Nicolas Ouédec a marqué le football français, notamment grâce à son passage au FC Nantes et ses expériences variées dans d'autres clubs et à l'étranger. Découvrons son parcours, de ses débuts prometteurs à ses aventures en Chine.

Les Débuts à Nantes : L'Éclosion d'un Talent
Natif de Lorient, Nicolas Ouédec est arrivé au FC Nantes à l’âge de 14 ans. Il incarne l’essence même du jeu à la nantaise qui a fait vibrer des générations. L'ancien attaquant a été sacré champion de France en 1995 avec le FC Nantes. Il a débuté dans le club nantais chez les jeunes en 1986, puis a connu l'équipe professionnelle de 1989 à 1996 avant de partir en Espagne.
Jean-Claude « Coco » Suaudeau a façonné Ouédec comme peu d’entraîneurs auraient pu le faire. L’exigence était sa marque de fabrique. Les séances d’entraînement ressemblaient souvent à des épreuves plus intenses que les matchs eux-mêmes.
Ouédec confiait qu’à Nantes, il pouvait ne pas marquer mais entendre Raynald Denoueix lui dire que sa performance avait beaucoup plu. À l’inverse, il lui arrivait de réaliser un doublé et d’être convoqué dès le lundi matin dans le bureau du coach.
En 1994, première sélection en équipe de France, le 29 mai, lors de Japon-France (1-4). Il en totalisera sept.
En 1995, Nicolas Ouédec et le FC Nantes ont marqué la saison 1994-1995 de leur empreinte. Les Canaris ont décroché leur septième titre de champion de France. Un sacre qui restera dans l’histoire. La Beaujoire se délectait de ses appels, de son association avec Patrice Loko, de ses courses croisées, de sa participation au mouvement perpétuel et, bien sûr, de ses buts. Nicolas Ouedec en a planté 18 lors de la saison 1994-1995. Un grand cru que l’attaquant a servi sans modération à des privilégiés.
Durant la saison 1994-1995, il a notamment participé au record d'invincibilité du club. Lors de la saison du titre, les Canaris étaient restés invaincus pendant 32 matches ! Un record encore aujourd'hui inégalé. Les hommes de Coco Suaudeau étaient tombés finalement à Strasbourg.
« Ce titre concrétise toute une philosophie de jeu organisée par Coco Suaudeau, initiée par Raynald Denoueix au centre de formation. On a mis en pratique ce qui a été préconçu, imaginé par les éducateurs de l’époque. On a rendu une feuille propre à un brouillon. C’est un titre qui, par sa forme, son dynamisme, sa qualité, sa jeunesse a marqué les supporters de Nantes et les passionnées de football en général. Je pense qu’il est tout en haut des titres de champion de France des 30 ou 40 dernières années.
Le 31 juillet 1993, pour le premier match à domicile de la saison, le FC Nantes reçoit Saint-Etienne. Les Canaris s'imposeront 1 à 0. But de Nicolas Ouedec à la 45e minute. Il en marquera 19 autres au cours de cette saison 93-94.
En 1986, le rêve commence à devenir réalité quand il entre au centre de formation du FC Nantes, sous la houlette de Raynald Denoueix : « J'avais d'autres offres mais Bud (Robert Budzynski) a su convaincre mes parents, c'est l'école mise en place par Michel Tronson qui a fait pencher la balance pour Nantes !
En 1989, il fait ses débuts en D1 le 5 août contre le Racing Paris1 : « Miroslav Blazevic, qui était l'entraîneur à cette époque, m'a fait entrer en deuxième mi-temps (c'était à la 78e minute) alors que le FCN menait 4-0, dont 2 buts de Dragan Jacovljevic qui venait d'arriver au club. Je me rappelle qu'il a eu un penalty pour Nantes : Je me suis avancé pour le tirer, Jacovljevic aussi, je lui ai dit que c'était mon premier match, il n'a rien voulu savoir. Peut-être qu'il a eu raison car après il a été particulièrement discret. » Nicolas Ouedec se rattrapera.
L’histoire entre le gamin du CS Quéven et le FC Nantes a bien failli appartenir à la science-fiction. Fan des Verts pendant son enfance, il cite encore les « Platini, Larios, Janvion, Battiston… ».
« On avait une très belle équipe au CS Quéven. On était plusieurs sélectionnés dans les équipes départementales. On jouait en minimes régionaux dans la plus haute division, ce qui nous amenait à affronter Rennes, Brest, Quimper. Lors d’un lever de rideau à Quimper, qui était alors en D2, le fameux Guelso Zaetta, qui a recruté un paquet de jeunes joueurs, était en tribune. On a été invités à visiter le centre de formation avec mes parents. Il y a eu de longues discussions entre Robert Budzynski (directeur sportif du FC Nantes) et mes parents pour qui le suivi scolaire était très important. Mon choix initial n’était pas porté sur Nantes. Mes parents ont écarté tout ce qui était à plus de 300 kilomètres à la ronde : Nice, Monaco, Racing Paris 1, Metz, Nancy. Aldo Platini (directeur sportif Nancy appelait sans arrêt mes parents. Une carrière peut se jouer à pas grand-chose (rires). Mon souhait initial, c’était Rennes pour l’environnement, le côté familial, bienveillant. À l’époque, je me sentais plus en adéquation avec ce que je sentais de Rennes. Il y avait aussi Brest, Guingamp… La balance a joué entre Nantes et Rennes. Ce qui a été non négociable pour mes parents, c’est que lors d’une invitation au Stade Rennais à un match de 1ère division route de Lorient, le directeur sportif de l’époque a proposé de l’argent à mes parents. Mon père lui a fait une réponse létale : « Vous rigolez ou quoi ? Je ne vends pas mon fils ! » Le choix s’est donc porté sur Nantes, qui a été beaucoup plus malin dans sa façon d’appréhender l’histoire avec mes parents. Et heureusement ! Le club offrait un cadre beaucoup plus structuré que le Stade Rennais de l’époque.
| Saison | Club | Championnat |
|---|---|---|
| 1989-1996 | FC Nantes | Division 1 |
| 1996 | Espanyol Barcelone | La Liga |
| ???? | PSG | Division 1 |
| ???? | Montpellier | Division 1 |
| 2002 | Dalian Shide | Chine |
Le Passage Difficile au PSG
Après son départ de la Beaujoire en 1996, Ouédec a dû adapter son style de jeu à différents environnements footballistiques. Son passage au Paris Saint-Germain, qu’il qualifie lui-même « d’erreur majeure ».
Se faire une place en attaque aux cotés de la star Italienne Marco Simone n’est pas chose aisée et les mauvais résultats de l’équipe en ce début de saison ne l’aident pas à prendre confiance en lui. Nicolas Ouédec, auteur d’un triplé prometteur. Le retour d’Athur Jorge aux commandes de l’équipe quelques jours plus tard va définitivement sonner le glas de la courte aventure au PSG de Nicolas Ouédec. Il quitte le club pour Montpellier lors du mercato hivernal.
Ironie du sort, c’est pourtant bel et bien au parc des princes qu’il va inscrire son premier but de la saison en championnat.

L'Aventure Chinoise et la Reconversion
Son passage au Paris Saint-Germain a été suivi d’expériences en Belgique à La Louvière puis en Chine à Dalian en 2002. Cette dernière aventure faisait de lui l’un des premiers internationaux européens à tenter l’expérience asiatique, bien avant la vague actuelle.
Nicolas Ouédec, champion de Ligue 1 Conforama en 1995 avec le FC Nantes, a passé trois saisons dans le championnat chinois. Au début, lorsque l'on m'a parlé de la Chine, j'avais quelques réticences. J'étais loin d'imaginer l'ampleur qu'avait ce sport là-bas. J'ai été bluffé (Il a évolué au Dalian Shide puis au Shandong Luneng, ndlr). Tout est très professionnel. Les infrastructures sont exceptionnelles ! C’est énorme, à l'image du pays. Le merchandising est très présent avec des magasins dans toute la ville.
Pas du tout. En arrivant, j'ai été obligé de faire mes preuves. Si les dirigeants me connaissaient, les autres joueurs et les supporters ne savaient pas qui j'étais. Les six premiers mois, tout le monde vous observe, vous teste. Si un joueur étranger ne fait pas l'affaire, ils n'hésitent pas à le remplacer. Ce n'est que par le travail que j'ai pu obtenir un statut, pas avec mon nom. Un peu comme en Europe ; les joueurs sont des stars. Lorsque vous vous baladez en ville, vous pouvez rapidement avoir 500 personnes autour de vous.
La vision du football en Chine a beaucoup évolué, en grande partie grâce à la première participation du pays à la Coupe du monde 2002. Par exemple, le championnat de France était peu médiatisé à mon arrivée en 2002 - ils connaissaient certes Zidane et quelques grands noms, mais c’est tout l'intérêt pour le football français qui a été crescendo. Les Chinois se sont davantage ouverts vers les autres pays et se sont inspirés de ce qui faisait ailleurs.
Avant Nicolas Ouédec, le premier Français à avoir tenté l'aventure chinoise est Christian Perez. L'ancien Parisien a rejoint le club de Shanghai Shenhua en 1996, au début du professionnalisme en Chine (1994). Le défenseur Cédric Lécluse a, lui, passé six mois aux Cosco Shanghai (juillet 2002 à janvier 2003), club également fréquenté par Samuel Boutal, alors que l'équipe était sous la houlette de l'entraîneur Claude Le Roy. Enfin, entre mars et mai 2007, Laurent Leroy, ancien joueur du PSG, a évolué à Shanghaï où il possédait un contrat renouvelable chaque mois.
Depuis sept ans, Nicolas Ouedec a mis un terme à sa carrière de footballeur : « Je ne voulais pas faire la saison de trop, il était temps pour moi de tourner la page du football, de construire autre chose...
Après avoir raccroché les crampons en 2005, Ouédec a fait le choix étonnant de s’éloigner des terrains. Jusqu’en 2021, il a tenu un hôtel près de La Beaujoire à Sainte-Luce-sur-Loire, se challengeant dans un domaine totalement différent. Nicolas a choisi de ne pas devenir entraîneur après avoir observé « toute la souffrance que les techniciens pouvaient ressentir ». Il regrette néanmoins que la génération des champions 1995 n’ait pas été davantage intégrée dans la structure du FC Nantes.
En 1996, saison charnière pour Nicolas, demi-finaliste de la ligue des Champions avec les Canaris, qu'il quittera en juin pour l'Espanyol de Barcelone : « Il était temps pour moi d'aller voir autre chose...
En 2002, il revient à Nantes pour prendre avec son épouse Barbara la direction de l'hôtel Première Classe rue Louis-Armand, à Sainte-Luce.
En 2011, il revient à Nantes pour prendre avec son épouse Barbara la direction de l'hôtel Première Classe rue Louis-Armand, à Sainte-Luce.