Le football américain, sport le plus populaire aux États-Unis, est l'équivalent du foot en Europe.
Survivre pendant 50 minutes au sport le plus dangereux au monde.

Décès Récent chez les Jeunes Joueurs
Cette semaine, Kenney Bui, un lycéen de Seattle de 17 ans, est mort des suites d'un traumatisme crânien lors d'un match de football américain. C'est la quatrième victime en un mois. Quelques jours plus tôt, Ben Hamm, 16 ans, avait succombé à un choc à la tête lors d'un match dans l'Oklahoma, et Tyrell Cameron, 16 ans, était mort après avoir été blessé au cou en Louisiane. Evan Murray, 17 ans également, est décédé après un éclatement de la rate le 25 septembre.
Risques et Études Scientifiques
Depuis quelques années, toutes sortes d'études, largement reprises par les médias, montrent les risques courus par les joueurs, amateurs et professionnels. Une étude menée sur d’anciens footballeurs professionnels en France a mis en évidence qu’ils vivaient plus vieux, avec moins de cancers et de maladies cardiovasculaires, mais davantage de risques de démences, selon ses conclusions consultées par l’AFP. Durant cet intervalle, 673 décès ont été recensés, avec la cause de la mort identifiée dans 98 % des cas : l’analyse s’est portée sur ces 662 décès en particulier, comparés au reste de la population.
L’étude dirigée par Emmanuel Orhant, directeur médical de la Fédération française de football, conclut qu’un footballeur professionnel meurt plus tard que la moyenne et est moins exposé aux cancers et maladies cardio. De la même manière, il y a moins de décès liés à des cancers ou des maladies cardio-vasculaires chez les professionnels. Les risques liés à la maladie de Parkinson sont également plus faibles.
Publiée en 2019, une étude de l’université de Glasgow conduite par le professeur Daniel Mackay avait conclu également que d’anciens footballeurs écossais avaient 3,5 fois plus de chances de mourir d’une maladie neurodégénérative que la moyenne. Les risques pour le cerveau viennent probablement des chocs violents, comme démontré dans d’autres sports (boxe, hockey sur glace, football américain…), et » pas des jeux de tête », affirme Emmanuel Orhant auprès de l’AFP.
Sur 91 joueurs décédés, 87 souffraient d'encéphalopathie traumatique chronique, une forme d'affection cérébrale provoquée sans doute par des commotions cérébrales à répétition, selon l'étude d'une équipe médicale. Cette maladie peut entraîner des pertes de mémoire, de la dépression, un comportement agressif et de la démence. Cela confirme d'autres études qui associent les traumatismes crâniens répétés à des problèmes neurologiques. Une enquête de l'université de Caroline du Nord portant sur 2 500 anciens joueurs a déterminé que 11 % d'entre eux souffraient de dépression, et que ceux qui avaient subi trois ou quatre commotions cérébrales avaient trois fois plus de risques d'être dépressifs que les autres.
Au total, les scientifiques ont analysé les tissus cérébraux de 202 anciens joueurs de foot américain ayant pratiqué à titre professionnel (aux États-Unis et au Canada), au lycée, à l’université ou en tant que semi-professionnels. Une encéphalopathie traumatique chronique (ETC) a été diagnostiquée chez 177 joueurs, soit 87% d’entre eux. De même, sur 111 joueurs ayant fait partie de la célèbre National Football League (NFL), un seul ne présentait pas de dégénérescence.
Par ailleurs, la sévérité de cette ETC était nettement plus marquée chez les joueurs professionnels, que chez les amateurs - comme ceux ayant joué au lycée-, ont noté les chercheurs de l’université de Boston. 56% des ex-joueurs universitaires et semi-professionnels souffraient des formes les plus aiguës.
Pour déterminer si les joueurs de football présentaient des symptômes de leur maladie à la fin de leur vie, les chercheurs ont mené, entre autres, des entretiens avec leurs proches. Parmi les 27 sujets souffrant de la forme modérée, 96% présentaient des troubles du comportement ou de l’humeur (dépression...), 85% avaient des problèmes cognitifs (difficultés de concentration) et 33% montraient des signes de démence.
Plusieurs facteurs pouvaient augmenter le risque de développer cette pathologie: âge de début du sport et nombre d’années de pratique, position sur le terrain, accumulation des chocs sur la tête. «Le fait d’avoir détecté un aussi grand nombre de cas dans cet échantillon suggère que cette maladie n’est pas rare», a relevé le docteur Ann McKee, qui a coordonné l’étude.
Réponse de la NFL et Efforts de Sécurité
La Ligue nationale de football américain (NFL) n'a cessé de dénoncer ces résultats, les qualifiant d'incomplets et d'erronés. En août 2013, elle a négocié un accord financier de 765 millions de dollars avec plus de 4 500 anciens joueurs qui avaient intenté une action en justice, accusant la Ligue d'avoir caché les dangers de commotions répétées, diffuser des informations fausses et tout fait pour bloquer les études scientifiques. Mais l'accord ne reconnaît en aucun cas que les blessures des plaignants ont été causées par la pratique du football.
Depuis, la NFL a fait des efforts pour rendre le sport moins dangereux. Elle a modifié les règles du jeu et imposé de nouveaux contrôles médicaux. Le nombre de commotions, dit-elle, a diminué de 25 % en 2014. «La communauté médicale et scientifique va bénéficier de cette étude et la NFL (National Football League) continuera à travailler avec de nombreux experts pour améliorer la santé des athlètes de la ligue», a déclaré Brian McCarthy, porte-parole de la NFL.
Désaffection et Changements Culturels
Malgré ces efforts, de plus en plus de parents boudent le sport. Le nombre d'enfants et d'ados enrôlés a baissé de 2,4 % sur les cinq dernières années. Pop Warner, la plus grosse organisation de jeunes, a vu le nombre de ses participants chuter de 9,5 % entre 2010 à 2012.
Pour la première fois, un certain nombre d'établissements scolaires ont décidé de supprimer leur équipe de football. C'est un énorme changement culturel, puisque, dans l'Amérique rurale notamment, le match inter-lycées du vendredi soir est un rituel sacré. Maplewood Richmond Heights, un lycée du Missouri, a abandonné par exemple le football américain parce que trop de joueurs ont été blessés l'an dernier et qu'il n'y avait plus assez de candidats. En 2010, ils étaient 38 joueurs contre 20 en 2014. En remplacement, il a lancé une équipe de soccer (football) très populaire. Au lycée de Ridgefield Memorial dans le New Jersey, seuls 13 élèves se sont portés volontaires cette année. Là encore, le directeur a supprimé l'équipe.
Autres Sports Dangereux et Comparaisons
Adrénaline, dépassement de soi, frissons… certains sports sont bien plus que des loisirs: ce sont de véritables prises de risque. Tandis que la plupart des disciplines sportives sont encadrées et relativement sûres, d’autres exposent leurs pratiquants à des dangers extrêmes, parfois mortels. Alors, quel est le sport le plus dangereux au monde?
Voici une liste des sports considérés comme les plus dangereux :
- Le Base Jump
- L'alpinisme
- Les courses de motos
- La plongée profonde
- Le surf de grosses vagues
- Le ski hors-piste
- Les courses de moto (TT de l’île de Man)
- Les sports de combat (boxe, MMA)
- Le rodéo (bull riding)
- Le football américain et le rugby
Le Rugby et le Football américain, ou Super Bowl sont deux sports collectifs de contacts souvent confondus par les non-initiés. La comparaison de dangerosité entre ces deux sports fait le sujet d’un débat interminable jusqu’à ce jour. “Si on parle d’intensité du choc, évidemment, le foot américain est plus violent, de par les protections. Mais il y a moins de contacts, et les protections permettent d’étaler, de diffuser la surface d’impact pour que l’ensemble du corps puisse l’absorber. Si on parle de répétition du nombre d’impacts, évidemment que le rugby est plus violent, et en plus de ça, il n’y a pas de protection.
Les deux sports peuvent provoquer des chocs violents, exposant les joueurs à un risque élevé de blessures, notamment des commotions cérébrales, des fractures osseuses, des entorses, des luxations et des blessures musculaires.
Les statistiques montrent un contraste marqué en termes de blessures. Il semblerait que les joueurs de rugby souffrent plus souvent de blessures. Cependant, l’intensité de ces blessures est aussi à prendre en compte. Alors que les footballeurs se blesse environ 60 fois en moyenne durant un tournoi, les rugbymen enregistrent presque 80 incidents.
Tableau comparatif des blessures au football et au rugby :
| Sport | Moyenne des blessures | Fréquence des blessures graves |
|---|---|---|
| Rugby | 80 | Élevée |
| Football | 60 | Modérée |
Le défi réside ainsi bien plus dans l’exigence que dans l’intensité du contact : les doigts se levèrent au rugby pour les blessures graves, alors qu’en football moins le décalage reste.