Pour beaucoup, le basket-ball est le sport ayant le plus participé à l’expansion de la culture sneakers à travers le monde. La National Basket-ball Association voit défiler sur ses parquets les plus grands joueurs de la planète avec, à leurs pieds, des paires devenues aujourd’hui légendaires. L’histoire des sneakers ressemble à celle de la NBA : celle-ci est fondée sur des stars.
Si pour le basket américain, ces stars se nomment Magic Johnson, LeBron James ou encore Michael Jordan (qui lui s’est même exporté dans nos chaussures préférées), celles des sneakers se nomment Nike Air Max, Nike Cortez ou encore Air Jordan.

Les Débuts de la Culture Sneakers et le Basket-ball
Peu de personnes le savent, mais la mythique Converse All Star Chuck Taylor était à la base une chaussure de basket. Elle fera sa première apparition en 1917 et sera vite adoptée sur les parquets. Si la Converse All Star est aujourd’hui aux pieds de tous, c’est avant tout grâce au joueur de basket Chuck Taylor. En 1932, Converse renomme la paire à son nom, ce qui en fait la première « signature shoes » de l’histoire. Avant même l’arrivée de la NBA, la Chuck Taylor était une paire destinée à la pratique du basket, portée par tous.
On pouvait la voir aux pieds de joueurs NBA comme Jerry West, mais aussi, aux pieds de personnalités publiques importantes ou de star comme les Ramones. Avec l’évolution du jeu en NBA au milieu des années 70, la Chuck Taylor n’était plus adaptée pour la pratique du basket-ball. C’est alors qu’Adidas arrive avec la Superstar et son renfort sur le devant du pied. La paire a très vite dépassé les frontières des parquets NBA et a su se faire une place importante dans la culture hip-hop notamment chez les danseurs. En 1986, le légendaire groupe de New-York Run DMC sort le classique « My Adidas ». La track propulsera le modèle sur le devant de la scène et le rendra immédiatement culte.
Dès 1992, Reebok décide d’associer son image à celle d’un jeune rookie : Shaquille O’Neal. De cette union, naîtra une paire imposante et massive à l’image du joueur, la Shaq Attack. La paire révolutionnera le monde de la chaussure de sport grâce à sa technologie Pump. Cette dernière rencontrera un énorme succès durant les nineties même en Europe.
La marque qui aura le mieux tiré son épingle du jeu en NBA, c’est sans aucun doute Nike. Avant même l’arrivée de Jordan en NBA, les Air Force 1 étaient appréciées par les joueurs de la grande ligue. Mais c’est bien le partenariat avec Michael Jordan qui révolutionnera le monde de la sneakers. Bien que ce dernier souhaitait signer chez Adidas, c’est finalement chez la marque au swoosh que MJ signera son contrat.
Avec ses sneakers aux pieds, Jordan marquera l’histoire de son sport grâce à ses exploits balle en mains. Encore aujourd’hui, personne n’a réussi à avoir l’impact qu’a eu Michael Jordan sur le monde de la sneakers. Les joueurs les plus importants de ces dernières décennies n’ont jamais vu leurs paires quitter les frontières de la NBA. Malgré tout, les modèles de Jordan les plus récents sont de moins en moins populaires en NBA.
Aujourd’hui, les sneakers portées par les stars NBA sont uniquement dédiées à la performance et aucune d’entre elles n’arrive aux pieds du grand public. La grande ligue se voit aujourd’hui de plus en plus influencée par la rue. Cependant cette dernière a su bannir les baggy et les grosses chaînes en or avec l’instauration d’un dress code. Aujourd’hui, la ligue est beaucoup plus laxiste, il nous arrive de voir des joueurs jouer avec des paires pas du tout adaptées à la pratique du basketball.
Autre tendance issue de la culture sneakers qui a su faire son chemin en NBA, c’est le custom. De plus en plus de joueurs font customiser leurs paires de sneakers par des artistes. Mis à part les paires retro des années 90, la NBA et le basket-ball sont de moins en moins influents en ce qui concerne la culture sneakers.
Nike Air Max : L'Héritage d'une Saga
La saga de la Nike Air Max débute en 1987 avec le lancement de la très modeste de par sa dénomination, Nike Air Max 1. Nike a, depuis toujours, basé sa différence sur l’innovation. En effet, chaque chaussure de la marque à la virgule se pare d’une innovation nouvelle. L’innovation de cette première tentative de la Nike Air Max ? La bulle d’air amorti, qui était pressenti du côté de Nike depuis les années 1970.
Cette innovation du designer Tinker Hatfield va entrainer une nouvelle révolution dans l’univers sneaker. Pour l’anecdote, l’inspiration de cette innovation est venue du Centre Pompidou à Paris avec ses entailles comme force architecturale. Le succès est immédiat et la communauté Hip Hop s’en fait immédiatement l’écho.

Nike Air Max 90 : Une Nouvelle Ère
Mais venons-en aux début des années 90 avec la création de la sneaker qui nous intéresse tout particulièrement dans cette chronique, à savoir : la Nike Air Max 90. Initialement baptisée, la Air Max III, sera communément appelée par la suite, la Air Max 90, en raison de l’année de son lancement : 1990. Les designers auxquels on doit les différentes Air Max sorties jusqu’aujourd’hui ont été davantage inspirés pour concevoir des baskets innovantes que pour leur trouver des noms originaux. La Nike Air Max 90 ne déroge pas à la règle. Comme sa prédécesseur, son nom n’est autre que l’année au cours de laquelle elle a été conçue puis commercialisée.
3 ans seulement après avoir révolutionné l’univers du running en introduisant la technologie Air-Sole dans un modèle destiné à la pratique de la course à pied, l’ancien architecte a signé avec la Air Max 90 un autre des succès majeurs de la marque. Ce succès, nous en retraçons les origines et les anecdotes dans ce guide qui lui est entièrement consacré. Tout commence au début des années 1980. L’équipementier américain créé à peine 10 ans plus tôt tend déjà à devenir une référence sur les parquets de la NBA où sa Air Force 1 a rapidement fait l’unanimité.
Mais dans le même temps, son objectif de concurrencer adidas et PUMA dans le running est sérieusement remis en question. La faute à l’ancienneté plus importante des deux équipementiers allemands et à l’essor du basketball alors en passe de prendre l’ascendant sur les autres sports phares des Etats-Unis. Pas résigné pour autant, Nike fera appel à Tinker Hatfield en 1985 pour fabriquer une chaussure de course à la fois plus performante et moderne que les références de l’époque.
Deux ans plus tard, en 1987 donc, la Air Max 1 sera officiellement lancée. L’engouement qu’elle suscitera auprès des athlètes amateurs et professionnels sera tel que Tinker Hatfield se lancera dans la création de sa successeur dès 1990. En réalité, la Air Max 90 n’est pas le deuxième mais le troisième modèle de la gamme. Celui-ci s’est d’ailleurs appelé Air Max III avant qu’il ne soit rebaptisé en 2000. Sur le plan de l’innovation, cette Air Max troisième du nom n’est pas aussi révolutionnaire que la première. Elle intègre un coussin d’air plus volumineux au niveau du talon pour répondre au besoin d’amorti accru des coureurs.
En termes de design, elle arbore un look plus agressif marqué notamment par une ligne de fuite symbolisant l’action d’aller vers l’avant. Les couleurs de la paire intitulée « Infrared » s’inscrivent dans la lignée de celles de la Air Max 1. On y retrouve notamment du blanc, du gris et du rouge sur sa tige et sa semelle. Pour ce qui est des matières utilisées pour sa fabrication, l’édition de 1990 est à nouveau très proche de celle de 1987.
La paire originale de 1990, identifiée sous la désignation « Infrared », se caractérise par un style plus moderne et dynamique que celle de 1987. Sur la photo ci-dessus, on peut voir cette fameuse ligne de fuite que Tinker Hatfield a ajouté sur l’empeigne pour symboliser la vitesse. Une fois n’est pas coutume, celui-ci sera bien au rendez-vous. La Nike Air Max 90 est effectivement devenue un classique au terme de plusieurs années marquées par la sortie de nombreuses déclinaisons.
Parmi celles-ci, on retiendra la Air Max 90 « Air Pres » PE confectionnée spécialement pour George W. Bush Senior. Alliance de bleu et de gris sur fond blanc, cette édition frappée de la mention « AIR PRES » à l’arrière reste sans doute l’une des plus insolites. Plus récemment, la firme de l’Oregon a pris l’habitude de croiser la Air Max 90 avec d’autres best-sellers de son catalogue. C’est notamment le cas de la Nike Air Current, modèle datant de 1989, qui a donné naissance en 2008 à une déclinaison surprenante équipée du système de maintien du pied Flywire. En 2009, l’équipementier a mixé cette déclinaison avec un autre classique signé Tinker Hatfield : la Nike Air Huarache.
Enfin, pour rester dans le côté anecdotique de la AM 90, on précisera que le basketteur Thabo Sefolosha a participé à un match de NBA avec des Air Max 90 aux pieds.
35 après leur première apparition, les Nike Air Max figurent aujourd’hui parmi les baskets les plus emblématiques. Elles ont été créées par Tinker Hatfield, (également le père de la Air Jordan). On les reconnaît parmi tant d’autres surtout par leur coussin d’air. Cette unité qui, au départ, était située dans le talon, puis s’est étendue sur certains modèles, à l’ensemble de la semelle intermédiaire. Elles ont marqué l’histoire du basket-ball. Record de l’unité d’air la plus haute de la Air Max 270 battu! +1 millimètre pour cette nouvelle paire. C’est le premier modèle qui fusionne les deux technologies clés de Nike : la semelle en mousse React avec une unité d’air. La Air Max 200 fait un retour en arrière et rend hommage aux grands classiques. L’un des modèles clés de la gamme Air Max en 2021. Elles te rappellent quelque chose?
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L'Influence de Tinker Hatfield
Tinker Hatfield. Voilà un nom qui doit vous être familier, ou presque, si vous vous intéressez ne serait-ce qu’un peu aux sneakers et, plus globalement, aux baskets. Artiste et accessoirement designer pour la marque américaine depuis le début des années 80, Hatfield jouit effectivement d’une cote de popularité sans précédent auprès de toutes celles et ceux qui vouent un culte aux chaussures estampillées du Swoosh, le logo en forme de virgule inversée de Nike.
Voilà pourquoi nous sommes amenés à parler si souvent de lui sur Sneaker Style, que ce soit dans la présentation des nouvelles baskets Nike ou dans l’histoire de ses modèles iconiques. C’est ainsi que nous nous sommes rendu compte, certes tardivement, que nous n’avions jamais pris le temps de retracer son parcours, ni d’aller plus loin dans la découverte de ses multiples projets, des plus populaires aux moins connus. Son influence sur le sneakers game et à un degré moindre la mode streetwear est telle que nous nous devions de rectifier au plus vite le tir.
Si l’histoire de Nike et celle de Tinker Hatfield sont intimement liées, c’est avant tout parce que ce dernier a côtoyé les mêmes bancs de l’université de l’Oregon que Phil Knight et Bill Bowerman, les co-fondateurs du géant américain. Mais si le nom de Tinker Hatfield raisonne si mélodieusement à l’oreille de tous les sneakers addicts, ce n’est pas pour ses exploits accomplis sur les pistes d’athlétisme pendant ses années universitaires. C’est évidemment pour son génie créatif, auquel Nike a fait appel dès le milieu des années 80, quand ses dirigeants ont senti le vent tourner.
Officiellement créée en 1971, celle que l’on surnomme traditionnellement la marque au Swoosh en référence à son incontournable logo a immédiatement cherché à conquérir d’autres sports, en plus de la course à pied, sa discipline de prédilection. Parmi ces sports figurait le basketball, avec en ligne de mire la prestigieuse NBA, en plein essor à ce moment-là. Amorcée en 1973 avec la sortie de la Blazer et achevée en 1982 grâce à l’incomparable Air Force 1, la conquête de la NBA menée par Nike pendant une dizaine d’années a permis à ses concurrents, à commencer par adidas et son rival PUMA, d’opérer un retour en force sur le segment du running.
C’est précisément à cette époque que Phil Knight et Bill Bowerman ont sollicité les talents artistiques de Tinker Hatfield. 1987 marquera à tout jamais le début de l’ère Tinker Hatfield. Hatfield a misé pour cela sur son expérience de l’architecture qui s’est accrue au cours d’un voyage dans la capitale de la France. C’est durant ce voyage qu’il a eu l’idée non seulement d’exploiter tout le potentiel de la technologie Nike Air, mais aussi de la rendre visible via l’ajout d’une ‘’fenêtre’’, à l’instar de celles qui recouvrent la façade du monument parisien.
L'Influence de Tinker Hatfield sur le Basketball
Autant dire que la marque au Swoosh a rapidement vu en Tinker Hatfield une sorte de Messi qu’elle ne s’est pas privée de solliciter une fois de plus lorsque Michael Jordan a sérieusement envisagé de ne pas reconduire son partenariat avec elle à l’issue de la saison NBA 1986-87. Ce n’est que l’idée d’une collaboration avec Hatfield qui l’a convaincue de jurer fidélité à Nike.
Pourquoi changer une équipe qui gagne ? C’est sûrement ce que se sont dit les têtes pensantes de la Jordan Brand, devenue une filiale à part entière de Nike en 1988, après avoir assisté aux triomphes des Bulls et surtout à ceux du couple Jordan/Hatfield. Celui-ci s’est de ce fait remis à l’œuvre à l’aube de la saison 1988-89 pour signer la Air Jordan 4, une paire véritablement taillée pour permettre à l’ex numéro 23 des Chicago Bulls de prendre son envol.
Toujours parée de son imprimé ‘’Elephant’’, de sa bulle d’air, et agrémentée d’empiècements en mesh pour plus de légèreté, la AJ4 est définitivement entrée dans la légende le 7 mai 1989, à la suite du shoot décisif du Jumpan sur Craig Ehlo. Elle a ensuite été mise à l’honneur au cinéma dans ‘’Do The Right Thing’’, un film de Spike Lee, puis dans une série de publicités dans lesquelles ce même Spike Lee, illustre sneakerhead, campait le rôle de Mars Blackmon aux côtés de Michael Jordan himself.
Jamais deux sans trois. Après les Air Jordan 3 et 4, Tinker Hatfield s’est attelé en 1990 à concevoir une troisième chaussure signature pour celui qui reste considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de basketball de tous les temps. Il ne s’agit ni plus, ni moins, que du mix parfait entre ses premières créations. A ceci près que la Air Jordan 5 arbore un design résolument plus agressif, avec ses détails visuels rappelant les dents d’un requin sur le devant du pied, entre la semelle et l’empeigne (la partie supérieure des baskets, ndlr).
Incarnées avec justesse et rigueur sur les parquets par Michael Jordan, les AJ5 le seront à leur tour à l’écran par Will Smith dans ‘’Le Prince de Bel Air’’, une page de leur histoire que Nike a célébré l’année dernière avec une version dénuée de lacets baptisée ‘’Fresh Prince’’.
Les Autres Baskets Emblématiques de Tinker Hatfield
Revenir de manière exhaustive et détaillée sur chacune des baskets dessinées par Tinker Hatfield serait un bel exercice auquel nous nous livrerions volontiers, mais il nous faudrait dans cette optique écrire un livre et pas un simple article.
Si vous pensiez en avoir eu la preuve formelle avec la Air Max 1, sachez que vous n’avez rien vu et que vous allez être encore plus surpris par la Huarache, une silhouette dont le nom signifie littéralement ‘’sandale’’ en amérindien. L’architecte de formation a eu l’idée de la créer en 1991 après s’être essayé au ski nautique. Conquis par le confort des bottes traditionnellement utilisées pour sa pratique, Hatfield a décidé de réutiliser leur matière principale, le néoprène, pour élaborer un chausson qu’il a intégré dans une tige légèrement rehaussée.
Nous associons généralement le nom de Tinker Hatfield aux Air Max 1 et 90, les deux références qui ont contribué à réassoir Nike sur le trône du running. Les deux premières silhouettes du designer jouissent de par leur histoire et leur style révolutionnaire d’une aura incomparable qui nous ferait presque oublier que Mr Hatfield a également créé la Air Max 180. De 1992, nous vous emmenons directement en 1994. Si vous êtes fan de basketball, vous savez très certainement que cette année a marqué le premier retour de Michael Jordan en NBA, après un petit break de finalement un an.
Très attendu par les supporters des Bulls, les américains, et d’une manière générale tous les amoureux du sport, le come-back de MJ sur les terrains a été un véritable événement que Nike se devait d’accompagner de la plus belle façon qui soit. Pour cela, elle a confié à son designer préféré la conception d’une paire unique : la Air Jordan 11, dans son coloris ‘’Concord’’.
Toute personne travaillant dans l’univers de la basket, et plus particulièrement dans le design des modèles, qu’ils aient une vocation sportive ou lifestyle, vous le dira : collaborer avec Tinker Hatfield est un honneur et un privilège.
Parmi les rares artistes à avoir eu l’honneur et le privilège de travailler main dans la main avec Tinker Hatfield, dans le cadre d’une collaboration ponctuelle ou durable, nous pouvons notamment citer Hiroshi Fujiwara et Mark Parker. Le styliste japonais créateur des labels de mode Goodenough et Fragment Design et le PDG actuel de Nike se sont alliés en 2002 avec Hatfield pour fonder le projet HTM, une sorte de cellule créative visant à repousser les limites de l’innovation.
Dans le cadre de ce projet ambitieux initié par Mark Parker, les 3 hommes dont la première lettre du prénom compose l’acronyme HTM ont donné naissance à pas moins de 30 paires différentes, avec au programme des chaussures destinées à la pratique sportive et d’autres s’inscrivant au contraire dans un registre lifestyle. Dans ce collectif, Tinker Hatfield a joué un rôle clé.
Les Modèles Air Max de Nike et Leurs Années de Commercialisation
| Modèles | Année de lancement |
|---|---|
| Nike Air Walker Max | 1988 |
| Nike Air Max Light | 1990 |
| Nike Air Max 90 | 1990 |
| Air Structure Triax 91 | 1991 |
| Air Max Racer | 1995 |
À noter que plusieurs joueurs de la NBA ont été associés à ces Air Max de Nike dans les années 90.