Le hockey sur glace est un sport de contact intense, où les émotions peuvent parfois déborder. Les bagarres, bien que controversées, font partie de l'histoire et de la culture de ce sport, en particulier dans la Ligue nord-américaine de hockey (LNH). Cependant, les règles et les attitudes à l'égard des bagarres varient considérablement selon les ligues et les compétitions.

Les Règles des Bagarres au Hockey sur Glace
Les règles concernant les bagarres au hockey sur glace varient considérablement selon la compétition. En France, comme dans l'ensemble des ligues européennes, les bagarres sont formellement interdites.
Règles Internationales
La Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) est elle aussi très claire. Dans son règlement, il est stipulé que les duels à mains gantées ne font "pas partie de l'ADN du hockey sur glace international". C'est cette consigne qui régit, de fait, les rencontres du tournoi olympique. Tout est écrit à l'article 46 : en provoquant une altercation, les joueurs impliqués s'exposent à une exclusion, voire à une suspension d'un ou plusieurs matchs.
Et "tout joueur qui persiste à poursuivre ou à tenter de poursuivre une bagarre ou une altercation après avoir reçu l'ordre de l'arbitre d'y mettre fin, ou qui résiste à un juge de ligne dans l'exercice de ses fonctions, encourt, à la discrétion de l'arbitre, au moins une pénalité majeure, ainsi qu'une exclusion automatique du match."
Encadrées en NHL, la plus puissante ligue du monde, les bagarres sont interdites au niveau internationales et entraînent l'intervention immédiate des arbitres, comme ce fut le cas dimanche avec le Français Pierre Crinon et le Canadien Tom Wilson aux JO 2026 de Milan Cortina. Contrairement à la NHL, la Ligue nord-américaine de hockey, les bagarres sont interdites dans le hockey international et aux Jeux olympiques. Par interdite, cela signifie que les arbitres viennent s’interposer immédiatement entre les deux belligérants.
Règles de la LNH
Si les échanges de coups ne sont pas autorisés sur la scène internationale, ils sont en revanche tolérés en NHL, la puissante ligue nord-américaine. Les quelques images qui traversent l'Atlantique montrent souvent des mêlées générales.
Elles font aussi l'objet d'un chapitre à part entière dans le règlement de la NHL. Son nom est sans équivoque : "fighting" ("bagarre"). Les pugilistes ont obligation d'enlever leurs gants, de laisser tomber la crosse. Obligation aussi de conserver les casques. En revanche, il est interdit de se servir d'autre chose que de ses poings. Le jeu s'arrête alors et les arbitres se positionnent à proximité pour s'assurer du "respect" des règles. Dès qu'un joueur tombe, la bagarre se termine et les protagonistes doivent filer cinq minutes au "frigo", avant de revenir sur la glace.
"Dans la majorité des cas, les combats ne sont pas inopinés, relève d'ailleurs le magazine RedBull. Deux joueurs se parlent, au moment d'un face-off [une mise en jeu] ou après une bousculade, et se mettent d'accord."
Outre-Atlantique, la fameuse règle qui donne un cadre à ces échauffourées existe depuis 1922, même si elle a évolué depuis.
Lors de la rencontre de NHL entre les Rangers de New York et les Devils du New Jersey, il n’aura fallu attendre que quelques petites secondes après le coup d’envoi pour que la glace se transforme en ring de boxe. Pourquoi les dix hockeyeurs titulaires en sont venus aux mains aussi vite ? Un passif non réglé entre deux adversaires serait à l’origine de ce déchaînement de coups de part et d’autre. L’attaquant des Rangers Matt Rempe et le défenseur des Devils Kurtis MacDermid avaient un compte à régler avant le jeu.
Cette pratique de l’affrontement à mains nues est plutôt courante en Amérique du Nord. Ces combats sont tolérés (plus que réellement autorisés), à condition de respecter certaines règles bien strictes. Il est notamment interdit de frapper un joueur à terre, il faut obligatoirement jeter sa crosse et ses gants au sol avant de se battre, et surtout toujours écouter l’arbitre lorsqu’il demande de cesser.
Une bagarre générale a éclaté dans un match de NHL entre les Rangers de New York et les Devils du New Jersey, seulement deux secondes après la mise en jeu initiale. Le palet à peine mis en jeu, presque tous les joueurs des deux équipes ont jeté leur crosse et leurs gants pour régler leurs comptes. Ce pugilat s'est effectué dans les règles, étant donné que les combats sont autorisés et encadrés par le règlement: les affrontements doivent être des duels; les crosses et les gants doivent être jetés; les coups doivent s'arrêter lorsqu'un des joueurs met le genou à terre. A la fin, sauf en cas de transgression des règles, de simples minutes de pénalité sont infligées par l'arbitre.
Les deux combattants doivent avoir consenti au combat en jetant leur crosse et leurs gants pour ne pas s'en servir, ne pas frapper par derrière ou un homme à terre, ne pas s'en prendre à plus petit que soi et continuer d'écouter l'arbitre. Un code d'honneur, que les hockeyeurs se transmettent.
Si « The Code » est respecté, alors le combat peut commencer, et il sera arrêté dès lors qu’un des deux protagonistes ne tiendra plus debout sur ses patins.En réalité, dans les règles officielles du sport, le combat est illégal et donc puni. Mais comme les punitions varient selon les ligues, certaines sont beaucoup plus sujettes aux affrontements, parce qu’elles sont volontairement trop laxistes. C’est le cas des ligues américaines (AHL - NHL) où les joueurs sont sanctionnés de seulement quelques minutes de pénalité.
Les ligues américaines s’accordent à dire que ces affrontements permettraient de libérer les joueurs d’une frustration qui aurait pu les amener à asséner des coups bien plus dangereux pendant le match. Après tout, on aime le divertissement, donc pourquoi pas.
Chaque équipe peut avoir dans son effectif un « policier ». C’est un joueur qui compense son manque de technique par un formidable sens du combat. Ce dernier peut entrer en jeu à tout moment pour essayer de provoquer un combat. Un combat bien mené peut retourner le court du match. En plus de créer un choc psychologique, si le meilleur joueur adverse est exclu, cela peut déstabiliser l’équipe et l’amener à encaisser des buts.
Toutefois, à l’heure actuelle, les policiers ont tendance à disparaître.
Les Sanctions et les Pénalités
Les infractions sont sanctionnées par des pénalités. Un joueur peut être exclu de la glace pendant plusieurs minutes, laissant son équipe en infériorité numérique le temps de son exclusion.
Voici les principaux types de pénalités :
- Les pénalités mineures: 2 mn de prison. Le joueur n’est pas remplacé sur la glace. Son équipe joue donc à 4, voire à 3 (jamais moins de 3) en plus du gardien.
- Les pénalités majeures: 5 mn de prison. Le joueur n’est pas remplacé sur la glace. Elles sanctionnent les fautes les plus violentes.
- Les pénalités de méconduite: 10 mn de prison.
- Les pénalités de match: expulsion immédiate.
En NHL et dans certaines ligues mineures américaines, les joueurs qui participent à un combat reçoivent une pénalité de 5 minutes. Dans les ligues universitaires, aux Jeux olympiques ou dans les ligues européennes, le joueur est exclu et rate le prochain match.
Les Raisons Derrière les Bagarres
"Les combats font office de thermostat", disait en 2016 Gary Bettman, le big boss de la NHL. Comprendre : ils permettent de faire baisser la température quand les joueurs se mettent en colère.
"Il ne faut pas penser que les mecs se battent pour rien, confirme Laurent Meunier, ancien capitaine des Bleus, aujourd'hui consultant pour France Télévisions. Ça peut changer le cours du match. Et puis ça permet de protéger les joueurs de coups plus vicieux."
Ces bagarres sont souvent liées au désir de l'une des deux équipes de montrer sa supériorité ou de montrer qu'elle ne va pas se laisser impressionner.
Olivier Labelle, ancien joueur professionnel, témoigne : « Avant ma deuxième année en juniors, mon coach m'a dit : "si tu veux être repêché pour la draft NHL, il va falloir que tu jettes les gants, tu n'as pas le choix" ». S'en sont suivis des dizaines de combats les années suivantes jusqu'à signer pro en ligue américaine (l'antichambre de la NHL). « Là-bas, au bout de trois matches, l'assistant coach est venu me voir pour me dire qu'il aimerait que je jette plus les gants. Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. J'ai fait ce que j'avais à faire pour garder ma place. »
Reconverti comme agent de joueurs, Olivier Labelle s'estime heureux d'avoir toute sa tête aujourd'hui. Seule une douleur chronique dans le bas du dos lui rappelle la rudesse du hockey des années 2000.
« Les joueurs savent que s'il y a un "enforcer" sur le banc adverse, ils ne vont pas jouer salement. C'est une arme de dissuasion », ajoute Olivier Labelle.
L'Évolution des Règles et la Santé des Joueurs
Cette glorification de la violence ne passe plus. Et les conséquences pour la santé sont désormais connues. Pertes de mémoire, confusion, troubles de l'attention voire commotions cérébrales... Les joueurs de hockey sont plus susceptibles de souffrir de démence en raison des chocs répétés à la tête, révélait en 2024 une étude de la revue médicale JAMA Network Open.
L'étude souligne que, chez les jeunes joueurs, le risque de traumatisme crânien est trois fois plus élevé dans les ligues où les plaquages sont autorisés que dans celles où ils sont interdits. "C'est évident qu'on ne peut plus faire comme si on ne savait pas tout ça, continue Laurent Meunier. Maintenant, on sait les conséquences que ça a sur les corps et les cerveaux. C'est une tradition qui est dépassée."
Les règles ont évolué pour protéger la santé des joueurs (les commotions cérébrales ont particulièrement touché les bagarreurs du passé). En l'espace de vingt ans, le nombre de combats a été divisé par deux en NHL selon le site spécialisé HockeyFights.com.
Jusqu’en 2013-2014 en NHL, les joueurs étaient autorisés à enlever leur casque pour se battre. À présent, c’est interdit. La violence des combats a mis en lumière de nombreux cas de commotions cérébrales, mais aussi de mort prématurée.
Les joueurs de NHL semblent avoir eux-mêmes déjà embrassé le changement. Année après année, le nombre de bagarres fond sur les patinoires américaines et canadiennes. Le site HockeyFights, qui les recense toutes, en a répertorié 789 lors de la saison 2003-2004. Puis 645 en 2010-11.
Le hockey contemporain tend à valoriser la performance technique et la sécurité des joueurs plutôt que la confrontation physique ritualisée.
Bagarre d une rare violence au Hockey
Tableau Récapitulatif des Pénalités
| Type de Pénalité | Durée | Conséquences |
|---|---|---|
| Mineure | 2 minutes | Le joueur est exclu temporairement, l'équipe joue en infériorité numérique. |
| Majeure | 5 minutes | Le joueur est exclu temporairement, l'équipe joue en infériorité numérique. |
| Méconduite | 10 minutes | Le joueur est exclu temporairement, mais son équipe ne joue pas en infériorité numérique. |
| Match | Expulsion immédiate | Le joueur est expulsé du match. |

Schéma d'une patinoire de hockey sur glace.