Nantes contre Novara : Récit d'une Finale de Challenge Cup Féminine Mémorable

La marche était un peu trop haute pour les Neptunes de Nantes. Après une belle campagne dans cette troisième compétition de club européenne de volley, elles avaient gagné leur place pour la première finale européenne de leur histoire.

Dominé en trois sets une semaine plus tôt en Italie, Nantes accueillait Novara lors de la finale retour de la Challenge Cup féminine. Le match s'est déroulé dans une salle de la Trocardière bondée, avec 4 726 spectateurs présents. Les Neptunes y auront cru un set, le premier, remporté 25-23, avant de céder les trois suivants face à l'actuel troisième du Championnat italien (16-25, 20-25, 19-25), qui remporte la compétition pour la deuxième fois (après 2003).

Le Club des Neptunes de Nantes et son propriétaire, le groupe de développement territorial REALITES, saluent une étape historique pour le volley-ball féminin nantais, après une finale de Challenge Cup CEV qui bat des records de fréquentation. Yoann Choin-Joubert, PD-G du Groupe REALITES et président des Neptunes de Nantes a tenu à les féliciter : « Un immense bravo à cette incroyable équipe de volley féminin qui nous offre une très belle seconde place en Coupe d’Europe.

Revenons sur les moments clés de cette confrontation.

Full Match | Neptunes NANTES vs. Igor Gorgonzola NOVARA | CEV Volleyball Challenge Cup 2024

Le Match Aller en Italie

En Italie, les Neptunes de Nantes se sont inclinées contre Novara, ce mercredi 21 février, lors de la première manche de la finale de Challenge Cup (3-0). Battues par Novara lors de la finale aller de la Challenge Cup, ce mercredi 21 février, les Neptunes de Nantes n’ont pas réussi à ramener un précieux set d’Italie afin de s’assurer une marge de manœuvre au retour.

Dans le premier set, les Françaises font la course en tête une grande partie de la manche avant de s’écrouler et de s’incliner après avoir fait durer le suspense (26-24 en 31 minutes). Dans un money time incroyable, ce sont les Nantaises qui craquent à cause de deux fautes de filet... La première de Kurtagic à 23-23, la seconde de Mims à 25-24... Quel dommage, il y avait la place de remporter cette première manche.

Elles perdent également la deuxième manche après avoir été dominées de bout en bout par leur adversaire. Quelle désillusion... si près et si loin à la fois, les Nantaises n'ont rien pu faire face à une très belle équipe de Novara (26-24, 25,22, 25-20).

Malgré tout, c’est une défaite 26-24, 25-22, 25-20, et une situation simple : il ne faudra pas perdre plus d’une manche mercredi prochain à domicile pour arracher le Golden Set, et pourquoi pas soulever le trophée.

Les Nantaises doivent absolument réagir pour rester en position de retourner la situation au match retour en cas de défaite. Mais elles souffrent en réception et face à la dimension physique adverse. Les trois services de Danesi font mal pour commencer, puis une attaque surpuissante de Markova. En face, les Nantaises continuent à faire des petites erreurs qui coûtent cher.

L'espoir renaît à Nantes

En cette fin d’après-midi du lundi 26 février, sur le parquet de la Trocardière, les volleyeuses nantaises se réunissent, forment un cercle uni et soudé et lancent un puissant et rassembleur : « Neptunes ! ». Un frisson parcourt les quelques observateurs. Amélie Rotar y croit dur comme fer. « Tout est possible », lance la joueuse de 23 ans. Au regard de son attitude, ses mots ne résonnent pas comme un discours de complaisance. La réceptionneuse-attaquante est déjà prête à monter au filet. « Il nous faut gagner 3/0 ou 3/1 pour aller chercher le golden set (set supplémentaire décisif, ndlr) »

Malgré tout, l’internationale française, arrivée sur les bords de Loire cette saison, reste lucide. « En face, il y aura deux joueuses hors du commun : Marina Markova et Vita Akimova. Et cette équipe a un service que l’on voit très peu en France. Elles servent très vite, très fort et leurs ballons sont très flottants.

La rampe de lancement des Neptunes de Nantes est tellement puissante que l’équipe trône au sommet du championnat français et a tout raflé lors de son épopée européenne. Face à Novara, en plus de leur incroyable force de caractère, les coéquipières d’Amélie Rotar pourront compter sur une Trocardière chauffée à blanc. Le match va se jouer à guichets fermés. « Nous attendons beaucoup de monde. Et c’est évident nous comptons sur notre public, sur notre septième joueur. Ça va être quelque chose. J’ai hâte d’y être. Et j’espère que Willy, notre speakeur, sera de la partie.

La Finale Retour à la Trocardière

Après avoir perdu 3-0 lors du match aller en Italie, Nantes était condamné à gagner par 2 ou 3 sets d'écart, ce mercredi. L'exploit n'a pas eu lieu et les Neptunes se sont inclinées en quatre sets (23-25, 25-16, 25-20, 25-19). Nantes s'est incliné en finale de Challenge Cup, ce mercredi soir, à domicile contre les Italiennes de Novara (23-25, 25-16, 25-20, 25-19).

Contraintes à gagner par au moins deux sets d'écart après la défaite lors du match aller, les Neptunes ont démarré fort la rencontre pour remporter la première manche 25-23. Mais face à l'une des meilleures équipes italiennes, championne d'Europe en 2019, les Neptunes ne devaient pas se relâcher. Et pourtant ce fut le cas, Novara revenant à 1 set partout et profitant d'un gros trou d'air des locales dans le milieu du set avant de finir calmement (25-16).

Un troisième set décisif

Les Françaises n'avaient plus le droit à l'erreur tandis qu'une manche supplémentaire suffisait aux joueuses de Novara pour être sacrées championnes de Challenge Cup (troisième compétition européenne). La manche fut serrée mais vers la fin du set, les Italiennes augmentaient leur niveau de jeu avec une Vita Akimova exceptionnelle. L'ambiance de feu à la Trocardière ne suffisait pas, et les Neptunes perdaient le set 25-20, et donc la finale.

Novora remportait ensuite la quatrième manche, anecdotique, pour s'imposer finalement en 4 sets (23-25, 25-16, 25-20, 25-19). Nantes était à la fois tout proche d'un sacre historique mais aussi très loin au vu des scores des deux rencontres. Les Neptunes n'auront pas non plus à rougir d'un parcours exceptionnel, simplement vaincues par l'un des plus gros clubs européen.

Intrépides, les Neptunes rentrent à fond de cale dans la partie, prenant rapidement deux à trois points d’avance. Mais c’est une formidable série au service de Vita Akimova qui inverse le cours de la première manche. Pourtant, alors qu’on pouvait s’imaginer que les Nantaises, menées de trois points, allaient couler, elles ont relancé le suspense sous l’impulsion d’une Amélie Rotar en verve. Le problème, c’est que les Nantaises ont très clairement du mal à digérer la perte de la première manche. Rapidement, Novara fait l’écart et s’installe confortablement en tête, notamment à l’aide d’un block particulièrement efficace. Les Neptunes ne parviennent pas à se ressaisir, et l’issue de la manche est convenue.

Une fois encore, le début de manche n’est pas favorable aux visiteuses, qui semblent sur le point de lâcher, mais qui se reprennent pour lancer le baroud d’honneur. Elles sont proches de recoller, mais cèdent finalement sous les coups de boutoir des pointues locales, et malgré une belle résistance, notamment d’une Taylor Mims à la points du combat.

Plus le droit à l'erreur après cette attaque réussie de Rotar. Money time de ce set et les Nantaises accusent un retard de quatre points... Mims ne trouve pas le terrain avec son attaque et Novara reprend quatre points d'avance, le plus gros avantage de ce set. Taylor Mims réussit une smash croisé et ramène à un point son équipe. Les Neptunes ont clairement un coup à jouer dans cette troisième manche.

Markova, puis Jasper, puis Danesi ratent leur service. Elle vient de marquer les deux derniers points de son équipe. Elle est, de loin, la meilleure marqueuse du match. Après une longue série d'échange, Jasper conclut d'un smash croisé. Sur le banc, Cesar Hernandez exulte. Les Neptunes profitent d'une erreur d'Akimova pour revenir dans le match. Mais que c'est dur de marquer des points à cette équipe italienne... La recrue est étincelante dans ce match.

La nouvelle recrue de Novara enchaîne une attaque surpuissante, puis un ace, pour redonner de l'air à son équipe. Un ace de Jasper, une attaque de Rotar et il n'y a plus que quatre points d'écart ! Emilie Respaut à la passe, Justyna Lukasic au centre ont fait leur entrée pour tenter d'inverser la tendance. Sans succès pour le moment. Sur une nouvelle attaque de Mims, les Nantaises reviennent à six points, un écart stable qu'elles n'arrivent pas à combler pour le moment. Marina Markova est pour le moment la meilleure marqueuse du match avec ses huit points.

Markova est en échec et les Nantaises en profitent pour revenir un peu plus près. Novara a pris le contrôle du jeu, les Nantaises étant en difficulté pour réceptionner. Cesar Hernandez n'est pas satisfait après un nouvel ace italien et rappelle ses joueuses. Sur un ace d'Akimova, les Italiennes reviennent au score à 13-13. Les joueuses de Cesar Hernandez viennent de perdre trois points coup sur coup, la faute à des petites erreurs de concentration. Heureusement, le smash de Mims interrompt cette série.

Les Nantaises réalisent un excellent début de match avec un nouveau bloc, réalisé par Jasper. C'est déjà le 4e point marqué dans ce secteur de jeu. Les Nantaises sont très bien dans leur match. En bout de filet, Jasper conclut avec un bloc out.

Pour arriver jusqu’en finale, les Neptunes ont construit leur saison de manière remarquable, avec un collectif fort et soudé, pour remporter 28 de leurs 30 matches.

Composition des équipes

Le volley féminin français en essor

Ce mercredi soir, les deux équipes en tête du championnat de France féminin devront renverser des montagnes. Nantes défie Novara (20h à la Trocardière) en finale retour de la Challenge Cup pendant que Levallois-Paris St-Cloud affronte Chieri (20h Palais des Sports Marcel-Cerdan) en demi-finale retour de la CEV Cup. S’il fallait une preuve que le volley féminin français est dans un cercle vertueux et progresse, il suffit de regarder le programme des coupes d’Europe ce mercredi soir. Avec les Neptune de Nantes en finale retour de la CEV Challenge Cup et les Mariannes de Levallois-Paris-Saint Cloud en demi-finale retour de la CEV Cup, les équipes de clubs tricolores vivent une belle fin d’hiver avant l’été olympique des Bleues.

Au même moment, les Neptunes de Nantes devront renverser Novara (3e de Série A) après la défaite 3-0 en Italie. Mais si la défaite est sèche, le score laisse des regrets aux Nantaises et permet de conserver tous les espoirs. "Au match aller, nous menons de 13-10 notamment dans le premier set", raconte la volleyeuse Amandine Giardino à RMC Sport. "Si on gagne cette première manche, ce n’est plus le même match. On a des petits regrets. Mais nous sommes toutes hyper motivées et combatives. Il faudra prendre des risques et jouer le coup à fond. On sait que ce sera dur, surtout si Novara est à son meilleur niveau, mais on y croit."

Leader du championnat et qualifié pour les demi-finales de la coupe de France, Nantes réalise une belle saison "mais on n’a encore rien gagné", s’exclame la capitaine nantaise. "Alors les finales c’est bien, les gagner c’est mieux."

Derrière ce cri du cœur, la libéro de l’équipe de France sait que le public nantais aura un rôle vital à jouer: "Si elles nous laissent une brèche, on va s’y engouffrer. Alors le public aura un rôle capital. Les 4500 supporters attendus devront nous pousser car une équipe française en finale, c’est historique. On a hâte de vivre cette belle soirée de volley pour nous, pour le public et pour la France. C’est peut-être unique."

En effet, depuis 2012, la France n’avait pas placé un club féminin en finale d’une coupe européenne. Le RC Cannes avait été sèchement défait (3-0) en finale de la Ligue des champions par Fenerbahçe. Finaliste malheureuse il y a 12 ans, Victoria Ravva adresse un conseil à ses aïeules: "Les Françaises ne sont pas favorites. Mais même outsiders, on peut déplacer des montagnes", pousse la mythique joueuse cannoise. "Que ce soit Nantes ou Levallois, les Françaises ne doivent nourrir aucun complexe d’infériorité face à ces formations italiennes. Elles ne sont pas invincibles.

Un modèle unique en Europe

Les Neptunes innovent pour professionnaliser le handball et le volley-ball au féminin et faire émerger de nouvelles générations de joueuses d’élite. En 2023, le club est devenu l’une des rares « entreprises à mission » dans le domaine du sport, un statut juridique qui lui permet de mettre son activité commerciale au service du développement territorial. « Nous cherchons à promouvoir l’égalité des chances en soutenant les jeunes femmes qui veulent devenir des athlètes de haut niveau », insiste Olivier Jehannet, son président délégué. L’objectif affiché est aussi de « renforcer la proximité avec les clubs amateurs de la région ».

Plus de 180 entreprises, la plupart locales, sont devenues partenaires du club et encouragent, par ce biais, le développement du sport au féminin dans la région nantaise. La carte tricolore Signe de l’engouement suscité par le match de mercredi 28 février, les 4 492 places disponibles pour assister à la rencontre ont été vendues en seulement vingt-quatre heures. Celle-ci a été délocalisée à la Trocardière, à Rezé, dans la banlieue sud - la salle Mangin-Beaulieu, antre traditionnel des Neptunes, 2 300 places, ayant été jugée trop petite pour l’événement.

Résultats des matchs
Match Date Résultat
Match Aller 21 février Novara 3 - 0 Nantes
Match Retour 28 février Nantes 1 - 3 Novara

tags: #nantes #novara #volley