Dans une Arena en ébullition, Narbonne Volley a réalisé un exploit retentissant en remportant la Challenge Cup face à Ankara. Après une défaite 3-0 au match aller en Turquie, les Centurions ont renversé la situation à domicile, s'imposant 3-1 et remportant un golden set irrespirable (21-19) pour décrocher leur premier titre européen.

Un Retournement de Situation Spectaculaire
Ce qu’ont fait les Narbonnais dans leur salle mardi soir est un retournement de situation digne des plus grands films d’Hitchcock. A l’aller, en Turquie, Narbonne s’était inclinée 3-0 dans la capitale turque et n’avait pas le droit de concéder plus d’un set au retour sous peine de voir son rêve s’effacer. Sèchement battue en Turquie une semaine plus tôt (0-3), lors du match aller, elle a complètement renversé la vapeur, mardi dans sa salle, en dominant Ankara (3-1) et en poussant son adversaire jusqu’au set en or.
Vainqueur trois manches à une, l’équipe de Guillermo Falasca a alors gagné le droit de disputer un set en or, remporté 21-19 sur un contre du central argentin Nicolas Zerba, à sa cinquième balle de match… après avoir sauvé deux balles de match…« Je ne sais pas si je peux y croire, si j’ai le droit d’y croire, a soufflé le président Jérémie Ribourel après la rencontre. On nous avait dit que ce n’était pas possible, et on l’a fait. Je crois que rapporter un titre européen à Narbonne, c’est une immense fierté.
Un Match d'anthologie
Plus qu’un match qui compte, ce match retour contre les Turcs d’Ankara en finale de la Challenge Cup, la troisième compétition européenne, est une rencontre qui pourrait faire entrer Narbonne dans l’histoire du volley-ball. Les spectateurs ne s’y trompent pas et ne comptent pas bouder leur plaisir. Ils ont, dès le début, pris d’assaut la billetterie électronique du club qui n’a pas eu besoin d’une grande communication pour vendre ses 3 600 places. C’est le maximum à l’Arena dans sa configuration volley. Il va y avoir du bruit, de la musique, du spectacle ! Les collectivités ont eu le nez creux, en déployant deux banderoles de soutien à des endroits stratégiques de la ville (médiathèque et mairie) et en mettant en place, si le temps le permet, un écran géant sur la place de l’hôtel de ville, ce soir.
Le premier set est un combat acharné entre des Turcs qui se demandent bien si le Narbonne qu’ils ont vu depuis deux jours (ils sont arrivés dimanche, ndlr) est bien celui où ils jouent ce mardi soir. Ça crie, ça chante, ça hurle même, ça tape dans les mains, beaucoup. Et la première manche est, comme l’on pouvait s’y attendre, très accrochée. Les Narbonnais sont devant, grâce à un Martin Ramos intenable au filet. Narbonne est devant, 13-12, puis 15-13, et même si elle tremble quand les Turcs recollent à 20-20, ce sont les Centurions qui sortent le grand jeu dans cette fin de set. Ramos (24-22) d’un superbe block qui fait lever l’Arena et une attaque mal réceptionnée par Ankara (25-22), voilà que le NV vient de faire une petite partie du chemin qui le sépare d’un possible titre.
Ankara remet les choses dans l’ordre dans une deuxième manche qui monte en intensité, sur et en dehors du terrain. La bataille fait rage au filet avec, comme prévu, Hernandez et Araujo à la baguette. Narbonne n’est jamais loin (13-14). Chaque point est un combat de tous les instants, fruit d’une lutte féroce. 18-20, la tension est à son paroxysme. Les staffs se chauffent. On se regarde. On se parle. Les sifflets tombent des gradins sur une vidéo litigieuse mais Narbonne respire encore (21-22).
Dans la troisième manche, Ankara remet la marche en-avant et mène rapidement 9-7. Un ace d’Araujo (9-9) et une faute d’Hernandez en attaque et Narbonne est sur une série de quatre points consécutifs. C’est à ce moment-là que le staff turc fait le pari de sortir son maître à jouer, Hernandez. La maison brûle-t-elle ? Narbonne reprend les commandes et mène 13-10. C’est le plus gros écart du match et il est en faveur des Centurions. Ankara n’est jamais loin et Bruno égalise d’une attaque croisée (18-18). La fin de set est bouillante.
Et les Turcs vont avoir bien du mal à retrouver l’interrupteur. Car Narbonne débute ce quatrième set tambour battant avec un block énorme de Ramos (2-0). Ankara n’est pas bien. Et le NV enfonce le clou (5-0). L’avance est très confortable pour les joueurs de Guillermo Falasca qui se sentent poussés des ailes. Plus sérieux en réceptions, plus incisifs en attaque et aux contres, le visage narbonnais est bien plus serein (8-3). 15-13, Narbonne atomise Ankara, qui a fait le choix de laisser au repos son pointu star, et sort sa plus belle panoplie de points dans une Arena les bras levés. La suite ? Et bien elle est simple ! Narbonne est champion d’Europe.
Un Golden Set Irrespirable
Ce golden set a débuté par une attaque d’Hernandez, meilleur joueur d’Ankara, dehors (1-0). La suite ? Prenez une verveine ! Faute au service (1-1). Araujo convertit (2-1). Hernandez n’est pas dans un bon soir. Et quand le meilleur d’une équipe flanche, c’est toute une ville qui chante (3-1). 4-1, le clapping arrive à la bonne heure pour réchauffer les mains. Et les cœurs de Narbonnais en transe. C’est clair. Ce match va se jouer sur un cheveu. Chaque équipe se rend coup pour coup. C’est un combat de boxe terrible (8-7). Zanotti trouve la voie sur une attaque décroisée (9-8), puis Zerba (10-9). Les Lacs du Connemara emportent la foule. Les cardiaques sont mis à rude épreuve (13-13). Les supporters ont les bras sur la tête. 14-13, deuxième challenge vidéo en deux points. 14-14 sur une faute au service turc. Et ça va durer jusqu’à 19-19 dans une atmosphère indescriptible.
Et le block de Zerba envoya 3 600 Narbonnais, en furie, au septième ciel ! Ce golden set face à Ankara, dans une Arena incroyable, est à vrai dire indescriptible. Énorme. Jouissif, vraiment. Ce matin, il y a bien 3 600 Narbonnais avec des cernes, qui ont eu du mal à trouver le sommeil. Sur le parquet, c’est l’explosion. On s’enlace, on s’embrasse, on se félicite, on saute, on danse. On crie, bien sûr. « Vous avez écrit l’histoire de votre ville, de votre département, de votre région, de votre club », exulte le speaker de l’Arena.
Narbonne, une Première Historique en Coupe d'Europe
Pour leur première participation à une coupe d’Europe, les Narbonnais ont réalisé un coup de maître. Narbonne a agrandi un peu le cercle des clubs français ayant remporté une Coupe d’Europe de volley-ball. Un cercle très fermé, qui ne s’était plus élargi depuis la victoire en Ligue des champions du Tours VB en 2005. L’AS Cannes est pionnière en matière de moisson européenne, puisqu’elle a remporté la toute première édition de la Challenge Cup en 1981 puis la Coupe CEV en 1999. Ensuite, le Paris Volley est venu se greffer au palmarès en remportant la Ligue des champions (2001) et deux fois la Coupe CEV (2000 et 2014). En plus de la Ligue des champions, Tours a également soulevé la Coupe CEV (2017). En 2020, le Rennes Volley pouvait aussi prétendre à la victoire finale.
Au cours de sa campagne européenne, initiée le 30 novembre dernier à Nicosie, les Centurions ont sillonné le continent. Pour mesurer la portée de l’exploit narbonnais, il suffit de l’observer à travers le prisme du championnat de France. Jamais le Narbonne Volley, renommé comme tel en 2007, n’a atteint le dernier carré des play-offs en Ligue A et son meilleur résultat n’est autre qu’un quart de finale, après avoir terminé la saison à régulière à sa meilleure place (3e). Pour sa première campagne européenne, Narbonne s'est imposé en finale de la Challenge Cup ce mardi soir.
Il aura fallu 1h48 à Narbonne pour remporter le premier titre européen de son histoire dès sa première participation à ce niveau.
Solides et précis dès le premier set, les Narbonnais, qui enregistraient le retour du réceptionneur-attaquant Lisandro Zanotti (22 points, 17/37 en attaque, 5 blocks) et du central Nicolas Zerba, n'avaient plus droit à l'erreur après la perte du deuxième, doublés sur la fin (18-17, 19-22). Ils ont ensuite su résister aux assauts de l'attaquant argentin Nicolas Bruno (18 points à 46 % en attaque, 1 block) pour s'imposer dans la troisième manche, avant de faire la course en tête dans la quatrième (5-0, 13-9, 19-14), toujours soutenus par leur public surchauffé.
Les joueurs de Guillermo Falasca ont poursuivi sur leur lancée dans le set en or, conservant leur avance jusqu'au money time (4-1, 13-10). Rejoints par le vainqueur de la Coupe de la CEV 2013 et finaliste de la Ligue des champions 2014, les Narbonnais ont sauvé deux balles de match avant de conclure à la cinquième, sur le quatrième contre de la soirée du central argentin Nicolas Zerba (15 points, 11/17 en attaque).
Ce mardi à 15h les Centurions de Narbonne, cinquièmes du championnat de France, disputent la première finale de leur histoire, en CEV Challenge Cup, contre le leader du championnat turc, le Halkbank d’Ankara. Le président narbonnais Jérémie Ribourel avertit que son équipe vendra chèrement sa peau avant un match retour qui s’annonce déjà bouillant dans l’Aude, le 22 mars
Narbonne remporte la CEV Challenge Cup !!!
Les Chiffres Clés du Match
À Narbonne (Arena). 3 600 spectateurs. Arbitrage de M. Geukes (Allemagne) et Mme.
- Narbonne: Uriarte (2 points), Bassereau (26), Araujo (16), Ramos (10), Zerba (15), Zanotti (cap.) (22).
- Ankara: Keskin (cap.), Hernandez, Karasu, Bruno, Vigrass, Gülmezoglu.
Un Parcours Européen Mémorable
La campagne de Challenge Cup de Narbonne a été pour le moins crispante. Certes le club présidé par Jérémie Ribourel ne s’est pas toujours fait peur, notamment face à Omonia (3-0, 3-2) en 16e de finale et Lausanne (3-1, 3-1) en quart, mais il a par trois fois joué son avenir au cours d’un golden set. Les voyages forment la jeunesse. Il faut croire qu’ils forment aussi les plus grands sacres.

Que représente cette finale votre club comme Narbonne ? Cette finale est une fierté pour les Centurions, pour la ville de Narbonne et une satisfaction personnelle de voir ce club en finale d’une coupe d’Europe pour la première fois de son histoire. Même si on pense toujours bien figurer, cette finale européenne dépasse ce qu’on pouvait imager. On a voulu faire le plus beau parcours possible de notre première coupe d’Europe mais se retrouver en finale c’est vraiment extraordinaire.
Que vous reste-t-il de ce périple continental ? C’est d’abord beaucoup d’expérience pour notre jeune club. Jouer tous les trois jours nécessite une organisation que l’on n’avait pas imaginée. On a découvert et appris comment prévoir la logistique les voyages à Ljubljana, Lausanne, Nicosie ou Lisbonne, gérer le physique de nos joueurs et gérer l’organisation de ces matchs de haut niveau dans notre nouvelle Arena. On a découvert beaucoup de choses et on a surtout beaucoup grandi. Cette coupe d’Europe a été un vecteur de croissance exponentiel.
On a placé Narbonne sur la carte européenne du volley au même titre que nos adversaires languedociens en Ligue A, Montpellier, Sète et Toulouse. Le club a 50 ans mais c’est vrai que le rugby nous regardait de haut. On a grandi pas à pas, marche après marche, avec une accession parmi l’élite en 2007, après avoir fait le yo-yo les deux années précédentes. Rester à ce niveau s’apprend et on a acquis de l’expérience depuis 15 ans. Quand je suis arrivé en 2010, je ne suis pas venu pour faire simplement un coup. Cette finale n’est pas simplement un coup. On a grandi petit à petit, développé le club puis pris possession de l’Arena fin 2019 et maintenant on veut installer les Centurions dans le haut niveau.
En effet, le Halkbank d’Ankara est une grosse cylindré turque, invaincue de son championnat. Intrinsèquement, ils ont de meilleurs joueurs que nos Narbonnais avec Nicolas Bruno, compatriote de nos Argentins, et un excellent pointu cubain (Fernando Hernandez) autour de solides turcs. Mais une finale ça ne fait pas que se jouer et nous ne partons pas à Ankara en victime expiatoire. Nos jeunes issus du centre de formation, Aymen Bouguerra et Théo Durand, associés à nos Argentins Lisandro Zanotti et Nicolas Zerba partent pour aller faire un résultat avant un match retour à guichets fermés, le 22 mars à la Narbonne Arena. Ce sera une grosse fête et, quoi qu’il se passe à Ankara, tout se jouera dans l’Aude. On peut très bien perdre en Turquie et gagner au golden set dans notre salle.