La NBA met à l’honneur les grandes rivalités qui marquent ou ont marqué la Ligue, à travers la Rivals Week. Impossible de parler de rivalité en NBA sans mentionner les Los Angeles Lakers et les Sacramento Kings. Retour sur une rivalité marquante de la NBA, celle entre les Lakers et les Kings, avec un focus sur les moments clés et les controverses qui ont alimenté cette animosité sportive.

Le Contexte Historique
Deux années déjà que les Lakers sont les bourreaux de leurs voisins de Sacramento, qui progressent doucement mais sûrement dans l’ombre de la lumière des spotlights d’Hollywood. Logique oui, car Sacramento et Los Angeles sont des villes très proches à l’échelle américaine et se partagent un même territoire : la Californie. « C’était la grosse ville de Californie contre celle qui était perçue comme la petite capitale endormie de Californie. Le Nord contre le Sud. L’ordre établi contre le futur. Tout était tendu à cette époque-là entre Kings et Lakers, et on peut le dire, chacun avait sa manière à lui de l’exprimer : la haine pure et simple pour les fans des Kings envers les Lakers, le mépris et l’arrogance pour les champions Angelinos envers leurs voisins.
Pour cette saison 2001-02, force est de constater que le sweep reçu par Sacramento lors des derniers playoffs n’a pas eu l’effet escompté de couper leurs ambitions : Vlade Divac, Mike Bibby et consorts terminent en tête de la conférence Ouest avec un bilan de 61 victoires, record de franchise. Derrière eux ? Les Lakers. C'est dans ce cadre-là qu’intervient la série de playoffs de 2002, l’acte III de la rivalité du début des années 2000.
Les Forces en Présence
Dans leurs ADN, les équipes sont totalement en opposition. Les Lakers s’appuient en grande partie sur la domination physique sans précédent de Shaquille O’Neal, double MVP des Finales en titre, et sur l’axe fort que ce dernier formait avec Kobe Bryant. Ajoutez à cela un brin d’attaque en triangle avec Jackson sur le banc, et le tour est joué. Les Kings de leur côté ont réussi à conquérir l’Ouest progressivement grâce à un mouvement de balle permanent, permis notamment par ceux que beaucoup considéraient comme les créateurs de l’équipe, Webber et Divac.
À cette époque, les Lakers marchent sur l’eau et sortent d’un back-to-back grâce à un duo Kobe Bryant - Shaquille O’Neal déjà iconique. L’objectif est clair pour les Angelinos : le three-peat. Champion en titre, le Thunder semblait parti cette année pour réaliser la meilleure saison régulière de l’histoire NBA. Mais ça, c’était avant ses trois confrontations face aux Spurs de Victor Wembanyama en décembre : trois victoires de suite pour San Antonio, dont une en demi-finale de la NBA Cup et une autre sur les terres d’OKC à Noël.
Playoffs 2002: Une Série Mémorable et Controversée
Oui, Sacramento est de retour en playoffs ! Il aura fallu attendre plus de 16 ans de disette avant que la Kings Nation ne retrouve le chemin de la postseason. Après avoir facilement disposé de Portland et San Antonio sur les deux premiers tours, c’est Sacramento qui se présente face à eux pour une finale de conférence qui s’annonce excitante. En effet, l’autre équipe de Californie, arrive avec le couteau entre les dents après avoir été balayés les deux dernières années par ces mêmes Pourpres et Or.
Après avoir perdu le premier match à domicile, sur le score de 106-99, les Kings réagissent et vont s’imposer dans le Game 2, toujours à la maison, avant d’à nouveau remporter la rencontre suivante, cette fois-ci au Staples Center. Sacramento réalise alors un excellent début de match, avec déjà 20 points d’avance à la fin du 1er quart-temps, grâce à une grosse entrée du génialissime Mike Bibby, notamment. Après un début imprécis, Kobe Bryant permet à Los Angeles de revenir petit à petit dans ce match, tandis que Shaquille O’Neal donne tout pour faire souffrir la raquette des Kings.
Après avoir dominé tout le match, « River City » ne possède plus que 2 longueurs d’avance à 10 secondes de la fin avec une ultime possession pour Los Angeles. Le Black Mamba drive vers le cercle, mais son shoot reste court, bien contesté par l’ancien Lakers, Vlade Divac. Big Shaq récupère cependant le rebond offensif, mais loupe également. Divac claque alors la balle de toute ses forces, croyant clotûrer ce match, mais un joueur vêtu de jaune et violet est bien heureux de récupérer la gonfle. Ce joueur, c’est Robert Horry, qui se retrouve seul derrière la ligne à 3 points, face à l’arceau. Il reste alors 1 seconde quand celui-ci s’élève pour prendre cet ultime tentative. Le buzzer retentit pendant que le ballon est encore en l’air dans un Staples Center qui retient son souffle. Face à des Kings qui voient le temps se ralentir au fur et à mesure de cette action, Robert Horry ne trouve que la ficelle ! BANG ! L’enceinte de Los Angeles explose alors de joie et les Lakers s’imposent 100 à 99, revenant ainsi à égalité dans la série.
De retour à la maison pour ce Game 5, les Kings vont s’imposer 92-91 au bout du suspens grâce à un game-winner de Bibby à 8 secondes de la fin. Sacramento n’est donc plus qu’à un seul match de rejoindre les NBA Finals, mais pour cela, il va falloir remporter ce match 6 à Los Angeles. Nous sommes alors le 31 mai 2002, de retour sur le parquet de la Cité des Anges. Les Lakers, menés 3-2, n’ont plus le choix, ils doivent gagner afin de prolonger la série vers un ultime game 7 à Sacramento. C’est évidemment le scénario privilégié par la NBA, qui sait pertinemment que la franchise du sud de la Californie est la plus populaire. Bien que ces mots soient sortis 2 ans après cette série, cela donne un aperçu de ce que les Lakers représentent pour le business de la grande ligue.
Le Game 6 : Point Culminant de la Controverse
Ce Game 6 est serré de bout en bout. Shaquille O’Neal, à cette époque au sommet de son art, fait mal au valeureux Divac. Kobe Bryant est également impactant tandis que les rôles players de Los Angeles sont un peu plus dans le mal. En face, le pick numéro 1 de la draft 1993, Chris Webber, fait tout son possible pour clotûrer cette série en terre ennemie. Cependant, ce match ne fut pas le théâtre principal des joueurs, mais bel et bien des arbitres. Pendant 3 quart-temps, le trio arbitral composé de Dick Bavetta, Bob Delaney et Ted Bernhardt enchaînent les erreurs d’arbitrage, des 2 côtés. Les 2 équipes sont alors dos-à-dos à l’entrée de cet ultime entracte, quand les arbitres vont décider de fortement influencés le résultat final.
Après 15 secondes de jeu, l’arbitre siffle une faute peu évidente de Scot Pollard sur Shaquille O’Neal, ce qui ne manque pas de faire sourire l’ancien de la maison, Vlade Divac, sur le banc. Mais c’est bien dans les 3 dernières minutes que les coups de sifflets les plus sujets à la controverse vont survenir, tous contre les Kings. Sacramento mène alors 92-90 quand Chris Webber est trouvé dos au panier. Celui-ci enfonce Robert Horry, qui joue son meilleur rôle d’acteur en réalisant un flop assez visible. L’arbitre ne dresse cependant pas ce bilan puisque c’est une faute offensive qui est sifflée à l’encontre de l’ailier fort des Kings. 20 secondes plus tard, Horry, toujours dans les bons coups, se fait attraper le poignet sur un drive. Les arbitres ne le voient pas, mais sifflent ensuite une légère faute de Vlade Divac, qui avait plongé pour saisir le ballon. Venant de récolter sa 6ème faute, l’intérieur est donc exclu, sous les yeux d’un Rick Adelman médusé par ce qui semble être une nouvelle erreur d’arbitrage.
Deux possessions suivant cette action, c’est au tour de Kobe Bryant de se voir accorder 2 lancers-francs sur une prétendue faute de Doug Christie. Au ralenti, celui-ci semble pourtant avoir défendu proprement avant que Chris Webber vienne contrer Kobe, dans les règles. À 13 secondes de la fin, alors que les Lakers mènent d’un petit point et s’apprêtent à effectuer la remise en jeu, Bryant assène un coup de coude au visage du meneur Mike Bibby. Les arbitres n’aperçoivent pas cette faute grossière, laissent le jeu se poursuivre, avant d’accorder 2 lancers au Black Mamba dû à une faute logique des Kings pour tenter de revenir dans le match.
Au total, les arbitres du soir ont accordé pas moins de 27 lancers-francs pour les Angelinos dans ce dernier quart-temps contre seulement 9 pour Sacramento. Ces chiffres sont à nuancer par la présence d’un Shaquille O’Neal tellement imposant qu’il en devient très compliqué à défendre sans faire faute, tant il est dominant. Cependant, force est de contaster que de nombreux coups de sifflets ont désavantagés une équipe plus que l’autre cette nuit-là. Alors, simple horrible match réalisé par les arbitres ou match arrangé par la NBA ?
Bien que nous venons d’assister à une soirée obscure du côté de Los Angeles, il reste un match à jouer dans cette série, les 2 équipes étant à égalité, 3-3. L’équation est simple : l’équipe qui remporte ce dernier match rejoint les Finals tandis que l’autre équipe rentre à la maison. Après une rencontre tendue, les Lakers mènent de 2 points à 8 secondes de la fin, quand Kobe fait faute loin du panier sur Mike Bibby. Le meneur d’1m88 ne tremble pas sur la ligne des lancers et égalise. Derrière, le Shaq a l’occasion de qualifier ses Lakers, mais loupe son jumper, prolongation !
Cette série qui nous aura tenu en haleine tout du long, voient finalement les Angelinos, après pas moins de 16 égalités et 19 changements de leader dans ce match, s’imposer 112 à 106 au bout de l’effort. Après ces finales de conférence, les Lakers balayeront les Nets du New Jersey d’un 4-0 cinglant. Shaquille O’Neal ira par ailleurs chercher son troisième MVP des Finales d’affilée.
Les Kings, suite à cet épisode ô combien douloureux pour leur franchise, ne retrouveront jamais les couleurs qu’arboraient alors leur équipe, et s’enfonceront doucement dans une crise tout au long des années 2000. Jamais la NBA n’a revu depuis une équipe de Sacramento aussi sexy sur le terrain, aussi badass en dehors, et tout simplement aussi forte. De leur côté, les Lakers profiteront de ces péripéties pour accéder aux Finales et remporter un nouveau titre, qui viendra parachever un three-peat si rare et si symbolique dans l’histoire de la NBA.
Même si l’histoire ne peut être rétablie et que la vérité reste celle d’une victoire des Lakers, chacun a déjà imaginé ce qu’il serait advenu des Kings, des Lakers et des playoffs 2002 si toute cette affaire n’avait jamais eu lieu. Nul doute que les choses auraient été bien différentes à court, moyen et long terme pour les deux équipes. Titre pour les Kings ? Explosion précipitée du duo Kobe-O’Neal ? Rivalité exacerbée ?
| Équipe | Bilan de la saison régulière | Points par match | Rebonds par match | Passes décisives par match |
|---|---|---|---|---|
| Los Angeles Lakers | 58-24 | 102.1 | 44.8 | 23.4 |
| Sacramento Kings | 61-21 | 105.0 | 42.5 | 25.4 |
L'Héritage de la Rivalité
Cette saison, les Kings ont l’occasion de recroiser leur bourreau en demi-finale de conférence, s’ils parviennent à éliminer les champions en titre, les Golden State Warriors. De leur côté, la bande à Lebron devra également triompher des Grizzlies pour qu’on ait le droit, de nouveau, à cette rivalité. Deux décennies plus tard, cela donnerait une occasion à Sacramento de venger son équipe de 2002.
La rivalité est bien plus importante qu’une simple guerre de territoire entre deux équipes de basketball. « J’ai coaché à Puerto Rico, et quand vous gagnez à l’extérieur, vos pneus sont crevés et vous pouvez être chassés de la ville à coup de pierres. Je veux dire, c’est un environnement différent, clairement. Vous me parlez-là d’habitants de Sacramento semi-civilisés.
Les deux franchises se partagent 34 trophées alors que la NBA n'a que 77 ans. Les fans de Boston aiment rappeler que leur équipe à eux a gagné tous ses titres dans la même ville, dont dix fois contre les Lakers en finale. Ceux de Los Angeles, où la franchise a déménagé en 1960 après cinq sacres dans le Minnesota, rétorquent que leurs rivaux ont accumulé dix trophées entre 1959 et 1969, une autre époque.
Depuis deux semaines, les « purple and gold » peuvent aussi se vanter d'avoir soulevé la première Coupe NBA. Les Celtics ont eu dix stars désignées MVP pendant qu'elles portaient leurs couleurs (cinq fois pour Bill Russell, trois pour Larry Bird, une pour Bob Cousy et David Cowens), soit deux de plus que les Lakers (trois pour Kareem Abdul-Jabbar et Magic Johnson, une pour Shaquille O'Neal et Kobe Bryant). Mais les vedettes passées par Los Angeles ont sans doute plus marqué l'histoire du jeu et plus influencé la culture américaine.
Le marché gigantesque de Los Angeles explique en partie la valeur des Lakers, estimée à 6 milliards de dollars (4 milliards pour les Celtics). La proximité de Hollywood garantit la présence de visages connus au bord du parquet mais aussi de touristes dans le reste de la salle et les murs de la Crypto.com Arena tremblent rarement.
Dans les années 80, la période où la rivalité a été la plus intense, le Boston Garden, lui, savait se rendre hostile avec son absence d'air conditionné (les Lakers ont eu besoin de respirateurs lors du match 5 de la finale 1984) et ses chants « Beat L.A. » (battez Los Angeles). La veille du match 1 de la finale, à l'aéroport, les valises des joueurs avaient mystérieusement tardé à arriver, l'alarme de leur hôtel avait sonné plusieurs fois pendant la nuit et après leur victoire, ils avaient rejoint leur bus à toute vitesse pour échapper à des supporters énervés, comme le montre la saison 2 de Winning Time, la série de HBO sur les débuts du Showtime.
Les Los Angeles Lakers font partie des franchises les plus mythiques de la NBA. affiche un palmarès exceptionnel de 17 titres NBA. Chez Trip Double, on accompagne chaque année des passionnés pour vivre des matchs NBA mythiques comme ceux des Lakers à Los Angeles.
La plus grande rivalité des Lakers est celle qui les oppose aux Boston Celtics. Ces deux franchises se sont affrontées 12 fois en Finale NBA - un record - et se disputent depuis plus d’un demi-siècle le statut d’équipe la plus titrée. Cette opposition Est/Ouest incarne une saga sportive légendaire. Pour voir un match des Lakers à Los Angeles, rendez-vous au Crypto.com Arena (anciennement Staples Center), en plein Downtown LA. L’ambiance y est électrique les soirs de match, avec 19 000 fans en pourpre et or.