour ces quatre artistes hors normes, ce genre de son dansant et sinueux met parfaitement en valeur leurs voix dynamiques - on aimerait qu’elles consacrent un album entier en mode new wave.

(Si jamais elles ont envie de retenter l’expérience d’un album complet, bien sûr. Blackpink a une faiblesse de longue date pour les ballades acoustiques, toujours clivantes pour les auditeurs, mais cette fois elles s’en sortent avec brio avec « Fxxxboy ». C’est une ode décontractée et frondeuse à la torture des ex en couchant avec eux sans aucune implication émotionnelle, parce qu’ils vous ont brûlée trop de fois et que c’est maintenant à leur tour de souffrir. « Keep your expectations under the pavement », prévient Jisoo. « Guess karma’s a bitch / How’s it feel? Now I’m the fuckboy! » Ça pourrait évoquer « Tally » de Born Pink, un autre moment où elles enfoncent leurs huit talons aiguilles dans le cœur d’un ex. Mais c’est encore plus méchant et plus drôle. Blackpink a définitivement parcouru un long chemin, évoluant de « Lovesick Girls » à un quatuor autoproclamé de fuckboys.

Voici un tableau récapitulatif des albums et EP mentionnés :

Artiste Album/EP Année de sortie Genre
FFF Scream [Année de sortie] Funk-Rock
FFF U Scream 2025 Funk-Rock
Blackpink Deadline [Année de sortie] K-Pop

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